Archive for April 27th, 2016

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La Banque nationale du Qatar semble avoir été piratée et les données bancaires de clients prestigieux comme des membres de la famille royale al-Thani ou des ministres sont accessibles en ligne.

La Banque nationale du Qatar (QNB) a un problème de fuite d’informations. Un souci qui pèse très lourd : 1,4 gigaoctet de données personnelles sur les clients du principal établissement bancaire public qatari sont visibles sur l’Internet depuis mardi 25 avril. Une fuite surtout très embarrassante pour l’établissement car elle concerne des personnalités très en vue du riche émirat.

La QNB a d’ailleurs refusé, mercredi, de confirmer la réalité de ce vol informatique évoquant officiellement des “spéculations sur les réseaux sociaux”. Mais plusieurs médias, dont France 24, ont pu consulter ces documents et des clients de l’établissement ont confirmé la véracité des informations les concernant.

Prédicateur controversé

Une partie de l’élite politique et médiatique du pays, dont des membres de la famille dirigeante al-Thani, voient ainsi certaines informations (numéro de compte, téléphone, adresse email) rendues publiques. Il en va de même pour plusieurs ministres, des personnalités du monde des affaires ou encore de hauts gradés de l’armée. La vie bancaire d’une dizaine de journalistes de la chaîne Al Jazeera est aussi mise à nu.

Mais ce ne sont pas seulement les hommes de pouvoir qataris qui ont intéressé les pirates informatiques. Ils pensent aussi avoir identifié plusieurs espions, aussi bien qataris que d’autres pays, parmi les clients de la QNB. Des comptes et informations personnelles concerneraient deux Français soupçonnés d’être des agents secrets. Un membre désigné du contre-espionnage britannique ou encore un autre des services polonais du renseignement font également partie de ce groupe. Dans la plupart des cas, les pirates informatiques ont tenté de trouver des documents connexes, comme des CV ou des liens vers les réseaux sociaux, qui attesteraient que ces personnes appartiennent bien à la communauté du renseignement.

Un homme a droit à un traitement spécial : Youssef al-Qardaoui. Les pirates ont consacré un dossier entier aux différents comptes à la QNB de ce controversé prédicateur, porte voix des Frères musulmans. Cette figure théologique influente a dû fuir l’Égypte dans les années 1960 pour trouver réfuge au Qatar, où il a été un proche de l’ancien émir. En 2014, l’Égypte a demandé et obtenu d’Interpol un mandat d’arrêt international pour incitation au meurtre, vandalisme, violence et vol.

Appât du gain ?

Ce tri des données et les recherches faites pour tenter de ranger les clients par catégories – “famille al-Thani”, “Al Jazeera”, “banques”, “espions” – semblent indiquer que les pirates informatiques n’ont pas agi par pur appât du gain. Ils auraient pu, sinon, simplement mettre en vente la base de données brute.

Reste que contrairement à des lanceurs d’alerte, ces pirates informatiques n’ont rien dit sur les motivations de leur assaut contre la forteresse QNB. Pour Simon Edwards, expert en sécurité informatique pour l’entreprise japonaise d’antivirus Trend Micro, les pirates cherchaient à “mettre en avant certaines transactions” et identifier les comptes les plus sensibles.

Il explique au site International Business Times qu’outre les noms et données bancaires des clients, les détails sur l’historique de leurs transactions (mode de paiement, montant, compte débiteur et créditeur, date de l’opération) ont été mis en ligne. Ce genre d’information peut servir à des cybercriminels financièrement intéressés à faire des profils précis de cibles potentielles.

Un responsable anonyme d’une banque dont les informations ont été publiées en ligne a ainsi assuré à l’agence Reuters que cela “va me pousser à sortir mes avoirs hors du Qatar et si d’autres font comme moi, cela pourrait finir par faire du mal à la banque”.

Première publication : 28/04/2016

À l’appel des syndicats, une nouvelle journée de protestation a eu lieu contre le projet de Loi travail. Les manifestations ont été marquées par de violents heurts et de nombreuses interpellations dans plusieurs villes de France.

Pour la quatrième fois en moins de deux mois, salariés, étudiants et lycéens ont battu le pavé jeudi 28 avril dans plusieurs villes de France contre le projet de Loi travail de la ministre Myriam El Khomri, à l’appel de sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl).

• Selon les autorités, près de 170 000 personnes ont manifesté en France, dont 14 000 à 15 000 à Paris. La CGT recensant de son côté 500 000 manifestants, dont 60 000 à Paris. Hors de Paris, quelque 209 cortèges ont réuni 155 000 manifestants, dont 15 000 jeunes, d’après le ministère de l’Intérieur. Lors de la précédente journée de mobilisation le 9 avril, 120 000 personnes avaient manifesté, dont 18 000 à 20 000 à Paris, selon les autorités. La CGT n’avait alors pas communiqué d’estimation.

• Des affrontements ont eu lieu dans plusieurs villes entre les manifestants et les forces de l’ordre, notamment à Paris, Nantes et Rennes. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé qu’il y a eu 124 interpellations lors des rassemblements et que 24 policiers et gendarmes ont été blessés dont trois grièvement. Selon la préfecture de police de Paris, un policier a été hospitalisé en état d’urgence absolue après avoir reçu un projectile à la tête. Il s’agit d’un fonctionnaire de la Brigade d’information de voie publique (BIVP) qui a reçu un pavé en plein visage.

• Bernard Cazeneuve a condamné ces débordements avec “la plus grande fermeté”. Des “groupes de casseurs” “très organisés” se sont livrés à des “exactions nombreuses” et à des “actes de violence inqualifiables” envers les forces de l’ordre, a dénoncé le préfet de police Michel Cadot.

• De son côté, l’Unef, principal syndicat étudiant, a dénoncé “un usage disproportionné de la force par la police” et “exigé” notamment l’arrêt de l’utilisation des flashballs par les forces de l’ordre lors des manifestations contre la loi travail. Le syndicat a précisé qu’un étudiant a été grièvement blessé à Rennes par un tir de flashball.

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Première publication : 28/04/2016

Salariés, étudiants et lycéens sont à nouveau appelés à manifester jeudi contre le projet de Loi travail par des syndicats déterminés à maintenir la pression jusqu’au retrait du texte. Des perturbations sont à prévoir dans les transports.

Pour la quatrième fois en moins de deux mois, salariés, étudiants et lycéens s’apprêtent à battre le pavé à travers la France et à cesser le travail, jeudi 28 avril, contre le projet de Loi travail de la ministre Myriam El Khomri, à l’appel de sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl).

“Gagner le retrait du projet de Loi travail est possible”, a affirmé l’intersyndicale qui a appelé mercredi à “renforcer les mobilisations” à quelques jours du début du débat parlementaire, fixé au 3 mai. À Paris, la manifestation partira de Denfert-Rochereau à 14h00 en direction de la place de la Nation.

Après les premiers cortèges du 9 mars, le 31 mars entre 390 000 personnes selon les autorités, et 1,2 million selon les syndicats, avaient défilé pour exiger le retrait du projet de loi, lors de manifestations émaillées de violences. Cette participation a ensuite nettement baissé le 9 avril – un week-end pendant les vacances scolaires.

La journée de jeudi, qui tombe aussi pendant les congés scolaires à Paris, sera suivie d’un 1er-Mai également focalisé sur le projet de loi. Mot d’ordre : le retrait pur et simple d’une réforme perçue comme trop favorable aux employeurs, et facteur de précarité pour les salariés, notamment les jeunes.

Vols annulés à Orly, retardés à Roissy

Le projet de loi décrié de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, vise à donner plus de souplesses aux entreprises, notamment en matière d’aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles de licenciement économique. Le gouvernement espère ainsi lever la “peur de l’embauche” des petits patrons et, à long terme, favoriser l’emploi.

>> À lire sur France 24 : “Des féministes dénoncent des inégalités hommes-femmes dans le projet de loi El Khomri”

Face au tollé suscité par la première version du texte, il en a retiré les mesures les plus contestées comme le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif. Mais pour les syndicats il reste une “ligne rouge” : “l’inversion de la hiérarchie des normes” permettant à un accord d’entreprise de primer sur un accord de branche même s’il est moins favorable.

Dans le ciel comme sur les rails, les perturbations attendues devraient être assez limitées. À Orly, 20 % des vols seront annulés et à Roissy “il y aura très probablement des retards mais pas d’annulation de vols”, a indiqué l’aviation civile.

Concernant les transports publics franciliens, la RATP a fait savoir que le trafic sera normal jeudi sur les lignes de métro et du RER A, mais “perturbé” sur le RER B. La RATP prévoit en outre un trafic “quasi normal” pour les bus et tramways. De son côté, la SNCF, dont le trafic a été fortement perturbé par une grève unitaire mardi, a indiqué que “plus de 90 % des trains rouler(aient) sur l’ensemble du pays” jeudi. La compagnie ferroviaire prévoit un trafic normal sur les lignes internationales, les TGV, ou encore les RER C et D en région parisienne.

“Tout le monde peut venir”, y compris Nuit Debout

La contestation anti-loi travail s’est élargie depuis le 31 mars avec le mouvement Nuit debout qui continue d’occuper la place de la République à Paris, et mobilise dans d’autres villes à travers la France sur le thème de la “convergence des luttes”. À cela est venue se greffer la colère des intermittents du spectacle, qui menacent de perturber les représentations du théâtre de l’Odéon à Paris et les prochains festivals pour défendre leur régime spécifique d’assurance chômage, mais aussi pour s’opposer à la Loi travail.

>> À lire sur France 24 : “Au cœur du mouvement Nuit debout, place de la République”

“Tout le monde peut venir”, jeudi, y compris Nuit Debout, a déclaré Jean-Claude Mailly, le leader de FO, ajoutant : si la journée du 28 avril est “réussie, cela va peser”.

Les opposants au projet de loi entendent aussi faire du 3 mai “un nouveau temps fort” pour demander aux parlementaires de “rejeter” le texte de Myriam El Khomri. Et ils promettent d’autres rendez-vous si le projet n’est pas retiré.

Avec AFP

Première publication : 28/04/2016