Archive for May 20th, 2016

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Xavier Niel, le fondateur du fournisseur d’accès internet Free, a annoncé l’ouverture de son école 42 dans la Silicon Valley, aux États-Unis. Destinée à former gratuitement les codeurs de demain, l’école existe à Paris depuis 2013.

Après trois ans d’existence en France, l’école d’informatique 42, créée par le fondateur de Free Xavier Niel, débarque aux États-Unis. Le concept ne diffère pas de celui de l’école parisienne : former des codeurs en informatique, gratuitement et sans professeur.

Mardi 17 mai, Xavier Niel a annoncé qu’il allait investir 100 millions de dollars pour l’ouverture, prévue en novembre, d’un établissement scolaire dernier cri à Fremont, dans la Silicon Valley, en Californie. Plus de 18 000 mètres carrés et un équipement informatique haut de gamme seront dédiés à la formation de 10 000 étudiants au cours des cinq prochaines années. Chaque promotion comptera environ 1 000 étudiants, soit un peu plus qu’à Paris.

#42 now in #SiliconValley: free non-profit open-to-all coding university for 10,000 students https://t.co/H7u2pRKB7qpic.twitter.com/fjwfLz3MSc

— Xavier Niel (@Xavier75) 17 mai 2016

Ces jeunes, âgés de 18 à 30 ans, seront sélectionnés après une série de tests mais n’auront besoin de justifier d’aucun diplôme. Niveau pédagogique, l’enseignement repose sur une méthode s’inspirant du peet-to-peer c’est-à-dire que les élèvres, qui devront travailler en équipe, apprendront les uns des autres. De quoi préfigurer une petite révolution, et pas seulement numérique.

“On peut être en échec scolaire et correspondre à ce qui est un génie en informatique”

Pour Xavier Niel, chef d’entreprise à succès, ouvrir une branche de son école aux États-Unis, le “pays de la liberté, de l’entreprenariat et de l’innovation” selon son communiqué, tombe sous le sens. Outre l’apprentissage du code et la formation de futurs génies de l’innovation, 42 a en effet pour vocation de défendre la “justice sociale” en promouvant la gratuité de l’enseignement.

Heureuse & fière que @Xavier75 exporte le succès parisien de l’école @42born2code à l’international! Bravo! https://t.co/XbdCSGR3Zt

— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) 17 mai 2016

Un discours qui détonne aux États-Unis, où les écoles supérieures sont systématiquement payantes. D’après le Départment of Education, l’équivalent du ministère de l’Éducation nationale dans le pays, près de 40 millions d’Américains ont contracté des prêts étudiants d’une valeur moyenne de 30 000 dollars.

“Modifier le système, c’est d’abord apporter une formation différente qui ne repose plus sur les choses classiques que l’on voit depuis toujours, c’est-à-dire un professeur et des élèves, qui s’ennuient, qui en ont marre. Le système éducatif ne marche pas. On peut être en échec scolaire et pourtant correspondre à ce qui est un génie en informatique”, écrivait Xavier Niel dans un édito en 2013, à l’occasion du lancement de son école basée dans le XVIIe arrondissement de Paris. “Notre deuxième volonté est de supprimer la barrière financière et d’accepter à la fois tout le monde, avec ou sans diplôme, et de faire une école entièrement gratuite”, ajoutait le président de 42, qui a financé l’école parisienne à l’aide de sa fortune personnelle.

En Californie, les étudiants aux moyens les plus modestes pourront par ailleurs être logés dans l’une des 300 chambres situées à proximité des lieux.

Première publication : 21/05/2016

Deux concerts des Eagles of Death Metal prévus cet été en France ont été annulés, vendredi, après de nouvelles déclarations polémiques du chanteur du groupe, Jesse Hughes, sur l’attaque du Bataclan et les musulmans.

Jesse Hughes a récidivé. Le chanteur des Eagles of Death Metal, le groupe qui était sur scène le 13 novembre au Bataclan, a de nouveau tenu des propos polémiques sur les attentats et les musulmans, entraînant l’annulation de deux concerts prévus par le groupe en France cet été.

Les festivals Rock en Seine, près de Paris, et Cabaret Vert, à Charleville-Mézières, ont tous deux annoncé, vendredi 20 mai, la déprogrammation des concerts prévus fin août, exprimant leur “désaccord total” avec les déclarations du chanteur.

En désaccord total avec les propos tenus par Jesse Hughes, le concert des Eagles Of Death Metal est annulé : https://t.co/1EnvC0mzib

— Rock en Seine (@rockenseine) May 20, 2016

Amateur de propos à l’emporte-pièce, Jesse Hughes, dont les positions très à droite sont connues, a accordé la semaine dernière une longue interview au non moins extrémiste Taki’s Magazine. Il y revient sur la soirée du 13 novembre, où 130 personnes ont été tuées à Paris dont 90 au Bataclan où se produisaient les Eagles of Death Metal.

“J’ai vu des musulmans faire la fête dans la rue pendant l’attaque, en temps réel !”, assure le chanteur et guitariste, cofondateur de “EODM” avec son camarade Josh Homme. “Comment pouvaient-ils savoir ce qui était en train de se passer ? Il y a sûrement eu une coordination”, ajoute-t-il.

Seules dates du groupe prévues en France

Jesse Hughes dit de nouveau penser que les assaillants étaient arrivés tôt au Bataclan. “Je me souviens d’eux en train de fixer mon pote. J’ai juste mis ça sur le compte de la jalousie des Arabes” à l’égard des Américains. En mars dernier, il avait déjà créé la polémique en évoquant une possible complicité au sein du personnel de sécurité de la salle de concert, avant de s’excuser.

Il assure dans l’interview également avoir vu Salah Abdeslam, seul membre encore en vie du commando jihadiste de Paris. L’enquête n’a toutefois jamais fait état de la présence sur les lieux de l’homme clé des attentats.

>> À lire sur France 24 : “Ovation et émotion à l’Olympia pour le concert des Eagles of Death Metal”

Les deux dates annulées étaient les seules prévues en France par le groupe, qui a repris en février sa tournée mondiale interrompue par l’attentat.

“On n’a pas eu d’autre choix que de prendre acte de ses propos”, précise-t-on dans l’organisation de Rock en Seine, où le groupe a déjà joué en 2009 et 2012. “Après ses propos en mars, il s’était excusé fortement et de façon, de notre point de vue, extrêmement sincère. Mais il a dérapé de nouveau.”

Sa déprogrammation laisse planer le doute sur la possibilité de voir le groupe revenir jouer au Bataclan à sa réouverture à l’automne, comme il en avait exprimé le souhait deux semaines après l’attentat.

Avec AFP

Première publication : 21/05/2016

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Le pirate informatique “Phineas Fisher” a versé, à des habitants du Rojava, 10 000 euros dérobés à une banque pour soutenir leur projet de région autonome kurde en Syrie. Le hacker affirme vouloir promouvoir “un projet révolutionnaire” de société.

Quand un pirate informatique à succès se transforme en Robin des bois de la cause kurde. Le hacker qui se fait appeler “Phineas Fisher” ou “Hack Back!” s’est fait connaître grâce au piratage, en juillet 2015, de la controversée société italienne Hacking Team, spécialisée dans la vente de logiciels espions et de surveillance aux forces de l’ordre. Dorénavant, il met ses talents informatiques au service du Rojava ou “Kurdistan syrien”, une région sous contrôle Kurde dans le nord de la Syrie, en guerre contre le groupe terroriste État islamique (EI) et qui doit, simultanément affronter l’hostilité de la Turquie.

“Phineas Fisher” a versé, début mai, l’équivalent en bitcoin de 10 000 euros à la campagne de financement participatif “Feed the revolution” organisée par des habitants du Rojava pour développer l’agriculture et devenir plus autonome économiquement. Le pirate informatique a revêtu les habits d’un Robin des bois moderne pour l’occasion, affirmant qu’il avait dérobé cet argent à une banque. Il a refusé de révéler l’identité de l’établissement financier attaqué, car il espère pouvoir encore siphonner davantage de fonds pour “la cause”.

“Projet révolutionnaire”

Contacté par le site Ars Technica, les organisateurs kurdes de la campagne de crowdfunding ont confirmé avoir reçu un versement de 10 000 euros en bitcoin de la part d’un dénommé “Hack Back!”. Une somme qui correspond à un peu moins d’un dixième de leur objectif de 180 000 euros à lever d’ici à fin mai pour acheter, notamment, deux camions, un petit bulldozer et un hangar.

Pour “Phineas Phisher”, il s’agit de bien plus que du matériel agricole. Il espère bien avec ces attirer l’attention sur “l’un des projets révolutionnaires les plus ambitieux au monde”.

Car si le Rojava apparaît surtout dans les médias pour sa féroce résistance à l’avancée des militants de l’EI, c’est aussi une région qui a mis en place un projet de société original depuis l’auto-procalamation de son indépendance en 2013. Les Kurdes assurent y vivre selon les principes de la démocratie directe, dans une société égalitariste, ouverte à toutes les religions et ethnies et sans gouvernement central.

Arrière-cour de l’EI



Dans les faits, “ils sont réellement en train de réinventer une forme de démocratie, fondée sur la prise de décision en communauté, à laquelle ils croient vraiment”, raconte à France 24 Robert Kluijver, un analyste politique néerlandais qui s’est rendu sur place en octobre 2015. Il n’est pas le seul à avoir été impressionné par cette expérience démocratique à grande échelle : Le New York Times lui a consacré un long reportage en novembre 2015. Le célèbre quotidien y voit “le rêve d’une utopie séculaire dans l’arrière-cour de l’EI” où les hommes et les femmes ont les mêmes tâches, en tant que combattant contre l’EI ou responsable communautaire. Il raconte aussi comment des jeunes suivent un enseignement où la liberté d’expression est érigée en valeur fondamentale.

Pour Robert Kluijver, le projet Rojava fait écho à l’idéal des kibboutz, ces villages collectivistes en Israël où toutes les décisions doivent être prises à l’unanimité et qui récusent la notion de propriété privée. “Le Rojava est formé de communautés dirigées en commun par un homme et une femme qui cherchent à trouver un consensus sur chaque sujet”, explique-t-il.

Accablé par Amnesty International

Leur société se veut aussi ouverte à toutes les éthnies ou confessions. “J’y ai rencontré des chrétiens et des arabes sunnites”, souligne-t-il. Il reconnaît, cependant, que c’est un projet avant tout kurde. C’est leur territoire, et ils essaient d’y appliquer les préceptes politiques d’Abdullah Öcalan, le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

>> À lire sur France 24 : “Öcalan, le révolutionnaire kurde qui se rêve désormais en homme de paix”

C’est là que le bât commence à blesser. Ankara considère que le PKK est une formation terroriste et Abdullah Öcalan purge une peine de prison à vie en Turquie (pour “trahison et tentative de diviser le pays”). Le PKK est aussi sur la liste des organisations terroristes des États-Unis et de l’Union européenne. Le Rojava n’est pas sous la coupe directe de ce parti, mais il dépend d’une formation sœur, le Parti de l’union démocratique kurde (PYD).

Et il n’y a pas que la filiation idéologique qui peut poser problème. Amnesty International a publié en octobre 2015 un rapport virulent dénonçant des “crimes de guerre” commis par les forces militaires du Rojava sous couvert de lutte contre l’EI. L’ONG y documente des cas de destructions de villages arabes entiers et de déplacements forcés de cette population.

Des accusations contestées par le PYD qui a affirmé qu’Amnesty International ne s’est appuyé que sur des documents de seconde main. Robert Kluijver est plus nuancé : il reconnaît qu’il y a eu des destructions d’habitations, mais souligne qu’il faut les appréhender dans le contexte de la guerre civile en Syrie.

Pour le pirate informatique “Phineas Fisher”, le projet Rojava dépasse le simple cadre de la seule guerre civile syrienne et de ses exactions, il le compare “au mouvement anarchiste durant la guerre civile espagnole ou encore à la Commune de Paris”.

Première publication : 21/05/2016

Une exposition organisée en Belgique lève le voile sur une période méconnue de la vie de Marie Curie. Pendant la Grande Guerre, la célèbre scientifique a sauvé de nombreux soldats en créant des véhicules radiologiques mobiles : les petites Curies.

Il y a encore quelques années, Roseline Debaillie ne savait pas grand-chose de la Grande Guerre. C’est en découvrant une simple plaque sur une maison de sa ville de Furnes, dans le nord-ouest de la Belgique, que cette guide locale s’est passionnée pour cette période et surtout pour une grande figure de l’époque.

Pendant la Première Guerre mondiale, la physicienne Marie Curie a résidé ici”, lit-elle devant la façade typiquement flamande de l’ancien hôtel de la Noble Rose. Quelques mots qui ont aiguisé la curiosité de cette infirmière de métier. Comment la double prix Nobel franco-polonaise, internationalement reconnue pour ses travaux sur la radioactivité, s’est-elle retrouvée dans ce petit bout de Belgique en pleine guerre ?

Au début du conflit, Furnes, située à la frontière franco-belge, échappe à l’invasion allemande et devient le quartier général du roi Albert 1er de Belgique. La ville se trouve également être le dernier refuge du service de santé belge. C’est ici que les blessés arrivent en grand nombre depuis le front situé à quelques kilomètres, où Belges et Français se battent côte à côte.

À l’hôpital militaire de Furnes, le docteur Frans Daels voit arriver chaque jour des centaines de soldats atrocement mutilés. Face à l’ampleur de la tâche, il décide de faire appel à l’une de ses connaissances, Marie Curie. “Avant guerre, il était professeur de gynécologie à l’université de Gand. Il avait eu des contacts avec Marie Curie pour comprendre comment le cancer féminin pouvait être traité par le radium. Il n’avait jamais cru qu’une scientifique si importante lui viendrait au secours, mais pourtant dès le 5 décembre 1914, elle est arrivée ici à Furnes avec une voiture de radiologie”, explique Roseline Debaillie. Ce sera la première d’une série de 10 visites en Belgique, rien que pour la première année de guerre.

La naissance des “petites Curies”

Dans une exposition organisée à l’office de tourisme de cette ville flamande, cette guide devenue historienne amateur raconte comment, pendant quatre ans, la physicienne et chimiste, veuve depuis la disparition prématurée de Pierre Curie en 1906, s’est dévouée entièrement à l’effort de guerre. “Quand le conflit a éclaté, elle a décidé d’arrêter temporairement ses recherches sur le radium et elle s’est concentrée sur la radiographie parce qu’elle savait que les services médicaux auraient besoin de cette technologie assez nouvelle inventée en 1895 par l’Allemand Wilhelm Röntgen“, décrit Roseline Debaillie. “Elle a rassemblé dans une premier temps, les appareils disponibles dans les laboratoires et chez les constructeurs pour les installer dans des hôpitaux”.

Mais très vite, la scientifique comprend que les soldats sont souvent trop grièvement blessés pour supporter le transport. Elle décide alors d’amener directement la radiologie auprès des victimes en créant des unités mobiles. Une vingtaine de véhicules sont équipés grâce à l’aide notamment de la Croix Rouge, mais aussi de constructeurs comme Peugeot ou Renault.

Sur les traces de Marie Curie à Furnes, en Belgique
  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le Centre Patrie Libre à Furnes raconte l’histoire de la double lauréate du prix Nobel Marie Curie à travers une exposition, de son arrivée en France depuis sa Pologne natale jusqu’à la période de la Première Guerre mondiale.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    L’exposition montre des maquettes de plusieurs voitures radiographiques utilisées pendant la Grande Guerre par les différents pays belligérants.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Côté français, Marie se charge de la création de ces véhicules radiologiques mobiles. Ces voitures sont appelées les “petites Curies”.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Infirmière et guide de la région de Furnes, Roseline Debaillie s’est passionnée pour l’histoire de Marie Curie et son combat médical sur le front.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Pendant la guerre, l’armée belge décide d’installer son Grand Quartier Général dans la ville de Furnes. Le commandant en chef, le roi Albert 1er, a alors son cabinet de travail dans l’hôtel de ville.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le 5 décembre 1914, Marie Curie et sa fille Irène se rendent dans cette ville. La chercheuse installe son appareil à rayons X dans le “Belgian Field Hospital” de Furnes installé dans le collège épiscopal.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Pendant leur visite à Furnes, mère et fille séjourne à l’hôtel “Die Nobele Rose”. C’est grâce à une plaque située sur ce bâtiment que Roseline Debaillie a pris connaissance de l’histoire de Marie Curie lors de la guerre en Belgique.

Ne pas se cacher dans son laboratoire

Avec ces voitures surnommées les “petites Curies”, la chercheuse, qui obtient elle-même son permis 1916 – fait rare à l’époque – se rend elle-même au plus près du front, le plus souvent accompagnée de sa fille Irène, âgée seulement de 17 ans. Au total, elle effectue 45 missions entre 1914 et 1918, dont 11 en Belgique. Pour Roseline Debaillie, il s’agit d’un véritable tournant dans sa vie : “Elle voulait faire quelque chose de pratique pour aider les blessés. Elle ne voulait pas se cacher dans son laboratoire, mais souhaitait se rendre sur le terrain. La radiologie était des plus utiles car elle permettait d’aller au plus profond pour mesurer là où la balle ou les éclats étaient logés”.

Malgré l’utilité de son engagement, Marie Curie rencontre des difficultés. Au sein de l’armée française, tout le monde ne voit pas d’un très bon œil les allers-retours de cette femme, simple civile, sur le front. Réprimandée par le directeur du service de santé militaire, la chercheuse lui tient tête dans un courrier et assume sa mission. Elle veut porter secours aux poilus français et à ce pays qu’elle appelle affectueusement “la brave petite Belgique”. “À Furnes, j’ai fait des examens radiologiques dans le but de rendre des services. Le roi et la reine des Belges m’ont tous les deux exprimé leur désir de me voir continuer mes efforts”, écrit-elle.

Connue pour sa détermination à toute épreuve, Marie Curie ne s’embarrasse pas des convenances, surtout pas en temps de guerre. Toutefois, en consultant les archives du Musée Curie à Paris et ceux de la Bibliothèque nationale de France, Roseline Debaillie découvre une autre facette de sa personnalité : “Elle a examiné elle-même 1 200 blessés. Un témoin a raconté : ‘Madame Curie, si souvent froide et lointaine, est exquise avec les blessés. Des paysans, des ouvriers se montent effrayés avec les appareils, et demandent si l’examen va leur faire mal. Marie les rassure : vous verrez c’est comme une photographie’. Elle a un joli timbre de voix, des mains légères, beaucoup de patience et un respect immense de la vie humaine’”.

Marie Curie et sa fille Irène durant la Grande Guerre
  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    Dès août 1914, Marie Curie met de côté ses recherches pour participer à l’effort de guerre. Avec sa fille Irène, elle développe des unités radiologiques. Sur ce cliché, elles se trouvent à l’hôpital d’Hoogstade en Belgique en 1915 avec leurs appareils.

  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    Avant la guerre, Marie Curie avait déjà un lien fort avec la Belgique où elle avait assisté à de nombreux congrès. Durant le conflit, elle a créé une relation de confiance avec le roi Albert 1er. On les voit ici en grande conversation en 1915 à Hoogstade.

  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    Marie Curie comprend très vite qu’il faut des unités mobiles pour soigner les blessés. Avec l’aide de la Croix-Rouge, elle équipe des véhicules avec des appareils Röntgen ou rayons x. Sur cette photo, Irène Curie descend de l’une de ses voitures en 1916.

  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    Ces ambulances radiologiques sont surnommées les “petites Curies” par les soldats français. Voici l’une d’entre elles en 1915.

  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    Au total, Marie Curie et sa fille effectuent plus d’une trentaine de voyages sur le front, dont 11 en Belgique. Irène Curie, est ici devant sa tente à Hoogstade en Belgique en 1915.

  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    Ce système d’imagerie va permettre d’extraire rapidement un certain nombre de projectiles. Grâce aux “Petites Curies”, plus d’un million d’examens radiologiques sont réalisés durant la guerre.

  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    Marie Curie et sa fille instruisent aussi des infirmières dans le maniement des appareils. Deux cent assistantes sont ainsi formées. Ce cliché montre un cours en radiologie à l’Hôpital Edith Cavell en 1916.

  • © Musée Curie (coll. ACJC)

    À la fin de la guerre, la France dispose de plus de 50 unités mobiles radiographiques. Sur cette photo, des voitures sont de retour du front dans la cour des Invalides en 1916.

Un caractère entier

Dans les hôpitaux ou avec ses petites Curies, la scientifique gagne le respect de tous, soldats et civils. Grâce à ces unités radiologiques, ce sont près d’un million d’examens qui sont réalisés pendant la Première Guerre mondiale. Même si elle n’a pas elle-même élaboré la technologie des rayons X, elle développe considérablement cette méthode médicale au cours de cette période. Pour preuve : alors qu’avant guerre, la France ne comptait que 21 postes de radiologie, à la fin du conflit, elle en comptabilise 850 dont 450 sous la direction de Marie Curie.

Pour autant, ses actions n’ont pas été récompensées à leur juste valeur. Comme le note sa seconde fille Ève dans sa biographie* : “Beaucoup de dames reçurent des décorations, des rosettes… Ma mère n’eut rien. Après quelques semaines, le rôle joué par elle dans le grand drame s’effaça de toutes les mémoires”. Pour Roseline Debaillie, cet oubli s’explique aussi par le caractère entier de Marie Curie : “Elle n’aimait pas la publicité ni la presse. Elle ne voulait pas spécialement recevoir de médailles car elle pensait que la science était un don pour l’humanité et non pour recevoir des récompenses personnelles”.

Jusqu’à sa mort en 1934, la célèbre scientifique a ainsi gardé le silence sur cette période. Dans l’un de ses carnets, elle avait cependant baissé la garde, laissant transparaître en quelques mots ses sentiments sur ce conflit : “Je n’ai jamais pu oublier cette terrible impression produite par cette destruction de la vie humaine et de la santé. Pour haïr l’idée même de guerre, il suffit de voir une fois ce que j’ai vu si souvent pendant toutes ces années : des hommes et des garçons apportées jusqu’à l’ambulance, dans un mélange de boue et de sang, beaucoup mourant de leurs blessures et beaucoup d’autres se rétablissant mais lentement et péniblement après des mois de souffrance”.

L’exposition Marie Curie est à visiter jusqu’au 8 janvier 2017 au Centre d’expérience Patrie Libre à Furnes, en Belgique.

Le Musée Curie dans le Ve arrondissement à Paris est ouvert du mercredi au samedi, de 13 h à 17 h.

*Ève Curie, “Madame Curie”, Gallimard, 1981


Première publication : 21/05/2016

Des données émises par l’avion d’EgyptAir qui s’est abîmé en Méditerranée jeudi montrent que des fumées ont été détectées à bord, selon le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA). Les recherches se poursuivent pour retrouver l’appareil.

Des détecteurs de fumées se sont activés peu avant la chute de l’Airbus A320 d’EgyptAir, qui s’est abîmé jeudi en Méditerranée, a annoncé, samedi 21 mai, le Bureau d’enquêtes et d’analyses français (BEA). L’appareil, avec 66 personnes à bord, a envoyé des messages automatiques signalant des fumées près du cockpit.

“Le BEA confirme qu’il y a eu des messages Acars émis par l’avion indiquant qu’il y eu de la fumée en cabine peu avant la rupture des transmissions de données”, a déclaré un porte-parole du BEA à l’AFP, indiquant toutefois que cela ne permet pas d’établir des conclusions sur les causes du crash.

Cela confirme des informations rapportées dans la nuit par la presse américaine. “Une fumée intense a déclenché des alarmes dans la partie avant de l’appareil, où sont situées des parties vitales de son électronique de bord”, selon le Wall Street Journal (WSJ), qui cite des sources proches de l’enquête non identifiées. “Les messages d’erreur durent environ deux minutes, alertant l’équipage au sujet de fumée détectée dans des toilettes et un compartiment” situé sous le plancher du cockpit de l’avion, poursuit le WSJ.

Selon le quotidien, “ce compartiment contient une partie cruciale de l’ordinateur de contrôle de vol” de l’appareil qui, selon les messages, s’est mis “à mal fonctionner”.

>> À lire sur France 24 : “Crash du vol Egyptair : les différentes hypothèses sur les causes du drame”

La chaîne CNN a également rapporté la présence de fumées, indiquant avoir obtenu ses informations d’une capture d’écran fournie par une source égyptienne. Elle a précisé que ces messages d’alerte ont été envoyés “via le système Acars”, qui permet d’échanger des informations entre un avion en vol et le centre opérationnel de la compagnie aérienne. Les mêmes informations ont été rapportées par le magazine spécialisé Aviation Herald.

Des problèmes électriques à bord ?

Les autorités ne commentent pour l’instant pas ces éléments. “Nous sommes au courant de ces informations de presse. À ce stade, je ne peux ni les confirmer, ni les démentir”, a indiqué à l’AFP un responsable du ministère égyptien de l’Aviation civile.

Ces informations ne viennent pas des boîtes noires de l’appareil, souligne l’expert en sécurité aérienne David Gleave, interrogé par France 24. Mais elles “pourraient indiquer des problèmes électriques à bord qui auraient généré l’émission de ces messages”, explique-t-il. Le système Acars est “un système de communication de maintenance”, poursuit l’expert. “L’Acars peut générer des messages automatiques envoyés au centre de maintenance pour signaler un problème, afin que, quand l’avion atterrit, l’équipe de maintenance puisse préparer les pièces nécessaires ou mobiliser le personnel nécessaire.”

Les circonstances du crash restent à élucider, et les recherches se poursuivent pour localiser l’épave de l’avion, qui reliait Paris au Caire dans la nuit de mercredi à jeudi. Le vol MS804 a brusquement disparu des écrans radar alors qu’il survolait, sans problème apparent et dans un ciel clair, la Méditerranée orientale.

Plusieurs responsables américains interrogés par l’AFP vendredi ont affirmé que le Pentagone et les services des renseignement américains n’avaient pas détecté de traces d’explosion brutale de l’avion, comme cela avait été le cas pour l’A321 russe disparu au-dessus du Sinaï en novembre 2015.

La marine égyptienne a retrouvé des débris d’avion ainsi que des restes humains dans la zone où l’appareil a disparu. Il s’agit de “certaines affaires appartenant à des passagers, ainsi que des restes humains et des fauteuils d’avion”, a précisé le ministère de l’Aviation civile dans un communiqué.

Localiser les boîtes noires

Les recherches ont permis de restreindre la zone de recherche, explique Pierrick Leurent, envoyé spécial de France 24 au Caire. “Les recherches se concentrent sur une zone d’un rayon de 65 km”, a-t-il précisé, à près de 300 km de la ville côtière d’Alexandrie. Il s’agit notamment de retrouver les enregistreurs de vol, qui pourraient fournir de précieuses indications pour comprendre pourquoi l’avion s’est abîmé en mer.

>> À voir sur France 24 : “EgyptAir : une compagnie aérienne dans la tourmente depuis la révolution”

Un vaisseau patrouilleur français a quitté Toulon pour se joindre aux recherches. Il est équipé d’un système pour répérer les sons émis par ces boîtes noires, qui pourraient se trouver par 3 000 mètres de fond, a détaillé Pierrick Leurent.

Si certains responsables, égyptiens notamment, ont évoqué la piste du terrorisme jihadiste, aucune revendication n’a été formulée près de 48 heures après la disparition du vol MS804 d’EgyptAir.

“Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n’est privilégiée car nous n’avons absolument aucune indication sur les causes”, a dit de son côté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, vendredi matin sur France 2.

Avec AFP, AP et Reuters

Première publication : 21/05/2016