Archive for May 15th, 2016

Fidèle à son traditionnel rendez-vous du lundi de Pentecôte sur le mont Beuvray, l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg a lancé lundi “un appel” aux Français qui marque son retour sur la scène politique française. Analyse.

Comme tous les ans depuis 2004, Arnaud Montebourg a choisi le lundi de Pentecôte pour effectuer sa traditionnelle ascension du mont Beuvray, au cœur de sa Bourgogne natale, entouré des apôtres de la gauche du Parti socialiste (PS). Un rendez-vous sur les terres mitterrandiennes destiné à frapper les esprits : du haut de la colline du Morvan qui culmine à 821 mètres, le prophète du made in France a lancé, lundi 16 mai, “un appel” aux Français pour leur “proposer dans les mois qui viennent de construire un grand projet alternatif pour la France”.

Lundi 16 mai, je vous invite à l’ascension du Mont Beuvray. Nous y préparerons ensemble l’avenir. #tousauBeuvraypic.twitter.com/9Jnj1Jq1nx

— Arnaud Montebourg (@montebourg) 10 mai 2016

En marche vers la présidentielle ?

Entouré d’environ 200 personnes dont sa compagne, l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti, et plusieurs députés socialistes “frondeurs”, l’ancien ministre du redressement productif n’a négligé aucun détail pour obtenir les échos de la presse. La couverture 3G étant plus qu’aléatoire sur les hauteurs du Morvan, une camionnette équipée d’une antenne satellite a été prévue pour que les journalistes puissent relayer les propos de celui qui se présente aujourd’hui comme un simple entrepreneur. Son intervention prévue à 11h30 a également été pensée pour être retransmise dans les journaux télévisés de 13 heures.

Pas d’annonce fracassante en vue d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2017 pour autant. “Il faut dire que toutes les candidatures des personnalités politiques du Parti socialiste sont aujourd’hui suspendues à celle de François Hollande, explique à France 24 Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondages Ipsos. Si François Hollande décide de se représenter, il y a fort à parier qu’aucun membre du PS n’osera présenter sa candidature au risque d’être tenu pour responsable de l’éclatement du parti. Et de poursuivre, “il semble difficile d’imaginer une primaire à gauche si le président Hollande décide de se représenter. Et jusqu’à maintenant, on n’a jamais vu de président en exercice sous la Ve République ne pas se présenter pour effectuer un second mandat… “

Un chemin semé d’embûches

L’exercice de communication ressemblait pourtant à s’y méprendre à un discours de précampagne. En s’adressant “aux économistes, aux entrepreneurs et aux syndicalistes, aux innovateurs, aux chercheurs et aux créateurs, aux scientifiques et aux artistes, et tout simplement aux Français”, l’ancien ministre de gauche “tente de rassembler un large front commun qui transcende les traditionnels clivages gauche /droite, analyse de son côté Stéphane Rozès, président de la société CAP (Conseil, Analyse et Perspective) et maître de conférences à Sciences-Po Paris. Il montre là qu’il incarne une nouvelle façon de faire de la politique”.

Un discours qui permet surtout de signer son retour politique et de dire “à tous qu’il est toujours là et qu’il faut compter sur lui pour incarner une sensibilité différente”, observe Brice Tenturier. Reste que celui qui se présente comme une alternative à François Hollande et Jean-Luc Mélenchon connaît une côte de popularité en berne dans les sondages, analyse le politologue d’Ipsos. “Les Français ne voient pas en lui une alternative crédible.”

Des troupes clairsemées

Autre obstacle à surmonter : Montebourg ne “dispose que d’un nombre limité de soutiens, parmi lesquels on trouve les frondeurs“, explique le politologue. Même si ces socialistes insoumis ont été galvanisés par leur combat contre la Loi travail et leur tentative presque victorieuse (à deux voix près) de déposer à l’Assemblée une motion de censure de gauche contre le gouvernement, ils ne représentent qu’ “un bataillon très minoritaire au sein du PS”.

Le reste de l’aile gauche du parti lui reproche toujours d’être l’un des responsables de la nomination de Manuel Valls à Matignon. Les proches de Martine Aubry, eux, n’ont toujours pas admis qu’il se soit rallié à François Hollande plutôt que la maire de Lille au second tour de la primaire de 2011. De son côté, Benoît Hamon, qui avait dû quitter le gouvernement en même temps que lui après leur coup d’éclat d’août 2014 à Frangy-en-Bresse, a déjà annoncé qu’il pourrait être lui aussi candidat si une primaire est organisée pour 2017.

À l’issue de son discours, l’ex-ministre a une nouvelle fois plaidé, devant la presse, en faveur d’une primaire à gauche, comme le prévoient les statuts du parti. Un conseil national du PS tranchera la question le 3 juin.

Première publication : 16/05/2016

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Une entreprise grenobloise a inventé une machine à distribuer des histoires courtes dans les espaces publics. Cette idée a séduit la légende du cinéma américain Francis Ford Coppola, qui en a commandé une pour son restaurant à San Francisco.

Au début, ils ont d’abord pensé à une plaisanterie. Quand les équipes de la petite start-up française Short Edition, basée à Grenoble, ont reçu un mail de Francis Ford Coppola, ils n’y ont pas cru. Mais après vérifications, c’est bien le géant du cinéma américain qui leur demandait des précisions sur leur concept de “distributeurs d’histoires courtes”. En quoi le père du “Parrain” et d’”Apocalypse Now” pouvait-il être intéressé par leur entreprise ?

Tout commence en 2015, quand la petite entreprise grenobloise se lance dans la production d’un concept inédit : installer des bornes dans des lieux publics qui proposent gratuitement aux passants des textes littéraires inédits (poèmes, nouvelles, slams écrits). Le but, offrir un peu de lecture pour passer le temps ou pour patienter dans une file d’attente. La ville de Grenoble, séduite par le projet, en achète huit modèles et les installe dans la ville (dont une à l’Hôtel de Ville, une autre à l’Office du Tourisme…)

Et voilà le Distributeur d’Histoires Courtes chez Francis Ford Coppola @Zoetrope_Mag à San Francisco pic.twitter.com/Dii3l8O1ec

— Short Edition (@short_edition) 11 mai 2016

Si le projet plaît à la ville, jamais ses concepteurs n’auraient imaginé que leur borne de micro-nouvelles s’exporterait en dehors de l’Isère et encore moins hors de France. C’est grâce à un article du New Yorker, consacré à la petite start-up française, que Francis Ford Coppola a, un jour, pris connaissance du projet. Nous sommes au mois de janvier 2016, le réalisateur s’enthousiasme et envoie tout simplement un mail à l’entreprise.

“On s’est dit que c’était une blague. Mais les gens de son équipe nous ont contactés, en disant que c’était bien lui, qu’il voulait [une machine], demandant comment ça pouvait se faire. Du coup il est venu à Paris […] et il a confirmé qu’il souhaitait [en] installer [une] dans son restaurant à San Francisco”, a expliqué Christophe Sibieude, le co-fondateur de Short Edition, à la radio France Bleu. Cette semaine, deux membres de l’équipe sont donc partis à San Francisco installer la borne, en présence du réalisateur, dans son restaurant-bar Zoetrope.

L’intérêt du père du “Parrain” pour la start-up française n’est pas si étonnant : passionné de littérature courte, Francis Ford Coppola a fondé en 1997 Zoetrope : All-Story, une revue littéraire dédiée aux nouvelles (“short stories”).

Quand l’#innovation de @short_edition grenobloise intéresse Francis Ford #Coppola ! →https://t.co/svKeTHT8DQpic.twitter.com/M4oYJ5MeLq

— France Bleu Isère (@bleu_isere) 13 mai 2016

Comment la machine fonctionne-t-elle ? Le passant/client/flâneur choisit un texte en fonction du temps qu’il souhaite consacrer à sa lecture (une, trois ou cinq minutes) et l’imprime. Les micro-textes sont écrits par une communauté de 9 800 auteurs non professionnels.

La gare SNCF de Rennes et le centre commercial parisien Italie 2 ont déjà fait installer de telles bornes. Le coup de pub de Francis Ford Coppola offrira-t-elle à l’entreprise grenobloise un succès international ? Qui sait… Selon France Bleu, le réalisateur américain veut maintenant convaincre le maire de San Francisco et le gouverneur de l’État d’installer d’autres bornes d’histoires courtes en Californie.

Pas le temps de lire ? Shortédition distribue des histoires courtes au stand @LEXPRESS Lire à #LivreParis ! pic.twitter.com/rS1u1WTLgG

— Livre Paris (@Salondulivre) 20 mars 2016

Première publication : 16/05/2016

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L’application de réservation de VTC Didi Chuxing a le vent en poupe. Alors que Apple vient d’y investir 1 milliard de dollars, on prête à la firme chinoise l’ambition de vouloir être prochainement cotée à la Bourse de New York.

Didi Chuxing, la principale application de réservation de VTC en Chine, va-t-elle réaliser la plus grosse introduction boursière à Wall Street pour un groupe chinois depuis 2014 ? Lundi 16 mai, l’agence Bloomberg assurait que la société chinoise réfléchissait à une introduction en Bourse à New York en 2017. Valorisé 26 milliards de dollars, Didi Chuxing – ou simplement Didi – attendrait toutefois de voir comment évolue la percée d’Uber, son rival, sur son marché domestique, selon l’agence financière qui cite des sources proches du dossier.

Des informations démenties par Didi. “Nous n’avons pas un tel projet, ni un tel calendrier”, a fait savoir l’entreprise. Cette dernière affiche des résultats colossaux : 300 millions d’usagers inscrits, plus de 11 millions de courses effectuées chaque jour en Chine.

Quoi qu’il en soit, Didi Chuxing pèse lourd sur un marché très convoité. Au point qu’Apple, dont les ventes d’iPhone ont récemment montré leurs premiers signes de ralentissement, y a investi, vendredi, 1 milliard de dollars (881 millions d’euros). Tim Cook, le directeur de la firme à la pomme, espère ainsi pouvoir relancer son chiffre d’affaire en Chine, pays où le géant américain fait l’objet de pressions croissantes de la part des autorités de régulation.

“Nous faisons cet investissement pour un certain nombre de raisons stratégiques, y compris la possibilité d’en apprendre plus sur certains segments du marché chinois”, a déclaré Tim Cook, qui a rencontré la présidente de Didi Chuxing, Liu Qing, lundi à Pékin. “Bien sûr, nous pensons qu’il sera aussi rentable à terme”, a-t-il ajouté, ne cachant pas son désir de collaborer avec le mastodonte chinois, grand rival d’Uber Technologies en Chine.

Mettre un chauffeur au volant de sa propre voiture

Grâce à cet investissement, Apple nourrit également l’espoir de surfer sur deux nouveaux marchés en plein essor : les nouvelles technologies automobiles et l’économie de partage.

Sur ce dernier point, Didi a innové. À l’été 2015, l’entreprise chinoise a marqué une nouvelle étape dans le secteur des VTC, en proposant à ses utilisateurs d’embaucher un chauffeur pour conduire leur propre voiture. Une idée à l’intérêt non-négligeable : un utilisateur de ce service peut, en cas de soirée bien arrosée, rentrer chez lui en toute sécurité en ramenant en même temps sa voiture à bon port.

Didi Chuxing, anciennement Didi Kuaidi, a également lancé, en plus de la commande de taxis et de voitures privées, un système de covoiturage de courte distance pour aller au travail, baptisé Hitch. En juillet dernier, elle a par ailleurs dévoilé un service de bus privés qui empruntent les trajets les plus populaires parmi les utilisateurs de l’application.

Des bonnes idées que Didi Chuxing devrait continuer à développer : la semaine dernière, l’entreprise a déclaré dans un communiqué que les fonds d’Apple représentaient le plus gros investissement qu’il ait jamais reçu.

Première publication : 16/05/2016