Archive for May 1st, 2016

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Selon Greenpeace, qui a mis en ligne des documents secrets relatifs à des négociations entre les États-Unis et l’Union européenne, une zone de libre-échange entre ces deux géants économiques menacerait aussi bien la santé que la démocratie.

Quel est le prix du TTIP, le projet de traité de zone de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne ? Ses partisans assurent que l’accord apporterait 100 milliards de dollars par an en retombées économiques dans les deux régions tandis que ses détracteurs jugent qu’il s’agit d’un danger pour la protection de l’environnement et des consommateurs.

Désormais, chacun peut se faire son idée grâce aux TTIP-Leaks. La filiale hollandaise de l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace a mis en ligne 248 pages de documents secrets relatant les négociation entre Européens et Nord-Américains. Ces révélations conforteraient, selon Greenpeace, les craintes des opposants au traité, même si la Commission européenne a précisé qu’il ne s’agissait pas du texte définitif. Faiza Oulahsen, responsable du dossier TTIP à Greenpeace Hollande, explique à France 24 ce qui, à ses yeux, constitue un danger.

Qu’est-ce que le TTIP ?



France 24 : Qu’y a-t-il de plus choquant, selon vous, dans ces documents qui résument les positions des négociateurs ?


Faiza Oulahsen : Ils démontrent que le TTIP est dangereux pour nos standards européens de protection de l’environnement et de sécurité alimentaire. Par exemple, aux États-Unis, les animaux reçoivent bien plus d’antibiotiques que chez nous en Europe, et l’ébauche d’accord ouvre la porte à la hausse des importations de la viande américaine. Aucune considération relative aux émissions de CO2 n’est en outre inscrite dans ce projet.

En l’état, le texte est aussi dangereux pour notre démocratie. Les États-Unis ont demandé la possibilité d’avoir un droit de regard sur certains textes législatifs européens avant même qu’ils soient soumis au Parlement. Des grands groupes privés pourront aussi avoir accès aux premiers stades de la prise de décision législative. L’Union européenne s’est bien gardée de mentionner ce point dans ces rapports publics sur les sessions de négociations.

Mais les autorités européennes ont-elles délibérément caché des points, ou ne sont-ils eux-mêmes que peu au fait de l’état des négociations ?

F.O. : Les négociateurs maintiennent un haut niveau de secret autour des propositions des uns et des autres. C’est particulièrement flagrant concernant le Parlement européen. Les députés européens sont invités à consulter les documents dans une pièce sécurisée et n’ont absolument pas le droit de les copier ou de les photographier. Leur téléphone est confisqué à l’entrée et ils ne peuvent entrer qu’avec un stylo et un cahier prêtés pour l’occasion.

Il est impossible dans ces circonstances de comprendre ou de se rappeler des textes très fouillés et complexes. C’est pourtant essentiel, car le TTIP, s’il est adopté, aura un impact profond sur l’ensemble de la vie des citoyens aussi bien pour l’usage d’Internet que pour la consommation. C’est pour cela que nous avons décidé de publier l’intégralité des textes car nous avons le droit à une information aussi complète que possible de ce qui les attend.

Ces documents sont aussi révélateurs d’un rapport de force…

Ils montrent clairement que les États-Unis sont actuellement en position de force. Les Européens ont fait des concessions aux négociateurs envoyés par Washington sans avoir obtenus grand-chose en retour.

Ils s’en plaignent d’ailleurs tout au long des documents. Le terme “déséquilibré” revient à plusieurs reprises de la part des Européens pour évoquer les négociations et les propositions actuellement sur la table. Mais au lieu de se plaindre, qu’ils fassent quelque chose, qu’ils mettent un terme à l’élaboration de ce traité !

Première publication : 02/05/2016

Douze personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie au marché du carbone. Retour sur le “casse du siècle” organisé par une bande d’escrocs haute en couleurs.

Pour la Cour des comptes, c’est “l’arnaque du siècle”. Personnages sulfureux, crimes crapuleux, casinos, voitures de luxe… l’affaire a tout du polar. Douze prévenus comparaissent entre le 2 et le 30 mai devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie sur le marché des quotas à la taxe carbone, qui a coûté à l’État français près d’1,6 milliard d’euros – cinq milliards au niveau européen – selon Europol.

Les faits ont débuté en octobre 2008 et ont duré jusqu’en juin 2009. À l’époque, la Commission européenne vient de mettre en place un système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre dans le but de lutter contre le changement climatique. Son principe est simple : les États imposent aux entreprises polluantes un plafond sur leurs émissions de CO2. À la fin de chaque année, les entreprises assujetties à la taxe carbone ont la possibilité d’échanger des quotas sur le marché européen des quotas d’émission. Une entreprise qui émet plus de CO2 que son plafond ne le lui permet doit se procurer les quotas manquants, selon le principe du pollueur-payeur. Au contraire, une entreprise qui émet moins que son plafond autorisé peut revendre ses quotas non utilisés et bénéficier ainsi de revenus pour investir dans des installations moins polluantes.

Des failles

Une taxe vertueuse censée profiter à tous mais qui comporte des failles. Ce qui n’échappent aux esprits peu scrupuleux. Pour lever des millions d’euros en à peine sept mois, des fraudeurs mettent en place un ingénieux système qui repose sur des sociétés fictives et des comptes offshores enregistrés en Lettonie, à Chypre et Hong-Kong : des hommes de paille achètent depuis l’étranger des quotas de CO2 hors taxes vendus par des industriels et les revendent en France sur le marché du carbone toutes taxes comprises, sans reverser la TVA de 19,6 % à l’administration fiscale. Ils pouvaient ainsi réinvestir le produit de la vente dans une nouvelle opération, et renouveler la fraude à l’infini compte tenu caractère immatériel du CO2. L’argent détourné était alors placé sur un compte en Chine. Les fonds étaient remis aux aigrefins une fois blanchis par des commerçants chinois ou sous forme de jetons entre joueurs de casino, entre autres combines.

Quoique ingénieux, ce tour de passe-passe a attiré l’attention des régulateurs français du marché. Dès l’automne 2008, la Bourse Bluenext et la Caisse des dépôts découvrent le pot aux roses et font part de leur découverte à Tracfin, la cellule anti-blanchiment de l’État. Le cabinet du ministre du Budget de l’époque, Éric Woerth, tout comme celui de la ministre de l’Économie Christine Lagarde sont informés de la fraude sans que rien ne se passe. Six mois plus tard et 1,7 milliard d’euros en moins dans ses caisses, l’État met enfin un terme au trafic.

“Le mécanisme avait été mal pensé au départ et comportait de réels dysfonctionnements, note Katheline Shubert, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne spécialisée dans l’économie de l’environnement à France 24. Heureusement, le système a été corrigé et une telle escroquerie n’est aujourd’hui plus possible. Mais d’autres arnaques sont toujours possibles. L’imagination des escrocs est sans limite.”

La mafia “franco-israélienne”

Le délai est en tout cas suffisant pour que les trafiquants amassent une coquette somme et suscitent les convoitises du grand banditisme. Dès lors, les alliances d’hier volent en éclat et tournent au règlement de compte. Le 14 septembre 2010, Samy Souied, surnommé “le caïd des hippodromes”, soupçonné d’être l’un des trois principaux organisateurs de la fraude, est abattu de 12 balles de calibre 7,65 mm par deux hommes à scooter au pied du palais des congrès à Paris. Si de nombreuses zones d’ombre demeurent toujours dans l’enquête, il ne fait pas de doute que son nom est lié à l’escroquerie de la taxe carbone.

Deux autres personnages hauts en couleur viennent compléter le trio survolté des princes de la “tève” (pour TVA) : Mardoché Mouly, dit “Marco l’élégant” et Arnaud Mimran, le golden boy des beaux quartiers. Tous naviguent dans les eaux troubles de la mafia franco-israélienne que la police nomme le “milieu affairiste franco-israélien”.

Mouly, alias Coco

Né à Tunis en 1965, Mardoché Mouly, tout comme son complice Samy Souied, a grandi dans les quartiers populaires de Belleville dans le milieu de la communauté juive tunisienne. Les deux hommes, unis par des liens familiaux et les “affaires”, commettent leur premier forfait ensemble dans l’arnaque aux faux encarts publicitaires. Une escroquerie qui consiste à vendre, très cher, des espaces publicitaires dans des revues ou des annuaires, parfois fictifs, à de petits commerçants et artisans.

Mouly est du genre exubérant. Selon la légende, sa gouaille et ses excentricités ont inspiré à Gad Elmaleh son personnage de Coco. Il est aussi inquiétant : il ne se déplace pas sans la présence d’un ancien champion de boxe thaï en guise de garde du corps. Celui qui se présente “comme illettré”, se révèle en outre habile pour compter et amasser les billets : l’homme a déjà été condamné en première instance en janvier 2012 et mars 2015 pour escroquerie à la TVA. Bling bling, l’homme qui aime les grosses cylindrées a prêté à plusieurs reprises ses plus belles voitures à Michel Neyret, l’ancien numéro deux de la PJ lyonnaise suspecté de corruption contre des renseignements relatifs aux acteurs de la fraude aux quotas de CO2. Autre preuve de son goût pour ce qui brille : 47 sacs de grande marque, huit montres de luxe et 17 fourrures ont été retrouvés à son domicile parisien du 16e arrondissement, lors des perquisitions.

Mimran, l’inquiétant

Arnaud Mimran, courtier de métier donne, lui, dans les mondanités. Fan de Puff Daddy et joueur de poker invétéré, le golden boy de 45 ans s’est également enrichi dans les arnaques à la fausse régie publicitaire et escroqueries à la TVA en tout genre. Celui qui n’a déclaré que 45 000 euros de revenus annuels aux impôts entre 2010 et 2012 est aussi l’heureux propriétaire d’un appartement de 400 mètres carrés sur deux étages avec piscine intérieure dans le 16e arrondissement de la capitale. Un logement cossu qui reçoit la visite du rappeur Puff Daddy, du mannequin Bar Refaeli ou de la star planétaire Pharell Williams, contre rémunération, pour célébrer la bar-mitsva de son fils en novembre 2012.

Arnaud Mimran intéresse les juges du pôle national financier mais pas seulement. Son nom revient dans plusieurs dossiers d’assassinats. Il est notamment soupçonné d’être le commanditaire du meurtre de Samy Souied qui n’était alors pas en mesure de rembourser la somme estimée entre 20 et 50 millions d’euros qu’il lui devait. Il est également soupçonné d’avoir fait abattre Claude Dray, son ex-beau-père, en octobre 2011. Enfin, il pourrait avoir un lien avec le meurtre, en avril 2014, du garde du corps de Cyril Mouly, un grand joueur de poker avec qui Mimran connaît quelques démêlés.

En attendant le déroulement du procès, il n’est pas évident que le Trésor public récupère un jour les millions détournés. Parmi les 12 personnes renvoyées en procès fin juillet, six font l’objet de mandats d’arrêt, pour la plupart des gérants de paille désormais installés en Israël. “Identifier les biens des cadors de la ‘tève’ [TVA] est extrêmement difficile, constate un enquêteur. Car ils dissimulent leur patrimoine derrière des sociétés immatriculées dans les paradis fiscaux”.

Première publication : 02/05/2016

Reconnu coupable de fraude aggravée et d’escroquerie, Jean-Claude Mas, fondateur de la société française PIP, a vu sa peine de quatre ans de prison confirmée en appel. PIP fabriquait des prothèses mammaires frauduleuses, implantés sur 18 000 femmes.

L’homme, le plus important fabriquant de prothèses mammaires du monde, fabriquait ses implants à base d’huile industrielle. Mais lundi 2 mai, devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, il a nié avoir mis la santé de 18 000 femmes en danger. Peine perdue : Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP dont les prothèses mammaires, implantées chez des milliers de femmes dans le monde, étaient fabriquées au mépris de toute norme sanitaire, a été condamné lundi, en appel, à quatre ans de prison ferme.

La cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a confirmé le jugement de première instance et a de nouveau reconnu cet homme de 76 ans coupable de fraude aggravée et d’escroquerie à l’égard de la société allemande de certification TÜV, qu’il avait bernée sur la composition du gel emplissant les prothèses pendant des années.

M. Mas doit également payer une amende de 75 000 euros et se voit interdire définitivement d’exercer une activité en rapport avec le domaine de la santé, ainsi que de gérer une société.

La cour d’appel a également confirmé la culpabilité de quatre anciens cadres de la société, condamnés à des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme pour l’ancien directeur financier de PIP, Claude Couty.

Le parcours judiciaire de M. Mas, l’ancien épicier devenu l’un des plus importants fabricants d’implants mammaires au monde en foulant aux pieds toute espèce de règlementation sanitaire ne sera pas terminé. Il est toujours mis en examen dans deux autres procédures, l’une pour homicide et blessures involontaires, l’autre concernant les aspects financiers de l’affaire. Il a déjà effectué huit mois de détention provisoire en 2012 dans ce cadre.

Rien d’un scientifique

Au cours de son procès en appel, qui s’était déroulé au Palais des Congrès d’Aix-en-Provence pour accueillir des centaines de parties civiles, M. Mas avait encore martelé que son gel de silicone “maison”, fabriqué à partir d’huile industrielle, ne comportait aucun danger. “Escroquerie ? Je ne comprends toujours pas… Escroquerie au préjudice de qui ?”, avait-t-il notamment déclaré.

“Il y a eu beaucoup de tests faits”, “je suis un maniaque des tests”, n’avait pas hésité à lancer l’apprenti sorcier, alors que la composition de ses gels échappait à tout contrôle, et variait au cours du temps.

“Le fait d’utiliser une matière première non conforme, non testée, selon un processus de fabrication artisanal, en variant les proportions et les compositions […] est générateur d’un risque” pour la santé des femmes implantées, avait souligné l’avocat général. Et décrivant M. Mas, comme quelqu’un qui n’avait “rien d’un scientifique” dont “le seul souci [était] financier”, son gel étant sept fois moins cher à produire que celui, homologué, qu’il aurait dû acheter, avait-il aussi dénoncé. Les prothèses PIP “craquaient” bien plus souvent que celles des autres marques, finissant pas alerter les autorités sanitaires qui découvraient en 2010 le pot aux roses.

Les employés ont raconté devant la cour une entreprise entièrement soumise à son fondateur, qui ne tolérait pas la critique, et surtout pas sur son gel, “le meilleur du monde”.

Dans ce procès hors norme, quelque 7 000 femmes se sont portées parties civiles, évoquant pour l’une “une bombe à retardement”, installée dans son corps, pour d’autres des “vies gâchées”. “Ils ont fait de nous 7 000 rats de laboratoire”, avait constaté, désabusée, une victime.

Au total, des dizaines de milliers de prothèses mammaires frauduleuses ont été écoulées dans le monde entier, notamment en Amérique du Sud. Les autorités sanitaires françaises font état de 18 000 femmes qui ont dû se faire retirer leurs prothèses, pour partie suite à des ruptures ou des irritations. Deux cancers ont été diagnostiqués.

Première publication : 02/05/2016

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L’entrepreneur australien Craig Steven Wright a affirmé qu’il était le vrai Satoshi Nakamoto, le pseudonyme utilisé en 2009 par le créateur du système de paiement dématérialisé bitcoin. Des doutes subsistent cependant.

Serait-ce la fin de sept ans de mystère autour du père de l’une des inventions financières majeures du XXIe siècle ? L’entrepreneur australien Craig Steven Wright a affirmé, lundi 2 mai, n’être autre que Satoshi Nakamoto, le pseudonyme utilisé par le créateur du bitcoin, la plus célèbre des monnaies dématérialisées. Cet inventeur avait jusqu’à présent réussi à garder l’anonymat.

Il a aussi accordé un entretien à trois médias – The Economist, la BBC et GQ – pour apporter des preuves de ce qu’il affirme. C’est la première fois depuis la mise en place de cette monnaie en 2009 qu’une personne en revendique officiellement la paternité. Reste que malgré les éléments fournis par Craig Steven Wright, des doutes subsistent et la quête du plus célèbre des anonymes de la crypto-finance n’est peut-être pas encore achevée.

Multimillionnaire

“Satoshi [Nakamoto] est mort, mais ce n’est que le début”, affirme Craig Steven Wright dans le billet de blog où il fait son coming-out. Il y apporte une preuve technique censée démontrer qu’il est bel et bien l’homme derrière le mystérieux pseudonyme : il s’agit, schématiquement, de la clef électronique utilisée pour enregistrer l’une des premières créations de bitcoins en 2009 et qui ne peut être en possession que du vrai Satoshi Nakamoto, car à cette époque il était le seul à créer des bitcoins.

Deux figures emblématiques de la Fondation Bitcoin, Gavin Andresen et Jon Matonis, appuient les affirmations de Craig Steven Wright, assure la BBC.

Si l’entrepreneur australien est réellement Satoshi Nakamoto, il est multimillionnaire. Le père de cette monnaie a amassé un million de bitcoins qui valent aujourd’hui environ 450 millions de dollars.

Mais certains sont loin d’être convaincus par la personnalité et les affrimations de Craig Steven Wright. À commencer par The Economist qui rappelle qu’en décembre 2015, il avait déjà été soupçonné d’être Satoshi Nakamoto. Deux sites, Gizmodo et Wired affirmaient alors avoir mis la main sur des documents piratés appartenant à Craig Steven Wright dans lesquels il reconnaît être le créateur du bitcoin. Mais cette piste avait fait long feu. Le profil LinkedIn de l’Australien, effacé depuis, était truffé de références farfelues et d’expériences professionnelles qui semblent avoir été inventées. Aucun des articles publiés par Craig Steven Wright en Australie ne concerne le bitcoin et le niveau scientifique de certains de ses textes ne semblent pas être suffisant pour quelqu’un qui serait à l’origine d’un projet aussi complexe que le bitcoin, assurait alors le quotidien The Guardian.

Mettre un terme aux spéculations ?

Depuis ce coming-out, les férus et connaisseurs de bitcoins sont perplexes. Sur le site communautaire et fourre-tout Reddit (qui dispose d’un forum entier consacré au bitcoin), les discussions vont bon train concernant la “preuve” technique apportée par Wright. Le consensus actuel semble être que la démonstration faite par l’Australien sur son blog est loin d’être satisfaisante.

Un autre mystère entoure également les motivations de Craig Steven Wright. Il affirme avoir agi pour mettre un terme aux folles spéculations autour de l’identité des bitcoins. La folie médiatique après les enquêtes de Wired et Gizmodo aurait ébranlé sa famille et ses proches. Mais il assure avoir aussi agi pour le bien d’autres personnes soupçonnées d’être le fameux Satoshi Nakamoto. À l’instar de Dorian Nakamoto, un Américain d’origine japonaise, dont le quotidien avait été transformé en enfer médiatique : Newsweek en avait fait à tort le créateur des bitcoins en mars 2014. Les images de l’homme cherchant à échapper à la meute des journalistes dans une course poursuite digne d’un film d’action hollywoodien avaient alors marqué les esprits.

Pour ceux qui doutent des dires de Craig Steven Wright, l’homme cherche surtout la lumière médiatique avant la parution d’un essai le concernant. The Economist rappelle que l’homme a pris langue, il y a six mois, avec l’auteur d’une biographie de “Julian Assange”. Ce dernier, Andrew O’Hagan, a l’intention du publier un long article dans le London Review of Books concernant la vie et l’œuvre de Craig Steven Wright. Pour The Economist “cela ne prouve pas que tout ça est une arnaque médiatique, mais démontre qu’il peut avoir d’autres motivations que de faire seulement éclater la vérité”.

Première publication : 02/05/2016

Pendant six mois, un journaliste français a pu infiltrer une cellule d’apprentis-jihadistes basée à Paris et Châteauroux. Canal+ diffuse lundi soir ce documentaire exceptionnel intitulé “Soldats d’Allah” dans l’émission “Spécial Investigation”.

“Soldats d’Allah” est diffusé lundi 2 mai à 20h55 (heure française) sur Canal+

C’est un document édifiant dans les coulisses d’une petite cellule d’apprentis jihadistes, en France. Un document qui relate l’histoire d’une poignée de jeunes garçons, dont le plus vieux n’a pas 25 ans, et qui rêvent de “faire un truc de fou… [se] jeter sur des kouffars (des mécréants), de les tuer et de mourir après”.

Un journaliste, Saïd Ramzi (pseudonyme), équipé d’une caméra cachée, a réussi à inflitrer cette cellule, à Paris, et à Châteauroux, dans le centre de la France. Pendant six mois, il va les suivre avant qu’ils ne soient arrêtés à la fin de l’année 2015. Depuis le début, ils étaient surveillés par les services anti-terroristes.

“Tenter de comprendre ce qu’ils ont dans la tête”

“Mon but était de tenter de comprendre ce qu’ils ont dans la tête”, a expliqué le journaliste à l’AFP. “Et l’un des enseignements principaux est que je n’ai pas vu d’islam dans toute cette affaire. Aucune volonté de rendre le monde meilleur.”

A voir ce soir sur Canal+. Spécial investigation : Soldats d’Allah https://t.co/piWa1nKk0e

— Pihla Hintikka (@pihlah) 2 mai 2016

Pour réaliser cette enquête exceptionnelle, Saïd Ramzi a commencé son infiltration sur Facebook, puis sur Telegram, le réseau social le plus prisé par les terroristes. Si certains “Daechiens” sont méfiants à son égard, d’autres sympathisent immédiatement. C’est le cas d’Oussama, “l’émir” du petit groupe. Très vite, il prend sous son aile Saïd Ramzi, qu’il ne connaît que sous le nom d’Abou Hamza.

Les rendez-vous s’enchaînent à Châteauroux. Les enregistrements vidéos débutent. À chaque rencontre, la même obession : échafauder un plan pour tuer les “ennemis d’Allah”, ces “chiens”, ces “animaux”. Les propositions de cibles se multiplient sans jamais se concrétiser : faut-il frapper un avion en approche au Bourget ? Une base militaire ? Une boîte de nuit ? Ou un média ? “Les journalistes, BFM, iTélé, ils sont en guerre contre l’islam […]. Il faut leur casser le cœur. Il faut que les Français meurent par milliers”.

“T’es cuit, mec”

Oussama tente de convaincre le journaliste qu’un monde merveilleux les attend à l’issue d’une mission suicide, en Syrie ou en France. “Viens, frère, on va au paradis. Nos femmes nous y attendent, avec des anges comme serviteurs.” Les conversations sont surréalistes. “Tu auras un palais, un cheval ailé fait d’or et de rubis”.

En 2015, les premières arrestations ont lieu. Un membre, plus méfiant que les autres, qui a échappé au coup de filet, envoie un message au journaliste : “T’es cuit, mec”. Sa véritable identité est mise à jour, le journaliste stoppe tout. Mais son objectif est atteint : “Je voulais montrer les coulisses d’une organisation qui maîtrise totalement son image […]. Mais je n’ai plus peur d’eux. Je les ai vus comme ils sont […], et je n’ai pas vu d’islam, conclut-il. J’ai vu des paumés, des frustrés, des suicidaires, j’ai juste vu des jeunes perdus, sur qui la vie pesait trop lourd”.

Première publication : 02/05/2016

Un campement de plus d’un millier de migrants reformé ces dernières semaines sous le métro aérien Stalingrad, dans le nord de Paris, a été évacué lundi. Il s’agit de la troisième opération sur ce site depuis le mois de mars.

Les forces de l’ordre ont procédé lundi 2 mai vers 6 h du matin à l’évacuation d’un campement de plus de 1 600 migrants sous le métro aérien Stalingrad, dans le nord de Paris.

Les migrants, principalement des Soudanais et des Afghans, sont montés calmement dans les bus qui devaient les emmener dans des centres d’hébergement en Île-de-France et en province. “On est contents de partir”, a expliqué à l’AFP Moustafa, un Afghan de 24 ans, qui raconte dormir ici depuis un mois. “Il y avait des bagarres tous les soirs sur le campement”.

“Je préfèrerais rester à Paris, c’est là qu’il y a le reste de la communauté, du travail”, a raconté pour sa part Abdullah, lui aussi Afghan. Cet homme ne parle pas français mais n’envisage pas de passer en Grande-Bretagne. “C’est un bon pays ici”, assure-t-il, pas découragé par son premier mois passé sous le métro.

Entre 400 et 500 personnes avaient été recensées la veille dans ce campement. Mais lundi, les migrants étaient toutefois largement plus nombreux. Vers 8 h, plus de 1 000 étaient déjà partis, selon la préfecture de région, et environ 300 personnes attendaient toujours, sous la surveillance de la police, de monter dans les bus. Au total , la préfecture a annoncé que plus de 1 600 migrants ont été “mis à l’abri”.

Évacuation dans le calme du camp de migrants de Stalingrad. Paris XIXe. @le_Parisienpic.twitter.com/jOB3hRvBq2

— Ronan Tésorière (@RonTesoriere) 2 mai 2016

“La France n’est pas une terre de désordre et de pagaille”

Interrogé sur place par les médias, le préfet d’Île-de-France Jean-François Carenco assure que les migrants “vont demander l’asile” dans les centres d’hébergement, mais que pour “ceux qui ne le font pas ou se conduisent mal, on les met dehors. La France n’est pas une terre de désordre et de pagaille”.

Cette opération, qui a mobilisé 150 membres des forces de l’ordre, a été menée par la Ville de Paris, la préfecture de région et la préfecture de police. Des représentants de France terre d’asile, Emmaüs, de l’Ofii (Office français d’intégration et d’immigration), étaient également présents, ainsi qu’Emmanuelle Cosse, ministre du Logement.

C’est la troisième fois en deux mois que ce campement de fortune est évacué et à chaque fois il s’est reformé peu après. “Ce ne sont pas les mêmes”, selon le préfet de région, qui a souligné le nombre important de “primo-arrivants” parmi les migrants évacués lundi. Au total, une vingtaine d’opérations de “mise à l’abri” de ce type ont été organisées à Paris depuis le 2 juin 2015, date de l’évacuation du campement de La Chapelle.

Certains occupants du campement de Stalingrad sont partis il y a une dizaine de jours vers un lycée désaffecté du 19e arrondissement dont le tribunal administratif, saisi par le Conseil régional, a ordonné l’évacuation.

Avec AFP

Première publication : 02/05/2016

Le procès de l’ex-numéro deux de la police judiciaire lyonnaise Michel Neyret s’ouvre lundi à Paris. Il est notamment poursuivi pour avoir accepté du “milieu” des séjours de luxe et des cadeaux en échange de renseignements et de services.

L’ancien numéro 2 de la PJ de Lyon, Michel Neyret, comparaît lundi 2 mai devant le tribunal correctionnel de Paris pour “corruption”. Celui qui dirigea durant 20 ans la prestigieuse brigade antigang de Lyon est soupçonné d’avoir accepté des séjours de luxe et cadeaux en échange de renseignements et de services, ainsi que de s’être procuré ou d’avoir tenté de se procurer du cannabis provenant de saisies pour rétribuer des informateurs.

Face à ces accusations, Michel Neyret avait justifié ses pratiques par le souci “d’obtenir des résultats (grâce) à une politique offensive de recueil de renseignements qui sous-tendait l’existence d’informateurs de haut niveau”. Pour preuve, pendant ses 32 ans de carrière, le policier, adulé de ses équipes et de ses supérieurs, a multiplié les performances dans des enquêtes sensibles visant des braqueurs, trafiquants de drogues ou terroristes qui ont bâti sa légende et lui ont valu la Légion d’honneur.

Une réputation qui a volé en éclats

Mais le 29 septembre 2011, tout a basculé pour la superstar des flics lorsqu’il a été interpellé à son domicile avec sa femme par la police des polices, après des écoutes réalisées dans le cadre d’une enquête sur une saisie de drogue en région parisienne. Mis en examen pour corruption, il sera écroué huit mois avant d’être révoqué de la police et mis à la retraite.

Aujourd’hui poursuivi pour huit délits dont corruption et trafic d’influence passifs et détournement de scellés de stupéfiant, il encourt 10 ans de prison et 7,5 millions d’euros d’amende. Il comparait aux côtés de huit autres prévenus : son épouse Nicole, l’ex-patron de l’antenne de Grenoble de la PJ Christophe Gavat, et deux anciens des “stups” de Lyon, Jean-Paul Marty et Gilles Guillotin. Trois membres présumés du milieu lyonnais, Gilles Benichou, son cousin Stéphane Alzraa et Cyril Astruc seront également jugés, ainsi qu’un avocat, David Metaxas. Stéphane Alzraa, en fuite, sera représenté par Me David Olivier Kaminski.

“C’était un excellent flic”

À l’occasion de l’ouverture de ce procès, l’ancien patron de la police judiciaire Christian Lothion a rendu hommage à Michel Neyret. “C’était un excellent flic pour ne pas dire un flic exceptionnel, ce qui s’est fait de mieux en tant que chef de brigade de recherche et d’intervention”, a-t-il expliqué sur Europe 1. “Il avait la réputation d’un excellent policier intègre et je pense que cette réputation n’était nullement usurpée”, a-t-il ajouté, décrivant un homme “passionné qui faisait beaucoup d’affaires, connaissait parfaitement ses cibles et ses dossiers, un leader plein de charisme qui savait entraîner dans son sillage ses collaborateurs”.

De son côté, son avocat Me Gabriel Versini a concédé que “Michel Neyret ait commis des maladresses, des imprudences”, tout en contestant que “ces éléments soient sources d’infractions”. Il appelle à “faire taire les hypocrisies de façade” sur des pratiques policières anciennes. Le procès est prévu jusqu’au 24 mai.

Avec AFP

Première publication : 02/05/2016