Archive for April 19th, 2016

Un groupe d’étudiants de Sciences-Po Paris a relancé la polémique sur le voile, mercredi, en invitant celles qui le souhaitent à se couvrir la tête d’un foulard islamique. Une initiative qui, selon eux, “incite au débat”, non à la conversion.

Voiles colorés sur la tête, une dizaine de jeunes femmes font les cent pas dans le hall majestueux de Sciences-Po Paris, mercredi 20 avril. Intimidées par la foule de journalistes venus spécialement, les organisatrices du “Hijab Day” ne semblent pas s’être préparées à l’avalanche de questions suscitées par l’opération. Et pour cause, l’idée est simple mais polémique : inviter les étudiantes de la célèbre institution publique à revêtir un voile islamique pour la journée.

Deux étudiantes finissent par se jeter à l’eau. “Nous ne pouvons plus permettre qu’on parle en notre nom, nous devons nous exprimer nous-mêmes”, commence la jeune Laetitia. L’événement, insiste-t-elle, vise à encourager le débat parmi les étudiants, en aucun cas à convertir quiconque à l’islam.

Laetitia et ses acolytes expliquent avoir été déçues par les récents commentaires des membres du gouvernement associant le voile à l’esclavage. Le mois dernier, la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a comparé les femmes portant le hijab aux “nègres américains qui étaient pour l’esclavage”. Le Premier ministre, Manuel Valls, a ensuite soutenu l’idée d’interdire le foulard islamique dans l’enceinte des universités publiques.

#HijabDay at the prestigious Sciences Po university in central Paris today pic.twitter.com/7XmbIza5MZ

— Joseph Bamat (@josephbamat) 20 avril 2016



“Faire avancer le débat public”

Hannah Barlett, une étudiante australienne en échange universitaire pour un semestre, a été l’une des premières à jouer le jeu. Avec l’aide d’une organisatrice, elle s’est enveloppée d’une écharpe d’un violet éclatant. “Soutenir les autres femmes est important. C’est leur choix de porter le voile”, dit-elle, surprise que la question soit si polémique en France, où le port du voile est prohibé depuis 2004 dans les établissements primaires et secondaires. Depuis 2010, une loi interdit également le port du voile intégral en public ou la dissimulation du visage par quelque moyen que ce soit dans l’espace public, et donc aussi à l’aide d’une cagoule ou d’un casque de moto.


Hannah Barlett, une étudiante australienne en échange universitaire pour un semestre, a été l’une des premières à jouer le jeu. © Joseph Bamat, France 24

Pour Josselin Marc, président du syndicat Unef (Union nationale des étudiants de France) de Sciences-Po, l’opération a attiré une attention insoupçonnée depuis que des groupes d’extrême droite ont commencé à poster des commentaires haineux sur les réseaux sociaux. De nombreux étudiants, jusque-là indifférents au “hijab day”, ont ensuite apporté leur soutien à l’événement, explique-t-il. “Ça n’aurait pas dû provoquer autant de remous. C’est un événement qui respecte les règles de l’université et la loi en général”, note-t-il, soulignant que l’Unef n’a pas pris position sur la question du port du voile dans les universités mais a toujours soutenu une initiative destinée à “faire avancer le débat public sur un sujet important.”

“Non au prosélytisme”

Helena, elle, était parmi les étudiants de Sciences-Po désapprouvant le “Hijab Day », un événement qu’elle qualifie de “choquant” face aux journalistes. “C’est ridicule de les entendre dire que [ le hijab ] est juste un morceau de tissu , spécialement à notre époque !”, s’insurge-t-elle.

Le député Bruno Le Maire, candidat à la primaire Les Républicains et professeur à Science-Po Paris, a fustigé l’opération. “Comme enseignant à @sciencespo, je veux dire ma désapprobation face au #HijabDay. En France, les femmes sont visibles. Non au prosélytisme !”, a-t-til twitté mercredi matin.

Comme enseignant à @sciencespo, je veux dire ma désapprobation face au #HijabDay. En France, les femmes sont visibles. Non au prosélytisme !

— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) 20 avril 2016

Mais Anaïs, l’une des organisatrices, insiste sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas de prosélytisme. “L’Hijab Day” est uniquement destiné à démystifier le voile islamique parmi nos camarades de classes et inciter les femmes à prendre le pouvoir et à s’exprimer librement sur le sujet”, martèle-t-elle, assurant qu’aucune suite ne devrait être donnée à cette initiative.

Première publication : 20/04/2016

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Google a été accusé par la Commission européenne, mercredi, d’abus de position dominante avec son système d’exploitation pour smartphones Android, ouvrant ainsi un second front contre le géant d’internet qui s’expose à de lourdes amendes.

La Commission européenne (CE) a accusé Google d’abus de position dominante avec son système d’exploitation pour appareils mobiles Android, reprochant au géant américain de limiter le choix des consommateurs et de freiner l’innovation.

“Au stade actuel de notre enquête, nous pensons que par son comportement Google prive les consommateurs d’un choix plus large d’applications et de services mobiles et que l’entreprise freine l’innovation émanant des autres acteurs, en violation des règles de concurrence de l’UE”, écrit la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué diffusé mercredi 20 avril.

Ces accusations marquent un nouvel épisode dans la bataille juridique que se livrent la Commission européenne et la filiale du groupe Alphabet. Il y a un an, l’exécutif européen avait accusé Google de favoriser son propre service de comparaison de prix lors de recherches sur internet. La décision de Bruxelles sur ce dossier est attendue dans le courant de cette année.

Le dossier Android est potentiellement plus lourd pour Google, qui a réalisé l’an dernier 11 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur les seules recettes publicitaires des combinés équipés de son système d’exploitation. Le groupe américain pourrait écoper d’une amende de 7,4 milliards de dollars, soit 10 % du chiffre d’affaires réalisé en 2015, et être contraint de modifier ses pratiques commerciales.

Incitations financières

Si Android est un logiciel libre (open source), qui permet en théorie aux fabricants de matériels de concevoir et utiliser leurs propres logiciels, la grande majorité des smartphones européens intègrent un ensemble standard d’applications et de logiciels qui doivent faire l’objet d’une licence accordée par Google.

Environ 80 % des appareils smartphones utilisés en Europe et dans le monde fonctionnent sous Android, selon la Commission européenne, qui accuse notamment Google d’accorder des incitations financières aux fabricants et aux opérateurs de mobiles s’ils préinstallent Google Search en exclusivité sur leurs matériels. Quatre concurrents de Google avaient donc saisi la Commission, accusant le géant américain de se servir d’Android pour étouffer la concurrence.

Google, qui a 12 semaines pour répondre aux accusations de Bruxelles, a réagi en présentant Android comme un système remarquable basé sur un logiciel libre et ouvert à l’innovation. “Nous nous réjouissons de collaborer avec la Commission européenne pour démontrer qu’Android est bon pour la concurrence et bon pour les consommateurs”, a déclaré le conseiller juridique de Google, Kent Walker.

>> À lire sur France 24 : “Google accusé d’abus de position dominante dans le domaine de la recherche sur Internet”

Avec Reuters

Première publication : 20/04/2016

Après les critiques formulées par Emmanuel Macron au sujet de l’impôt de solidarité sur la fortune, le Premier ministre Manuel Valls a recadré le ministre de l’Économie en assurant que supprimer cette taxe serait “une faute”.

Manuel Valls a procédé à une mise au point à destination de son ministre de l’Économie, mercredi 20 avril, sur les ondes de France Info. Le Premier ministre français n’a en effet pas goûté l’idée exprimée par Emmanuel Macron dans la revue Risques, lequel a estimé que l‘impôt de solidarité sur la fortune (ISF) n’était pas “optimal”.

“Supprimer cet impôt, supprimer l’impôt sur la fortune, qu’on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d’un point de vue économique, serait une faute”, a réagi Manuel Valls, “au nom même de la justice, et avec ce sentiment qui existe dans notre pays d’une forme d’injustice, notamment entre les plus pauvres et ceux qui en ont le plus”.

Le chef du gouvernement a laissé entendre que la prise de position d’Emmanuel Macron était malvenue “au moment où nous créons cette prime d’activité, où nous avons annoncé une prolongation de cette augmentation du RSA, où nous nous attaquons pleinement à ce fléau que représente la pauvreté, où nous ouvrons ce débat sur le revenu universel.”

Valls demande de la cohérence et de la loyauté

Le Premier ministre a par ailleurs rappelé à l’ordre le ministre de l’Economie, qui s’affranchit de plus en plus de la tutelle présidentielle et gouvernementale.

“Je demande à chaque ministre, puisqu’il reste encore un an, d’être pleinement attelé à sa fonction, à sa mission. Il y a encore beaucoup à faire pour l’économie française, pour la rendre plus compétitive, pour soutenir nos entreprises en France et à l’étranger”, a également déclaré Manuel Valls. “Que chacun soit concentré sur sa tâche dans la cohérence et dans la loyauté.”

Selon Le Figaro, qui rapporte des propos du ministre de l’Economie dans la revue Risques, publication de référence du secteur de l’assurance en France, Emmanuel Macron suggère d’en finir avec l’ISF lorsqu’il dit sa “préférence pour le risque face à la rente.” Le ministre avait déclaré : “Je pense que la fiscalité sur le capital actuelle n’est pas optimale […]. Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF”.

Créé en 1989, l’ISF, qui a succédé à l’IGF (impôt sur les grandes fortunes) instauré par François Mitterrand en 1981 et abrogé par Jacques Chirac durant la cohabitation, a depuis subi de multiples aménagements.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 20/04/2016

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé, mercredi, vouloir prolonger l’état d’urgence de deux mois, jusqu’à fin juillet, afin de garantir la sécurité de l’Euro-2016 et du Tour de France.

L’état d’urgence instauré en France au soir des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis pourrait être prolongé de deux mois à compter du 26 mai. C’est le souhait formulé par le Premier ministre Manuel Valls, mercredi 20 avril, sur France Info.

Le chef du gouvernement a expliqué que l’exécutif, “au vu de la menace”, souhaitait la sécurité maximale pour l’Euro-2016, qui se déroule du 10 juin au 10 juillet, et le Tour de France, prévu du 2 au 24 juillet.

L’état d’urgence englobera l’Euro 2016 et le Tour de France @manuelvallshttps://t.co/li5ewEJME1

— France Info (@franceinfo) 20 avril 2016

“L’état d’urgence ne peut pas être un état permanent mais à l’occasion de ces grandes manifestations […], nous avons considéré qu’il fallait prolonger cet état d’urgence”, a-t-il expliqué.

La mesure devait être présentée, mercredi, en conseil des ministres par Bernard Cazeneuve. Un texte sera ensuite transmis au Conseil d’Etat puis au Parlement, à qui il revient de voter la prolongation ou non de l’état d’urgence.

Cet état d’exception est un régime permettant notamment à l’Etat d’assigner à résidence toute personne “dont l’activité est dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics” et d’ordonner “des perquisitions à domicile de jour comme de nuit” sans passer par l’autorité judiciaire.

“Depuis la proclamation de l’état d’urgence” après les attentats de novembre, “plus de 3 500 perquisitions ont été menées […] débouchant sur plus de 400 interpellations”, avait précisé vendredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Avec Reuters

Première publication : 20/04/2016