Archive for May 19th, 2016

L’homme d’affaire franco-israélien, Arnaud Mimran, a affirmé avoir versé un million d’euros au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris pour une escroquerie au marché du carbone.

La phrase bredouillée par Arnaud Mimran devant le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 19 mai, a de quoi donner des sueurs froides au Premier ministre de l’État hébreu. Alors que l’homme d’affaires franco-israélien comparaissait dans une affaire d’escroquerie sur le marché des quotas à la taxe carbone, le prévenu a déclaré qu’il avait versé un million d’euros à Benjamin Netanyahou, ont rapporté des journalistes de Mediapart et Haaretz, présents durant le procès.

>> À lire sur France 24 : Escroquerie au CO2, gouaille et bling-bling devant la justice française

Tout est parti d’une remarque du président du tribunal correctionnel, prononcée dans le flot des audiences de ce procès fleuve – Mimran comparait aux côtés de 11 autres personnes et deux sociétés pour une arnaque à la taxe carbone d’un montant de plus d’un milliard d’euros entre 2008 et 2009.

“Je lui [Netanyahou] ai versé un million”, a fini par lâcher l’homme d’affaire en hésitant sur les syllabes, raconte Michel Deléan de Mediapart. Auparavant, le magistrat avait dû insister, rappelant au prévenu que cet élément figurait dans son dossier et qu’il ne s’agissait donc pas seulement d’une rumeur dans la presse, comme l’avait suggéré l’avocat de Mimran.

Démenti de Netanyahou

Benjamin Netanyahou a immédiatement réagit, réfutant “fermement” les révélations du magnat franco-israélien sur le financement de ses activités politiques, rapporte Dov Aflon d’Haaretz. Cette accusation peut lui nuire gravement s’il est avéré que cette somme a été utilisée pour financer sa campagne, car en Israël les lois réglementant le financement des campagnes politiques sont très strictes. Ainsi, un candidat à la Knesset ne peut pas accepter un don de plus de 2 970 dollars par personne, un candidat à la tête d’un parti ne pourra recevoir, lui, plus de 11 870 dollars par donateur.

Le généreux don d’Arnaud Mimran aurait été effectué en 2001, bien avant l’arnaque au quota de taxe carbone, a toutefois précisé Mediapart qui a enquêté auprès de spécialistes du dossier. À l’époque, Benjamin Netanyahou n’était pas encore ministre.

“Il apparaît qu’Arnaud Mimran a contribué au financement de l’activité publique de M. Netanyahou pendant cette période, quand M. Netanyahou n’avait aucune fonction officielle. Cette activité comprenait conférences et tournées à l’étranger pour expliquer les positions israéliennes, et a toujours respecté les lois en vigueur en la matière”, avait justifié les services du Premier ministre israélien dans un communiqué fin avril après les révélations de Médiapart.

Vacances en famille à Monaco

Le riche homme d’affaire et l’actuel Premier ministre israélien se fréquentent de longue date. Le site d’investigation avait obtenu, en mars, des photographies montrant Arnaud Mimran, attablé aux côtés de Benjamin Netanyahou, lors de vacances familiales à Monaco en 2003.

Netanyahu’s shady French connection w. the ‘brains of the scam of century’ – @dovalfonhttps://t.co/jTBv0oiI7Dpic.twitter.com/iRQUBBEMat

— Haaretz.com (@haaretzcom) 25 mars 2016

“D’après plusieurs témoignages concordants, la famille [Mimran] a aidé le parti Likoud et prêté au début des années 2000 son appartement de l’avenue Victor-Hugo [à Paris, dans le très chic 16e arrondissement] à Netanyahou”, avait alors révélé le média français.

Mimran et la mafia “franco-israélienne”

Prévenu de premier plan dans l’affaire de l’escroquerie sur le marché des quotas à la taxe carbone, le financier n’intéresse pas seulement les juges du pôle national financier. Son nom revient dans plusieurs dossiers d’assassinats.

Soupçonné d’être proche de la mafia franco-israélienne que la police nomme le “milieu affairiste franco-israélien”, son nom est cité, sans mise en cause par la justice, dans plusieurs affaires de meurtre dont celui de son ex-associé, Samy Souied, qui n’était alors pas en mesure de rembourser la somme estimée entre 20 et 50 millions d’euros qu’il lui devait, et du milliardaire Claude Dray, son ex-beau-père. Enfin, il pourrait avoir un lien avec le meurtre, en avril 2014, du garde du corps de Cyril Mouly, un grand joueur de poker avec qui Mimran connaît quelques démêlés.

Le procès de l’arnaque à la taxe carbone, qui s’achève le 30 mai, doit reprendre mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Première publication : 20/05/2016

Vendredi le mystère entourait toujours les causes du crash de l’Airbus d’EgyptAir, reliant Paris au Caire, et dont les boîtes noires n’ont pas été retrouvées. Défaillance technique ou acte terroriste ? France 24 passe en revue plusieurs hypothèses.

“Il faudra beaucoup de temps pour savoir ce qu’il s’est passé et ce qui est à l’origine de la chute de cet avion”, annonce Assia Shihab, la correspondante de France 24 au Caire, en Égypte. Alors que les recherches de boîtes noires se poursuivent vendredi 20 mai, le mystère reste entier sur les raison du crash du vol MS 804 d’EgyptAir, qui devait rallier Paris au Caire et transportait 56 passagers, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Selon l’armée égyptienne, de premiers débris de l’avion ont été découverts, vendredi, en Méditerranée, au nord d’Alexandrie.

Les autorités égyptiennes envisagent sérieusement l’hypothèse d’un attentat. Du côté français, on reste plus prudent : “Toutes les hypothèses sont examinées, mais aucune n’est privilégiée, car nous n’avons absolument aucune indication sur les causes”, a insisté le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

Accident ? Attentat au colis piégé ? Détournement ? France 24 passe en revue les différents scénarios possibles de cette catastrophe.

• Hypothèse n°1 : la défaillance technique

Le Boeing A320 d’EgyptAir a-t-il subi une panne brutale ? Si, selon les spécialistes en aéronautique, l’hypothèse n’est pas à exclure, elle semble toutefois peu probable. “Selon des experts, les A320 ont très rarement des problèmes techniques, ce n’est pas la piste privilégiée”, explique Antoine Mariotti, journaliste à France 24. Cet appareil “extrêmement répandu” a été livré en novembre 2003 par Airbus à la compagnie égyptienne. Il avait 48 000 heures de vol. “Un moteur peut exploser sur un Airbus, mais c’est extrêmement, extrêmement rare sur ce type d’appareil”, précise-t-il.

L’avion se trouvait à une altitude de 37 000 pieds (plus de 11 200 m) lorsqu’il “a effectué un virage de 90 degrés à gauche puis de 360 degrés à droite en chutant de 37 000 à 15 000 pieds” avant de disparaître des radars, a indiqué le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos. Une vingtaine de minutes plus tôt, le pilote n’avait pourtant signalé “aucun problème” aux contrôleurs aériens grecs lors de sa dernière conversation.

• Hypothèse n°2 : une bombe à bord

Au moment des faits, l’équipage n’a pas émis d’appel de détresse. Un élément qui semble indiquer qu’un incident soudain serait survenu… “Vu la soudaineté des choses, il s’est passé quelque chose d’extrêmement grave à bord de l’avion, à une altitude de croisière”, a commenté sur France 24 Pierre Condom, expert et consultant en aéronautique.

Une explosion à bord aurait pu se produire, comme ce fut le cas de l’avion de touristes russes cible d’un attentat à la bombe le 31 octobre alors qu’il venait de décoller de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans le sud-est de l’Égypte, à destination de Moscou. Ses 224 occupants avaient été tués et la branche égyptienne de l’organisation de l’État islamique (EI) avait revendiqué l’attentat, en indiquant avoir introduit à bord une petite bombe. De même que pour le Paris-Le Caire, le pilote n’avait pas eu le temps d’émettre le moindre message de détresse.

>> À lire sur France 24 : “Attentat, pirate de l’air, crash inexpliqué : la série noire du secteur aérien égyptien”

Un passager aurait-il pu franchir tous les contrôles de sécurité muni d’un engin explosif ? Cette hypothèse apparaît peu probable, même si un cas récent s’est présenté en Somalie. En février 2016, un passager de la compagnie Daallo Airlines avait fait exploser une bombe juste après le décollage à Mogadiscio, trouant la carlingue et blessant deux personnes.

Une bombe a-t-elle pu être introduite dans la soute sur le tarmac de l’aéroport ultrasécurisé de Roissy-Charles de Gaulle ? L’avion d’EgyptAir, qui avait décollé de près de Paris peu après 23h (21h GMT), avait fait plusieurs escales dans les dernières 48 heures : à Bruxelles, au Caire, à Asmara (Erythrée), à Tunis et à Paris.

Par ailleurs, la disparition de l’avion n’a été revendiquée par aucun groupe actif au Moyen-Orient ou en Afrique, ce qui affaiblit la thèse terroriste.

L’examen par les États-Unis des images par satellite n’a, de plus, pour l’instant montré aucune trace d’explosion en vol, ont indiqué de nombreuses sources à Washington.

• Hypothèse n°3 : un acte délibéré du pilote

Le mystère du crash de l’avion d’EgyptAir n’est pas sans rappeler le flou qui a entouré durant plusieurs jours, en mars 2015, la soudaine chute de l’avion de la Germanwings, qui s’est écrasé dans les Alpes françaises, tuant 150 personnes. Il avait finalement été prouvé que le copilote, Andreas Lubitz, souffrant de troubles psychologiques, avait sciemment précipité l’avion contre la montagne, profitant de l’absence du pilote hors du cockpit.

À ce stade, si aucune information n’est pour l’heure disponible quant à l’état psychologique des pitlotes d’EgyptAir, ces derniers sont décrits comme des professionnels expérimentés.

Le pilote avait environ 6 000 heures de vol et était considéré comme “chevronné”, commente Antoine Mariotti. Le copilote avait, lui, 2 766 heures de vol au compteur, a précisé EgyptAir.

>> À lire sur France 24 : “Germanwings : l’hôpital psychiatrique avait été conseillé au copilote Andreas Lubitz”

• Hypothèse n°4 : l’intrusion d’un passager dans le cockpit

En mars 2016, un avion d’EgyptAir assurant la liaison entre Alexandrie et Le Caire avait été détourné par un homme qui, selon les autorités, portait une ceinture d’explosifs factice. L’individu, qui avait contraint l’avion à se poser à Chypre, s’était rendu aux autorités peu après l’atterrissage.

Ce scenario pourrait-il s’être reproduit dans le cadre de ce nouveau drame ? Lors du vol de mercredi soir, la compagnie égyptienne avait en tout cas placé trois agents de sécurité à bord de l’avion, telle que le prévoit la procédure de la compagnie lors de vols jugés à risque.

Au total, 66 personnes se trouvaient dans l’avion : 56 passagers, sept membres d’équipage et les trois agents de sécurité. Parmi les passagers – dont deux bébés et un enfant – figuraient 30 Égyptiens, 15 Français, et des ressortissants de dix autres pays.


Première publication : 20/05/2016

Les premiers débris de l’avion d’EgyptAir reliant Paris au Caire ont été retrouvés vendredi en Méditerranée, selon les autorités grecques qui participent aux recherches.

L’armée égyptienne a retrouvé en Méditerranée des effets personnels de passagers et des débris de l’Airbus A320 d’EgyptAir disparu jeudi 19 mai.

Plus de 36 heures après le drame, “des avions et des navires” militaires ont localisé “des effets personnels des passagers et des débris de l’appareil à 290 km au nord d’Alexandrie”, a annoncé l’armée égyptienne, confirmant que l’appareil s’était abîmé en mer avec 66 personnes à bord. “Les recherches se poursuivent et nous sommes en train de retirer de l’eau tout ce que nous trouvons”, a-t-elle ajouté.

Selon le ministre grec de la Défense Panos Kammenos, les premiers débris retrouvés sont un “membre humain, deux sièges et une ou plusieurs valises”. Dans une brève conférence de presse, le ministre a précisé que ces informations lui avaient été fournies par les autorités égyptiennes, qui coordonnent les recherches autour du point de chute présumé de l’avion, disparu entre l’île de Crète et les côtes égyptiennes.

Toujours pas de revendication

Grâce à ces premiers débris, les autorités espèrent comprendre comment le vol MS804 a brusquement disparu des écrans radar alors qu’il survolait, sans problème apparent et dans un ciel clair, la Méditerranée orientale.

L’hypothèse d’un attentat est sérieusement envisagée par l’Égypte et les experts en raison de l’absence totale de message de détresse émis par l’équipage avant la chute brutale de l’appareil. Si certains responsables ont évoqué la piste du terrorisme jihadiste, sept mois après l’attentat à la bombe qui a coûté la vie aux 224 passagers et membres d’équipage d’un avion russe qui venait de décoller d’Égypte, aucune revendication n’a pour l’instant été formulée.

“Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n’est privilégiée, car nous n’avons absolument aucune indication sur les causes”, a déclaré pour sa part vendredi matin le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault sur la chaîne de télévision France 2.

Trois inspecteurs du bureau enquêtes et analyse de l’aviation civile (BEA) et un expert d’Airbus sont arrivés en début de journée au Caire pour coopérer avec les enquêteurs

égyptiens. Conformément aux règles internationales en la matière, la responsabilité de l’enquête sur les causes du crash relève de l’Égypte mais la France y est associée, tout comme les États-Unis, pays d’origine des réacteurs de l’Airbus.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 20/05/2016

Après le Suisse Roger Federer, c’est au tour du Français Gaël Monfils de déclarer forfait pour le tournoi de Roland-Garros, du 22 mai au 5 juin, à Paris. Le 14e joueur mondial souffre d’une infection virale.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les amateurs de tennis. Au lendemain du forfait du Suisse Roger Federer, n° 3 mondial, le Français Gaël Monfils annonce lui aussi qu’il ne participera pas au tournoi de Roland-Garros, qui se tiendra du 22 mai au 5 juin à Paris, en raison d’une infection virale.

Gaël Monfils, 14e joueur mondial, est “affaibli et hospitalisé ces derniers jours”, rapporte son agent. Le tennisman français a été trois fois quart de finaliste (2009, 2011 et 2014) et une fois demi-finaliste (2008) sur la terre battue parisienne. Il représentait l’une des meilleures chances françaises à Roland-Garros et son jeu spectaculaire en a fait l’un des chouchous du public de la porte d’Auteuil.

C’est la deuxième fois de sa carrière que Monfils doit renoncer à son tournoi favori. Il n’avait pas participé à l’édition 2012 en raison d’une blessure au genou droit. Sa saison avait pourtant très bien débuté avec une finale à Monte-Carlo, où il a été battu en trois sets par Rafael Nadal (7-5, 5-7, 6-0).

Avec AFP

Première publication : 20/05/2016

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos du 13-Novembre, est arrivé au palais de justice de Paris où il doit être interrogé pour la première fois par les juges antiterroristes français.

Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats du 13 novembre, doit être entendu vendredi 20 mai pour la première fois au palais de justice de Paris par les juges d’instruction. Extrait de sa cellule de Fleury-Mérogis où il est à l’isolement, il est arrivé sous bonne escorte dans le centre de la capitale peu avant 7 h 15. Son convoi était notamment composé d’un véhicule de type SUV banalisé noir, escorté par les forces de l’ordre et suivi par un hélicoptère.

Seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre, Salah Abdeslam va-t-il dissiper les zones d’ombres de l’enquête ? Il va en tout cas être interrogé toute la journée par les magistrats antiterroristes qui l’avaient mis en examen, notamment pour assassinats terroristes, le 27 avril, lors de sa remise par la Belgique à la France. D’autres auditions suivront ultérieurement.

Arrivée de Salah Abdeslam au palais sous haute surveillance pic.twitter.com/Wr0zEKWmU5

— verdeilhan (@verdeilhan) 20 mai 2016

Il “a envie de s’expliquer”

S’il avait assuré, via son avocat belge, qu’il n’était pas au courant des attentats de Bruxelles du 22 mars, qui ont fait 32 morts, il est lié aux trois hommes qui se sont fait exploser ce jour-là et qui ont, eux aussi, un lien avec les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts.

Proche du Belge Abdelhamid Abaaoud, que les enquêteurs considèrent comme l’organisateur des attentats de Paris, Salah Abdeslam était au cœur des préparatifs logistiques des tueries. Son frère Brahim était aussi l’un des membres du commando. C’est lui aussi qui a conduit en voiture les trois kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du Stade de France.

De par son rôle, Abdeslam, qui a “envie de s’expliquer” d’après son avocat français Frank Berton, peut donc en théorie livrer des informations cruciales sur la conception du projet jihadiste, ses commanditaires et d’éventuels complices encore dans la nature. Il peut aussi aider à démêler les liens entre les attentats de Paris et de Bruxelles, fomentés par la même cellule du groupe État islamique (EI).

“Il ne faut surtout pas être suspendu à ses lèvres” et attendre des “révélations sensationnelles”, prévient cependant Gérard Chemla, avocat de victimes des attentats, d’autant que “les investigations sont allées déjà très loin”.

Dans cette enquête tentaculaire, plus d’une vingtaine de personnes ont été mises en examen ou inculpées, principalement en Belgique. La justice française a d’ailleurs demandé la remise de quatre autres suspects inculpés à Bruxelles, dont trois soupçonnés d’avoir aidé Abdeslam dans sa fuite.

Âgé de 26 ans, né à Bruxelles mais de nationalité française, Salah Abdeslam avait été arrêté le 18 mars à Molenbeek, commune de la capitale belge où il a grandi, après quatre mois de cavale.

Avec AFP

Première publication : 20/05/2016

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos du 13-Novembre, est arrivé au palais de justice de Paris où il doit être interrogé pour la première fois par les juges antiterroristes français.

Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats du 13 novembre, doit être entendu vendredi 20 mai pour la première fois au palais de justice de Paris par les juges d’instruction. Extrait de sa cellule de Fleury-Mérogis où il est à l’isolement, il est arrivé sous bonne escorte dans le centre de la capitale peu avant 7 h 15. Son convoi était notamment composé d’un véhicule de type SUV banalisé noir, escorté par les forces de l’ordre et suivi par un hélicoptère.

Seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre, Salah Abdeslam va-t-il dissiper les zones d’ombres de l’enquête ? Il va en tout cas être interrogé toute la journée par les magistrats antiterroristes qui l’avaient mis en examen, notamment pour assassinats terroristes, le 27 avril, lors de sa remise par la Belgique à la France. D’autres auditions suivront ultérieurement.

Arrivée de Salah Abdeslam au palais sous haute surveillance pic.twitter.com/Wr0zEKWmU5

— verdeilhan (@verdeilhan) 20 mai 2016

Il “a envie de s’expliquer”

S’il avait assuré, via son avocat belge, qu’il n’était pas au courant des attentats de Bruxelles du 22 mars, qui ont fait 32 morts, il est lié aux trois hommes qui se sont fait exploser ce jour-là et qui ont, eux aussi, un lien avec les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts.

Proche du Belge Abdelhamid Abaaoud, que les enquêteurs considèrent comme l’organisateur des attentats de Paris, Salah Abdeslam était au cœur des préparatifs logistiques des tueries. Son frère Brahim était aussi l’un des membres du commando. C’est lui aussi qui a conduit en voiture les trois kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du Stade de France.

De par son rôle, Abdeslam, qui a “envie de s’expliquer” d’après son avocat français Frank Berton, peut donc en théorie livrer des informations cruciales sur la conception du projet jihadiste, ses commanditaires et d’éventuels complices encore dans la nature. Il peut aussi aider à démêler les liens entre les attentats de Paris et de Bruxelles, fomentés par la même cellule du groupe État islamique (EI).

“Il ne faut surtout pas être suspendu à ses lèvres” et attendre des “révélations sensationnelles”, prévient cependant Gérard Chemla, avocat de victimes des attentats, d’autant que “les investigations sont allées déjà très loin”.

Dans cette enquête tentaculaire, plus d’une vingtaine de personnes ont été mises en examen ou inculpées, principalement en Belgique. La justice française a d’ailleurs demandé la remise de quatre autres suspects inculpés à Bruxelles, dont trois soupçonnés d’avoir aidé Abdeslam dans sa fuite.

Âgé de 26 ans, né à Bruxelles mais de nationalité française, Salah Abdeslam avait été arrêté le 18 mars à Molenbeek, commune de la capitale belge où il a grandi, après quatre mois de cavale.

Avec AFP

Première publication : 20/05/2016

Les opérations de recherches se poursuivent pour retrouver la trace de l’Airbus A320 d’EgyptAir reliant Paris au Caire, qui s’est abîmé jeudi en Méditerranée. Concernant l’enquête, les autorités égyptiennes ont évoqué un possible acte terroriste.

Les débris de l’Airbus A320 d’EgyptAir reliant Paris au Caire qui s’est abimé jeudi 19 mai large d’une île grecque avec à bord 66 personnes n’ont toujours pas été localisés. Le vol MS804, à bord duquel se trouvaient notamment 30 Egyptiens et 15 Français, a soudainement disparu des écrans radar sans qu'”aucun problème” n’ait été signalé par le pilote et alors que les conditions de vol étaient excellentes à l’approche des côtes égyptiennes.

“Le Président égyptien a demandé hier soir a l’aviation civile et à l’armée d’intensifier les recherches en mer Méditerranée. Elles ont repris ce matin pour retrouver les débris de l’appareil. Jusqu’à maintenant, ils n’ont pas retrouvés, contrairement à ce qui avait été annoncé hier de sources grecques et par EgyptAir”, explique la correspondante de France 24 en Égypte Assia Shihab.

“Les recherches se poursuivent, pilotées par la marine égyptienne et avec l’assistance de la France qui a dépêché sur place un Falcon 50 de reconnaissance, ainsi qu’un avion et un navire de patrouille. La Grèce est également associée à ces recherches, ainsi que les États-Unis”, décrit notre correspondante.

La compagnie égyptienne avait annoncé sur Twitter la “découverte de débris qui pourraient être ceux du vol MS804”. Mais le vice-président d’EgyptAir Ahmed Adel a indiqué jeudi soir sur CNN que les débris retrouvés “n’appartenaient pas à [cet] avion”.

Concernant l’enquête, aucune hypothèse n’est exclue pour expliquer cette disparition. “Même si le ministre égyptien de l’Aviation civile a estimé que la piste terroriste était plus probable que l’accident, rien ne permet pour le stade d’étayer cette thèse”, précise Assia Shihab. Un peu plus tôt, le président François Hollande avait pour sa part déclaré qu'”aucune hypothèse” n’était “écartée” ou “privilégiée”.

Les explications de notre correspondante en Egypte

Pas d’explications pour le moment

Selon des responsables américains, l’examen des images satellites n’a pas fourni pour le moment d’élément permettant de parler d’une explosion de l’avion d’EgyptAir. Les États-Unis n’excluent aucune possibilité, que ce soit une défaillance technique, un acte terroriste ou un acte délibéré du pilote ou bien d’un ou de plusieurs membres de l’équipage.

À Athènes, le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a expliqué que l’Airbus d’EgyptAir avait viré de 90° vers la gauche, puis effectué une rotation complète et plongé, en passant alors de 37 000 pieds d’altitude à 15 000 (de 11 470 à 4 650 mètres), avant de disparaître des écrans radar grecs. Rien ne permet pour le moment d’expliquer ces oscillations de cap.

Les contrôleurs aériens grecs ont parlé au pilote alors que l’appareil survolait l’île de Kea, et aucun problème n’avait alors été signalé. Ensuite, alors que le relais devait être passé peu après aux contrôleurs aériens égyptiens, les derniers appels des Grecs sont restés sans réponse. Aucun “message de détresse” n’a été envoyé par l’équipage, a par ailleurs affirmé l’armée égyptienne.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, le vol ayant décollé de France et comptant plusieurs Français à son bord. La perte de cet avion intervient dans un contexte difficile pour l’Égypte, confrontée à de multiples défis sécuritaires et économiques.

L’attentat de l’avion de touristes russes le 31 octobre avait contribué à faire encore chuter la fréquentation touristique, un secteur clé de l’économie du pays, où l’organisation de l’État islamique continue par ailleurs de multiplier les attaques visant principalement les forces de sécurité.

Avec AFP et Reuters


Première publication : 20/05/2016