Archive for May 8th, 2016

Le procès de deux anciens maires rwandais accusés de génocide et crimes contre l’humanité dans leur pays en 1994 s’ouvre mardi à Paris. Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Le procès de deux anciens maires rwandais accusés d’avoir directement participé au massacre de centaines, voire de milliers de Tutsis, en 1994 lors du génocide rwandais, s’ouvre mardi devant la cour d’assises de Paris.

Poursuivis pour génocide et crimes contre l’humanité, Tito Barahira, 64 ans, et Octavien Ngenzi, 58 ans, encourent la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté pouvant être portée à 22 ans.

Il s’agit du deuxième procès de ce type en France, deux ans après la condamnation à 25 ans de prison du militaire rwandais Pascal Simbikangwa, qui a depuis interjeté appel.

Quelque 90 témoins et six experts doivent venir, pendant près de huit semaines, éclairer magistrats et jurés sur ce génocide qui a fait environ 800 000 victimes entre avril et juillet 1994, ainsi que sur les faits reprochés aux deux accusés qui contestent toute implication dans les massacres.

Les deux hommes ont tour à tour occupé la fonction de bourgmestre de Kabarondo, à l’est du Rwanda – de 1977 à 1986 pour le premier, et de 1986 à avril 1994 pour le second.

S’appuyant principalement sur des témoignages recueillis au Rwanda – et mis en cause par les accusés -, les magistrats instructeurs leur reprochent d’avoir donné des ordres aux assaillants sur les lieux de plusieurs attaques et d’avoir eux-mêmes effectué des sélections entre les ethnies. Autant d’actions qui “traduisent leur propre volonté de s’inscrire dans un dessein criminel d’ensemble”, selon l’accusation.

Une “participation volontaire”

Selon l’accusation, Tito Barahira et Octavien Ngenzi jouissaient d’une réelle influence au niveau local, les bourgmestres “personnifiant” l’autorité communale, d’après les juges, et ont notamment agi en donneurs d’ordre. Le fait qu’ils “aient pu aider, de façon ponctuelle, des proches d’origine tutsie, ne suffit pas à exclure leur participation volontaire à des actes tendant à l’élimination de ce groupe ethnique”, soulignent-il.

D’après leurs avocats, les deux hommes sont “inquiets”. “Octavien Ngenzi pense qu’il n’a pas de moyens de défense équilibrés par rapport à l’accusation”, a indiqué Me Françoise Mathe. Ce père de sept enfants, qui avait demandé l’asile à Mayotte sous un faux nom, “conteste avoir été un relais local d’une politique d’extermination et considère ne pas avoir eu la possibilité de s’opposer aux agissements sur sa commune de l’armée et de milices extrémistes”, ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté de l’avocat de Tito Barahira, Me Philippe Meilhac, qui rappelle que son client n’était pas bourgmestre au moment des faits et dit s’interroger sur la manière dont certains témoignages à charge ont été recueillis.

Les parties civiles – 14, dont cinq associations – espèrent de leur côté que les deux accusés vont “enfin rendre des comptes”. “Jusqu’à maintenant ils nient toute participation et contestent tous les témoignages”, rappelle Alain Gauthier, du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

En à peine 100 jours, entre avril et juillet 1994, quelque 800 000 personnes ont été tuées au Rwanda, Tutsi pour la plupart mais aussi Hutu modérés. En France, 24 informations judiciaires et deux enquêtes préliminaires visent des personnes soupçonnées d’avoir été impliqués dans le génocide, selon une source judiciaire.

Avec Reuters

Première publication : 09/05/2016

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Des informations issues des “Panama Papers” et concernant des dizaines de milliers de sociétés-écrans ont été mises en ligne lundi par le Consortium international des journalistes d’investigation. Objectif : obtenir l’aide du public.

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) lève une partie du voile sur les “Panama Papers“, lundi 9 mai. En mettant en ligne une base de données de quelque 214 000 sociétés-écrans et particuliers disséminés dans 21 paradis fiscaux, l’organisation joue la transparence vis-à-vis du public et espère obtenir l’aide de citoyens du monde entier afin de débusquer de nouveaux scandales en matière d’évasion fiscale. Objectif : “permettre à la société civile d’obtenir les informations de base sur les ‘Panama Papers'”, explique Gerard Ryle, le directeur de l’ICIJ.

Chaque internaute peut ainsi désormais consulter cette base de données fondée sur les millions de documents du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, où figurent notamment le Premier ministre islandais récemment contraint à la démission, Sigmundur David Gunnlaugsson, et l’ex-ministre français du Budget Jérôme Cahuzac, emporté par un scandale d’évasion fiscale en 2013.

Mais cette base de données ne rend toutefois que partiellement compte des quelque 11,5 millions de documents des “Panama Papers” qui n’ont, d’après l’ICIJ, pas encore livré tous leurs secrets.

Tuyaux

“Il y a tellement de documents. C’est impossible de savoir ce que vous ratez jusqu’à ce que vous trouviez quelque chose”, assure Gerald Ryle, ancien journaliste d’investigation en Australie et en Irlande. “Les gens vont trouver des noms importants que nous avons ratés. Ils pourront contacter l’ICIJ et nous transmettre des tuyaux.”

Son organisation, basée à Washington, en a fait l’expérience après avoir mis en ligne des bases de données sur les précédents scandales des “Offshore Leaks” et des “LuxLeaks”, sur des accords fiscaux secrets entre les multinationales et le Luxembourg. Plus de 500 “tuyaux” étaient alors parvenus à l’ICIJ.

Les “Panama Papers” ont éclaboussé des chefs d’État en Argentine, Ukraine et Russie mais également des stars du football (Lionel Messi) ou du cinéma (Pedro Almodovar), soulevant une onde de choc qui a contraint la communauté internationale à passer à l’action.

Mi-avril, les grandes puissances du G20 ont promis de dresser une nouvelle liste noire des paradis fiscaux non-coopératifs en l’assortissant de sanctions, et de tenter de lever le voile sur le secret entourant les sociétés offshore.

Avec AFP

Première publication : 09/05/2016

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Des informations issues des “Panama Papers” et concernant des dizaines de milliers de sociétés-écrans ont été mises en ligne lundi par le Consortium international des journalistes d’investigation. Objectif : obtenir l’aide du public.

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) lève une partie du voile sur les “Panama Papers“, lundi 9 mai. En mettant en ligne une base de données de quelque 214 000 sociétés-écrans et particuliers disséminés dans 21 paradis fiscaux, l’organisation joue la transparence vis-à-vis du public et espère obtenir l’aide de citoyens du monde entier afin de débusquer de nouveaux scandales en matière d’évasion fiscale. Objectif : “permettre à la société civile d’obtenir les informations de base sur les ‘Panama Papers'”, explique Gerard Ryle, le directeur de l’ICIJ.

Chaque internaute peut ainsi désormais consulter cette base de données fondée sur les millions de documents du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, où figurent notamment le Premier ministre islandais récemment contraint à la démission, Sigmundur David Gunnlaugsson, et l’ex-ministre français du Budget Jérôme Cahuzac, emporté par un scandale d’évasion fiscale en 2013.

Mais cette base de données ne rend toutefois que partiellement compte des quelque 11,5 millions de documents des “Panama Papers” qui n’ont, d’après l’ICIJ, pas encore livré tous leurs secrets.

Tuyaux

“Il y a tellement de documents. C’est impossible de savoir ce que vous ratez jusqu’à ce que vous trouviez quelque chose”, assure Gerald Ryle, ancien journaliste d’investigation en Australie et en Irlande. “Les gens vont trouver des noms importants que nous avons ratés. Ils pourront contacter l’ICIJ et nous transmettre des tuyaux.”

Son organisation, basée à Washington, en a fait l’expérience après avoir mis en ligne des bases de données sur les précédents scandales des “Offshore Leaks” et des “LuxLeaks”, sur des accords fiscaux secrets entre les multinationales et le Luxembourg. Plus de 500 “tuyaux” étaient alors parvenus à l’ICIJ.

Les “Panama Papers” ont éclaboussé des chefs d’État en Argentine, Ukraine et Russie mais également des stars du football (Lionel Messi) ou du cinéma (Pedro Almodovar), soulevant une onde de choc qui a contraint la communauté internationale à passer à l’action.

Mi-avril, les grandes puissances du G20 ont promis de dresser une nouvelle liste noire des paradis fiscaux non-coopératifs en l’assortissant de sanctions, et de tenter de lever le voile sur le secret entourant les sociétés offshore.

Avec AFP

Première publication : 09/05/2016

Le Conseil français du culte musulman a annoncé dimanche avoir mis en place un “conseil théologique”. Une initiative qui vise notamment à contrer la propagande jihadiste qui fleurit sur Internet. Explications.

Face à la menace jihadiste, le Conseil français du culte musulman (CFCM) veut agir. L’instance, considérée par l’État comme la principale instance représentative des 4 à 5 musulmans de France, a annoncé dimanche 8 mai la création d’un “conseil théologique”. Objectif : proposer un contre-discours face à la propagande jihadiste, qui séduit beaucoup de jeunes, notamment via Internet. “Cela donne une nouvelle dimension à notre organisation, qui ne se positionne désormais plus seulement au niveau de l’administration et de la gestion”, estime le président du CFCM, Anouar Kbibech, évoquant un “jour historique”.

Interrogé par France 24, il insiste sur la composition de la nouvelle instance, que le CFCM a voulu la plus ouverte possible : à l’exception des salafistes, “toutes les sensibilités sont représentées dans ce conseil qui compte 25 membres”, insiste-t-il. L’éventail des sensibilités est large en effet, puisque seront représentés l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche du mouvement des Frères musulmans, mais également le Tabligh, un courant qui prône une pratique rigoriste et littéraliste de l’Islam, connu notamment pour le prosélytisme de leurs membres qui font du porte à porte.

Mise en place du Conseil Théologique du #CFCM :nouvelle dimension pour répondre aux attentes des Musulmans de France pic.twitter.com/iIGcPtEKZq

— Anouar KBIBECH (@AnouarKbibech) 8 mai 2016



Des “avis” sur des questions de société

Connu pour ses positions libérales, l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou fait partie des 25 théologiens qui siègeront au sein de la nouvelle instance. “J’ai accepté parce que je suis de manière générale favorable à ce genre d’initiative”, explique-t-il à France 24. Quant au fonctionnement du conseil théologique, il dit “ne pas en savoir grand-chose”. “C’est assez flou”, admet l’imam de Bordeaux. Placé sous l’égide du CFCM, la nouvelle instance tiendra deux réunions par an, avance de son côté Anouar Kbibech. Au cours de ces rencontres seront abordés, outre la question de la lutte contre la radicalisation, des thématiques de société, comme la fin de vie par exemple, ainsi que des questions liées à la pratique du culte musulman en France.

Selon le communiqué du CFCM, il s’agira surtout “d’élaborer un contre-discours basé sur un argumentaire théologique solide, en réponse aux discours véhiculés par certains et qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment auprès des jeunes”. “Sur des notions comme le jihad ou la hijra [l’installation en terre musulmane, NDLR], il faut des avis éclairés, émis par des personnalités compétentes et crédibles”, a fait valoir le président du CFCM.

“C’est le CFCM qui soumettra les questions au conseil, sur la base de propositions émises par des fidèles”, précise-t-il. Par la suite, le conseil théologique rendra des “avis”. Anouar Kbibech refuse d’utiliser le mot fatwa, “mal utilisé et servi à toutes les sauces”, selon lui. Il précise qu’une fatwa est un avis sur une situation particulière, alors que “le conseil théologique rendra des avis sur des questions d’ordre général, qui concerneront tous les musulmans de France”.

Quelle légitimité ?

Reste à savoir comment ces avis seront reçus par la communauté musulmane en France et quelle légitimité ils auront. Pour Tareq Oubrou, “il ne faut pas se faire d’illusions. Ce conseil n’est pas une baguette magique qui va résoudre les problèmes théologiques dont souffre l’islam depuis dix ans”.

Il doute que les avis rendus fassent autorité auprès du plus grand nombre. “Il y a déjà des réticences face au CFCM : aux yeux d’une grande partie des jeunes musulmans de France,l’instance n’est pas crédible”, rappelle-t-il, soulignant que de nombreux musulmans ne se sentent pas représentés par les membres du CFCM, “qu’ils considèrent comme à la botte du gouvernement et trop souvent issus de la première génération d’immigrés”. La question de la représentativité de l’Islam de France est majeure et revient régulièrement sur le devant de la scène, tant les courants y sont différents. “J’ai accepté d’y siéger pour défendre mes idées face à celles des autres”, explique pour sa part l’imam de Bordeaux. Le CFCM, instance élue par des représentants des mosquées de France, a souvent été critiquée pour son manque d’actions concrètes.

Tareq Oubrou estime cependant que ce conseil théologique peut contribuer partiellement à la lutte contre la radicalisation. ” Mais il faut être réaliste : c’est un phénomène profond, dont le propre est de se développer à la périphérie, hors des instances traditionnelles”, rappelle-t-il, évoquant le rôle d’Internet. “Un conseil théologique ne peut pas tout résoudre”. Et de souligner : “Dans d’autres pays, il y a déjà des instances théologique qui font autorité, comme la mosquée Al-Azhar en Égypte par exemple, mais cela n’empêche pas le discours radical de s’y développer”.

Au cours de la rédaction de cet article, France 24 a tenté de joindre le président de l’UOIF Amar Lasfar, ainsi que l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, sans succès.

Première publication : 09/05/2016

Accusé de gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou des agressions sexuels, le député de Paris, Denis Baupin, a longtemps cultivé l’image d’un homme engagé pour la cause des femmes.

C’est la photo qui a décidé des victimes présumées à briser l’omerta. Le 8 mars dernier, dans le cadre de la journée des droits des femmes, plusieurs personnalités masculines participent à la campagne “Mettez du rouge”, destinée à lutter contre les violences faites aux femmes. Plusieurs hommes politiques, de tous bords confondus, posent avec du rouge à lèvres. Parmi eux, le député PS Olivier Falorni, l’UDI Jean-Christophe Lagarde, l’UMP Benoist Apparu… et Denis Baupin, député écologiste de Paris, accusé aujourd’hui par plusieurs femmes de harcèlement ou agression sexuelles, selon une enquête conjointe de France Inter et Mediapart, publiée lundi 9 mai.

#mettezdurouge contre les violences faites aux femmes. Des députés s’engagent #8marshttps://t.co/nN6PtOl22Ppic.twitter.com/XGoVOKnzaY

— Denis_Baupin (@Denis_Baupin) 8 mars 2016

Pour deux d’entre elles, ce cliché a été l’élément déclencheur. “Je l’ai vu lui sur la photo avec du rouge à lèvre et ça m’a provoqué une vraie nausée. Je suis même allée vomir et j’ai fait un post sur Facebook”, a expliqué sur France Inter Elen Debost, adjointe à la mairie du Mans. “Je me suis dit qu’on ne pouvait pas continuer à se taire, parce qu’en se taisant, on était complices du fait que ça continue. Ce n’est pas la politique que je veux”, a poursuivi cette élue, victime de harcèlement sexuel de la part du député de Paris.

Les faits, qui remontent à 2011, ont refait surface à la vision de ce cliché. À l’époque, “la jeune militante qui monte” raconte avoir reçu “une centaine de messages”. Du genre “Je suis dans un train et j’aimerais te sodomiser en cuissarde”. “J’adore les situations de domination. Tu dois être une dominatrice formidable.” “J’ai envie de voir ton cul.” “Les refus polis n’étaient pas entendus”, relate-t-elle dans Mediapart. Depuis, les messages se sont interrompus et les deux écologistes s’évitent.

Devant cette photo, l’actuelle porte-parole d’EELV Sandrine Rousseau a aussi voulu réagir. “Ça m’a fait l’effet d’un électrochoc. Je me suis dit que ce n’était plus possible de tenir ça”, a-t-elle déclaré.

Alors que cette affaire éclate, de nombreux tweets de Denis Baupin, qui se présente comme un défenseur de la cause féministe, ont été exhumés pas des internautes. Le 31 juillet 2012, il s’est ainsi réjoui du vote contre le harcèlement sexuel. “Fierté de participer à ce vote de justice”, a-t-il tweeté. Cette loi sanctionnant le délit de harcèlement sexuel a pour but d’encourager les victimes à porter plainte. Pourtant, les huit femmes qui ont témoigné dans le cadre de l’enquête ont, elles, choisi de ne pas porter l’affaire en justice.

Vice-président de l’Assemblée nationale depuis juin 2012, Denis Baupin, qui vient de présenter sa démission, a régulièrement dénoncé le sexisme ambiant qui règne dans l’hémicycle notamment.

@EELV: Sexisme à l’Assemblée nationale: Comm de presse du 19 juillet 2012 Va-t-il falloir entreprendre des atelie… http://t.co/zqfuDyye

— Denis_Baupin (@Denis_Baupin) 19 juillet 2012

Quelle honte ! Il reste des féministes à l’UMP ? “@PJanuel: Dérapage sexiste de la direction nationale de l’UMP. pic.twitter.com/9ob0ldT2

— Denis_Baupin (@Denis_Baupin) 7 décembre 2012

Celui qui se fait déjà appelé le “DSK des Verts” s’était fendu d’une blague douteuse quand l’affaire de l’agression sexuelle de l’ex-président du FMI avait éclaté en 2011.

@Denis_Baupin@GuyMx89 ce hashtag #calembour est incroyable.

— Antoine D (@Eniotnad) 9 mai 2016

Denis Baupin conteste fondamentalement “l’idée de harcèlement sexuel et plus encore d’agression sexuelle, lesquels lui sont totalement étrangers”, a déclaré son avocat dans un communiqué lundi 9 mai.

Première publication : 09/05/2016

Manuel Valls a annoncé, lundi 9 mai, les nouvelles mesures du vaste plan gouvernemental de lutte contre le jihadisme et la radicalisation. Au programme : la création d’un centre de réinsertion dans chaque région d’ici la fin 2017.

“La lutte contre le jihadisme est sans doute le grand défi de notre génération”, a martelé Manuel Valls en présentant, lundi 9 mai, lors d’une conférence de presse à Matignon, le plan de lutte du gouvernement contre le terrorisme et la radicalisation. “Ce plan marque un nouveau cap des pouvoirs publics”, a déclaré le Premier ministre, promettant 50 nouvelles mesures pour un plan à envisager, selon lui, comme “une preuve supplémentaire de notre détermination à agir”.

Tout en précisant que la radicalisation “frappe partout, tous les individus” et que “toutes les catégorisations sociales, toutes les régions sont touchées, le Premier ministre a dressé le profil sociologique type des personnes radicalisées : “les deux tiers ont moins de 25 ans et 40 % sont des femmes”, précisant que 25% des individus partis en Syrie ont été “convertis à un islam rudimentaire et perverti qui circule sur les réseaux sociaux”.

Le plan vise donc avant tout à renforcer les capacités de prise en charge des jeunes actifs embrigadés dans les réseaux jihadistes ou pouvant rejoindre leurs rangs. Il est doté d’une enveloppe de 40 millions d’euros supplémentaires d’ici 2018 : le fonds interministériel de prévention de la délinquance, déjà abondé de 20 millions d’euros supplémentaires en 2015 pour la lutte antiterroriste, recevra en effet 20 millions de plus par an en 2016 et en 2017.

Un centre de réinsertion par région

Un centre de réinsertion pour “personnes radicalisées” ou susceptibles de basculer dans le jihadisme va être créé dans “chaque région” française d’ici fin 2017, a annoncé Manuel Valls lundi. Le premier centre sera “mis en place” cet été, a-t-il assuré, ajoutant que les premiers accueillis “pourront être des repentis dont nous éprouverons la sincérité et la volonté de réinsertion dans la durée”.

“Au moins la moitié” des futurs établissements accueilleront “à la demande de l’autorité judiciaire”, des personnes “qui ne peuvent pas être placées en détention”, a précisé le Premier ministre. Afin de mieux coordonner la création et le fonctionnement de ces structures, une “cellule nationale de coordination et d’appui” à l’action des préfets, des départements et des associations va être créée au sein du Comité interministériel de prévention de la délinquance, qui verra ses effectifs renforcés, selon le plan réalisé par le Premier ministre remis à la presse.

Les enquêtes administratives visant à passer au crible les personnes occupant des postes sensibles au sein des professions réglementées vont également être multipliées, avec des contrôles “à périodicité resserrée”. Ce criblage sera par ailleurs “étendu au dispositif de préparation des grands évènements”, alors que l’Euro 2016 de football commence début juin en France.

“Contrecarrer la propagande”

L’exécutif compte également “construire de puissants contre-discours” pour “contrecarrer la propagande jihadiste et salafiste et casser cette entreprise d’embrigadement à grande échelle”. Concernant la propagande sur les réseaux sociaux, le Premier ministre a appelé à “renforcer les partenariats avec gens du Net”.

Il a également évoqué la nécessité de donner plus de moyens à la recherche et a annoncé la création de postes et la mise en place d’un “conseil scientifique permanent” sur la radicalisation et le terrorisme, qui pourrait coordonner un réseau de recherche et renforcer les liens entre chercheurs et fonctionnaires de l’antiterrorisme. “La France propose d’organiser à la rentrée prochaine un grand symposium avec l’ensemble des chercheurs, avec ceux qui construisent une école de pensée face à ces phénomènes”, a-t-il annoncé.

Enfin, le fichier dit PNR (“Passenger Name Record”), registre européen des données des passagers aériens, “entrera progressivement en vigueur” cet été. “Ce sera le premier PNR mis en œuvre en Europe continentale”, s’est félicité Manuel Valls, alors que la France a été le fer de lance son adoption au niveau européen le mois dernier.

Avec AFP

Première publication : 09/05/2016

Huit femmes, dont les témoignages ont été recueillis par France Inter et Mediapart et rendus publics lundi, accusent Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale, de harcèlement et d’agressions sexuelles.

Les témoignages des huit victimes présumées recueillis par France Inter et Mediapart, et rendus publics lundi 9 mai, remontent parfois jusqu’à la fin des années 1990. Plusieurs responsables et élues d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) accusent le député Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale, de gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou des agressions sexuels.

Sollicité à plusieurs reprises par l’AFP, Denis Baupin, qui a quitté EELV le mois dernier, n’avait pas réagi, lundi 9 mai, en fin de matinée.

Le témoignage de Sandrine Rousseau, porte-parole d’EELV, porte sur des faits présumés qui remontent à octobre 2011, lors d’une réunion du parti à Montreuil. “À un moment donné, j’ai voulu faire une pause”, a-t-elle raconté. “Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment”. Sandrine Rousseau dit avoir ressenti “un très grand malaise”. “J’ai immédiatement pensé que c’était absolument anormal que je subisse ça. Mais le mot agression sexuelle, je l’ai mis très longtemps après”.

Témoignage de Sandrine Rousseau, porte-parole d’EELV, sur France Inter

Isabelle Attard, députée du Calvados, qui a quitté EELV en décembre 2013, évoque elle “du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces”.

Deux autres élues, Elen Debost, adjointe au maire du Mans, et Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile-de-France, disent également avoir été victimes de comportements déplacés de la part du député, des faits qui pour Annie Lahmer remontent a plus de 15 ans.

La prescription est de trois ans pour les délits, dont les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel. Les délais sont rallongés seulement si la victime est mineure au moment des faits.

Témoignage d’Elen Debost, adjointe à la mairie du Mans depuis 2014, sur France Inter



“Des accusations extrêmement graves”

Peu après midi lundi, par communiqué, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a demandé à Denis Baupin de démissionner de la vice-présidence de l’Assemblée.

Le député François de Rugy (ex-EELV) s’est dit sur France Inter “abasourdi parce que ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées”. “Si ces faits sont avérés, ils doivent bien sûr être condamnés et c’est à la justice d’établir la vérité des faits”.

Il apparaît en outre, selon certains témoignages, que son comportement était connu à l’intérieur d’un parti réputé pour sa défense des droits des femmes. Interrogé sur la connaissance qu’il aurait pu avoir de certains messages déplacés, François De Rugy s’est défendu d’avoir voulu étouffer l’affaire. “En l’occurrence, ça démontrait là qu’il n’y avait pas eu du tout de faits qui relèvent du harcèlement et encore moins de l’agression et simplement des propos un peu équivoques et qui ont immédiatement cessé quand nous l’avons dit à Denis Baupin”.

Le chef de file des députés socialistes, Bruno le Roux, a estimé qu’il devait s’expliquer sur ces faits “très graves”. “Je remarque qu’il n’a pas souhaité répondre pour l’instant. Il doit s’exprimer et donner sa vision des faits, se défendre. Je souhaite qu’il dise sa vérité sur cette affaire”, a-t-il dit.

Marié à la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, ex-secrétaire nationale d’EELV, Denis Baupin avait annoncé le 18 avril son départ du parti en raison de “désaccords stratégiques”, comme l’avaient fait dans les mois précédents François de Rugy, Vincent Placé et Barbara Pompili.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 09/05/2016

Huit femmes, dont les témoignages ont été recueillis par France Inter et Mediapart et rendus publics lundi, accusent Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale, de harcèlement et d’agressions sexuelles.

Les témoignages des huit victimes présumées recueillis par France Inter et Mediapart, et rendus publics lundi 9 mai, remontent parfois jusqu’à la fin des années 1990. Plusieurs responsables et élues d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) accusent le député Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale, de gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou des agressions sexuels.

Sollicité à plusieurs reprises par l’AFP, Denis Baupin, qui a quitté EELV le mois dernier, n’avait pas réagi, lundi 9 mai, en fin de matinée.

Le témoignage de Sandrine Rousseau, porte-parole d’EELV, porte sur des faits présumés qui remontent à octobre 2011, lors d’une réunion du parti à Montreuil. “À un moment donné, j’ai voulu faire une pause”, a-t-elle raconté. “Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment”. Sandrine Rousseau dit avoir ressenti “un très grand malaise”. “J’ai immédiatement pensé que c’était absolument anormal que je subisse ça. Mais le mot agression sexuelle, je l’ai mis très longtemps après”.

Témoignage de Sandrine Rousseau, porte-parole d’EELV, sur France Inter

Isabelle Attard, députée du Calvados, qui a quitté EELV en décembre 2013, évoque elle “du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces”.

Deux autres élues, Elen Debost, adjointe au maire du Mans, et Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile-de-France, disent également avoir été victimes de comportements déplacés de la part du député, des faits qui pour Annie Lahmer remontent a plus de 15 ans.

La prescription est de trois ans pour les délits, dont les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel. Les délais sont rallongés seulement si la victime est mineure au moment des faits.

Témoignage d’Elen Debost, adjointe à la mairie du Mans depuis 2014, sur France Inter



“Des accusations extrêmement graves”

Peu après midi lundi, par communiqué, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a demandé à Denis Baupin de démissionner de la vice-présidence de l’Assemblée.

Le député François de Rugy (ex-EELV) s’est dit sur France Inter “abasourdi parce que ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées”. “Si ces faits sont avérés, ils doivent bien sûr être condamnés et c’est à la justice d’établir la vérité des faits”.

Il apparaît en outre, selon certains témoignages, que son comportement était connu à l’intérieur d’un parti réputé pour sa défense des droits des femmes. Interrogé sur la connaissance qu’il aurait pu avoir de certains messages déplacés, François De Rugy s’est défendu d’avoir voulu étouffer l’affaire. “En l’occurrence, ça démontrait là qu’il n’y avait pas eu du tout de faits qui relèvent du harcèlement et encore moins de l’agression et simplement des propos un peu équivoques et qui ont immédiatement cessé quand nous l’avons dit à Denis Baupin”.

Le chef de file des députés socialistes, Bruno le Roux, a estimé qu’il devait s’expliquer sur ces faits “très graves”. “Je remarque qu’il n’a pas souhaité répondre pour l’instant. Il doit s’exprimer et donner sa vision des faits, se défendre. Je souhaite qu’il dise sa vérité sur cette affaire”, a-t-il dit.

Marié à la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, ex-secrétaire nationale d’EELV, Denis Baupin avait annoncé le 18 avril son départ du parti en raison de “désaccords stratégiques”, comme l’avaient fait dans les mois précédents François de Rugy, Vincent Placé et Barbara Pompili.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 09/05/2016

Près de trois ans après les faits, les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge sont reçues lundi par les juges d’instruction chargés du dossier. Des questions “autour de la SNCF et de ses trucages” devraient être posées.

Il s’agit d’une première après quasiment trois années d’enquête. Les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, sont reçues lundi 9 mai par les trois juges d’instruction chargés du dossier.

“C’est la moindre des choses. On attendait cela depuis plusieurs mois, c’est curieux que cela n’arrive que maintenant”, souligne Me Gérard Chemla, conseil de l’association “Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny”, à l’origine de la demande.

Près de trois ans après l’ouverture de l’information judiciaire, “les victimes n’ont bénéficié d’aucune information de la part des juges d’instruction”, avait souligné Me Chemla dans une lettre adressée aux juges début février et consultée par l’AFP. Dans ce courrier, Me Chemla avait également demandé la présence des experts ferroviaires et métallurgiques pour qu’ils puissent être interrogés sur leurs différents rapports.

“La SNCF et ses trucages”

“Nous poserons également des questions autour de la SNCF et de ses trucages”, ajoute l’avocat, alors que des écoutes judiciaires laissent supposer que l’entreprise a préparé les personnes entendues par la justice.

Le président de la SNCF Guillaume Pépy a assuré début avril “qu’aucun membre de la direction, n’avait donné d’instructions à qui que ce soit, de dire autre chose que la vérité”, a réagi un porte-parole de la compagnie ferroviaire, interrogé par l’AFP.

>> À lire sur France 24 : “Brétigny : les experts dénoncent un ‘état de délabrement jamais vu'”

Par ailleurs, l’entreprise publique a été condamnée à verser 60 000 euros de provision à l’association pour l’aider à supporter les coûts d’une procédure très technique.

Le 12 juillet 2013, le déraillement d’un train en gare de Brétigny-sur-Orge avait fait sept morts et des dizaines de blessés, à cause d’une éclisse – sorte de grosse agrafe sur l’aiguillage -, dont une fissure n’avait pas été détectée lors des tournées de surveillance, et dont trois des quatre boulons s’étaient cassés ou dévissés. L’éclisse avait alors pivoté, provoquant l’accident.

Depuis l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Évry, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), toutes deux mises en cause pour homicides et blessures involontaires. Trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies au moment du déraillement, ont été placés mi-janvier sous le statut de témoin assisté.

Avec AFP

Première publication : 09/05/2016