Archive for May 9th, 2016

Invité de Mardi politique, Luc Carvounas, sénateur PS du Val-de-Marne, estime que la carte du 49-3 utilisée par le gouvernement pour la Loi travail était devenue inéluctable à cause des blocages de certains élus de gauche.

Luc Carvounas, sénateur du Val-de-Marne, maire d’Alfortville et membre du Bureau national du Parti socialiste (PS), est l’invité de Mardi politique. Il est interrogé par Valérie Gas pour RFI, Roselyne Febvre pour France 24 et Nathalie Raulin pour Libération.

Première publication : 10/05/2016

En France, une base de données numérique recensant les esclaves affranchis des Antilles françaises permet à leurs descendants d’esquisser leur arbre généalogique et de retrouver la trace de leurs ancêtres africains.

Ses parents lui avaient interdit de fouiller dans son histoire familiale, mais Éric Jalta, 53 ans, est passé outre. “Ils refusaient de parler de l’esclavage“, raconte ce Français métisse qui a grandi en Martinique et qui et n’avait pas le droit de “fréquenter des gens trop noirs de peau”. “Durant toutes ces années, je ne savais pas qui j’étais, je me sentais comme un ‘chien errant’, j’avais besoin de connaître l’histoire de mes ancêtres”, explique-t-il à France 24.

Mardi 10 mai, jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, il s’est rendu à Chamblanc, dans l’est de la France, où se tenait une cérémonie d’hommage, afin “d’honorer la mémoire de ces aïeux”.

Des aïeux dont il a tout de même décidé retrouver la trace 10 ans plus tôt. Après la naissance de son premier fils en 2005, Eric Jalta entame des recherches généalogiques. Il se rend dans le 18e arrondissement de Paris où son grand-père est mort durant la Seconde Guerre mondiale. Il apprend le nom de ses arrière-grands-parents et remonte le fil jusqu’aux ancêtres de la fin du XIXe siècle avec l’aide d’une association mémorielle antillaise, le Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98). Il comprend que ses ancêtres pourraient avoir été des esclaves acheminés sur l’île de la Martinique depuis le Bénin. “Avant de chercher mes origines, la honte me ravageait. Quand j’ai fait ma généalogie, je me suis enfin senti citoyen de ce monde, et pas forcément africain ou béninois”, témoigne-t-il.

Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à tenter de créer leur arbre généalogique. Le CM98 n’y est pas pour rien. En 2009, il crée une base de données numériques sans équivalent, à partir de registres d’État civil datant de l’époque de l’abolition de l’esclavage. Ces documents contiennent une liste de 125 000 noms d’esclaves sur les 150 000 affranchis en 1848 dans les Antilles françaises.

Trois ans pour éplucher les listes

“Nous avons passé trois ans à éplucher les listes sur des micro-films oubliés dans les Archives nationales – certains bénévoles de l’association ont même suivi une formation en paléographie pour déchiffrer les inscriptions”, explique Emmanuel Gordien, vice-président et responsable de l’Atelier de généalogie et d’histoire des familles antillaises.

La tâche est d’autant plus ardue qu’après l’abolition de l’esclavage, les officiers d’État civil français choisissent des patronymes inédits pour les affranchis, afin d’éviter d’utiliser des noms ressemblant à ceux des anciens maîtres. “Ils ont alors pioché dans le vocabulaire des plantes, des références à l’histoire antique ou ils ont inventé des anagrammes, comme le nom de famille guadeloupéen du célèbre joueur de football Lilian Thuram, inspiré de ‘Mathurin'”, explique Emmanuel Gordien.

Accompagnement psychologique

“Nous mettons nos données et études à disposition de tous ceux qui le souhaitent. Souvent cela provoque des demandes de recherches plus poussées”, raconte le vice-président de l’association, qui admet que la démarche reste compliquée. Ce fut le cas d’Éric Jalta, dont les découvertes sur ses ancêtres ont fait émerger de nombreuses questions : “Mon ancêtre avait 28 ans quand il a été affranchi, comment a-t-il pu éduquer ses enfants et s’intégrer dans la société française alors qu’il avait vécu toute son enfance en tant qu’esclave ?”, s’interroge-t-il encore aujourd’hui.

Afin de mieux les accompagner et “pour libérer la parole”, le CM98 organise fréquemment des “ateliers généalogiques” en métropole comme à Grigny, Évry ou Viry-Chatillon, en banlieue parisienne. “Les histoires déterrées sont parfois douloureuses, parce qu’on met le doigt sur des non-dits passés sous silence depuis des générations : parfois des naissances après des viols, et d’autres fois aussi, des histoires d’amour entre anciens maitres et anciens esclaves”. C’est pourquoi l’association fait encadrer les personnes qu’elle accompagne par un psychologue.

Peu de recherches en Afrique aboutissent

Elle doit aussi gérer des déceptions. Rares sont ceux qui, comme Éric Jalta, parviennent à tracer la piste de leur aïeux jusqu’en Afrique, car l’identité des esclaves était souvent gommée pendant le voyage sur les navires négriers ou à leur arrivée dans les Antilles.

Les recherches d’Éric Jalta et des autres seront bientôt enrichies par de nouvelles données, puisque le CM98 vient d’acquérir pour près de 25 000 euros un ensemble d’archives notariales recensant toutes les ventes et achats d’esclaves en Martinique et en Guadeloupe au cours de la première moitié du XIXe siècle. La centaine de bénévoles de l’association s’active pour éplucher ces données afin de les présenter au public le plus vite possible.

Première publication : 10/05/2016

Le député Denis Baupin, visé par des accusations d’agressions sexuelles, a fait savoir mardi qu’il déposait une plainte pour diffamation contre Mediapart et France Inter, au lendemain de leurs révélations.

Accusé de harcèlement et d’agressions sexuelles par des élues et responsables écologistes, le député Denis Baupin contre-attaque. Au lendemain de sa démission de son poste de vice-président de l’Assemblée nationale, il a fait savoir, mardi 10 mai, qu’il déposait plainte pour diffamation contre Mediapart et France Inter, les deux médias à l’origine des révélations basées sur des témoignages de victimes présumées.

Enquête préliminaire

Son avocat, Me Emmanuel Pierrat, a indiqué dans un communiqué que son client “prenait acte” de l’ouverture d’une enquête préliminaire un peu plus tôt dans la matinée et “coopérerait bien entendu avec les institutions et le parquet”. Cette procédure “lui permettra non seulement d’exercer ses droits […] mais aussi de démontrer son innocence et sa bonne foi”, a précisé l’avocat.

“Il réservera ses déclarations à la justice, ainsi que les éléments en sa possession prouvant le caractère mensonger des allégations d’agression et de harcèlement sexuels, afin de garantir la sérénité des débats”, a-t-il encore ajouté.

>> À lire sur France 24 : “Le passé féministe de Denis Baupin”

De son côté, le parquet de Paris a indiqué que l’enquête préliminaire, ouverte au lendemain des révélations fracassantes du site Internet et de la radio publique, “va s’attacher à recueillir les témoignages des victimes présumées qui se sont exprimées dans les médias”, précisant qu’à ce stade “aucune plainte relative à ces faits n’a été reçue”.

Les “allégations” parues dans la presse portent “sur des faits susceptibles d’être qualifiés d’agressions sexuelles, harcèlement sexuel, appels téléphoniques malveillants”, selon le parquet. La prescription est en principe de trois ans pour ces délits, dont les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel.

Les langues se délient au sein d’EELV

Après ces révélations faites par huit femmes, le parti Europe Écologie-Les Verts (EELV), que Denis Baupin a quitté il y a trois semaines, a salué le “courage” des victimes qui se sont exprimées, espérant que ce courage soit “contagieux”. La porte-parole du parti, Sandrine Rousseau, au nombre des victimes présumées a lancé un “appel” à témoignages non prescrits. “S’il y a des femmes, qu’elles n’hésitent pas, on sera là en soutien, nous pour lesquelles les faits sont prescrits”, a-t-elle déclaré.

Il n’en reste pas moins que cette affaire a créée des remous au sein du parti. Dans la matinée, la ministre écologiste du Logement Emmanuelle Cosse a déclaré ne pas avoir eu connaissance jusqu’à cette semaine de soupçons de harcèlement sexuel visant son conjoint, Denis Baupin.

Une version mise à mal lundi, par le conseiller EELV de Paris Yves Contassot, par ailleurs opposant interne d’Emmanuelle Cosse. S’exprimant sur RMC, il a fait état de rumeurs de harcèlement et d’agressions sexuelles qui circulaient déjà l’an dernier au sein du parti. Mais il a surtout implicitement accusé la ministre d’avoir voulu étouffer les accusations visant son conjoint.

“Quand il y a eu des allusions à ça, assez récemment lors d’un conseil fédéral, à la surprise générale, la personne qui est montée à la tribune pour demander qu’on arrête de discuter de ça, c’est sa compagne, c’est Emmanuelle Cosse qui a dit : ‘Stop, j’ai interdit qu’on poursuive ce débat. On réglera ça ailleurs et dans d’autres conditions’. Et là je dois dire qu’il y a eu une sorte de stupéfaction parce que même si le nom de Denis [Baupin, NDLR] n’était pas évoqué, tout le monde se disait ‘c’est possible qu’il soit implicitement dans les cas qui étaient évoqués’. On parlait de harcèlement, de viols, etc.”

Toutefois, ce mardi, l’élu parisien a semblé rétropédaler en indiquant au micro de France 2, qu’il ne croyait pas, “à aucun moment, qu’elle ait voulu étouffer quoique ce soit”.

Avec AFP

Première publication : 10/05/2016

Manuel Valls a annoncé mardi après-midi à l’Assemblée nationale qu’il utilisait l’article 49-3 de la Constitution pour faire adopter le texte de la Loi travail sans vote. Les députés ont 24 heures pour déposer une motion de censure.

Le Premier ministre Manuel Valls a engagé, mardi 10 mai, à la tribune de l’Assemblée nationale, la responsabilité de son gouvernement via l’alinéa 3 de l’article 49 de la Constitution afin de faire adopter sans vote le projet de Loi travail.

“Aujourd’hui, j’exprime et nous exprimons clairement une fronde contre la division”, a lancé le chef du gouvernement, en visant les députés socialistes frondeurs opposés au texte. “Poursuivre le débat parlementaire fait courir le risque de revenir sur l’ambition du projet de loi, de renoncer à sa cohérence, d’abandonner le compromis que nous avons construit et d’offrir le spectacle désolant de la division et des postures politiciennes due à une minorité de blocage”, a-t-il plaidé.

L’exécutif a décidé de recourir à cette arme constitutionnelle “parce que la réforme doit aboutir, parce que le pays doit avancer, parce que les relations salariales et les droits des salariés doivent progresser”, a argué le chef du gouvernement.

Dénonçant “la conjonction des oppositions” qui “peuvent bloquer le texte” et le “spectacle” donné par les débats houleux lundi soir à l’Assemblée, le Premier ministre a une nouvelle fois défendu “un texte élaboré collectivement qui est un bon texte pour le pays, et surtout un acte de confiance dans le dialogue”.

“Il est un pari dans la capacité des partenaires sociaux à le faire vivre et il est une affirmation tout simplement de notre vision de la démocratie sociale”, s’est défendu Manuel Valls, confronté à une série de manifestations menées par la CGT et FO, opposées au texte.

Le Premier ministre a de nouveau affirmé “assumer” son désaccord avec ces deux centrales syndicales sur le rôle renforcé des accords d’entreprise que doit permettre la loi, qui suscite des inquiétudes à gauche et dans le camp syndical sur des reculs des droits des salariés.

“La question est de savoir si une motion de gauche sera déposée”

“Les députés qui souhaitent déposer une motion de censure ont vingt-quatre heures pour le faire, soit jusqu’à mercredi 16 h 35”, explique Karina Chabour, l’envoyée spéciale de France 24 à l’Assemblée nationale. “La question est de savoir si une motion de gauche sera déposée. C’est en tout cas la menace qu’a laissé planer André Chassaigne, le leader des députés Front de gauche. Reste à savoir s’il obtiendra les 58 signatures nécessaires.”

De leur côté, les députés LR et UDI ont déjà déposé leur propre motion de censure du gouvernement, qui sera débattue jeudi dans l’Hémicycle. “Qu’il soit contraint d’engager sa responsabilité sur un projet de loi qui ne comporte plus aucune ambition de réforme témoigne de l’impasse dans laquelle François Hollande a mené notre pays”, est-il écrit dans le texte de la motion, transmis à l’AFP.

Les réactions chez les “frondeurs” du Parti socialiste sont tout aussi critiques. “L’heure est à la consternation devant le fait que la Loi travail, qui devait occuper le Parlement pendant plusieurs jours pour définir les règles du contrat de travail, des licenciements, des rémunérations des Français, cette loi travail va être adoptée – si la motion de censure n’est pas votée – sans qu’il y ait un débat au Parlement”, a regretté Christian Paul, chef de file des députés PS “frondeurs”.

“L’enjeu d’une motion de censure, ce n’est pas simplement d’exprimer la défiance à l’égard du gouvernement, c’est d’abord faire en sorte que la Loi travail ne soit pas adoptée”, a-t-il ajouté.

Les sept syndicats contestataires ont, eux, appelé à des grèves et des manifestations les 17 et 19 mai.

Le gouvernement renonce aux CDD surtaxés

De son côté, le Front national a appelé les députés, “en particulier” ceux du PS, à “prendre leurs responsabilités et à assumer le rejet” du projet de Loi travail “en faisant tomber le gouvernement” grâce au vote d’une future motion de censure.

Il y a toutefois “peu de chance que ces motions aboutissent”, estime Karina Chabour. “Ce serait du jamais vu : on imagine mal la majorité chercher à faire tomber le gouvernement et mettre leur mandat dans la balance.”

Le gouvernement profite par ailleurs du 49-3 pour apporter quelques modifications au texte. Il renonce ainsi à rétrécir le périmètre géographique d’appréciation des licenciements économiques et à surtaxer les CDD, mais ne retiendra pas l’ultime “compromis” obtenu lundi par le rapporteur du texte sur les accords d’entreprises, a indiqué mardi l’entourage de Manuel Valls.

L’article 49-3 ne peut être utilisé que sur un projet de loi budgétaire et un seul autre type de texte durant la session parlementaire. Mais une fois que le Conseil des ministres a autorisé le Premier ministre à y recourir, celui-ci peut le dégainer à chacune des lectures successives du même projet de loi devant l’Assemblée. En revanche, il ne peut être utilisé devant le Sénat, puisque celui-ci n’a pas le pouvoir de renverser le gouvernement.

Avec AFP

Première publication : 10/05/2016

Le conseil des ministres doit se réunir, mardi à 14 h 30 (heure de Paris), afin de décider s’il décide de recourir à l’article 49-3 afin d’adopter la Loi travail sans passer par le vote à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement doit se réunir pour un conseil des ministres extraordinaire, mardi 10 mai à 14 h 30 à l’Élysée, afin d’autoriser l’exécutif à recourir au 49-3 sur le projet de la Loi travail face aux blocages à gauche, ont annoncé à l’AFP plusieurs ministres.

Ces derniers ont reçu une convocation peu après 12 h. L’article 49-3 permet à l’exécutif d’adopter un texte sans vote avec engagement de la responsabilité du gouvernement. Cette arme constitutionnelle a été utilisée à trois reprises en 2015 sur le projet de loi Macron.

>> Loi travail: le 49-3 “n’est pas un choix que nous privilégions” déclare Valls

Le président des députés Front de gauche, André Chassaigne, a confirmé dans la foulée que son groupe appellerait à la constitution d’une “motion de censure de gauche” au gouvernement, avec des frondeurs PS, si le gouvernement utilise bel et bien le 49-3 sur le projet de Loi travail.

“Dès que le 49-3 est annoncé […] nous allons […] lancer un appel très solennel à l’ensemble des députés qui sont opposés à ce texte, je parle bien évidemment des députés anti-libéraux (…) pour que nous puissions élaborer ensemble une motion de censure de gauche au gouvernement”, a déclaré André Chassaigne sur LCP, estimant que “le gouvernement n’a plus de majorité”.

“Si les opposants socialistes que l’on appelle ‘frondeurs’ vont jusqu’au bout, je pense qu’ils seront d’accord pour élaborer avec nous une motion de censure”, a glissé ce député communiste du Puy-de-Dôme. “Nous avons l’espoir de réunir les 58 députés nécessaires” pour une motion de gauche, a-t-il précisé ensuite devant la presse.

Convaincu que “si nous déposons ensemble cette motion de censure, la conjonction de la motion de censure de droite et de celle portée, sur des bases complètement différentes, par la gauche fera tomber le gouvernement”, le chef de file des députés Front de gauche a lancé à la télévision: “c’est ce que nous souhaitons”.

Avec AFP

Première publication : 10/05/2016

Le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, lundi soir, que les actes antisémites et antimusulmans ont baissé de 80 % au premier trimestre 2016, par rapport à la même période de l’an dernier.

La “vigilance” commence à “porter ses fruits”. Le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, lundi 9 mai, que les actes antisémites et antimusulmans ont baissé de 80 % au premier trimestre 2016, par rapport à la même période en 2015.

“À chaque fois qu’il y a un acte antisémite, raciste, antimusulman, antichrétien, les préfets déposent plainte auprès des procureurs de la République, il y a donc une fermeté absolue”, a souligné le ministre lors d’une conférence des Amis du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) à Paris.

“On pourrait dire ‘ça y est, la bataille est gagnée'”



Les chiffres des actes antimusulmans au premier trimestre étaient déjà connus, l’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) ayant constaté qu’ils étaient en baisse de 82 % par rapport à la même période de 2015, sur la base des plaintes et mains courantes recensées par le ministère de l’Intérieur. Mais aucun chiffre sur l’antisémitisme n’était jusqu’à présent disponible pour la période des trois premiers mois de 2016.

“On pourrait dire ‘ça y est, la bataille est gagnée’: je ne le crois pas, parce que quand il y a eu autant de violence et autant de haine, la diminution des actes ne signifie pas que la société a surmonté (la violence), cela signifie que la vigilance mutuelle que nous avons mise sur le métier commence à porter ses fruits”, a nuancé le ministre de l’Intérieur.

Cependant, “ça veut dire qu’il y a dans ce pays, malgré l’ardeur de ceux qui ont la haine au cœur (…), des volontés de fraternité et de solidarité, qui comme souvent dans l’histoire de notre pays l’emporte sur le pire” , a ajouté le ministre qui appelle, cependant, à ne pas “altérer la mobilisation”.

Avec AFP

Première publication : 10/05/2016

Alors que s’ouvre, mardi, à Paris, le procès de Tito Barahira et Octavien Ngenzi, ex-maires rwandais accusés d’avoir participé au génocide de 1994, les rescapés de Kabarondo affirment que ces derniers sont responsables du massacre des Tutsis.

Vingt-deux ans n’ont pas suffi pour effacer les souvenirs de cette terrible journée du 13 avril 1994. Ce jour-là, Marie-Thérèse Mukamwezi a échappé au massacre de 300 Tutsis, qui pensaient avoir trouvé refuge dans une église de la commune de Kabarondo, dans l’est du Rwanda. Elle tient pour responsables Octavien Ngenzi et Tito Barahira, deux anciens maires de la commune jugés à partir de ce mardi 10 mai à Paris pour leur participation direct au génocide rwandais.

“Il [Ngenzi] est allé chercher tous les Tutsis des environs avec son véhicule. Il les a rassemblés à l’église. Ensuite les miliciens Interahamwe ont attaqué l’église, mais la population a résisté et était plus forte. Alors Ngenzi est allé chercher les gendarmes en renfort”, se souvient-elle. “Après l’attaque, les tueurs sont venus avec les machettes. Ils ont tué presque tous les survivants. Tito Barahira était là avec une lance, il supervisait les tueries”.

Rares sont ceux à avoir réussi à s’enfuir. Quelques rescapés se sont réfugiés dans une maison à quelques centaines de mètres de l’église. Mais le 17 avril, Octavien Ngenzi serait venu les déloger. “Ils nous ont fait sortir et j’ai vu Ngenzi avec une arme, accompagné de militaires. Ils ont encerclé la maison. Ils nous ont amenés dans la ville de Kibongo. Au lieu de nous donner aux militaires pour nous fusiller, les Interahamwe ont utilisé les machettes”, témoigne Jacqueline Muguyeneza.

Un procès fleuve pour un génocide éclair

Les rescapés de Kabarondo attendent beaucoup de ce procès. Octavien Ngenzi et Tito Barahira, qui nient les faits, seront jugés pendant huit semaines pour “crimes contre l’humanité” et “génocide”, pour “une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires” en application d’un “plan concerté tendant à la destruction” du groupe ethnique tutsi.

Trente-huit jours d’audience, 31 tomes de procédure et pas moins de 90 témoins… Un procès fleuve pour un génocide éclair : à Kabarondo, les tueries étaient terminées avant la fin avril, avec l’entrée de la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR, actuellement au pouvoir). Alors que le génocide, qui fit au moins 800 000 morts, n’a pris fin qu’en juillet à Kigali.

Première publication : 10/05/2016

La ministre écologiste Emmanuelle Cosse a déclaré, mardi, ne pas avoir eu connaissance jusqu’à cette semaine de soupçons de harcèlement sexuel visant son époux, Denis Baupin, et insisté sur la nécessité de laisser la justice se prononcer.

Invitée de France Info, la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a assuré, mardi 10 mai, avoir “appris hier” les accusations de harcèlement contre son mari, le député écologiste Denis Baupin. Elle a réclamé que le débat ait lieu “devant la justice”.

“On parle de faits qui sont d’une extrême gravité. Et si ces faits sont avérés, il faut que ça soit réglé devant la justice. Et si ces faits ne sont pas avérés, il faut aussi que ce soit réglé devant la justice. Il n’y a pas d’autre question, il n’y a pas d’autre choix”, a déclaré l’ancienne secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) sur France Info.

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire, au lendemain des révélations dans la presse visant Denis Baupin, accusé d’agressions et de harcèlement sexuels. “L’enquête va s’attacher à recueillir les témoignages des victimes présumées qui se sont exprimées dans les médias, à vérifier les dates et lieux de la commission des faits allégués et à entendre tout témoin utile”, détaille le parquet dans un communiqué. À ce stade, “aucune plainte relative à ces faits n’a été reçue au parquet”.

Denis Baupin a par ailleurs fait savoir par l’intermédiaire de son avocat qu’il dépose plainte pour “diffamation” contre Mediapart et France Inter.

“J’ai confiance en mon conjoint”

EN DIRECT- E.Cosse: En tant que secrétaire nationale d’EELV, je n’ai jamais été saisie à aucun moment de signalements de harcèlement sexuel”

— France Info (@franceinfo) 10 mai 2016

En apprenant la nouvelle, Emmanuelle Cosse dit avoir été “saisie”. “J’ai été très touchée en tant que femme, en tant que compagne, en tant que mère mais aussi en tant que ministre, a-t-elle affirmé. Je n’ai jamais transigé avec les questions de femmes.”

La ministre du Logement, qui a abandonné son poste à EELV lorsqu’elle est entrée au gouvernement, en février dernier, a toutefois tenu à afficher son soutien à Denis Baupin. “J’ai confiance en mon conjoint. Je n’ai pas de troubles”, a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs justifié la démission de ce dernier de sa fonction de vice-président de l’Assemblée nationale “parce que quand on est un républicain, et c’est ce qu’il est, on n’accepte pas que l’institution qu’on représente puisse être entachée de quoi que ce soit”.

>> À lire sur France 24 : “Le passé féministe de Denis Baupin”

Lundi, des médias ont révélé des témoignages d’élues écologistes accusant le député de Paris d’avoir eu des gestes assimilables pour certains à des agressions sexuelles.

Emmanuelle Cosse (@emmacosse) sur l’affaire #Baupin : “Cela doit se régler devant la justice” https://t.co/8PA22BRJqH

— France Info (@franceinfo) 10 mai 2016

Interrogée sur le conseil fédéral du parti des 9 et 10 mai 2015, où une militante avait fait état en tribune de sa connaissance de faits de harcèlement ou d’agression sexuelle, Emmanuelle Cosse a assuré avoir alors “rappelé des choses très simples”: “Un, que toute personne qui a connaissance de faits qui relèvent de la justice doit les transmettre à la justice […], deux, que le bureau exécutif que je présidais a pris immédiatement position”.

Affaire #Baupin : “Oui j’ai confiance en mon conjoint” Emmanuelle Cosse (@emmacosse) https://t.co/K2qrp6Sp4u

— France Info (@franceinfo) 10 mai 2016

La mise en place d’une adresse mail de signalement et la composition d’un groupe de travail avaient notamment été décidées.

À propos de l’élu EELV Yves Contassot qui a assuré lundi qu’elle avait interrompu le débat sur cette question, elle a répondu qu’elle n’était “pas là pour commenter des vociférations “.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 10/05/2016

Des élus militantes et responsables de tous bords ont lancé, mardi, dans Libération, un appel contre les violences sexuelles et à “lever l’omerta” sur le harcèlement dans le milieu politique, au lendemain de la démission du député Denis Baupin.

“Pour que l’impunité cesse.” Un collectif de 500 militants et élus de tous bords publie, mardi 10 mai, un lancé un appel dans Libération contre les auteurs de harcèlement sexuel, au lendemain des accusations visant l’élu écologiste Denis Baupin.

>> À lire sur France 24 : “Le passé féministe de Denis Baupin”

Le collectif “Levons l’omerta”, à l’initiative duquel on retrouve notamment la féministe Caroline de Haas, écrit que “la difficulté des femmes à parler de ce type de violences est générale, mais sans doute amplifiée dans le microcosme politique, où elles doivent plus qu’ailleurs ne jamais paraître faibles, incarner une posture inverse à celle d’une victime”.

Une de #Libération demain : “Affaire Denis #Baupin : levons l’omerta”. pic.twitter.com/cmoca8jVcB

— Christian Delporte (@chdelporte) 9 mai 2016

“Pour que ce soit le comportement des hommes qui change et non celui des femmes qui s’adapte, pour que les choses bougent enfin et que l’impunité cesse, pour que la culpabilité change de camp, il faut parler”, écrivent les signataires qui veulent “juste dire ici merci” aux femmes “qui ont eu le courage de briser la loi du silence”.

Parmi les signataires de cette tribune figurent l’ancienne ministre Roselyne Bachelot, le porte parole national EELV Julien Bayou et la sénatrice UDI de Paris, Chantal Jouanno.

Le député écologiste Denis Baupin a démissionné lundi de son poste de vice-président de l’Assemblée nationale quelques heures après avoir été mis en cause par des élues écologistes pour “harcèlement” ou “agression sexuelle”, des accusations qu’il conteste.

Non, les violences ne se limitent pas au politique. Mais ce dernier doit montrer l’exemple, donner l’impulsion pour en finir #levonslomerta

— Caroline De Haas (@carolinedehaas) 9 mai 2016

Avec AFP

Première publication : 10/05/2016