Archive for April 6th, 2016

Une semaine après le début du mouvement, jeudi 31 mars, les manifestants de Nuit Debout sont de plus en plus nombreux place de la République, à Paris, et dans le reste de la France. Reportage au cœur du mouvement.

Jeudi 31 mars, après une journée de mobilisation contre la Loi travail, des manifestants décident de ne pas rentrer chez eux et de passer la nuit place de la République : c’est la naissance du mouvement Nuit Debout. Au-delà des opposants au projet de loi, ce mouvement citoyen agrège de nombreux déçus de François Hollande et de la politique en général. De plus en plus nombreux chaque soir, ils partagent ensemble leurs expériences et débattent dans le calme, sur le modèle du mouvement des Indignés en Espagne. Qui sont ces indignés français ? Comment s’organisent-ils et quelles sont leurs revendications ?

Première publication : 07/04/2016

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L’ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, a dénoncé jeudi l’impunité de la banque en matière d’évasion fiscale, soulignant les “mensonges” de son directeur général, Frédéric Oudéa, devant une commission d’enquête sénatoriale en 2012.

L’ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, a dénoncé, jeudi 7 avril, les mensonges de son ancien employeur qu’il a qualifié de “multirécidiviste” en matière de paradis fiscal. D’après l’enquête menée par le quotidien Le Monde, les documents contenus dans les “Panama papers” affirment, entre autres, que la Société générale aurait créé 979 sociétés offshore, grâce aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca.

“On fait mine de découvrir aujourd’hui des choses qui étaient sues depuis des années et des années. En 2012, j’avais été entendu également dans la commission d’enquête sénatoriale sur le sujet en question, et j’avais dit exactement la même chose aux sénateurs”, a déclaré Jérôme Kerviel, invité sur France info en compagnie de son avocat, David Koubbi. L’ancien trader est en conflit judiciaire avec la banque française depuis huit ans. Il a été condamné en 2010, puis en appel, à cinq ans de prison pour abus de confiance.

“La Société Générale a menti sous serment devant la représentation nationale”

Au lendemain des révélations des “Panama papers”, dans un tweet ironique lundi, l’ancien trader avait écrit : “Je souhaite une bien belle semaine à la Société Générale ainsi qu’à ses conseils”.

Je souhaite une bien belle semaine @SocieteGenerale ainsi qu’Ã ses conseils. #panamapapers#PanamaLeaks

— Kerviel Jérôme (@kerviel_j) 4 avril 2016

Mercredi, ce sont des sénateurs de gauche et des écologistes qui ont réclamé des poursuites judiciaires pour “faux témoignage” contre le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, l’accusant d’avoir menti devant une commission d’enquête, sur la présence de la banque dans des paradis fiscaux en 2012. “La Société Générale a menti sous serment devant la représentation nationale” a réagi Jérôme Kerviel. Et d’ajouter : “Il y a une sorte d’impunité que j’ai connue dans mon dossier, et qu’on retrouve dans ce dossier-là”.

La communiste Éliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis, etprésidente du groupe PRC au Sénat, et Julien Bayou du groupe EELV, ont demandé, chacun de leur côté, au président Gérard Larcher de réunir le bureau du Sénat pour se saisir de cette affaire à la lumière des révélations des médias sur les “Panama Papers”.

La Société Générale dénonce les “amalgames et les inexactitudes”

Selon la sénatrice de Seine-Saint-Denis, les documents mis au jour “contredisent totalement” les propos tenus par Frédéric Oudéa lors de son audition au Sénat en avril 2012. La parlementaire précise que le délit de faux témoignage devant une commission d’enquête parlementaire est passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amendes. Il avait alors déclaré que la Société Générale avait fermé ses implantations dans les paradis fiscaux, comme en atteste le compte rendu de l’audition devant la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion des capitaux.

Pour sa défense, dans une interview au Figaro, Frédéric Oudéa avait dénoncé mercredi les “amalgames et les inexactitudes” visant la Société Générale et des chiffres qui circulent “sans commune mesure avec la réalité”.

Avec Reuters

Première publication : 07/04/2016

L’ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, a dénoncé jeudi l’impunité de la banque en matière d’évasion fiscale, soulignant les “mensonges” de son directeur général, Frédéric Oudéa, devant une commission d’enquête sénatoriale en 2012.

L’ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, a dénoncé, jeudi 7 avril, les mensonges de son ancien employeur qu’il a qualifié de “multirécidiviste” en matière de paradis fiscal. D’après l’enquête menée par le quotidien Le Monde, les documents contenus dans les “Panama papers” affirment, entre autres, que la Société générale aurait créé 979 sociétés offshore, grâce aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca.

“On fait mine de découvrir aujourd’hui des choses qui étaient sues depuis des années et des années. En 2012, j’avais été entendu également dans la commission d’enquête sénatoriale sur le sujet en question, et j’avais dit exactement la même chose aux sénateurs”, a déclaré Jérôme Kerviel, invité sur France info en compagnie de son avocat, David Koubbi. L’ancien trader est en conflit judiciaire avec la banque française depuis huit ans. Il a été condamné en 2010, puis en appel, à cinq ans de prison pour abus de confiance.

“La Société Générale a menti sous serment devant la représentation nationale”

Au lendemain des révélations des “Panama papers”, dans un tweet ironique lundi, l’ancien trader avait écrit : “Je souhaite une bien belle semaine à la Société Générale ainsi qu’à ses conseils”.

Je souhaite une bien belle semaine @SocieteGenerale ainsi qu’Ã ses conseils. #panamapapers#PanamaLeaks

— Kerviel Jérôme (@kerviel_j) 4 avril 2016

Mercredi, ce sont des sénateurs de gauche et des écologistes qui ont réclamé des poursuites judiciaires pour “faux témoignage” contre le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, l’accusant d’avoir menti devant une commission d’enquête, sur la présence de la banque dans des paradis fiscaux en 2012. “La Société Générale a menti sous serment devant la représentation nationale” a réagi Jérôme Kerviel. Et d’ajouter : “Il y a une sorte d’impunité que j’ai connue dans mon dossier, et qu’on retrouve dans ce dossier-là”.

La communiste Éliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis, etprésidente du groupe PRC au Sénat, et Julien Bayou du groupe EELV, ont demandé, chacun de leur côté, au président Gérard Larcher de réunir le bureau du Sénat pour se saisir de cette affaire à la lumière des révélations des médias sur les “Panama Papers”.

La Société Générale dénonce les “amalgames et les inexactitudes”

Selon la sénatrice de Seine-Saint-Denis, les documents mis au jour “contredisent totalement” les propos tenus par Frédéric Oudéa lors de son audition au Sénat en avril 2012. La parlementaire précise que le délit de faux témoignage devant une commission d’enquête parlementaire est passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amendes. Il avait alors déclaré que la Société Générale avait fermé ses implantations dans les paradis fiscaux, comme en atteste le compte rendu de l’audition devant la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion des capitaux.

Pour sa défense, dans une interview au Figaro, Frédéric Oudéa avait dénoncé mercredi les “amalgames et les inexactitudes” visant la Société Générale et des chiffres qui circulent “sans commune mesure avec la réalité”.

Avec Reuters

Première publication : 07/04/2016

L’évêque de Pontoise Stanislas Lalanne a finalement admis, mercredi soir, que la pédophilie était “un péché objectivement grave”, après avoir hésité la veille à la qualifier ainsi, provoquant une vive polémique.

Après avoir hésité à qualifier la pédophilie de “péché”, mardi, sur les ondes de la radio RCF, l‘évêque de Pontoise Stanislas Lalanne a finalement admis, mercredi 6 avril, qu’il s’agissait d’un “péché objectivement grave” et que “dans tous les cas, l’acte [était] gravement condamnable”.

“C’est une faute qui doit être sanctionnée car l’on ne peut jamais laisser faire ce qui blesse aussi profondément et durablement un enfant”, a déclaré Stanislas Lalanne, dans un communiqué. “La pédophilie, dans tous les cas, est […] un crime atroce qui offense Dieu et blesse la dignité de la personne humaine créée à son image”, a ajouté le responsable de la cellule de veille de l’Église contre la pédophilie.

Les précisions de Mgr #Lalanne suite à ses propos ; et rappelons que les #pape ont toujours été très clairs. pic.twitter.com/90WtMNE5wG

— P. Cédric BURGUN ن (@PereCedric) 6 avril 2016

Des victimes de pédophilie choquées

La veille, Mgr Lalanne avait déclaré que la pédophilie était “un mal” mais qu’il ne “saurait pas dire” si c’était un péché. Ses déclarations avaient choqué les victimes de pédophilie. Les membres de l’association La Parole Libérée, qui ont contribué à médiatiser des affaires de pédophilie à Lyon, ont dénoncé une “communication de l’Église de France empreinte de maladresses et d’amateurisme”. Pour eux, les propos de Mgr Lalanne résonnent “de manière violente et dégradante pour les victimes d’actes de pédophilie”.

Cette polémique intervient alors que l’Église est de nouveau entachée par un scandale de pédophilie. Fin janvier, un prêtre lyonnais, Bernard Preynat, a été mis en examen pour des agressions sexuelles commises il y a plus de 25 ans sur des scouts. Une enquête a été ouverte dans la foulée pour non dénonciation visant les responsables du diocèse, dont le cardinal Philippe Barbarin. Depuis, quatre autres affaires de religieux accusés de pédophilie ou d’agressions sexuelles sont venues ou revenues à la surface dans le diocèse de Lyon.

Le pape François a plusieurs fois condamné clairement la pédophilie comme un “péché”, la qualifiant récemment de “monstruosité”. Jean Paul II avait quant à lui déclaré : “Il est juste que la société le considère comme un crime. Mais c’est aussi un péché détestable aux yeux de Dieu”.

Avec AFP

Première publication : 07/04/2016

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À treize mois de la présidentielle, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a lancé, mercredi, son propre mouvement politique baptisé “En Marche”. Il s’est toutefois défendu d’entretenir des ambitions élyséennes.

Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a lancé, mercredi 6 avril, son propre mouvement politique, “En Marche”, non sans prendre le risque, en faisant cavalier seul, de semer la zizanie dans la majorité, à treize mois de la présidentielle.

“J’ai mis du temps, j’ai réfléchi, j’ai consulté, j’ai associé des gens et j’ai décidé qu’on allait créer un mouvement politique, un mouvement politique nouveau”, a-t-il déclaré lors d’une rencontre citoyenne, fermée aux journalistes mais retransmise sur Internet, organisée à Amiens, sa ville natale.

Pas d’ambition présidentielle “aujourd’hui”

Il a immédiatement précisé qu’il ne lançait pas lancer cette initiative pour trouver “un énième candidat à la présidentielle”, promettant que ce n’était pas sa “priorité aujourd’hui” même s’il n’a pas caché son intention de “construire une majorité”, en trouvant un “consensus” sur des solutions qualifiées de “radicales”.

Le ministre de l’Économie, dont la popularité dans les sondages et les prises de position agacent à gauche, n’a cependant pas affiché son soutien à François Hollande, dont il a été le principal conseiller économique entre mai 2012 et août 2014, et à ce titre à l’origine des grandes réformes économiques du quinquennat.

“Qui que ce soit en 2017, s’il n’y a pas une exposition claire de la vision pour le pays, s’il n’y a pas […] un débat ouvert […] et donc la capacité à créer le consensus sur les mesures à prendre, qui que ce soit, il ou elle n’y arrivera pas”, a observé le jeune énarque de 38 ans.

“La question, avant tout, c’est de construire cela, avant de savoir qui le portera, sinon ce sera un nouvel échec sur ces sujets”, a-t-il même prévenu.

Emmanuel Macron, qui a fait fortune en travaillant pour une banque d’affaires et n’a jamais exercé de mandat électif, bénéficie d’une bonne cote de popularité.

Une ambition “radicale” et “un peu folle”

En effet, dans l’optique d’une primaire à gauche, Emmanuel Macron est le favori de l’ensemble des sondés, qui considèrent à 46 % qu’il ferait un bon candidat, selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi. En revanche, il ne convainc qu’un sympathisant de gauche sur deux (50 %).

De fait, il ne fait pas l’unanimité au Parti socialiste, dont il n’a pas la carte. “Si Macron se présente à la primaire de la droite, il écrase tout le monde”, ironise un député socialiste. Son nom est néanmoins régulièrement cité pour conduire la gauche en 2017, notamment si François Hollande ne se représentait pas. Mais Emmanuel Macron n’a pas cité une seule fois le nom du président pendant l’heure et demie où il s’est exprimé, tout en répétant ce qui ressemble curieusement à un slogan: “l’ambition apaisée”.

“Ni de droite ni de gauche”

“En Marche” ne sera “ni de droite ni de gauche”, car pour lui “les clivages sont devenus obsolètes à beaucoup d’égards”. Détaillant ce qu’il a qualifié d'”idées neuves”, il a expliqué croire “à la liberté économique, sociale, politique et à notre capacité collective à l’articuler avec la justice”.

Il a reconnu avoir une ambition “radicale” et “un peu folle”, lançant aux futurs militants le “défi” de “mener ces débats de manière libre et décomplexée”. Le ministre a également précisé que le mouvement serait “ouvert” puisqu”il sera possible d’adhérer tout en restant dans un “autre parti républicain”.

“Bien sûr que je vais adhérer. Si je suis là ce soir, c’est que je suis membre du PS et je ne quitterai pas le PS, mais je souhaite continuer avec Emmanuel Macron, avec d’autres gens de toutes sensibilités”, a affirmé à la sortie de la réunion le sénateur François Patriat.

Avec AFP

Première publication : 07/04/2016

À treize mois de la présidentielle, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a lancé, mercredi, son propre mouvement politique baptisé “En Marche”. Il s’est toutefois défendu d’entretenir des ambitions élyséennes.

Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a lancé, mercredi 6 avril, son propre mouvement politique, “En Marche”, non sans prendre le risque, en faisant cavalier seul, de semer la zizanie dans la majorité, à treize mois de la présidentielle.

“J’ai mis du temps, j’ai réfléchi, j’ai consulté, j’ai associé des gens et j’ai décidé qu’on allait créer un mouvement politique, un mouvement politique nouveau”, a-t-il déclaré lors d’une rencontre citoyenne, fermée aux journalistes mais retransmise sur Internet, organisée à Amiens, sa ville natale.

Pas d’ambition présidentielle “aujourd’hui”

Il a immédiatement précisé qu’il ne lançait pas lancer cette initiative pour trouver “un énième candidat à la présidentielle”, promettant que ce n’était pas sa “priorité aujourd’hui” même s’il n’a pas caché son intention de “construire une majorité”, en trouvant un “consensus” sur des solutions qualifiées de “radicales”.

Le ministre de l’Économie, dont la popularité dans les sondages et les prises de position agacent à gauche, n’a cependant pas affiché son soutien à François Hollande, dont il a été le principal conseiller économique entre mai 2012 et août 2014, et à ce titre à l’origine des grandes réformes économiques du quinquennat.

“Qui que ce soit en 2017, s’il n’y a pas une exposition claire de la vision pour le pays, s’il n’y a pas […] un débat ouvert […] et donc la capacité à créer le consensus sur les mesures à prendre, qui que ce soit, il ou elle n’y arrivera pas”, a observé le jeune énarque de 38 ans.

“La question, avant tout, c’est de construire cela, avant de savoir qui le portera, sinon ce sera un nouvel échec sur ces sujets”, a-t-il même prévenu.

Emmanuel Macron, qui a fait fortune en travaillant pour une banque d’affaires et n’a jamais exercé de mandat électif, bénéficie d’une bonne cote de popularité.

Une ambition “radicale” et “un peu folle”

En effet, dans l’optique d’une primaire à gauche, Emmanuel Macron est le favori de l’ensemble des sondés, qui considèrent à 46 % qu’il ferait un bon candidat, selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi. En revanche, il ne convainc qu’un sympathisant de gauche sur deux (50 %).

De fait, il ne fait pas l’unanimité au Parti socialiste, dont il n’a pas la carte. “Si Macron se présente à la primaire de la droite, il écrase tout le monde”, ironise un député socialiste. Son nom est néanmoins régulièrement cité pour conduire la gauche en 2017, notamment si François Hollande ne se représentait pas. Mais Emmanuel Macron n’a pas cité une seule fois le nom du président pendant l’heure et demie où il s’est exprimé, tout en répétant ce qui ressemble curieusement à un slogan: “l’ambition apaisée”.

“Ni de droite ni de gauche”

“En Marche” ne sera “ni de droite ni de gauche”, car pour lui “les clivages sont devenus obsolètes à beaucoup d’égards”. Détaillant ce qu’il a qualifié d'”idées neuves”, il a expliqué croire “à la liberté économique, sociale, politique et à notre capacité collective à l’articuler avec la justice”.

Il a reconnu avoir une ambition “radicale” et “un peu folle”, lançant aux futurs militants le “défi” de “mener ces débats de manière libre et décomplexée”. Le ministre a également précisé que le mouvement serait “ouvert” puisqu”il sera possible d’adhérer tout en restant dans un “autre parti républicain”.

“Bien sûr que je vais adhérer. Si je suis là ce soir, c’est que je suis membre du PS et je ne quitterai pas le PS, mais je souhaite continuer avec Emmanuel Macron, avec d’autres gens de toutes sensibilités”, a affirmé à la sortie de la réunion le sénateur François Patriat.

Avec AFP

Première publication : 07/04/2016

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La coalition de droite au pouvoir en Islande a nommé, mercredi, un nouveau Premier ministre pour succéder à Sigmundur David Gunnlaugsson, impliqué dans le scandale des “Panama papers”. Des élections anticipées auront lieu à l’automne.

Ébranlée par le scandale des “Panama papers”, qui a coûté son poste au Premier ministre, la coalition de droite au pouvoir en Islande a désigné, mercredi 6 avril, un nouveau chef de gouvernement, tout en annonçant des législatives anticipées pour l’automne.

Aux termes de l’accord scellé mercredi soir entre le Parti du progrès et le Parti de l’indépendance, le ministre de l’Agriculture Sigurdur Ingi Johannsson succède comme Premier ministre à Sigmundur David Gunnlaugsson. “Nous allons continuer à travailler ensemble. Nous espérons évidemment que cela apportera de la stabilité politique”, a déclaré Sigurdur Ingi Johannsson à la presse dans les murs du Parlement, où s’étaient réunies les deux formations de la coalition aux affaires depuis 2013.

“Nous prévoyons d’organiser des élections (législatives) cet automne”, soit six mois environ avant la fin de l’actuelle législature qui courait normalement jusqu’au printemps 2017, a-t-il précisé.

>> À lire sur France 24 : “Dans les coulisses des “Panama papers” à Washington”

“Ils ont perdu toute légitimité”

Selon les usages, le président Olafur Ragnar Grimsson, 72 ans, qui partira en retraite fin juin après 20 ans d’exercice et cinq mandats, n’aura d’autre choix que d’entériner l’accord. Dans une position devenue intenable, l’ex-Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, qui conserve jusqu’à nouvel ordre la présidence du Parti du progrès, s’était mis en retrait de ses fonctions mardi.

Trois ministres et plusieurs conseillers municipaux de Reykjavik, appartenant aux deux partis de coalition, sont mis en cause dans le scandale des paradis fiscaux exposé par les “Panama papers”. Dans ce contexte, les partis au pouvoir cherchent à gagner du temps pour éviter un vote sanction promettant d’être cinglant en cas d’élection rapide.

“Ils ont perdu toute légitimité, mais je doute fort qu’ils partent d’eux-mêmes. Le temps joue pour eux et ils s’accrochent”, analysait ainsi Gyda Margret Petursdottir, une universitaire de 42 ans venue manifester mercredi soir devant l’Althingi, le Parlement islandais.

Butin dans des îles exotiques

Le nom du Premier ministre sortant, Sigmundur David Gunnlaugsson, est l’un des premiers révélé par le Consortium international des journalistes d’investigation. L’enquête a démontré qu’avec sa future épouse, une riche héritière, Sigmundur David Gunnlaugsson a pris le contrôle en 2007 d’une société dans les Îles vierges britanniques. Il a vendu fin 2009 sa participation de 50 % dans le capital de cette société à son épouse pour un dollar symbolique, mais omis d’en faire état dans sa déclaration de patrimoine lorsqu’il a été élu député pour la première fois en avril de la même année.

Le couple plaide sa bonne foi et affirme avoir toujours déclaré son patrimoine au fisc. L’ICIJ ne lui reproche d’ailleurs qu’une entorse aux “règles éthiques” de la vie politique islandaise. Mais l’affaire est extrêmement sensible dans un pays terrassé par la crise financière en 2008. Malgré les annonces des partis aux affaires destinées à apaiser la colère montante des Islandais, ils étaient 22 000 à manifester lundi soir, un chiffre historique pour ce petit pays d’un peu plus de 300 000 habitants.

Avec AFP

Première publication : 07/04/2016