Archive for April 11th, 2016

Le siège du groupe Bolloré Africa Logistics a fait l’objet d’une perquisition dans le cadre d’une enquête sur les conditions d’octroi des concessions des ports de Conakry, en Guinée, et de Lomé, au Togo.

Une perquisition a été menée le 8 avril au siège du groupe Bolloré, a indiqué mardi 12 avril l’avocat du groupe, confirmant une information du journal Le Monde. Cette perquisition était menée dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en novembre 2013 par le parquet national financier portant notamment sur des soupçons de “corruption d’agent public étranger”.

Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) “se demandent si le groupe du milliardaire breton [absent durant la perquisition] a utilisé son bras publicitaire Havas pour faciliter l’obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo“, affirme Le Monde.

C’est en enquêtant sur les relations de Francis Perez, président du groupe Pefaco, une société spécialisée dans l’hôtellerie et les jeux et très implantée en Afrique, que les enquêteurs ont été amenés à se pencher sur les activités africaines de l’industriel Vincent Bolloré.

Selon Le Monde, Francis Perez compte parmi ses relations Jean-Philippe Dorent, salarié de la société de communication Havas (détenue à 60 % par Bolloré), qui s’est “notamment occupé en 2010 de la campagne présidentielle guinéenne du candidat Alpha Condé“.

Le président de la République de Guinée, Alpha Condé, élu en novembre 2010, avait résilié le 8 mars 2011, par décret, la convention de concession du terminal à conteneurs du port de Conakry octroyée en 2008 pour une durée de 25 ans à Getma, une filiale de l’armateur NCT Necotrans.

Le gouvernement guinéen avait confié quelques jours plus tard la gestion du port au groupe Bolloré, déclenchant une bataille judiciaire entre les deux rivaux. Le groupe Bolloré avait été condamné en 2013 par le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) à verser plus de 2 millions d’euros à NCT Necotrans. Sollicité par l’AFP, le groupe Bolloré a indiqué avoir “cessé toute communication politique depuis 2011”.

De plus, toujours selon le quotidien, Jean-Philippe Dorent s’est également chargé d’une partie de la communication du jeune président togolais Faure Gnassingbé, fils de Gnassingbé Eyadema. En 2010, année de la réélection de Faure Gnassingbé, le groupe Bolloré remportait la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour une durée de 35 ans. Une décision elle aussi contestée par un concurrent.

Avec AFP

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Première publication : 12/04/2016

En se prononçant contre la “prohibition”, le secrétaire d’État Jean-Marie Le Guen a relancé le débat sur la dépénalisation du cannabis en France. Farouchement contre, la droite accuse les socialistes de démagogie. La gauche est divisée.

“Le cannabis est une très mauvaise chose pour la santé publique, en particulier chez les jeunes. Mais la prohibition n’amène pas une diminution de la consommation.” Les propos tenus, lundi 11 mars, par Jean-Marie Le Guen ont relancé le débat sur une éventuelle légalisation du cannabis en France. La déclaration du secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement a en effet suscité une bronca à droite et réveillé de vieilles divisions à gauche.

En France, en 2014, 17 millions de personnes déclarent avoir déjà pris du cannabis dans leur vie et 700 000 en consommaient quotidiennement, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Souhaitant que “le Parti socialiste ouvre un débat sur la fin de la prohibition du cannabis”, Jean-Marie Le Guen, médecin de profession, s’est prononcé pour “des levées d’interdiction très sélectives : pour les adultes, certainement pas pour les jeunes de moins de 21 ans”, et pour un “usage privé”.

>> À voir dans le Débat de France 24 : Dépénalisation du cannabis, un écran de fumée ?

“La position que Jean-Marie Le Guen a exprimée est personnelle”, a souligné le Premier ministre, Manuel Valls, dans un entretien au quotidien Libération. “Qu’il y ait des débats, c’est normal… Mais j’ai la conviction, comme le président de la République, que toute société doit savoir fixer des interdits. Je crois que la consommation du cannabis, parce qu’elle a un impact sur la santé publique, doit en rester un”, a-t-il tranché.

“Il n’y a pas de dépénalisation du cannabis en vue”, a renchéri la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem. Au sein du gouvernement, Jean-Marie Le Guen a reçu toutefois un soutien, certes prudent, de l’écologiste Jean-Vincent Placé, opposé à “une illégalité totale”, mais pour qui ce n’est pas “le moment de revenir sur ce débat”.

La question avait déjà été soulevée à l’automne 2012, quand Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, avait rappelé à l’ordre le ministre de l’Éducation de l’époque Vincent Peillon, qui souhaitait un débat sur la dépénalisation. Quelques mois plus tôt, l’exécutif avait rappelé son opposition sur le sujet, après une prise de position de l’écologiste Cécile Duflot.

“Débats intelligents” et “vieilles lunes”

En octobre, le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, proche de François Hollande, avait remis la question sur le tapis. Regrettant “un empêchement à avoir des débats intelligents dans ce pays”, cet élu de Seine-Saint-Denis a taclé mardi auprès de l’AFP ceux pour lesquels “il n’y a aucun problème de dealer, d’argent sale, de connexion entre argent sale et terrorisme, de consommation avec des qualités qui se dégradent”.

>> À lire sur France 24 : “Le Facebook du cannabis” veut sédfuire Wall Street

“Il y a aujourd’hui des sensibilités différentes au sein du PS, a reconnu auprès de l’AFP Corinne Narassiguin, porte-parole du parti. Manuel Valls est absolument contre, beaucoup de gens considèrent qu’il faut garder cette approche très sécuritaire, d’autres sont sur des positions beaucoup plus ouvertes.”

La droite a aussitôt accusé le gouvernement de démagogie, au lendemain de mesures en faveur des jeunes et sur fond de mobilisation étudiante contre le projet de Loi travail. “Comme par hasard, le même jour, en direction des jeunes, d’un côté 500 millions, de l’autre, regardez, on est ouvert, on est sympa, on propose un débat sur la dépénalisation du cannabis. C’est juste pas sérieux”, a dénoncé Benoist Apparu (Les Républicains, LR).

“Ces temps-ci, j’ai un peu l’impression qu’on assiste à tout le retour des vieilles lunes de gauche. Est-ce que c’est la façon de répondre aux attentes des jeunes ?”, s’est interrogé Laurent Wauquiez (LR). “Je pense surtout que la légalisation du cannabis serait un signal extrêmement laxiste envoyé à la jeunesse”, a estimé François Fillon (LR). “Le gouvernement tente toutes les promesses et les sorties possibles pour calmer” la colère des jeunes, a lancé aussi le Front national.

Accusations rejetées par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, pour qui les propos de Jean-Marie Le Guen n’ont “strictement rien à voir avec [sa] loi ni par rapport au contexte”.

Avec AFP

Première publication : 12/04/2016

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Les ventes de musique ont progressé de 3,2 % en 2015, enregistrant la première “hausse significative depuis 1998” a affirmé la Fédération internationale de l’industrie phonographique.

Cela faisait près de 20 ans que les majors du disque attendaient ça. La Fédération internationale de l’industrie phonographique a sorti, mardi 12 avril, son rapport annuel sur un air de triomphe : les ventes de musique ont connu en 2015 une croissance substantielle pour la première fois depuis 1998. L’industrie du disque aurait-elle réussi à tourner la page de Napster & Co et du tout gratuit sur le Web ?

Les revenus tirés de la vente de musique ont atteint 15 milliards de dollars en 2015 (13,2 millions d’euros). Une somme qui est encore très loin d’égaler les 27,8 milliards de dollars de revenus de 1998 (24,5 millions d’euros), mais les professionnels du secteur sont plus optimistes que jamais.

Tout d’abord, les revenus de l’industrie musicale ont augmenté 3,2 % l’an dernier. Un chiffre dont le lobby du disque n’osait plus rêver depuis 20 ans. Les rares hausses connues ces dernières années se situaient, comme en 2013, plutôt aux alentours des 0,3 %.

Haro sur YouTube

Ensuite, la musique en ligne ne se résume plus essentiellement au téléchargement illégal ni au streaming gratuit. Les services payants, tels que Apple Music ou les abonnements mensuels à des plateformes de streaming telles que Spotify ou Deezer pèsent de tout leur poids dans les résultats financiers des studios. Les revenus du digital représentent même 45 % du chiffre d’affaires total et devancent, pour la première fois, ceux des ventes de disques physiques.

Mais si les majors réussissent, enfin, à tirer des profits substantiels de l’Internet, elles ne sont pas aux anges pour autant. Leur grand ennemi du moment ? YouTube. Monétiser au mieux les clips musicaux diffusés sur la plateforme de partage de vidéos de Google demeure un mystère pour les grands studios. L’IFPI souligne que si les 68 millions d’e-mélomanes qui paient pour leur musique rapportent deux milliards de dollars, les 900 millions d’internautes qui consomment gratuitement (via YouTube ou autres) ne rapportent que 634 millions de dollars grâce à la publicité. En clair, l’industrie du disque fixe, à travers son rapport annuel, son prochain cheval de bataille : faire plier Google et YouTube.

Première publication : 12/04/2016

Éclaboussée par des révélations d’agressions sexuelles sur des mineurs impliquant des prêtres, les évêques de France ont annoncé une série de mesures pour faire la lumière sur des cas de pédophilie récents et “même anciens”.

Elle avait promis des décisions fortes. La Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé, mardi 12 avril, une série de mesures pour mieux lutter contre la pédophilie dans l’Église. L’organisation a présenté ces nouvelles dispositions à la presse à l’issue d’une réunion de son “conseil permanent”, l’exécutif de l’épiscopat, alors que l’Église catholique en France est ébranlée depuis plus de deux mois par des révélations d’affaires de pédophilie ou d’agressions sexuelles impliquant des prêtres.

L’une des figures de l’Église de France, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, est actuellement visé par deux enquêtes pour non-dénonciation, notamment à la suite de la mise en examen fin janvier du Père Bernard Preynat pour des actes pédophiles commis il y a plus de 25 ans sur de jeunes scouts lyonnais.

>> À voir dans la Revue de presse de France 24 : “L’Église face à ses vieux démons”

“Dans l’histoire des diocèses, des cas particuliers demeurent, même anciens, sur lesquels il est nécessaire de faire la lumière. Nous nous engageons à faire ce travail comme nous le faisons sur les cas portés à notre connaissance, notamment par les victimes”, a déclaré Mgr Georges Pontier, président de la CEF.

Cellules d’écoute et commission

Parmi les mesures annoncées figure la création de “cellules d’accueil et d’écoute” au niveau des diocèses ou des provinces ecclésiastiques (regroupements de diocèses). “Un site Internet dédié, notamment à l’accueil des victimes, permettra à celles-ci de rentrer en contact avec cette cellule locale. Dès aujourd’hui et dans l’attente de la mise en place du site Internet, l’adresse mail paroledevictimes@cef.fr est ouverte aux victimes”, a indiqué le président de la CEF.

Une commision présidée par un laïc

Une “commission nationale d’expertise indépendante” est en outre créée. “Présidée par une personnalité laïque qualifiée, et composée d’experts (anciens magistrats, médecins, psychologues, parents…)”, elle aura “pour mission de conseiller les évêques dans l’évaluation des situations de prêtres ayant commis des actes répréhensibles”, selon Mgr Pontier.

Enfin, la “cellule de veille” de l’épiscopat sur la pédophilie devient “cellule permanente de lutte contre la pédophilie” pour poursuivre et intensifier le travail mené depuis 15 ans sur ce sujet par l’Église, ont fait savoir ses responsables.

Avec AFP

Première publication : 12/04/2016

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MassRoots, qui se définit comme le “Facebook du cannabis”, a déposé, lundi, une demande pour être coté au Nasdaq. La start-up espère lever 6,5 millions de dollars, alors que la marijuana reste illégale au niveau fédéral aux États-Unis.

Faites des affaires, pas la guerre : la Marie-Jeanne s’apprête à entrer par la grande porte à Wall Street. MassRoots, qui se présente comme le “Facebook du cannabis”, a déposé, lundi 11 avril, un dossier auprès du gendarme de la Bourse américaine (la Security Exchange Commission ou SEC) pour être coté au Nasdaq, le prestigieux index new-yorkais des valeurs technologiques.

Ce site communautaire, créé en 2013, revendique 775 000 membres, tous consommateurs de cannabis à des fins récréatives ou thérapeutiques. Ils y échangent des conseils d’utilisation, des avis sur les produits et les revendeurs.

Fais tourner la publicité

Isaac Dietrich, PDG du MassRoots, espère que cette importante communauté intéressera les investisseurs et lui permettra de lever 6,5 millions de dollars lors de son introduction en Bourse à Wall Street. Sa société est déjà cotée sur une petite place financière secondaire (OTC Markets) depuis près d’un an.

Pour jouer dans la grande cour boursière du Nasdaq, l’homme d’affaires veut vendre à d’éventuels actionnaires une niche publicitaire sans concurrence ou presque dans la mesure où Facebook, Twitter ou encore Google ne permettent pas aux revendeurs de cannabis de faire de la publicité sur leurs sites. MassRoots, au contraire, cherche précisement à les séduire.

La légalisation à usage médical du cannabis dans 23 États américains ainsi que dans le District of Columbia (DC) a mis du beurre dans le business du joint. En 2015, les ventes légales de cannabis ont atteint 5,4 milliards de dollars, soit une hausse annuelle de 17 % d’après le fonds d’investissement ArcView Market Research. Les revendeurs qui ont pignon sur rue ont donc probablement aussi envie de promouvoir leurs produits sur des sites pour le grand public.

Le Nasdaq consentant ?

MassRoots a donc des atouts à faire valoir en Bourse…. Pour le moment, du moins, car la situation pourrait changer si la consommation de cannabis était légalisée au niveau fédéral. Dans ce cas de figure, Google, Facebook et autres pourront accepter la publicité pour ces substances en toute légalité. Un site de niche comme MassRoots pourra-t-il alors concurrencer des mastodontes qui revendiquent des centaines de millions voire plus d’un milliard d’utilisateurs ?

Isaac Dietrich a donc toutes les raisons d’être pressé de faire tourner les actions de sa plateforme au Nasdaq. Encore faut-il que la place financière accepte ce dossier qui sent le chanvre ou le souffre… MassRoots peut, en effet, être perçu comme un lobbyiste peu fréquentable qui laisse de l’espace à des publicités pour des substances illégales au niveau fédéral. Pas sûr que le Nasdaq soit prêt à donner sa caution boursière à un tel site.

Première publication : 12/04/2016

Après la mobilisation des hôtesses de l’air d’Air France, qui refusaient de devoir porter le voile lors des liaisons Paris-Téhéran, c’est au tour des stewards gay de la compagnie de refuser de voler vers l’Iran, où l’homosexualité est un crime.

Pour la première fois depuis 2008, la compagnie Air France s’apprête à rétablir la liaison Paris-Téhéran. Le premier vol, qui aura lieu le 17 avril, illustre la reprise du dialogue entre l’Occident et l’Iran depuis l’accord nucléaire du 14 juillet 2015. Mais si la réouverture de la ligne aérienne entre les deux États est un symbole fort, elle embarrasse aussi un certain nombre de salariés de la compagnie. Les homosexuels, en particulier.

À travers une pétition, mise en ligne sur le site Change.org le 8 avril, ils demandent à exercer leur droit de retrait dans un pays appliquant la peine de mort à l’encontre des homosexuels. “Si la décision économique d’ouvrir les vols sur Téhéran peut se comprendre, l’enjeu moral est différent”, peut-on lire sur la pétition intitulée “Les stewards gays d’Air France ne veulent pas voler vers la peine de mort en Iran”.

Raisons “morales et humaines”

“L’homosexualité reste illégale dans ce pays. La peine peut aller de 74 coups de fouet pour un mineur, jusqu’à la peine de mort pour un adulte. Certes, la sexualité n’est pas écrite sur les passeports et ne change pas la façon des membres d’équipage de travailler. Par contre, pour des raisons autant morales qu’humaines, il est inconcevable de forcer quelqu’un à se rendre dans un pays où ses semblables sont condamnés pour [ce qu’ils] sont.”

Début avril, les hôtesses de l’air d’Air France avaient obtenu le droit de refuser de voler vers la République islamique où elles auraient dû se voiler, sans être sanctionnées. Chez Air France, le refus peut entraîner une retenue salariale et une mention dans le dossier des salariés. “Ce qui peut nuire à une carrière et empêcher [par exemple] de devenir chef de cabine”, avait déjà expliqué Françoise Redolfi, la secrétaire adjointe de l’Unsa PNC contactée par France 24.

“Air France veille en permanence à la sécurité de son personnel navigant”

Pour se faire entendre et légitimer leur demande, les salariés gays de la compagnie ont aussi brandi la charte éthique d’Air France. “Le groupe Air France/KLM s’est doté pour l’ensemble des deux compagnies et de leurs filiales d’une Charte sociale et éthique, symbole des valeurs et des droits qui fondent notre identité.” La compagnie, contactée par France 24, ne semble pas disposée à céder à leurs revendications. Elle s’étonne même que le combat de ses salariés homosexuels ne vise que l’Iran.

“Encore un grand nombre de pays [que nous desservons] dans le monde ont une législation restrictive sur l’homosexualité […] : Algérie, Angola, Cameroun, Égypte, Guinée, Maroc, Mauritanie, Nigéria, Sénégal, Sierra Léone, Togo, Tunisie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes unis, Inde, Malaisie (récemment desservie), Singapour. Air France n’a pas eu de problématique ces dernières années sur les pays cités”, explique la compagnie dans un communiqué.

Air France se veut néanmoins rassurante. “Le métier de PNC [personnel navigant] amène effectivement par nature à desservir des pays dont les cultures et réglementation sont très différentes de la nôtre et […] la direction d’Air France veille en permanence à ce que l’ensemble de ses personnels navigants le fasse dans la plus grande sécurité.”

Première publication : 12/04/2016

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a prévenu lundi soir que la place de la République investie par les manifestants de Nuit debout depuis le 31 mars devait rester un espace “partagé”, accessible à “tous les Parisiens”.

L’usage de la place de la République, où se réunit le mouvement Nuit debout, doit rester “partagé” entre tous, a affirmé, lundi 11 avril, la maire socialiste de la ville de Paris, Anne Hidalgo. “Tous les matins, les services de la propreté de la Ville nettoient un espace qui ne peut être dit public et commun que si tous les Parisiens peuvent en disposer”, a ajouté Anne Hidalgo dans un communiqué signé également par les maires des IIIe, Xe et XIe arrondissements.

La place est aussi un “lieu de passage, de loisirs ou encore un mémorial”, et Hidalgo “veillera à ce que son usage reste partagé entre tous”. “De la même manière que rien ne s’oppose à ce que des citoyens débattent une partie de la nuit, rien ne doit s’opposer à ce qu’ils libèrent la place une fois qu’ils ont terminé leurs discussions”, ont encore précisé les trois édiles parisiens.

Pelleteuse en action pour vider la place. #NuitDeboutpic.twitter.com/ILQTHkkeNu

— Hugo Clément (@hugoclement) 11 avril 2016

Il est “légitime” de rêver d’un autre monde

Les signataires condamnent aussi “avec la plus grande fermeté” les violences et les dégradations de certains lieux : contre le commissariat du XIe arrondissement notamment et contre des commerces. “S’il est légitime de rêver d’un autre monde, il ne l’est pas de dégrader celui-ci”, conclut le communiqué. De nombreux riverains commencent également à se plaindre de l’odeur d’urine et du bruit.

>> En images : avec les participants de Nuit debout à Paris

Depuis onze jours, l’esplanade du cœur de Paris est l’épicentre d’un mouvement citoyen inédit, lancé au soir du 31 mars contre le projet de loi travail “et le monde qui va avec”, et qui entend poursuivre sa mobilisation, suscitant l’embarras des autorités et de la classe politique. Lundi matin, la police a démantelé le campement parisien, après l’expiration de leur autorisation de se réunir. Mais l’initiative n’a pas douché l’enthousiasme des protestataires. Quelques heures plus tard, ils étaient encore des centaines à refaire le monde en plein centre de la capitale.

“La Nuit debout ne s’arrête pas, ça doit continuer” a confié Gregory, 24 ans, membre de la commission presse. Finalement, la “cantine” s’est réinstallée, et l’assemblée générale a repris, jeunes et moins jeunes se relayant au micro pour parler droits de l’Homme, Constitution ou encore éducation devant des centaines de personnes assises par terre autour d’eux.

La première bâche est à nouveau tendue place de la #République#nuitdeboutpic.twitter.com/nBRqyhyAbc

— Arnaud Tousch (@nanotousch) 11 avril 2016

“On n’est pas fatigués”

En province aussi, pas question de baisser les bras. “Le désir de tout le monde est de prendre plus de pouvoir sur nos sociétés et nos vies”, expliquait Cyril, l’un des organisateurs du mouvement à Lyon. “La lutte continue, on n’est pas fatigués”, résumait un slogan lancé par les manifestants parisiens place de la République.

De nombreuses questions ont été soulevées suite aux incidents dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque quelques centaines de personnes ont voulu se rendre au domicile du Premier ministre Manuel Valls. Huit personnes ont été interpellées et des dégradations déplorées par les autorités.

“On ne veut pas que le mouvement soit montré pour ce qu’il n’est pas, ce n’est pas un mouvement violent”, affirme une des initiatrices du mouvement, qui se fait appeler Camille. “On peut discuter, dialoguer […], mais si ça tourne à la violence, on ne peut pas tolérer”, a mis en garde lundi le patron du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

Avec AFP

Première publication : 12/04/2016