Archive for April 8th, 2016

Réuni à huis clos, le Conseil national du PS a approuvé samedi le principe d’une primaire des gauches, sous certaines conditions. La gauche du parti, les Verts et le PCF, se montrent, eux, plus réticents quant à ses modalités.

Le Parti socialiste a approuvé samedi 5 avril le principe d’une participation à une primaire de la gauche et des écologistes en vue de l’élection présidentielle de 2017. Le groupe Europe-Écologie Les Verts, plus mitigé, a simplement acté l’idée avec prudence. Les deux partis ont renvoyé au mois de juin leur décision finale sur un processus qui semble avoir peu de chances d’aboutir.

“Le parti socialiste réaffirme sa volonté de voir la primaire de toute la gauche aboutir”, peut-on lire dans un texte voté à l’unanimité du Conseil national du PS, le parlement du parti. Il “suggère un vote durant la première quinzaine de décembre” – en conformité avec la date proposée par le comité d’organisation de la primaire, les 4 et 11 décembre, qui réunit depuis le mois de février les initiateurs de l’appel Notre primaire, le PS, EELV et le PCF.

Un ou plusieurs candidats ?

Les membre du PS ne se sont pas mis d’accord, en revanche, sur le fait de participer avec un ou plusieurs candidats. Le Premier secrétaire du PS et des proches du président de la République comme Bruno Le Roux ou François Rebsamen se sont dits favorables à la candidature unique de François Hollande. “Le Parti socialiste décidera dans l’esprit de pluralité des modalités de candidature à la candidature à la primaire citoyenne lors d’un conseil national” qui doit se tenir le 3 juin, précise la motion.

Alors que les communistes et les écologistes se montrent plus que réticents à soutenir François Hollande s’il devait sortir gagnant de la primaire, le texte affirme que le PS “rejette toute tentative de lui fixer un périmètre excluant a priori une des sensibilités de l’ensemble de la gauche. Il demande simplement que les candidats, et les partis qui les soutiennent, s’engagent à soutenir le gagnant”.

Une condition qu’Europe Écologie-Les Verts a globalement rejetée samedi. “Nous n’avons jamais engagé le parti sur un soutien éventuel à François Hollande”, a affirmé lors du conseil fédéral (parlement du parti) Marine Tondelier, chargée par EELV de représenter les écologistes au comité d’organisation. La motion adoptée par le parti (57 voix pour, 16 contre, trois votes blancs) se contente d'”accueillir avec intérêt” l’organisation d’une primaire de gauche, le terme de “soutien” ayant été gommé.

Hollande “disqualifié pour porter les couleurs de la gauche” en 2017

De nombreuses voix se sont faites entendre au conseil fédéral pour intégrer à la motion la condition de ne pas avoir à soutenir François Hollande, ou sa ligne politique “social-libérale”, si celui-ci remportait le scrutin. Voix qui sont néanmoins restées minoritaires lors des votes.

Même prévention du côté du PCF qui précisera ses conditions sur la primaire à l’issue de son conseil national vendredi prochain: le président est, selon son secrétaire national Pierre Laurent, “disqualifié pour porter les couleurs de la gauche” en 2017.

En cas de primaire ouverte, le chef de l’État n’aurait les faveurs que de 5% des personnes interrogées, arrivant bon dernier. Parmi les proches de François Hollande, nombreuses sont les voix hostiles à un processus qui acterait la faiblesse du président et qui semble peu conforme à l’esprit des institutions.

Avec AFP

Première publication : 09/04/2016

Il y a 100 ans, des millions de soldats étaient mobilisés en Europe sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Au Royaume-Uni, des hommes ont refusé de prendre les armes au nom de valeurs morales ou religieuses.

Il y a un siècle, le Royaume-Uni se retrouve face à un dilemme. Plongé depuis près de deux ans dans une guerre sanglante, le pays, où le service militaire n’existe pas, a réussi à mobiliser plus de 2,5 millions d’hommes. Mais au fil des mois, les recrutements se font de plus en plus difficiles. En début d’année 1916, le Parlement se voit contraint d’instaurer la conscription pour les hommes non mariés âgés de 18 à 41 ans.

Cette loi appelée le “Military Service Act” prévoit cependant une exemption pour ceux qui, au nom de certaines valeurs, refusent d’endosser l’uniforme et de porter une arme. Ils sont appelés les objecteurs de conscience. Le Royaume-Uni est l’une des toutes premières nations dotées d’une armée conséquente à les reconnaître. “Il y avait deux raisons principales pour ne pas vouloir se soumettre à la conscription : des convictions religieuses ou politiques. Par exemple, les objecteurs de conscience religieux étaient principalement des chrétiens qui pensaient que tuer allait à l’encontre des enseignements du Christ”, explique Cyril Pearce, chercheur à l’Université de Leeds, qui a recensé près de 18 000 cas d’objecteurs de conscience au Royaume-Uni durant la Première Guerre mondiale.

Mais pour faire entendre leur voix, ces hommes doivent passer devant des tribunaux spéciaux d’exemptions. La plupart se montrent peu compréhensifs envers ceux qui ne veulent pas rejoindre le front. “La grande majorité essayait de leur faire changer d’avis en faisant appel à leur patriotisme ou à la menace d’une invasion allemande. Quelques uns de ces tribunaux considéraient les objecteurs de conscience comme des illettrés stupides et ne comprenaient pas leur démarche. C’était spécialement le cas pour les ‘politiques’ socialistes ou anarchistes”, précise Cyril Pearce.

Sur son site Internet, l’Imperial War Museum de Londres a publié quelques témoignages de ces objecteurs de conscience. Eric Dott, un jeune Écossais, raconte sa comparution devant le tribunal : “Ils avaient plusieurs questions qui revenaient souvent. L’une de leurs favorites étaient : ‘Que feriez-vous si votre sœur était menacée de viol par un soldat allemand ?’. […] Je leur ai répondu que je ne savais pas ce que je ferais mais que cela n’avait aucun rapport avec le contexte présent. Ce que je faisais était seulement une protestation contre la guerre car elle n’était pas juste”.

Une affiche concernant le “Military Service Act” de 1916 et les possibles exemptions

© Collections BDIC

Condamnés aux travaux forcés?

Ces motivations ne trouvent pas vraiment d’écho auprès des juges. À l’image de celle de Eric Dott, la grande majorité des exemptions sont refusées par les tribunaux. Les objecteurs de conscience sont alors forcés de rejoindre l’armée. Comme le décrit Cyril Pearce, sur le front, ils peuvent choisir d’intégrer une unité non-combattante : “Par exemple, 600 d’entre eux ont servi en France à l’arrière, dans des dépôts ferroviaires, des ports ou des carrières”. Mais pour ceux qui n’acceptent toujours pas d’obéir aux militaires, la sanction est la cour-martiale: “La première sentence était souvent de 112 jours de travaux forcés. S’ils refusaient toujours de se soumettre, cela se transformait en deux ans”.

En prison, les conditions sont particulièrement pénibles. Les hommes condamnés aux travaux forcés sont placés à l’isolement durant les premières semaines. “Ce dont je me rappelle des premiers jours dans ma petite cellule, c’est que tout était calme. Je devais coudre des sacs postaux. J’entendais juste le clic du judas sur la porte et je voyais un œil. Il n’y avait pas de poignée à l’intérieur. Je ne pouvais pas l’ouvrir. J’étais enfermé”, a raconté dans les années 1970 à l’Imperial War Museum, Donald Grant, qui était à l’époque étudiant.

Des archives photographiques sur les objecteurs de conscience
  • © Collection Cyril Pearce

    Environ 6 000 objecteurs de conscience ont été envoyés en prison. Sur ce cliché, on peut en voir dans la cour de la prison de Wakefield, dans le comté du West Yorkshire, en Angleterre, au sud de Leeds.

  • © Collection Cyril Pearce

    Cette photo montre l’intérieur de la prison de Dartmoor à Princetown, dans le comté de Devon. En 1917, elle est devenue un centre de regroupement pour objecteurs de conscience, et cela jusqu’en 1920. Plus de 1 100 objecteurs de conscience y ont séjourné.

  • © Collection Cyril Pearce

    Les objecteurs de conscience de la prison de Dartmoor devaient effectuer des travaux forcés, comme ici dans la lande près de l’enceinte pénitentiaire.

  • © Collection Cyril Pearce

    Sur ce cliché, les objecteurs de conscience regagnent la prison après leur journée de travail.

Une tradition différente en France

En France, à la même époque, comme dans la plupart des pays européens, l’objection de conscience n’existe pas. Avant l’entrée en guerre, des voix comme celle de Jean Jaurès ont bien dénoncé le péril d’un conflit européen, mais après la mobilisation, la grande majorité des français s’est rangée autour de l’Union sacrée. Pour Yves Santamaria, maître de conférences à l’Institut politiques de Grenoble et spécialiste de l’histoire du pacifisme, ces deux réalités s’expliquent par des différences culturelles. “En Grande-Bretagne, l’objection de conscience est très liée à une tradition de dissidence religieuse alors qu’en France les églises sont plus centralisées que ce soit chez les catholiques ou les protestants”, estime-t-il. “D’autre part, la situation est différente pour les deux pays. En France, l’ennemi est sur le sol. C’est plus facile pour les Britanniques de courir le risque d’aller en prison ou d’être méprisé par ses concitoyens quand la survie de la nation n’est pas réellement en danger”. Ce n’est qu’après la guerre que des objecteurs de conscience français commencent à se faire entendre, mais il faudra attendre 1963 pour que leur statut soit reconnu par les autorités françaises.

En Grande-Bretagne après l’armistice, le retour à la paix n’a pas été simple pour ceux qui avaient refusé de prendre les armes. “Quelques uns ont eu des difficultés pour retrouver leur travail ou pour retourner chez eux”, raconte Cyril Pearce. “Durant les années 1920 et 1930, beaucoup d’entre eux sont restés très actifs dans le monde politique, tout spécialement au sein du Parti travailliste. Ils ont continué de se battre pour la paix et le désarmement”.

En 1994, 80 ans après le début de la Grande Guerre, un monument pour rendre hommage à leur combat a été érigé dans un parc de Londres. Pour Cyril Pearce, il est toujours important de saluer leur exemple : “Il faut se souvenir d’eux pour comprendre que la guerre n’était pas populaire auprès de tout le monde et pour ne pas oublier que certains étaient prêt à risquer l’emprisonnement – et même la mort – pour résister au pouvoir d’un État en temps de guerre”.

La pierre commémorative en hommage aux objecteurs de conscience à Londres
  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Ce monument a été inauguré le 15 mai 1994, lors de la journée internationale des objecteurs de conscience, à Tavistock Square.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Sur cette plaque, on peut lire : “Pour tous ceux qui ont obtenu et maintenu le droit de refuser de tuer”.


Première publication : 09/04/2016

Les opposants à la loi travail maintiennent la pression sur le gouvernement : salariés, étudiants et lycéens s’apprêtent à battre le pavé samedi, avec l’espoir d’amplifier encore leur mobilisation malgré les vacances scolaires.

Des syndicats de salariés, d’étudiants et de lycéens appellent à une nouvelle mobilisation, samedi 9 avril, pour obtenir le retrait du projet de réforme du code du travail, malgré les modifications apportées cette semaine en commission parlementaire.

Plus de 200 manifestations et rassemblements sont prévus partout en France, à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl), qui s’attend à une “mobilisation importante”.

“Face à l’entêtement du gouvernement à maintenir son projet, la détermination reste intacte et soutenue massivement par l’opinion publique”, peut-on lire dans un communiqué de l’intersyndicale qui a déjà prévu une nouvelle mobilisation le 28 avril.

>> À voir sur France 24 : “Au cœur du mouvement Nuit Debout, place de la République”

La contestation contre le projet de loi entre samedi dans son deuxième mois. Depuis le 9 mars, les partisans d’un retrait du texte ont organisé cinq journées d’action, dont deux réunissant les jeunes et les travailleurs.

La dernière journée unitaire, le 31 mars, a réuni entre 390 000 et 1,2 million de manifestants à travers la France, soit près du double de celle du 9. Les cortèges ont aussi été émaillés de violences, avec notamment 177 interpellations le 5 avril, lors d’une journée à l’initiative des seules organisations de jeunesse.

En organisant cette fois la mobilisation un samedi, les syndicats espèrent “élargir le mouvement aux familles, à toutes les populations qui ne sont pas forcément en capacité de se mobiliser la semaine”, indique Virginie Gensel, membre de la direction de la CGT.

La commission des Affaires sociales tente d’amadouer les opposants

La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a pourtant modifié le projet pour tenter d’amadouer l’opposition à la fois des syndicats et des petites et moyennes entreprises.

Les membres de la commission “ont apporté à la fois de nouvelles protections pour les salariés mais ils ont apporté aussi plus de souplesse en direction des petites entreprises”, a dit sur RTL la ministre du Travail Myriam El Khomri.

La commission, qui a achevé jeudi l’examen du projet de loi avant son arrivée en séance plénière le 3 mai, l’a modifié afin d’aider les petites et moyennes entreprises sur la question des licenciements, comme elles le demandaient.

Un référendum sur l’accord d’entreprise devra être signé par des syndicats représentants plus de 50 % des salariés aux élections professionnelles. Faute de cette majorité, les syndicats minoritaires (plus de 30 % aux élections) auront la possibilité de demander un référendum afin de valider l’accord.

Pas de modification de “l’épine dorsale” du texte selon la CGT

Parmi les autres modifications apportées en commission, la période d’interdiction du licenciement pour les mères de retour d’un congé maternité est portée de quatre à dix semaines.

Le compte personnel d’activité, qui reprend tous les droits des salariés, a été étendu aux retraités et durera jusqu’au décès. En cas de maladie, l’employeur devra proposer un “emploi” et non plus un “poste” à tout salarié déclaré inapte.

>> À lire sur France 24 : “Paroles de manifestants dans le défilé parisien contre la loi travail”

Mais le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé sur Europe 1 que les amendements votés en commission ne modifiaient pas “l’épine dorsale” du texte.

“Il y a des évolutions qui ne remettent pas en cause l’épine dorsale de ce projet qui est d’avoir un Code du travail dans chaque entreprise, c’est ça qui nous fait combattre ce projet”, a déclaré Philippe Martinez. “Sur le fond, rien n’a changé.”

Le mouvement Nuit Debout prend de l’ampleur

Les manifestations de jeunes persistent par ailleurs et le mouvement Nuit Debout essaime au-delà de la place de la République à Paris, où il est installé depuis le 31 mars, dans de grandes villes de province.

Après les consultations de mercredi entre les organisations de jeunesse et les ministres du Travail, de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, le gouvernement prépare des propositions qui doivent être dévoilées lundi par Manuel Valls à l’occasion d’une nouvelle réunion, cette fois à Matignon. L’idée d’une allocation financière pour les jeunes diplômés est notamment sur la table.

“Nous avons fait avec les deux autres ministres des propositions sur différents sujets au Premier ministre qui est en train de les analyser, de les chiffrer”, a dit le ministre de la Jeunesse, Patrick Kanner, sur Radio Classique.

Le président de l’Unef, William Martinet, s’était montré mercredi optimiste, tout en maintenant son opposition au projet de loi. “Nous avons la conviction que nous arrivons à avancer. […] Ce rendez-vous avait une tonalité très différente du premier que nous avons eu avec le gouvernement”, avait-il déclaré.

Du côté du front commun, la prudence est de mise : “Les organisations syndicales seront vigilantes aux annonces qui seront faites par le Premier ministre la semaine prochaine”, dit leur communiqué commun.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 09/04/2016

Les opposants à la loi travail maintiennent la pression sur le gouvernement : salariés, étudiants et lycéens s’apprêtent à battre le pavé samedi, avec l’espoir d’amplifier encore leur mobilisation malgré les vacances scolaires.

Des syndicats de salariés, d’étudiants et de lycéens appellent à une nouvelle mobilisation, samedi 9 avril, pour obtenir le retrait du projet de réforme du code du travail, malgré les modifications apportées cette semaine en commission parlementaire.

Plus de 200 manifestations et rassemblements sont prévus partout en France, à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl), qui s’attend à une “mobilisation importante”.

“Face à l’entêtement du gouvernement à maintenir son projet, la détermination reste intacte et soutenue massivement par l’opinion publique”, peut-on lire dans un communiqué de l’intersyndicale qui a déjà prévu une nouvelle mobilisation le 28 avril.

>> À voir sur France 24 : “Au cœur du mouvement Nuit Debout, place de la République”

La contestation contre le projet de loi entre samedi dans son deuxième mois. Depuis le 9 mars, les partisans d’un retrait du texte ont organisé cinq journées d’action, dont deux réunissant les jeunes et les travailleurs.

La dernière journée unitaire, le 31 mars, a réuni entre 390 000 et 1,2 million de manifestants à travers la France, soit près du double de celle du 9. Les cortèges ont aussi été émaillés de violences, avec notamment 177 interpellations le 5 avril, lors d’une journée à l’initiative des seules organisations de jeunesse.

En organisant cette fois la mobilisation un samedi, les syndicats espèrent “élargir le mouvement aux familles, à toutes les populations qui ne sont pas forcément en capacité de se mobiliser la semaine”, indique Virginie Gensel, membre de la direction de la CGT.

La commission des Affaires sociales tente d’amadouer les opposants

La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a pourtant modifié le projet pour tenter d’amadouer l’opposition à la fois des syndicats et des petites et moyennes entreprises.

Les membres de la commission “ont apporté à la fois de nouvelles protections pour les salariés mais ils ont apporté aussi plus de souplesse en direction des petites entreprises”, a dit sur RTL la ministre du Travail Myriam El Khomri.

La commission, qui a achevé jeudi l’examen du projet de loi avant son arrivée en séance plénière le 3 mai, l’a modifié afin d’aider les petites et moyennes entreprises sur la question des licenciements, comme elles le demandaient.

Un référendum sur l’accord d’entreprise devra être signé par des syndicats représentants plus de 50 % des salariés aux élections professionnelles. Faute de cette majorité, les syndicats minoritaires (plus de 30 % aux élections) auront la possibilité de demander un référendum afin de valider l’accord.

Pas de modification de “l’épine dorsale” du texte selon la CGT

Parmi les autres modifications apportées en commission, la période d’interdiction du licenciement pour les mères de retour d’un congé maternité est portée de quatre à dix semaines.

Le compte personnel d’activité, qui reprend tous les droits des salariés, a été étendu aux retraités et durera jusqu’au décès. En cas de maladie, l’employeur devra proposer un “emploi” et non plus un “poste” à tout salarié déclaré inapte.

>> À lire sur France 24 : “Paroles de manifestants dans le défilé parisien contre la loi travail”

Mais le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé sur Europe 1 que les amendements votés en commission ne modifiaient pas “l’épine dorsale” du texte.

“Il y a des évolutions qui ne remettent pas en cause l’épine dorsale de ce projet qui est d’avoir un Code du travail dans chaque entreprise, c’est ça qui nous fait combattre ce projet”, a déclaré Philippe Martinez. “Sur le fond, rien n’a changé.”

Le mouvement Nuit Debout prend de l’ampleur

Les manifestations de jeunes persistent par ailleurs et le mouvement Nuit Debout essaime au-delà de la place de la République à Paris, où il est installé depuis le 31 mars, dans de grandes villes de province.

Après les consultations de mercredi entre les organisations de jeunesse et les ministres du Travail, de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, le gouvernement prépare des propositions qui doivent être dévoilées lundi par Manuel Valls à l’occasion d’une nouvelle réunion, cette fois à Matignon. L’idée d’une allocation financière pour les jeunes diplômés est notamment sur la table.

“Nous avons fait avec les deux autres ministres des propositions sur différents sujets au Premier ministre qui est en train de les analyser, de les chiffrer”, a dit le ministre de la Jeunesse, Patrick Kanner, sur Radio Classique.

Le président de l’Unef, William Martinet, s’était montré mercredi optimiste, tout en maintenant son opposition au projet de loi. “Nous avons la conviction que nous arrivons à avancer. […] Ce rendez-vous avait une tonalité très différente du premier que nous avons eu avec le gouvernement”, avait-il déclaré.

Du côté du front commun, la prudence est de mise : “Les organisations syndicales seront vigilantes aux annonces qui seront faites par le Premier ministre la semaine prochaine”, dit leur communiqué commun.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 09/04/2016