Archive for April 29th, 2016

Quelques heures après l’incendie d’une salle de prière musulmane en Corse, très tôt samedi, le procureur de la République d’Ajaccio a indiqué que la piste criminelle était privilégiée. Le feu a causé d’importants dégâts sans faire de blessés.

Le procureur de la République d’Ajaccio, Éric Bouillard, a indiqué que la piste criminelle était privilégiée quelques heures après l’incendie d’une salle de prière musulmane, ravagée très tôt dans la nuit du vendredi 29 avril au samedi 30 avril. Cet incendie intervient quelques mois après les débordements racistes et antimusulmans, qui avaient émaillé des manifestations dans un quartier populaire de la ville.

Le sinistre s’est déclenché vers 4 h 30 et a été découvert vers 5 h dans cette salle de prière située dans le quartier de Mezzavia. Les murs noircis de l’édifice tenaient encore debout samedi en milieu de matinée, mais l’ensemble était très fortement endommagé, bien que les pompiers aient pu rapidement maîtriser le feu.

Ouverture d’une enquête pour dégradation par incendie

Très tôt samedi, le préfet de Corse Christophe Mirmand a évoqué “des traces d’hydrocarbures” découvertes lors des premiers relevés. Les agents de la police scientifique s’affairaient toujours en milieu de matinée dans et aux abords du bâtiment, tandis qu’un hélicoptère de la gendarmerie survolait les lieux. L’enquête ouverte pour dégradation par incendie a été confiée à la police judiciaire et aux enquêteurs de la sécurité publique.

[Communiqué] @BCazeneuve exprime sa solidarité aux musulmans de Corse après l’incendie d’1 salle de prière à Ajaccio pic.twitter.com/woTUqlzUoG

— Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) 30 avril 2016

Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a fait part de sa “solidarité aux musulmans de Corse”. “Si l’origine criminelle est confirmée elle donnera lieu à la recherche active des auteurs, qui devront répondre de cet acte inacceptable devant la justice.

>> À lire sur France 24 : “Un rapport du Conseil de l’Europe épingle la “banalisation” du racisme en France”

“Consternation” des élus nationalistes

Les dirigeants de l’île, le président autonomiste de l’exécutif Gilles Simeoni et le président indépendantiste de l’Assemblée territoriale Jean-Guy Talamoni, ont fait part dans un communiqué commun de leur “consternation”. “S’en prendre à un lieu de culte est un acte incompréhensible et inacceptable, contraire aux valeurs fondamentales du peuple corse, et notamment à la tradition multiséculaire de tolérance religieuse héritée de Pasquale Paoli [philosophe et homme politique considéré comme le père de l’identité corse, NDLR]”, ont-ils ajouté.

Ce sinistre survient quelques mois après les débordements racistes et antimusulmans qui avaient accompagné les manifestations ayant suivi l’agression de pompiers attirés dans un guet-apens dans le quartier populaire des Jardins de l’Empereur, la veille de Noël à Ajaccio. Une salle de prière musulmane, située à proximité de ce quartier, avait notamment été saccagée et des exemplaires du Coran partiellement brûlés. Des slogans comme “Arabi fora” (“les Arabes dehors”, NDLR) ou “On est chez nous” avaient été scandés au cours de ces défilés dans le quartier populaire.

Après ces incidents, quelques actes antimusulmans ou racistes avaient encore été enregistrés dans les semaines suivantes, notamment le dépôt d’une dépouille de sanglier devant une salle de prière musulmane, et des graffitis “les Arabes dehors” au bord des routes.

>> À lire sur France 24 : “Incidents d’Ajaccio : ‘Pointer un certain racisme corse est caricatural'”

Avec AFP

Première publication : 30/04/2016

L’épidémie de Zika a été officiellement déclarée, vendredi, en Guadeloupe, où près de 2 100 malades ont été recensés, dont 16 femmes enceintes. Les équipes sur le terrain seront renforcées avec le recrutement de 160 agents de prévention sanitaire.

L’épidémie de Zika a été officiellement déclarée, vendredi 29 avril, en Guadeloupe où près de 2 100 malades ont été recensés, dont 16 femmes enceintes.”On assiste ces dernières semaines à une accélération dynamique de la propagation du virus, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de passer en phase épidémique”, a déclaré le préfet Jacques Billant, à la presse.

Les équipes sur le terrain vont être renforcées avec le recrutement de 160 agents de prévention sanitaire, par les collectivités, en contrats d’insertion financés à 95 % par l’État.

>> Salvador : le virus Zika face aux tabous de l’IVG et de la contraception

Par ailleurs, la communication à l’attention du public sera amplifiée, en privilégiant les femmes enceintes, “notre priorité” selon le préfet, femmes à destination desquelles l’offre de soins sera aussi renforcée.

Le nombre de personnes présentant des signes de la maladie, qui ont consulté des médecins, est en augmentation régulière depuis quatre semaines consécutives et s’établit désormais à un total de 2 099 depuis l’émergence de la maladie : 412 cas sont biologiquement confirmés et 30 des 32 communes de l’archipel sont touchées.

Parmi les cas confirmés, 16 étaient des femmes enceintes. Aucune microcéphalie n’a été détectée, à ce jour ni aucun syndrome de Guillain-Barré. Mais une autre complication neurologique, une myélite, a été identifiée.

>> À lire sur France 24 : Une étude fait le lien entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré

À Saint-Martin, île voisine, le nombre de malades continue à augmenter avec désormais 212 malades. quand à Saint-Barthélémy, elle enregistre son premier cas biologiquement confirmé.

Par ailleurs, un premier décès lié au virus Zika est survenu aux États-Unis, sur l’île de Porto Rico, ont déclaré vendredi les autorités sanitaires. “Le patient est décédé de complications liées à une grave thrombocytopénie”, qui se caractérise par un faible nombre de plaquettes dans le sang, ont indiqué les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), sans autre précision sur ce cas.

Zika est un virus transmis par un moustique de type Aedes. Dans 80 % des cas, les patients ne développent aucun des symptômes de la maladie dont les plus fréquents sont une éruption cutanée avec ou sans fièvre, des douleurs musculaires et articulaires et une conjonctivite.

Avec AFP

Première publication : 30/04/2016