Attentats du 13 novembre : premier interrogatoire en France pour Salah Abdeslam

Attentats du 13 novembre : premier interrogatoire en France pour Salah Abdeslam

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos du 13-Novembre, est arrivé au palais de justice de Paris où il doit être interrogé pour la première fois par les juges antiterroristes français.

Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats du 13 novembre, doit être entendu vendredi 20 mai pour la première fois au palais de justice de Paris par les juges d’instruction. Extrait de sa cellule de Fleury-Mérogis où il est à l’isolement, il est arrivé sous bonne escorte dans le centre de la capitale peu avant 7 h 15. Son convoi était notamment composé d’un véhicule de type SUV banalisé noir, escorté par les forces de l’ordre et suivi par un hélicoptère.

Seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre, Salah Abdeslam va-t-il dissiper les zones d’ombres de l’enquête ? Il va en tout cas être interrogé toute la journée par les magistrats antiterroristes qui l’avaient mis en examen, notamment pour assassinats terroristes, le 27 avril, lors de sa remise par la Belgique à la France. D’autres auditions suivront ultérieurement.

Arrivée de Salah Abdeslam au palais sous haute surveillance pic.twitter.com/Wr0zEKWmU5

— verdeilhan (@verdeilhan) 20 mai 2016

Il “a envie de s’expliquer”

S’il avait assuré, via son avocat belge, qu’il n’était pas au courant des attentats de Bruxelles du 22 mars, qui ont fait 32 morts, il est lié aux trois hommes qui se sont fait exploser ce jour-là et qui ont, eux aussi, un lien avec les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts.

Proche du Belge Abdelhamid Abaaoud, que les enquêteurs considèrent comme l’organisateur des attentats de Paris, Salah Abdeslam était au cœur des préparatifs logistiques des tueries. Son frère Brahim était aussi l’un des membres du commando. C’est lui aussi qui a conduit en voiture les trois kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du Stade de France.

De par son rôle, Abdeslam, qui a “envie de s’expliquer” d’après son avocat français Frank Berton, peut donc en théorie livrer des informations cruciales sur la conception du projet jihadiste, ses commanditaires et d’éventuels complices encore dans la nature. Il peut aussi aider à démêler les liens entre les attentats de Paris et de Bruxelles, fomentés par la même cellule du groupe État islamique (EI).

“Il ne faut surtout pas être suspendu à ses lèvres” et attendre des “révélations sensationnelles”, prévient cependant Gérard Chemla, avocat de victimes des attentats, d’autant que “les investigations sont allées déjà très loin”.

Dans cette enquête tentaculaire, plus d’une vingtaine de personnes ont été mises en examen ou inculpées, principalement en Belgique. La justice française a d’ailleurs demandé la remise de quatre autres suspects inculpés à Bruxelles, dont trois soupçonnés d’avoir aidé Abdeslam dans sa fuite.

Âgé de 26 ans, né à Bruxelles mais de nationalité française, Salah Abdeslam avait été arrêté le 18 mars à Molenbeek, commune de la capitale belge où il a grandi, après quatre mois de cavale.

Avec AFP

Première publication : 20/05/2016

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