Archive for April 30th, 2016

Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ont rendu des hommages séparés à Jeanne d’Arc dimanche. Le co-fondateur exclu du FN a alerté contre la désunion devant près de 400 fidèles, alors que sa fille rassemblait 2500 invités pour un “banquet patriote”.

Fait sans précédent dans l’histoire du Front national, le patriarche exclu du FN, Jean-Marie Le Pen et sa fille, Marine Le Pen, actuelle présidente du parti d’extrême droite, ont rendu hommage séparément à la figure emblématique de Jeanne d’Arc à Paris dimanche 1er mai.

À un an de la présidentielle, la présidente du FN entendait afficher un 1er mai “apaisé”, loin de l’édition 2015 émaillée d’incidents, au cœur de la crise familiale ayant mené à l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du parti en août. Mais son père, co-fondateur du FN, n’a pas manqué de faire entendre sa musique discordante.

Pugnace, Jean-Marie Le Pen a fustigé la “sottise suicidaire” de la stratégie de “dédiabolisation” engagée par sa fille et a prédit sa défaite “au deuxième tour de la présidentielle et peut-être même au premier” si elle persistait dans cette voie.

JM Le Pen compare son exclusion du FN à la décapitation de Louis XVI #1ermaipic.twitter.com/KNkYdd0ur0

— Elisa Bertholomey (@ebertholomey) 1 mai 2016

Marine Le Pen n’a aucunement fait allusion aux attaques de son père lors du “banquet patriote” organisé porte de la Villette pour le 1er mai, en lieu et place de son habituel défilé vers la place de l’Opéra. Toutefois ses proches ont relativisé les propos d’un “homme du passé”.

Environ 2000 personnes au banquet de Marine Le Pen #FNpic.twitter.com/paC0RL0lTY

— David Perrotin (@davidperrotin) 1 mai 2016

>> À lire sur France 24 : “Les Femen s’invitent de nouveau au banquet du FN du 1er-Mai”

Menaces d’exclusion

Avant le banquet, en fin de matinée, le Front national “officiel” s’était d’abord rassemblé autour de Marine Le Pen, place Saint-Augustin, près de Saint-Lazare, pour un discret dépôt de gerbe devant une statue de Jeanne d’Arc. Illustration des divisions internes, des cadres proches de Jean-Marie Le Pen, dont Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, étaient absents. Ils avaient préféré le contre-rassemblement de Jean-Marie Le Pen et de ses “Comités Jeanne, Au secours !”, qui a eu lieu place des Pyramides, autour de la statue de la Pucelle d’Orléans du sculpteur Fremiet.

Pourtant, le vice-président du parti, Florian Philippot, avait menacé d’un passage devant la commission de discipline tout frontiste qui se rendrait au rassemblement de Jean-Marie Le Pen, considéré comme “hostile au Front national”. Ces “cas particuliers” seront évoqués lors du bureau politique du parti “demain” lundi, a indiqué à la presse le secrétaire national Nicolas Bay.

Jean-Marie Le Pen appelle à l’unité

Devant 400 fidèles rassemblés autour de lui dimanche, le président d’honneur exclu du FN a, quant à lui, appelé une nouvelle fois sa fille à l’unité, “condition sine qua non du succès” en 2017. “S’il y a 200 personnes, on verra que j’ai encore 200 copains. Si c’est 1 000 ou 2 000, ça deviendra un fait politique”, répétait ces derniers temps Jean-Marie Le Pen, d’après un proche.

Juché sur une estrade, l’octogénaire a estimé qu'”aucun signe n’a été émis dans le sens de la conciliation” par Marine Le Pen et pronostiqué qu’elle puisse dès lors être “battue au 2e tour et peut-être même au 1er” de la présidentielle.

La foule crie “Journalistes au poteau”, “journalistes collabos”, “PD”… #1erMaiFNpic.twitter.com/3a3F2u0KeC

— David Perrotin (@davidperrotin) 1 mai 2016

Au terme de son “banquet populaire et patriote” porte de la Villette, Marine Le Pen, qui a évité de répondre aux attaques matinale de son père, a défini devant ses 2500 convives les contours de son slogan en vue de sa campagne pour l’Elysée : “la France apaisée”, une France libérée selon elle du joug de Bruxelles et du “frein épouvantable” de l’euro.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 01/05/2016

Plusieurs militantes Femen, venues perturber un banquet organisé par le Front national à l’occasion du 1er-Mai, ont été interpellées par la police, dimanche, après avoir essuyé les huées de militants frontistes.

Seins nus et mini-jupes dorées, une demi-douzaine de Femen ont sabré le champagne, dimanche 1er mai, devant le centre de congrès, où se tenait le banquet du Front national, dans le 19e arrondissement de Paris.

https://t.co/JFjUy8tF1a

— FEMEN France (@Femen_France) 1 mai 2016

Vers midi, les jeunes femmes ont surgi d’un utilitaire rouge devant l’entrée du bâtiment où se massaient des centaines de militants du FN. Bouteilles de champagne à la main, elles ont scandé “Vive la fin du FN”, avant d’être plaquées au sol par des policiers et des membres du service d’ordre du parti, a constaté une journaliste de l’AFP.

“Mettez-les sous les roues des camions”

Les militantes, dont les poitrines étaient barrées de slogans “Fascistes, restez planqués !” ou “Vive la fin du FN !”, ont ensuite été embarquées à bord de deux camionnettes de police, sous les huées de militants frontistes lançant aux policiers “Mettez-les sous les roues des camions” ou encore “Pas de douceur avec elle !”.

Les Femen ont par ailleurs posté dimanche matin sur leur compte Twitter une photo de militantes, toujours torse nu, armées de balais, faisant mine de nettoyer la place de l’Opéra à Paris, avec cette légende: “Nous sommes fières de nettoyer les rues démocratiques et laïques de la sale haine de Marine le Pen”.

Nous sommes fières de nettoyer les rues démocratiques et laïques de la sale haine de Marine le Pen pic.twitter.com/hi9xANOksm

— FEMEN France (@Femen_France) 1 mai 2016

Agression au balcon

En 2015, trois Femen avaient perturbé le traditionnel défilé du Front national, se montrant seins nus et lançant le salut nazi au balcon d’un hôtel de la place de l’Opéra. Portant l’inscription “Heil Le Pen” sur le torse, mégaphone à la main, elles avaient interrompu le discours de la présidente du parti, avant d’être violemment évacuées par le service d’ordre du FN. Un peu plus tôt, d’autres militantes avaient perturbé un dépôt de gerbe au pied de la statue équestre de Jeanne d’Arc.

Marine Le Pen avait dénoncé une “agression inadmissible” de la part de “harpies obscènes”. Le parquet de Paris a classé sans suite au début de 2016 l’ensemble des plaintes déposées par le parti d’extrême droite et les militantes à la suite de ces évènements.

Deux manifestations différentes pour le 1er-Mai du FN

Avec AFP

Première publication : 01/05/2016

Le 1er-Mai syndical, où CGT et FO ont défilé côte à côte pour la première fois en sept ans, était dirigé cette année contre la Loi travail. À Paris, le cortège a été émaillé de violences et stoppé durant plus d’une heure.

Le climat était particulièrement tendu, dimanche, lors du traditionnel défilé du 1er-Mai. Malgré les appels au calme et les mises en garde du gouvernement, le cortège parisien a été émaillé de violences et stoppé durant plud d’une heure quelques dizaines de mètres avant la place de la Nation.

• Les manifestations du 1er-Mai se sont déroulées dans le calme en province, à l’exception de l’invasion d’un cinéma à Rennes et d’au moins quatre interpellations à Marseille, mais ont été perturbées dans la capitale par des affrontements entre forces de l’ordre et “300 individus violents”, selon les termes de la préfecture de police de Paris. Ces individus, cagoulés et casqués pour la plupart, ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène.

• Le cortège parisien, qui est parti de la place de la Bastille pour se rendre sur la place de la Nation, est resté bloqué plus d’une heure, entre 16 h 30 et 17 h 40 environ, à quelques dizaines de mètres de la place de la Nation, boulevard Diderot, à proximité de la station de métro Reuilly-Diderot, alors que les forces de l’ordre tentaient, selon leurs explications recueillies par l’envoyée spéciale de France 24, de séparer les “casseurs” du reste des manifestants.

• Selon le ministère de l’Intérieur, ils étaient environ 84 000 manifestants dans toute la France, dont 16 000 à 17 000 personnes dans Paris, pour participer à 281 défilés et rassemblements. La CGT estime de son côté qu’il y avait 70 000 manifestants à Paris pour ce 1er-Mai.

• Déplorant les violences commises, la très grande majorité des manifestants était venue soudée dans son refus du projet de Loi travail, examiné à l’Assemblée nationale à partir du mardi 3 mai. Pour l’occasion, les syndicats FO et CGT défilaient ensemble pour la première fois depuis 2009.

• Les leaders de FSU, Solidaires et des organisations étudiantes (Unef) et lycéennes (UNL et FIDL) étaient aussi présents. En revanche, la CFDT, la CFTC et Unsa ne défilaient pas. Ces trois syndicats ne demandent pas le retrait de la Loi travail, un texte qu’ils jugent “porteur de progrès pour les travailleurs”, et ont préféré organiser un “rassemblement militant” dans le 14e arrondissement sur le double thème des réfugiés et de la Loi travail.

• Le 1er-Mai prenait cette année une tournure spécifique avec l’avènement de “Nuit debout”, lancé au soir du 31 mars, jour de la plus grande mobilisation contre la Loi travail (390 000 personnes dans 250 villes, selon les autorités ; 1,2 million selon les organisateurs).

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Première publication : 01/05/2016

Sans surprise, les rassemblements syndicaux du 1er-Mai seront dirigés cette année contre la Loi travail. Les cortèges devraient défiler dans un climat tendu, trois jours après les débordements et les violences des manifestations du 28 avril.

Le climat est tendu. Après deux mois de contestation et de manifestations émaillées de violences contre la Loi travail, le 1er mai 2016 devrait se dérouler sous haute sécurité.

Et pour cause, le gouvernement français ne veut surtout pas d’un bis repetita du jeudi 28 avril, précédente journée de manifestations contre le projet de Loi travail du gouvernement, à Paris et en province, qui a donné lieu à 214 interpellations. Près de 80 policiers ont été blessés, dont un grièvement. Un jeune homme à Rennes a perdu l’usage d’un œil.

>> Manifestations anti-Loi travail du 28 avril : 214 interpellations et 78 policiers blessés

Quelques heures avant que les défilés ne commencent, Manuel Valls a adressé une ferme mise en garde aux “casseurs” éventuels, appelant chacun à “prendre ses responsabilités, quand on organise une manifestation”. De son côté, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a adressé samedi aux préfets un télégramme détaillant les mesures à prendre afin d’éviter les débordements, dimanche, alors que syndicats et gouvernement se renvoient la balle des responsabilités des violences.

William Martinet, président de l’Unef, a reconnu que les organisateurs des manifestations devaient “faire plus” pour sécuriser les cortèges. Le Parti de gauche a, de son côté, demandé samedi “des comptes” à Bernard Cazeneuve, face à une “escalade de la violence” policière lors des manifestations, appelant à l’abandon des lanceurs de balles de défense.

Un projet à l’examen le 17 mai

Le projet de Loi travail, qui sera examiné dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale à partir de mardi et voté le 17 mai, aura le mérite de rassembler FO et CGT, une première depuis 2009. Les secrétaires généraux Philippe Martinez (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO) vont en effet cheminer côte à côte à Paris à partir de 15 h de Bastille à Nation pour réclamer “le progrès social et le retrait de la Loi travail”. Les leaders de FSU, Solidaires et des organisations étudiantes (Unef) et lycéennes (UNL et FIDL) seront aussi présents. Des manifestations et rassemblements sont prévus partout en France.

Dans la matinée, Jean-Claude Mailly se rendra au Mur des Fédérés, au cimetière du Père Lachaise, en hommage à la Commune, une tradition de FO, avant un apéritif républicain en fin de matinée place Gambetta, dans le 20e arrondissement à Paris.

Un 1er-Mai singulier avec “Nuit Debout”

De leur côté, les réformistes (CFDT, CFTC et Unsa) se retrouvent entre eux dans la matinée, au cours de tables rondes, dont l’une porte sur la Loi travail qu’ils soutiennent. Pour ce camp, pas question de “demander le retrait d’un texte porteur de progrès pour les travailleurs”, rappelle Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT qui loue, entre autres, la mise en place du compte personnel d’activité (CPA) prévue dans cette loi.

[Teaser] Affrontements pendant plusieurs heures à #RépubliqueBouteilles contre flashball et lacrymo#NuitDeboutpic.twitter.com/1Ve6731BKS

— Alexis Kraland (@akraland) 16 avril 2016

Depuis 2013, CGT et CFDT ne défilent plus ensemble le 1er-Mai, leur relation s’étant dégradée après l’approbation par la centrale de Laurent Berger de l’accord sur la sécurisation de l’emploi, dénoncé par la CGT. La Loi travail n’a fait qu’aggraver la division entre les deux premiers syndicats français.

Le 1er mai 2016 prend une tournure spécifique avec l’avènement de “Nuit debout”, lancé au soir du 31 mars, jour de la plus grande mobilisation contre la Loi travail (390 000 personnes dans 250 villes, selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs). Dimanche, des responsables syndicaux ont prévu de se rendre place de la République, mais pas les numéros uns.

>> À voir sur France 24 : À la rencontre des participants de “Nuit Debout” à Paris

Jeudi, Philippe Martinez y est intervenu pour la première fois, pour évoquer la “convergence des luttes”, à un moment où 63 % des Français estiment que ni “Nuit debout”, ni les syndicats, ni les partis ne sont “en phase avec les salariés”, selon un sondage Odoxa publié vendredi. En revanche sept Français sur dix considèrent que “la lutte des classes est une réalité en France”.

La journée des travailleurs, célébrée dans de nombreux pays, est née à Chicago en 1886 à l’initiative d’un mouvement syndicaliste réclamant la journée de travail de huit heures.

Mais “c’est d’abord un jour férié aujourd’hui et le sens historique ou politique est perdu. C’est lié à la baisse de la représentativité syndicale dans toutes les entreprises, pas qu’en France”, relève Sylvain Niel, avocat spécialiste du droit du travail.

Avec AFP

Première publication : 01/05/2016