Archive for April 22nd, 2016

Depuis vendredi, les onze prétendants à la primaire de la droite et du centre peuvent recueillir les parrainages nécessaires à leur candidature. Une tâche qui s’annonce compliquée pour les nombreux “petits” adversaires.

La chasse est ouverte ! Les très nombreux candidats potentiels à la primaire de la droite et du centre peuvent, depuis vendredi 22 avril et jusqu’au vendredi 9 septembre, recueillir officiellement les parrainages requis. Une étape de la procédure qui devrait permettre de faire le tri parmi la pléthore de candidats à la candidature.

Ils sont en effet aujourd’hui 11 à souhaiter participer à la primaire : Jean-François Copé, Geoffroy Didier, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Frédéric Lefebvre, Bruno Le Maire, Hervé Mariton, Nadine Morano, Jacques Myard et Jean-Frédéric Poisson. À ceux-là devraient s’ajouter Michèle Alliot-Marie courant mai et Nicolas Sarkozy à la fin de l’été. En outre, le parti Les Républicains, qui organise le scrutin, n’est pas à l’abri de voir la liste s’allonger, à l’image d’un Henri Guaino qui a déclaré il y a plusieurs mois qu’il pourrait lui aussi se lancer dans la course.

>> À voir sur France 24 : “Infographie : qui sont les candidats de la primaire de la droite et du centre ?”

Face à une telle déferlante, les railleries n’ont pas manqué, aussi bien à gauche qu’à droite. “Ce n’est plus une primaire, c’est une équipe de foot”, a plaisanté le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. “On est ridicules vis-à-vis de notre électorat et de nos militants. (…) Franchement, ça nous décrédibilise un peu”, a estimé pour sa part la députée européenne LR Rachida Dati.

“Dans l’opinion publique, c’est vrai que ça peut être interprété de façon négative avec un côté ridicule, analyse le politologue Olivier Rouquan, contacté par France 24. Ça peut-être perçu comme un argument de plus pour avoir une mauvaise opinion du personnel politique. Mais c’est aussi la logique même de ce système des primaires de permettre le pluralisme démocratique, même si on sait qu’il y a des candidatures de témoignage qui n’iront pas jusqu’au bout.”

Candidat pour faire le buzz ou obtenir un ministère

La Haute Autorité de la primaire de la droite et du centre a en effet mis en place des garde-fous censés limiter les ambitions : pour être officiellement candidat, chaque aspirant doit ainsi recueillir, au minimum, le parrainage de 20 parlementaires, de 250 élus répartis sur au moins 30 départements, et de 2 500 adhérents issus d’au moins 15 départements. Un défi de taille pour certains.

“Pour réunir tous ces parrainages, il faut avoir des réseaux, explique Olivier Rouquan. Il faut être capable d’organiser une convergence de soutiens auprès des élus et des militants. En clair, il faut déjà disposer d’un certain capital politique et ceux qui n’ont pas suffisamment de voilure ne passeront pas le barrage.”

Tous les observateurs s’accordent ainsi pour dire que le nombre de candidats officiels, dont la liste sera connue le 21 septembre, devrait au minimum être divisé par deux. Le député LR Thierry Solère, en charge de l’organisation de cette primaire, a d’ailleurs estimé vendredi qu’ils ne seraient pas plus de cinq ou six. “Vous verrez que ce sera difficile d’en avoir plus que ça”, a-t-il affirmé sur les antennes de Sud Radio et Public Sénat.

Si la chasse aux parrainages s’avère aussi ardue, y compris pour quelqu’un comme l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé, pourquoi des candidats n’ayant a priori aucune chance ont-ils alors fait le choix de se présenter ?

“Pour faire le buzz ou négocier la suite comme la participation à un gouvernement”, analyse Olivier Rouquan, qui garde en mémoire l’exemple de Manuel Valls, candidat à la primaire socialiste en 2011 ayant recueilli 5 % des voix et aujourd’hui Premier ministre.

“Certains de ces petits candidats sont aussi probablement là pour enlever des voix à un autre candidat qui pèse davantage dans la balance, poursuit le politologue. On sait que ce jeu existe. Et comme nul ne connaît aujourd’hui l’écart qu’il y aura entre les grands candidats en novembre, on peut faire l’hypothèse qu’enlever quelques points lors du premier tour ne sera pas négligeable.”

Une primaire “de la droite et du centre” qui ressemble davantage à une primaire LR

En attendant de savoir si Jacques Myard ou Geoffroy Didier auront leurs parrainages, ou de comprendre qui gêne le plus une candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet ou une probable candidature de Michèle Alliot-Marie, un prétendant est déjà assuré de concourir : Jean-Frédéric Poisson.

En tant que représentant du Parti chrétien démocrate (PCD), un parti associé et donc dispensé des parrainages, le député des Yvelines n’aura pas à faire le tour de France des parrains potentiels. La participation de son parti à cette primaire estampillée “de la droite et du centre” a été actée récemment par le bureau politique du parti Les Républicains, qui aurait sans doute préféré voir d’autres candidatures externes.

Le PCD est en effet le seul parti ayant fait le choix jusqu’à présent de présenter un candidat. En l’absence d’accord en vue des législatives qui suivront la présidentielle de 2017, les centristes de l’UDI ont ainsi voté contre leur participation à la primaire. Quant au MoDem, il n’a jamais eu l’intention d’y prendre part.

Or l’ouverture aux autres partis avait pour but de limiter le nombre de candidats au premier tour de la présidentielle. “S’il n’y avait pas de primaire, Jean-Frédéric Poisson pourrait être candidat à la présidentielle, donc participer de la désunion de la droite au premier tour”, soulignait Thierry Solère il y a quelques semaines.

À un an de la présidentielle, le danger d’un éparpillement des voix de droite n’est donc pas écarté. Et aux éventuelles candidatures de Jean-Christophe Lagarde ou de François Bayrou, se sont d’ores et déjà ajoutées celles bien réelles de Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Rama Yade.


Première publication : 23/04/2016

Depuis vendredi, un lycée en rénovation du XIXe arrondissement de Paris est occupé par 150 migrants, lassés de vivre dans le campement de fortune installé près de la station Stalingrad. Les autorités de la région dénoncent une “occupation sauvage”.

Quelque 150 migrants occupent, depuis le 21 avril, le lycée professionnel Jean-Jaurès du XIXe arrondissement de Paris. Les occupants sont des réfugiés venant du campement sauvage situé à proximité de la station de métro Stalingrad.

Selon le collectif La Chapelle debout, qui les soutient, il s’agit uniquement d’hommes, de diverses nationalités (afghane, yéménite, soudanaise, érythréenne, somalienne notamment). Sur place, ils bénéficient d’eau et d’électricité.

“Pour ne plus se laver et se changer dans la rue”

“Vous avez vu dans quelles conditions on vit. Ce n’est pas humain. Nous, on demande juste un peu de considération et de respect, affirme Moussa, un réfugié soudanais, au micro de France 24. C’est pour ça qu’on a décidé de s’installer dans cette école. Pour ne plus se laver et se changer dans la rue. Nous voulons un abri, nous ne sommes pas des criminels. Nous demandons à vivre normalement, comme des êtres humains.”

La région Ile-de-France a annoncé avoir “saisi le préfet de police pour demander l’évacuation immédiate de ce lycée qui doit accueillir, après une phase de réfection, les élèves et personnels du lycée régional du bâtiment et des travaux publics actuellement situé dans le XVe arrondissement”, a-t-elle indiqué dans un communiqué. “La région portera plainte pour les infractions commises et les éventuelles dégradations qui pourraient découler de cette occupation illégale”, a-t-elle ajouté.

Le préfet d’Ile-de-France et préfet de Paris, Jean-François Carenco, a également “dénoncé très fermement (cette) occupation sauvage”. “Dans ce pays, c’est la loi qui commande, pas la force. Ils s’attaquent à un établissement non pas vide mais en travaux. C’est une honte. La France est une terre d’asile mais pas une terre de pagaille”, s’est-il indigné auprès de l’AFP, estimant que “ces gens sont manipulés” par des collectifs.

Près de 6 500 places d’hébergement mobilisées

Selon la préfecture, 18 opérations de mise à l’abri de migrants présents sur des campements à Paris ont eu lieu depuis le 1er juin 2015, donnant lieu à la mobilisation de 6 453 places d’hébergement.

Ces migrants font partie d’un campement sauvage de “plus de 450 personnes” installé à Stalingrad, selon Valérie Osouf du comité La Chapelle Debout. “Le but (de l’occupation) est de mettre (la maire de Paris) Anne Hidalgo face à ces déclarations, quand elle dit qu’Angela Merkel a sauvé l’honneur de l’Europe en accueillant des réfugiés. Si elle a honte, qu’elle ouvre des gymnases, des endroits pour les accueillir dans des conditions dignes. Cette action est un levier pour entamer une négociation”, a-t-elle expliqué.

Ce site a déjà été évacué à plusieurs reprises. En mars, 900 personnes ont été délogées de leur camp de fortune. Quelques semaines plus tard, 400 réfugiés vivent à nouveau sous les voies du métro aérien.

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Première publication : 23/04/2016

Des dizaines de personnes et les forces de l’ordre se sont opposées vendredi soir sur la place de la République, à Paris, en marge du rassemblement Nuit debout. Un véhicule de police a été incendié. Douze personnes ont été interpellées.

Des heurts ont éclaté dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 avril entre une centaine de personnes et les forces de l’ordre sur la place de la République à Paris, en marge du mouvement Nuit debout.

Douze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue notamment pour “participation à un attroupement et jets de projectiles”, selon un communiqué de la préfecture de police publié samedi. “Celles-ci feront l’objet de poursuites judiciaires appropriées”, ajoute la préfecture.

Nuit debout : vidéo amateur des incidents de la nuit du 22 au 23 avril

Selon la police, “une centaine d’individus constitués en cortège se sont dirigés vers le boulevard du faubourg Saint-Martin” aux alentours de 00h15, heure de Paris. Les forces de l’ordre, qui sont parvenus à les maintenir sur la place, ont alors été la cible de jets de projectiles. Une voiture de police garée à proximité a été “volontairement incendié et totalement détruit”.

Un autre véhicule de police et deux véhicules de la RATP ont également été détériorés. “Jusqu’à 02h00 et malgré l’appel à la dispersion de la part des forces de l’ordre, des échauffourées se sont multipliées à l’encontre des fonctionnaires nécessitant l’usage de gaz lacrymogène”, ajoute la préfecture, qui précise que les affrontements n’ont fait aucun blessé.

[Communiqué] Incidents en marge du rassemblement #placedelarepubliquepic.twitter.com/UJXOwYfAEj

— Préfecture de police (@prefpolice) 23 avril 2016

Depuis le début du mouvement, 36 interpellations

Ces incidents sont survenus après une semaine de calme autour de la place de la République, théâtre d’échauffourées nocturnes à répétition ces dernières semaines lors de manifestations sauvages en marge du mouvement Nuit debout, installé sur la place depuis le 31 mars

.>> À lire sur France 24 : “Casseurs, incident avec Finkielkraut : Nuit debout joue-t-il sa crédibilité ?”

“Le préfet de police constate le renouvellement et l’aggravation des actes de violence commis à l’issue du rassemblement de la Nuit debout place de la République malgré les nombreuses mises en garde adressées aux organisateurs et aux participants”, indique la préfecture.

La semaine dernière, dans la nuit de vendredi à samedi, alors que le rassemblement touchait à sa fin, une centaine de personnes avait jeté et brûlé palettes et détritus avant de lancer des projectiles sur les forces de l’ordre. Elles avaient été dispersées, et 21 personnes interpellées.

Voiture en feu, fin de soirée difficile #NuitDeboutpic.twitter.com/VZkClgHeUf

— Loïc (@GazarLoic) 22 avril 2016

La veille, alors que le président François Hollande terminait une émission télévisée, environ 300 manifestants, selon la police, avaient quitté la place pour marcher en direction de l’Élysée. Écartées par un cordon de CRS, elles avaient ensuite sillonné des rues des Xe et XIXe arrondissements, où des casseurs avaient brisé des vitrines et des abribus et vandalisé des véhicules.

Depuis le début du mouvement il y a trois semaines, 36 personnes ont été arrêtées en marge de Nuit debout, dont 35 ont été placées en garde à vue, avait indiqué la Préfecture de police samedi dernier.

Avec AFP

Première publication : 23/04/2016

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L’État français souscrira à hauteur de trois milliards d’euros à l’augmentation de capital d’EDF, a annoncé Bercy, vendredi. L’électricien a par ailleurs reporté sa décision sur son investissement dans le projet nucléaire d’Hinkley Point.

Après Areva fin janvier, c’est maintenant EDF qui bénéficiera d’un coup de pouce de l’État français. Désireux de renforcer sa structure financière, le groupe a annoncé, vendredi 22 avril, une augmentation de capital de 4 milliards d’euros à laquelle l’État, qui détient près de 85 % de l’électricien public, participera à hauteur de 3 milliards d’euros.

“L’État réaffirme ainsi sa confiance dans la direction de l’entreprise et l’ensemble de ses salariés pour assurer la réussite d’EDF dans le cadre d’un dialogue social de qualité”, ont affirmé les ministres français de l’Économie et des Finances dans un communiqué.

De son côté, EDF a également précisé qu’il comptait céder pour environ 10 milliards d’euros d’actifs à l’horizon 2020, pour améliorer sa solidité financière dans un contexte de chute des prix de l’électricité. Cela passera notamment par une ouverture du capital de sa filiale RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, qui sera préparée d’ici l’été avec pour objectif de mettre l’opération en œuvre avant la fin de l’année.

>> À voir dans le Journal de l’Éco : “EDF, un géant sous tension”

Le groupe compte en outre ramener ses investissements à 10,5 milliards d’euros en 2018, soit un recul de près de 2 milliards par rapport à 2015. Mais en intégrant ses activités régulées, EDF devrait investir entre 12,5 et 13,5 milliards d’euros par an au cours des trois prochaines années.

Report du projet d’EPR au Royaume-Uni

Ces décisions ont été annoncées à l’issue d’un conseil d’administration qui a reporté la décision de mener à bien un investissement de 23 milliards d’euros dans le projet de réacteur nucléaire EPR britannique d’Hinkley Point, a-t-on appris de sources proches du dossier. Selon une source gouvernementale, la décision pourrait n’intervenir qu’à la rentrée et les autorités britanniques ont été prévenues.

Ce report fait suite à la décision du PDG, Jean-Bernard Lévy, de consulter son comité central d’entreprise (CCE) sur ce projet controversé afin de répondre à une exigence des élus qui menaçaient de saisir la justice.

Toujours pour conforter sa situation financière, EDF renforcera son programme d’économies à hauteur d’au moins 1 milliard d’euros en 2019 par rapport à 2015, après avoir déjà réduit ses coûts d’environ 300 millions l’an passé.

>> À lire sur France 24 : “Hinkley Point, un nouveau bourbier nucléaire pour EDF ?”



Le groupe a également fait part de son intention de proposer une option de versement des dividendes en action pour les exercices 2016 et 2017, ce que l’État a accepté, selon un communiqué des ministères de l’Économie et des Finances.

Pour financer l’augmentation de capital prévue d’ici la clôture des comptes 2016 d’EDF, l’État utilisera notamment les recettes attendues des ouvertures de capital des aéroports de Nice et de Lyon et de possibles nouvelles baisses de participations dans des groupes dont il est actionnaire, a précisé la source gouvernementale.

Ces mesures font partie d’un plan à moyen terme qui sera présenté au conseil d’administration d’EDF en décembre.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 23/04/2016