Archive for April 14th, 2016

Une adolescente de 12 ans, rackettée depuis des mois par une bande de collégiennes, a été violemment agressée mardi à Créteil. Jusqu’ici, elle avait gardé le silence. Trois jeunes filles ont été présentées à un juge en vue de leur mise en examen.

Trois adolescentes, soupçonnées d’appartenir à une bande qui a agressé très violemment une collégienne de Créteil (Val-de-Marne), mardi à la sortie des cours, ont été présentées à un juge en vue de leur mise en examen, a-t-on appris vendredi 15 avril de source judiciaire.

Une information judiciaire pour extorsion de fonds et violences en réunion avec arme a été ouverte. Les jeunes filles, âgées de 13 à 15 ans, sont également poursuivies pour avoir filmé la scène. Le parquet a requis leur placement sous contrôle judiciaire, avec une mesure d’éloignement, leur interdisant notamment de fréquenter le Val-de-Marne.

D’autres jeunes filles sont recherchées par les enquêteurs, a ajouté la source judiciaire. Une quatrième adolescente interpellée cette semaine a finalement été relâchée sans suite.

Dévêtue, frappée, brûlée avec des cigarettes

Alors qu’elle rentrait à pied chez elle, la victime de 12 ans a été prise à partie, mardi, par un groupe d’adolescentes qui la menaçaient et lui soutiraient de l’argent depuis septembre. La jeune fille n’en avait pas parlé à ses parents qui ont découvert le calvaire subi par leur enfant seulement après l’agression de mardi, d’après Europe 1 qui a interviewé le père de la victime.

Mardi, les invectives et les brimades subies par la jeune collégienne ont laissé place à de véritables sévices : sous la menace d’un couteau de boucher, la collégienne a d’abord été forcée à voler dans une épicerie, puis elle a été dévêtue, frappée, brûlée avec des cigarettes et ses cheveux ont été coupés. “Elles l’ont littéralement lynchée… Elles lui ont uriné dessus”, a ajouté le père de la victime qui a précisé que la jeune fille avait eu la mâchoire fracturée à coups de genoux. Dix jours d’ITT ont été prescrits à la jeune femme.

“Dans ce genre d’histoires, l’ennemi numéro 1 c’est le fait que l’enfant puisse ne rien dévoiler. C’est très compliqué, elle se murait dans le silence. Comme elle nous a dit au final, ‘j’avais peur de vous ramener des problèmes'”, a expliqué le père de la jeune fille.

Des jeunes filles sans antécédent judiciaire

Les jeunes assaillantes, “connues des services de l’assistance éducative”, n’ont cependant “pas d’antécédents judiciaires” selon la source.

Par ailleurs, une seconde enquête a été ouverte après qu’une adolescente, qui pourrait avoir pris part aux violences, et sa mère, ont été agressées à leur tour, dans la nuit de mardi à mercredi. “Sans doute une expédition de représailles”, a commenté la source judiciaire.

Les deux enquêtes ont été confiées à la brigade des mineurs de la Sûreté territoriale du Val-de-Marne.

Avec AFP

Première publication : 15/04/2016

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Sites bloqués, vidéos ou images retirées : le ministère de l’Intérieur a fait le ménage sur Internet pour lutter contre le terrorisme. La Cnil, seule instance à contrôler cette activité de censeur, a rendu son premier rapport à ce sujet vendredi.

Depuis les attentats terroristes du 7 janvier 2015, le gouvernement a fait un sacré ménage sur la Toile. Il a fait disparaître 1 080 contenus illicites (photos, vidéos ou texte), bloqué plus de 60 sites et ordonné le déréférencement de 386 sites, tous liés à de la propagande terroriste. Il a fait de même pour 812 contenus pédopornographiques. C’est ce qui ressort du premier rapport annuel de la “personnalité qualifiée” nommée par la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) pour contrôler les choix étatiques, publié vendredi 15 avril.

Sans ces conclusions du magistrat Alexandre Linden, désigné en février 2015 pour donner son avis sur les demandes émanant du gouvernement, personne n’en connaîtrait l’ampleur. Depuis février 2015, le ministère de l’Intérieur, par le biais l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC), peut se passer de l’accord d’un juge pour rendre un site inaccessible ou ordonner qu’un contenu, lié au terrorisme ou à la pédopornographie, soit supprimé, par exemple, d’un réseau social.

Une seule opposition

Cette prérogative, censée permettre à l’État de répondre plus rapidement à la propagande sur Internet, a cependant été fortement critiquée par les organismes de protection de la vie privée sur le Web, qui craignent des dérives vers une censure.

“Il y a eu quelques couacs au début, mais le système fonctionne bien dorénavant”, a affirmé Alexandre Linden lors d’une conférence de presse au siège de la Cnil. Certains documents fournis par l’OCLCTIC au magistrat étaient inaccessibles sur Internet, lui compliquant sérieusement la tâche pour juger si un contenu bloqué était réellement illicite ou non.

“La plupart du temps, juger si le contenu est illicite est facile, mais on a eu des sessions très chargées où il fallait contrôler plus de cent cas en une matinée”, souligne le magistrat, qui a refusé de donner des exemples précis. Il a admis tout au plus, que la simple présence d’un drapeau de l’organisation terroriste État islamique (EI) pouvait être suffisante, à ses yeux, pour faire disparaître un contenu.

Depuis sa prise de fonctions, il ne s’est opposé qu’à une décision des autorités. Elle concernait une photo prise dans l’enceinte du Bataclan après les attentats de novembre 2015 sur laquelle on pouvait distinguer une vingtaine de corps. Pour Alexandre Linden, ce cliché avait été utilisé, dans la plupart des cas, pour dénoncer ou informer et les corps “n’était pas reconnaissables”. L’OCLCTIC a suivi cette recommandation et n’a pas ordonné qu’elle soit supprimée des sites, s’est félicitée cette “personnalité qualifiée”.

La période post-13 novembre 2015

Mais malgré cette satisfaction affichée, il reste d’importantes zones d’ombre qu’Alexandre Linden n’a pas pu éclaircir. Le principal point noir concerne la période post-13 novembre 2015. La Cnil a certes enregistré une forte hausse des demandes pour faire disparaître des contenus de propagande terroriste après les attentats de Paris, mais le magistrat a été incapable de dire précisément combien de fois l’OCLCTIC a sévi contre un site ou un réseau social.

Difficile aussi de savoir si cette “personnalité qualifiée” sert, en fait, encore à quelque chose. Le renforcement de la loi d’urgence, le 19 novembre 2015, permet au ministère de l’Intérieur un blocage “exprès” des sites Internet... Sans même demander son avis à la “personnalité qualifiée”. “Je pensais qu’après le vote de ce texte, je serais moins sollicité”, a reconnu Alexandre Linden. Il assure qu’il n’en a rien été : le ministère de l’Intérieur lui aurait confié que le système en vigueur depuis février 2015 le satisfaisait. On peut se demander, dans ces conditions, pourquoi avoir adopté une procédure simplifiée encore plus opaque si c’est pour ne pas s’en servir…

Première publication : 15/04/2016

Président de la Ligue de football professionnel depuis 2002, Frédéric Thiriez a annoncé vendredi qu’il démissionnait de son poste. Une décision qui prend effet immédiatement, afin de “laisser la place à la génération suivante”, explique-t-il.

C’est une histoire de près de 15 ans qui vient de prendre fin. Le président de la Ligue de football professionnel (LFP) Frédéric Thiriez a annoncé vendredi lors d’une Assemblée générale de la Ligue, qu’il se “retirait dès aujourd’hui pour laisser la place à la génération suivante”. Il avait déjà fait savoir qu’il ne se représenterait pas à son poste, il y a quelques semaines.

Avec la réforme de la gouvernance de la LFP, votée vendredi à l’unanimité, “une nouvelle LFP est née”, a expliqué Thiriez, qui a assuré que “puisqu’une page se tourne, autant la tourner complètement”. Administrateur de la LFP depuis 1995, il en avait pris la présidence en mai 2002, succédant à Gérard Bourgoin.

Avec AFP

Première publication : 15/04/2016

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La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne ont demandé jeudi au G20, réuni vendredi à Washington, d’établir une liste noire des paradis fiscaux afin de “mettre en œuvre des sanctions” contre les “pays non-coopératifs”.

L’onde de choc provoquée par les révélations des “Panama papers” continue de faire des vagues. Cinq pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont ainsi exhorté le G20, jeudi 14 avril, à établir une liste noire des paradis fiscaux et à prévoir des sanctions pour les pays non-coopératifs.

Ce groupe de pays appelé “G5”, qui inclut également l’Italie et l’Espagne, demande également de lever le secret sur l’identité des propriétaires de sociétés écrans, dans une lettre rendue publique à Washington en amont d’une réunion du G20 Finances.

“Nous voulons des listes qui permettent de mettre en œuvre des sanctions pour des pays qui ne respecteraient pas les règles”, a expliqué à la presse le ministre français, Michel Sapin, lors de la présentation de la lettre signée par les ministres des Finances des cinq pays.

>> À voir sur France 24 : “L’Europe est-elle au cœur de l’évasion fiscale ?”

Cette initiative coordonnée doit servir de base pour lancer le débat sur l’évasion fiscale au sein du G20, dont les membres ne sont pas tous d’accord sur le besoin d’établir une liste noire.

Les cinq ministres y expriment leur volonté de “garantir l’application effective des normes d’échange d’information et de faire face aux pays non-coopératifs en se basant sur une liste internationale et via des mesures de représailles”.

“Que le G20 soit ferme, précis, concret dans la lutte contre les paradis fiscaux”

Selon une source proche du dossier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) serait chargée d’élaborer cette liste de pays non-coopératifs “pour qu’elle soit ensuite adoptée par le G20”.

Dans leur lettre, les cinq pays européens plaident également pour que soit levé le voile sur les propriétaires des sociétés écran.

>> À voir sur France 24 : “‘Panama papers’ : petit pays, gros scandale”

“Nous lançons une initiative pilote pour l’échange automatique d’information sur les ayants droit” de sociétés écrans, ont-ils écrit. “Cette nouvelle initiative constitue un grand pas pour améliorer la transparence sur les ayants droit et lever le voile du secret qui permet à des délinquants d’opérer”, ajoutent les ministres, réunis à Washington en marge de la réunion de printemps du FMI.

Ces cinq pays demandent “que le G20 soit ferme, précis, concret dans la lutte contre les paradis fiscaux, contre les mécanismes opaques qui permettent de dissimuler des revenus, des capitaux, des mouvements financiers qui sont préjudiciables à l’ensemble de nos économies”, a affirmé Michel Sapin.

Avec AFP

Première publication : 15/04/2016

Manifestations, dégradations, heurts avec la police : les jeunes se sont de nouveau mobilisés jeudi contre la loi travail. Mais François Hollande, dont l’intervention sur France 2 a été huée place de la République, en a exclu le retrait.

Comme chaque soir depuis deux semaines, des centaines de personnes se sont réunies jeudi soir sur la place de la République, à Paris, devenue le point de ralliement du mouvement “Nuit debout“. Quelques uns ont suivi l’interview de François Hollande, sur un écran installé à la hâte. Mais le président n’a pas trouvé pas les faveurs du public. “Ta gueule !” crient certains. “On n’attend rien de lui”, disent Paul et Clémence, fidèles du mouvement.

Quand un électeur du Front National interpelle le président en plateau, c’en est trop pour les veilleurs de la République. Une manifestation se prépare. À la fin de l’émission, environ 300 manifestants, selon la police, quittent la place en criant leur intention de marcher vers l’Elysée. Rapidement déviés par un cordon de CRS, ils ont sillonné les 10e et 19e arrondissements, où des casseurs sont entrés en action, vandalisant vitrines, abribus et véhicules.

Des forces de police ont été déployées et les manifestants se sont dispersés par petits groupes. La police a ensuite indiqué avoir procédé à divers contrôles d’identité. “Des enquêtes sont d’ores et déjà en cours pour identifier les auteurs de ces faits et les traduire devant la justice”, a assuré la préfecture de police dans un communiqué.

Ailleurs en France, des défilés à Nantes et Montpellier ont été émaillés d’incidents, certains manifestants s’en prenant violemment aux forces de l’ordre, saccageant des abribus et mettant le feu à des poubelles.

La loi travail “ne sera pas retirée”

Ces rassemblements nocturnes, qui se tenaient également dans plusieurs autres villes, étaient le point d’orgue d’une nouvelle journée de mobilisation contre le projet de loi travail. Plus tôt, des manifestants s’étaient déjà rassemblés devant le Musée de l’Homme où l’interview de François Hollande était enregistrée. Mais pas de quoi faire plier le président. Cette loi “ne sera pas retirée”, a-t-il dit mais, ajoutant qu’il peut y avoir des “corrections” apportées lors du débat parlementaire.

À Paris, une manifestation avait déjà réuni dans l’après-midi 1 700 personnes. Des échauffourées avaient éclaté durant une vingtaine de minutes sur la place de la République, des manifestants cagoulés jetant chaises, bâtons et bouteilles en direction des CRS, qui ont riposté avec des charges et du gaz lacrymogène. Sept CRS avaient alors été légèrement blessés ainsi que quatre manifestants, selon la Préfecture de police (PP).

Les jeunes continuent de manifester pour réclamer le retrait du projet de loi travail, qu’ils accusent d’aggraver leur précarité, malgré des annonces faites lundi par le gouvernement en faveur de leur insertion professionnelle. “Les mesures annoncées par Manuel Valls sont une goutte d’eau”, estime Juliette, étudiante à l’université Paris-8. En visite jeudi matin à Mantes-la-Jolie, le Premier ministre a été accueilli par une cinquantaine de manifestants, écartés sans ménagement par les forces de l’ordre.

Avec AFP

Première publication : 15/04/2016