Archive for May 11th, 2016

Les députés français ont rejeté, jeudi, la motion de censure de l’opposition contre le gouvernement, ce qui a, conformément à la procédure prévue par l’article 49-3, entraîné l’adoption en première lecture du projet de la Loi travail.

L’Assemblée nationale n’a pas voté, jeudi 12 mai, la motion de censure déposée par la droite et le centre contre le gouvernement de Manuel Valls. Un rejet qui a automatiquement entraîné l’adoption en première lecture du très contesté projet de Loi travail, conformément à la procédure prévue par l’article 49-3 de la Constitution française.

La majorité requise qui n’a pas été atteinte pour l’adoption de #motiondecensure était de 288 #DirectAn#LoiTravailpic.twitter.com/qsOI8t0jsZ

— Assemblée nationale (@AssembleeNat) 12 mai 2016

Pour être adoptée par les députés, la motion de censure devait recueillir la majorité absolue des suffrages, soit 288 voix, trois sièges étant actuellement vacants. Selon les résultats annoncés au perchoir par le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), elle n’en a obtenu que 246, dont les 196 Républicains, 27 centristes de l’UDI sur 30, deux écologistes sur 16, un radical de gauche sur 18 et 10 députés Front de gauche.

“Vous n’avez plus le pouvoir”

Comme en 2015, les députés socialistes “frondeurs” n’ont pas voté la motion de censure déposée par la droite, contrairement à leurs homologues du Front de gauche ulcérés par le passage en force du gouvernement.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a accueilli le résultat du vote dans l’hémicycle avec le sourire. Il a ensuite quitté un Palais Bourbon placé sous très haute sécurité, étant donné la proximité de la manifestation contre le projet de loi, émaillée de violences.

Le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale Christian Jacob a estimé qu’après la fronde d’une partie des socialistes, qui ont tenté en vain de déposer mercredi une motion de censure, aggravant la fracture au sein du PS , Manuel Valls était privé de majorité. “Vous n’avez plus le pouvoir, vous n’en avez plus que l’apparence”, a-t-il déclaré. “Le bilan de François Hollande est accablant. La France est à la traîne sur tous les indicateurs. Elle est la très mauvaise élève de l’Europe.”

Le Premier ministre a, de son côté, plaidé pour la nécessaire modernisation du modèle social français, tout comme François Hollande l’avait fait dans la matinée. “Je cherche, mais je ne vois pas ici sur ces bancs une autre majorité”, a-t-il dit en attaquant les propositions économiques et sociales des prétendants à la présidentielle de 2017, “irresponsables” car elles risquent selon lui, par leur radicalité, de provoquer “davantage de violence” dans le pays.

Le texte prend la direction du Sénat

Manuel Valls avait engagé mardi la responsabilité de son gouvernement sur ce projet de loi controversé, faute d’être certain de réunir une majorité sur ce texte, qui a suscité jeudi une nouvelle journée de mobilisation syndicale pour obtenir son retrait, même si elle a été en baisse.

Le texte du projet de loi instituant “de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs” adoptés en première lecture a encore été modifié par rapport à celui sorti de la Commission des Affaires sociales.

En matière de licenciements économiques, les difficultés d’un groupe ne sont plus évaluées sur les seules filiales françaises, le périmètre étant celui de l’ensemble du groupe.

Le texte ne prévoit plus de surtaxer les CDD. La primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche, prévu dans le texte initial, demeure mais chaque branche devra chaque année dresser un bilan des accords d’entreprise.

Le projet de loi va être transmis dans la foulée au Sénat. La commission des Affaires sociales de la haute assemblée devrait l’examiner dès la semaine prochaine. Il devrait l’être en séance publique à partir du 13 juin.

Avec Reuters

Première publication : 12/05/2016

Alors que l’Assemblée nationale a commencé à débattre, jeudi après-midi, d’une motion de censure de la droite contre le gouvernement, près de 50 000 personnes ont manifesté à Paris contre le projet de la Loi travail et le recours au 49-3.

Une nouvelle manifestation contre le projet de la Loi travail et le recours à l’article 49-3, pour le faire adopter sans vote, a rassemblé jeudi 12 mai plusieurs milliers de personnes à Paris.

Ils étaient 12 000, selon la préfecture de police, 50 000 selon la CGT, à s’être dirigés, sous haute protection des policiers et services d’ordre des syndicats, vers les Invalides, où quelques jeunes cagoulés ont tout de même lancé brièvement des projectiles sur les manifestants.

A #Paris, “les organisations ouvriront la marche” comme le précisait le communiqué de la préfecture #12maipic.twitter.com/nhsv0Yaw5h

— Juliette Harau (@juliette_harau) May 12, 2016

En tête de cortège défilaient Philippe Martinez (CGT), Jean-Claude Mailly (FO), Éric Beynel (Solidaires), Bernadette Groison (FSU) et William Martinet (Unef), encadrés par des services d’ordre syndicaux renforcés et en présence d’importantes forces de l’ordre.

C’est une manifestation de CRS ou contre le 49-3? #manif12maipic.twitter.com/qFJhZ7wTrz

— Eléonore ن (@EleonoreSixou) May 12, 2016

Gaz lacrymogènes en quantité

Les services d’ordre syndicaux, beaucoup plus présents que lors des manifestations précédentes, ont été la cible de slogans tels que “SO [services d’ordre, NDLR] collabos”, “SO salauds, le peuple aura ta peau” ou “flics, SO, même combat”.

Autres cibles des manifestants, le gouvernement et le Parti socialiste. “Dictature présidentielle”, “sociaux-traîtres dehors”, “gouvernement, tu n’es pas le roi”, pouvait-on lire sur les pancartes.

Malgré des précautions prises pour éviter les incidents, des affrontements ont éclaté en tête de cortège. La police a fait usage de gaz lacrymogènes, ont observé plusieurs journalistes sur place. Plusieurs manifestants se sont dits exaspérés par ces dérapages.

Les CRS ont répliqué avec charge + lacrymo. Le cortège a repris mais déjà de nouveaux affrontements… #manif12mai

— Etienne Girard (@girard_etienne) May 12, 2016

Mouvement de foule a l’avant du cortège & lacrymogènes. Des incidents qui exaspèrent la foule des jeunes #manif12maipic.twitter.com/zZtdvsaCuv

— Adrien de Tricornot (@tricornot) May 12, 2016

Il s’agit de la cinquième journée de mobilisation nationale et unitaire en deux mois.

Tout près, l’Assemblée, garnie principalement de députés de l’opposition, a entamé à 16 h 02 le débat sur la motion de censure. Cette quatrième motion depuis le début du quinquennat a été déposée par Les Républicains et l’UDI dans la foulée de l’engagement mardi par Manuel Valls de la responsabilité du gouvernement pour faire passer le projet de loi sans vote, en vertu de l’article 49-3 de la Constitution.

Avec AFP

Première publication : 12/05/2016

Sorti des chantiers navals français de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, le plus gros navire de croisière jamais construit, Harmony of the Seas, a été livré jeudi à son propriétaire américain Royal Carribean Cruises (RCCL).

Il fera certainement pâlir de jalousie tous les autres paquebots du monde. Jeudi 12 mai, après deux ans et demi de construction, les chantiers navals français STX de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, ont livré au croisiériste américain Royal Carribean Cruises (RCCL) le plus grand bateau jamais construit, l’Harmony of the Seas.

>> À (re)lire sur France 24 : “Le plus grand paquebot du monde en construction à Saint-Nazaire”

Capable d’embarquer jusqu’à 6 360 passagers et 2 100 membres d’équipages, soit l’équivalent d’une petite ville, ce monstre des mers affiche des dimensions spectaculaires : long de 362 mètres, large de 66 mètres. Il pèse 120 000 tonnes et possède 2 700 cabines et 16 ponts.

Et ses atouts sont à la démesure de ses dimensions. Plus de 66 000 m2 sont dédiés à la restauration et au divertissement. On y trouve notamment le plus grand tobbogan en mer, un terrain de basket, une tyrolienne, un mini-golf, des simulateurs de surf, une rue commerçante, un jardin extérieur, un casino, un théâtre…

Harmony of the Seas a coûté près d’un milliard d’euros. Il devrait quitter les côtes françaises dimanche pour prendre la direction de Southampton, en Angleterre, et y embarquer ses premiers passagers. Le spectacle devrait être au rendez-vous pour un ultime adieu tricolore au géant des mers.

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  • © Loïc Venance, AFP

    Construit par les chantiers navals STX, l’Harmony of the Seas sera livré officiellement jeudi 12 mai à l’armateur américain Royal Caribbean Cruises (RCCL).

  • © Loïc Venance, AFP

    Il quittera définitivement le port français dimanche 15 mai, en début d’après-midi, si la météo le permet.

  • © Loïc Venance, AFP

    Ce monstre des mers affiche des dimensions spectaculaires : long de 362 mètres, large de 66 mètres. Il pèse 120 000 tonnes et possède 2 700 cabines et 16 ponts.

  • © Loïc Venance, AFP

    Il sera capable d’embarquer jusqu’à 6 360 passagers et 2 100 membres d’équipages, soit l’équivalent d’une mini-ville.

  • © Loïc Venance, AFP

    Ses atouts sont à la démesure de ses dimensions. On y trouve notamment le plus grand tobbogan en mer, un terrain de basket, une tyrolienne, un mini-golf, une rue commerçante, un casino…

  • © Loïc Venance, AFP

    Ce mastodonte des mers a coûté au croisiériste américain la bagatelle d’un milliard d’euros.

Première publication : 12/05/2016