Archive for May 24th, 2016

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Le FMI a refusé, mercredi, de soutenir financièrement l’accord conclu par la Grèce et l’UE sur la question de la dette. Même si ce n’est pas une remise en cause totale du compromis signé, c’est une douche froide pour les dirigeants européens.

Désaccord sur l’accord. Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré, mercredi 25 mai, ne pas vouloir s’associer financièrement au programme d’aide à la Grèce “en l’état”. Une annonce surprise qui intervient quelques heures après la signature d’un nouvel accord entre Athènes et ses créanciers publics – FMI, Banque centrale européenne, Union européenne. Le compromis était censé donner le feu vert à 10,3 milliards d’euros de prêts à Athènes ainsi qu’à un futur allègement de la dette.

“Nous ne sommes pas dans une situation où le FMI peut dire ‘nous sommes prêts à aller de l’avant’ mais […] je crois que nous pouvons y parvenir d’ici la fin de l’année”, a indiqué un responsable de l’institution internationale à l’AFP.

Réjouis trop vite

Cette déclaration n’est pas, pour autant, une remise en cause totale du compromis signé. Les prêts débloqués à l’issue de 11 heures de négociations correspondent à des fonds européens qui n’engagent pas financièrement l’institution dirigée par la Française Christine Lagarde.

C’est, en revanche, une douche froide pour les différents dirigeants européens qui avaient salué la portée du compromis. Le commissaire français aux Affaires européennes et financières Pierre Moscovici était même allé jusqu’à dire qu’une “page avait été tournée”.

Les responsables se sont visiblement réjouis trop vite. Le refus du FMI de continuer à soutenir financièrement la Grèce “en l’état” des négociations jette le doute sur l’aide à plus long terme prévue par l’accord. Les créanciers européens, Allemagne en tête, avaient en effet accepté le principe d’un allègement de la dette après 2018 (réduire le montant, baisser les taux d’intérêt, allonger la maturité de remboursement), date de la fin du troisième plan d’aide internationale, et d’un soutien financier supplémentaire à Athènes si besoin.

Mais ce compromis suppose la participation du FMI à l’aventure. C’est, en tous cas, une condition sine qua non pour l’Allemagne. “Pour Berlin, ce point est essentiel car en cas de défection du Fonds monétaire international, l’Allemagne se retrouve à être le principal responsable de l’aide à la Grèce”, explique Ian Begg, spécialiste de l’économie européenne à la London School of Economics, contacté par France 24.

Schäuble pas si “vainqueur” ?

Si le Fonds monétaire international a déclaré ne plus vouloir continuer à mettre de l’argent au pot, c’est parce qu’il a des doutes sur les contours du futur allègement de la dette. L’institution internationale répète depuis des mois qu’il doit être rapide, important et surtout inconditionnel, sans quoi la Grèce ne serait pas en mesure de tout rembourser.

Problème : le texte de l’accord signé ne dit rien sur l’ampleur de l’allègement après 2018 et, surtout, pose une condition. Athènes doit, pour en bénéficier, maîtriser ses besoins de financement (l’argent nécessaire pour faire fonctionner l’État) en dessous d’un certain seuil.

Cette formulation correspondait, peu ou prou, à la ligne défendue par Berlin et contestée par le FMI. Pour le quotidien économique allemand Handelsblatt, cela prouvait que “Wolfgang Schäuble [était] sorti gagnant” de son bras de fer avec Christine Lagarde.

La déclaration du responsable du FMI, qui a voulu garder l’anonymat, prouve que l’institution ne s’avoue pas vaincue et que le bras de fer peut continuer. “Nous n’avons pas cédé sur le fait que nous avons besoin des garanties suffisantes sur l’allègement de la dette”, a-t-il précisé à l’AFP.

Le pari du Fonds monétaire international est double : que l’Allemagne cède de peur de se retrouver seul capitaine à bord et que les autres pays européens pressent Berlin de faire des concessions de peur que le dossier grec parasite les débats sur le “Brexit”.

Mais ce combat de titans entre l’Allemagne et le FMI fait une victime par ricochet : la Grèce. L’incertitude sur la participation du Fonds monétaire ne fait pas les affaires d’Athènes qui ne sait, du coup, toujours pas de quoi sera fait l’après-2018. Un flou qui ne va pas redonner confiance à d’éventuels investisseurs qui seraient tentés de remettre un pied économique en Grèce.

Première publication : 25/05/2016

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Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a enregistré en avril un deuxième mois consécutif de baisse (-0,6 %). Cela représente une série inédite depuis début 2011, l’indicateur reculant à 3,51 millions de personnes en métropole.

Selon les chiffres publiés mercredi 25 mai par le ministère du Travail, le chômage a reculé pour le deuxième mois consécutif en avril en France, retrouvant son plus bas niveau depuis l’hiver 2015, sous l’effet d’un nombre record d’entrées en stage et de désinscriptions pour défaut d’actualisation des dossiers.

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A – sans aucune activité – qui avait déjà diminué de 1,7 % un mois plus tôt, s’est encore contracté de 0,6 %, à 3,5 millions, soit 19 900 personnes de moins et un plus bas depuis février 2015.

Une baisse de 0,6 % sur un an

En ajoutant les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d’inscrits à Pôle Emploi a baissé de 1 % à 5,4 millions (5,7 millions en incluant les départements d’Outre-mer).

Sur un an, le nombre de demandeurs de catégorie A affiche une baisse de 0,6 % mais celui des demandeurs de catégories A, B et C progresse de 1,1 %.

“Les 69 400 demandeurs d’emploi en moins depuis janvier, c’est 69 400 personnes qui bénéficient de la reprise économique”, s’est félicité la ministre du Travail et de l’Emploi sur son compte Twitter Myriam El Khomri.

Ces baisses s’expliquent “par le dynamisme des créations d’emplois salariés observés ces derniers mois, porté par les mesures mises en place par le gouvernement”, comme le Pacte de responsabilité, le CICE et la nouvelle aide à l’embauche pour les PME, a-t-elle aussi estimé dans un communiqué.

Au mois d’avril, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, a diminué de 19 900 soit -0,6 % 1/2 pic.twitter.com/JkDKrxEFCr

— Myriam El Khomri (@MyriamElKhomri) 25 mai 2016

La situation des jeunes s’améliore

La baisse d’avril a concerné toutes les catégories d’âge mais a plus profité aux jeunes (-1 %) qu’aux 25-49 ans (-0,6 %) et surtout aux seniors (-0,3 %).

Sur un an, le repli atteint 7,6 % pour les moins de 25 ans et 1,2 % pour la tranche 25-49 ans mais les 50 ans et plus enregistrent une hausse de 5,3 %.

Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an à Pôle emploi, considérés comme chômeurs de longue durée, a diminué de 0,7 % en avril, à 2, 5 millions, mais sa part dans le total des demandeurs A, B et C progresse de 0,2 point sur le mois pour atteindre 45,7 %.

Sur les trois mois à fin avril, les entrées à Pôle Emploi ont augmenté 0,2 % par rapport aux trois mois précédents mais les sorties ont progressé dans le même temps de 5,5 %.

Ces dernières ont été dopées par les entrées en stage (+15,5 % sur le mois et +18,6 % sur un an), qui dépassent de près de 4 000 le total à fin mars, et les cessations d’inscriptions pour défaut d’actualisation, en hausse de près de 13 000.

Le ministère du Travail souligne que cette dernière hausse “inhabituellement forte”, qui affecte surtout les catégories B et C, pourrait s’expliquer, “au moins en partie, par une sensibilité des comportements d’actualisation au nombre particulièrement élevé de jours non ouvrés dans la période d’actualisation” en mai.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 25/05/2016

Plus de 500 personnes, rescapés et proches des victimes de la tuerie du Bataclan, survenue le 13 novembre 2015, ont été reçues mercredi à Paris par les juges en charge de l’enquête, pour tenter d’avoir des réponses à leurs nombreuses questions.

Comprendre. Plus de 500 personnes, – rescapés, proches des victimes de la tuerie du Bataclan du 13 novembre et avocats – ont été convoquées, mercredi 25 mai, à l’École militaire de Paris par des juges d’instruction afin d’être tenus au fait de l’avancée de l’enquête. “L’émotion était trop grande, beaucoup de proches de victimes ont préféré ne pas venir, explique Karim Hakiki, journaliste de France 24, posté devant l’établissement de l’armée. Ceux qui sont là pourront poser toutes les questions qu’ils veulent et ils ont d’ailleurs beaucoup de questions à poser aux six juges d’instruction.”

La veille, ce sont des survivants et parents des victimes des attaques des terrasses de cafés et restaurants parisiens ainsi que le Stade de France qui ont été reçus par les juges d’instruction. À leur arrivée, beaucoup de participants confiaient “ne pas trop savoir à quoi s’attendre”.

“Être sûr que justice sera rendue”

“Je pense qu’on aura des informations sur l’enquête, sur le parcours de cette bande d’assassins. J’aimerais aussi savoir combien de temps durera l’enquête, ce qu’il adviendra de Salah Abdeslam… Au-delà du traumatisme qu’on a subi, ça contribue à être sûr que justice sera rendue”, explique Anne-Cécile Dupuis, 43 ans, chargée de communication.

“L’aspect le plus important de cette réunion n’est pas tant sur l’état de l’enquête que sur la mise en place d’une relation directe entre les victimes et les juges”, estime pour sa part l’avocat Gérard Chemla, qui défend plus de 70 personnes dans le dossier du Bataclan.

Le silence pesant de Salah Abdeslam

Au cours de cette rencontre, il est en effet prévu que le juge Christophe Teissier, entouré des cinq autres magistrats chargés de l’enquête et de trois représentants du parquet de Paris, détaille la chronologie de la soirée du 13 novembre grâce à l’exploitation des enregistrements de la police et à un enregistreur retrouvé au Bataclan. Il évoquera également la collaboration internationale et les perspectives de l’enquête. Les juges d’instruction relateront enfin l’audition avec Salah Abdeslam, l’un des principaux auteurs de la tuerie.

Mais ce dernier reste, malheureusement pour les proches des victimes, muré dans son silence. “Il avait fait savoir qu’il voulait s’exprimer, il ne l’a pas fait, après avoir été reçu par les juges d’instruction vendredi 20 mai, précise Karim Hakiki. Face à son refus, les six juges d’instruction ont décidé de lui citer les 130 noms des victimes des attentats de Paris et de Saint-Denis, la réaction de Salah Abdeslam a été terrible, justement, il n’a pas eu de réaction, il n’a même pas levé les yeux pour regarder les juges. […] Si Salah Abdeslam pouvait dire quelque chose cela pourrait aider les familles des victimes.”

Les familles des victimes devront donc faire sans. “L’enjeu aujourd’hui est de savoir s’ils obtiendront toutes les réponses à leurs questions, souligne Valérie Hallali, l’avocate des parents des victimes. Ils veulent savoir pourquoi ? Comment ? Pour aborder l’avenir avec un meilleur moral [car] aujourd’hui, leur vie n’est plus la même.”

Première publication : 25/05/2016

Alors que les blocages se poursuivent en France, le Premier ministre Manuel Valls a écarté une “remise en cause” du contesté article 2 du projet de la Loi travail, répétant qu’il ne serait pas retiré.

Le gouvernement a promis, mercredi 25 mai, d’empêcher les syndicats opposés à la réforme du Code du travail de paralyser la France, notamment en bloquant les dépôts de carburant, et s’est engagé à maintenir le projet de loi malgré la contestation.

La porte ouverte par le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, qui a évoqué une modification de l’article 2 du projet de loi donnant la priorité aux accords d’entreprise, cœur de la réforme, a rapidement été claquée par le Premier ministre Manuel Valls.

“La CGT ne fait pas la loi dans ce pays”, a-t-il lancé à l’Assemblée nationale au sujet des blocages organisés par la centrale syndicale. Le Premier ministre a voulu être “très clair”: “il n’y aura ni retrait du texte, ni remise en cause de l’article 2, car c’est le cœur de la philosophie du texte”, a-t-il dit devant les députés lors de la séance des questions au gouvernement.

Valls : “La CGT ne fait pas la loi dans ce pays !”

“Pour que notre économie ne soit pas asphyxiée par quelques-uns”

Le bras de fer s’est durci entre le gouvernement et la CGT, qui, avec l’appui de Force ouvrière dans certains secteurs, multiplie les actions dans le ferroviaire, le nucléaire, l’aérien et les ports, notamment lors d’une nouvelle journée d’action jeudi dans toute la France. Une grève de 24 heures à compter de mercredi soir a ainsi été votée à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine dans l’Aube, et des assemblées générales doivent avoir lieu dans la journée dans d’autres centrales.

Manuel Valls a de nouveau fustigé l’attitude du syndicat, disant agir “pour les Français et pour que notre économie ne soit pas asphyxiée par quelques-uns” et assurant qu'”aucune option” ne serait “écartée” pour lever les blocages. “Ceux qui bloquent les sites pétroliers ne sont pas concernés par la Loi travail”, a-t-il en outre plaidé. “Ceux qui voudraient nous faire croire par exemple qu’il est possible d’arrêter une centrale nucléaire jouent un jeu étrange”, a-t-il attaqué.

#LoiTravail : “si elle ne passe pas, #Valls est forcé de démissionner, #Hollande est mort pour la présidentielle” https://t.co/nezy7CI571

— Débat FRANCE 24 (@DebatF24) 25 mai 2016

Mais la CGT et SUD-Rail, qui ont appelé à une grève à la SNCF ce mercredi et jeudi 26 mai, peinent à mobiliser : l’entreprise a annoncé 10,6 % de grévistes mercredi, le taux le plus bas depuis le début de la mobilisation contre la Loi travail.

De leur côté, les organisations patronales Medef et CGPME estiment qu’i est temps d’agir pour éviter des faillites d’entreprises.”Les grèves dans les transports et les difficultés d’approvisionnement en carburant commencent à impacter l’activité économique dans notre pays, peut-on lire dans leur communiqué. Certaines entreprises tournent au ralenti, les plus fragiles d’entre elles voyant même leur existence menacée.”

Avec AFP et Reuters

Première publication : 25/05/2016

Depuis début 2016, des collectifs de villageois mènent des expéditions punitives à Mayotte contre des Comoriens. Plus d’un millier d’entre eux ont déjà été chassés de leur domicile. Des associations dénoncent l’inaction de l’État.

Ils arrivent dans des cortèges de voitures, armés de grands couteaux, et pénètrent dans les villages du sud et du nord de Mayotte, le plus pauvre département de France. Depuis début 2016, des collectifs de villageois de la petite île française, situé à plus de 7 000 kilomètres de la métropole, effectuent des expéditions punitives pour “chasser” les étrangers. “Ils détruisent les habitations, ils s’assurent que les occupants des lieux ne pourront pas revenir y habiter”, raconte Olivier Loyens, le rédacteur en chef de Mayotte Hebdo, contacté par France 24. Selon des témoins, les assaillants arrivent sur les lieux en criant “Nawa lawé !” (“Qu’ils partent !”, en shimaoré, la langue locale), et en tapant avec des bâtons sur des casseroles. Les journalistes et militants pacifistes présents sont souvent menacés et sommés de quitter les lieux.

Des opérations commandos si violentes – et de plus en plus récurrentes – que les autorités publiques sont sorties cette semaine de leur mutisme. Le préfet de l’île, Frédéric Veau, a exhorté, mercredi 25 mai, les Mahorais à cesser “immédiatement” ces expulsions qui ont déjà touché des dizaines de villages à Mtsahara, Bouéni (nord de l’île), Tsimkoura, Poroani, Choungi, Mtsamoudou et Kani-Kéli (sud de l’île). La veille, Jacques Toubon, le défenseur des droits, avait lui aussi pris la parole pour condamner ces pratiques.

>> À lire sur les Observateurs : “La chasse aux Comoriens bat son plein en toute impunité à Mayotte”

Souvent, les victimes – des clandestins comoriens -, alertées par la venue de ces “collectifs de citoyens”, ont déjà déserté leur maison. Selon la Cimade, une association de défense des droits des étrangers, ils seraient plus de 1 000 à ne plus avoir de toit. Des femmes et des enfants, surtout, jetés sur les bords de la route. Certains sont accueillis par des associations, d’autres se sont rassemblés à Mamoudzou, la plus grande ville de Mayotte.

Mayotte: Des maisons des familles comoriennes détruites puis brûlées https://t.co/Atl19535C8#Mayottepic.twitter.com/QtB2zQIh6z

— HabarizaComores.com (@HabarizaComores) 15 mai 2016

Un camp de réfugiés à Mamoudzou

Selon Médecins du Monde, sur place, la situation a pris une tournure catastrophique. Un camp de réfugiés a vu le jour. “Près de 250 personnes campent aujourd’hui sur la place de la République [à Mamoudzou] dont la majorité sont des femmes et des enfants”, a écrit l’ONG dans un rapport publié le 20 mai. Les conditions sanitaires sont désastreuses, “ils n’ont accès ni à des douches ni à des toilettes, dormant à même le sol sans couverture et avec un accès restreint à la nourriture.” Un collectif d’associations présent auprès des expulsés a tenu une conférence de presse mardi matin, au cours de laquelle il a dénoncé “l’inaction du gouvernement français”.

Mais pourquoi un tel déchaînement de violences ? “Ces expulsions sont stimulées par le ras-le-bol des habitants”, explique Olivier Loyens, de Mayotte Hebdo. “Les problèmes d’insécurité, de saturation des services publiques, de sureffectifs dans les écoles, tout cela contribue à alimenter un sentiment d’exaspération parmi la population, qui rejette la faute sur les étrangers.”


Des clandestins chassés de chez eux lavent leur linge dans le camp de Mamoudzou, à Mayotte. © Ornella Lamberti, AFP

Ces actes xénophobes ne sont pas inédits. Mayotte, qui compte 40 % d’étrangers, a toujours connu une très forte pression migratoire des îles voisines des Comores. En 2015, l’État a reconduit à la frontière plus de 18 000 personnes. “Et depuis que l’île est devenue un département français en 2011, son attractivité n’a cessé d’augmenter”. Mais pas son niveau de vie : le chômage touche 19 % de la population active et 61 % des 15-24 ans, plus de 27 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Et la situation continue à se dégrader : les Comoriens sont aujourd’hui perçus comme les responsables de tous les maux de la société. Ils sont accusés de “meurtres, de viols, d’agressions, de délinquance juvénile, de chômage”, déplore la Cimade.

>> À voir sur France 24 : “Mayotte la Française dans l’impasse face à l’afflux des migrants comoriens

Le malaise est tel que même les Comoriens détenteurs de cartes de séjour sont visés par cette “chasse aux sorcières”. “Il y a des personnes en situation régulière dans le camp de Mamoudzou, précise Laurent Loyens. La population s’en prend à elles, parce qu’elle les accuse de complicité. Elle les accuse de faciliter l’arrivée de clandestins, de les héberger chez elles.”

“Préserver la paix sociale”

Les membres des battues sauvages anti-immigrés reconnaissent la violence et “l’illégalité” de leurs actions mais ils se considèrent eux aussi comme des “oubliés” de la métropole. Ils accusent l’État d’être démissionnaire au sujet de l’immigration clandestine. “La France régularise trop facilement”, explique un habitant interrogé par l’AFP. “Mayotte ne peut pas accueillir tout le monde, elle étouffe”.

Face à cette tension extrême, la police reste discrète. “Les forces de l’ordre n’empêchent pas les expulsions, mais elles s’assurent qu’il n’y a pas de violences physiques à l’égard des expulsés”, précise le rédacteur en chef de Mayotte Hebdo. Si les représentants de l’autorité publique ne réagissent pas c’est parce qu’ils craignent qu’une intervention ne mette de l’huile sur le feu. “Ils veulent préserver une sorte de paix sociale.”


Des gendarmes surveillent la ville de Bouéni (nord de l’île) pendant une “expulsion calme” d’étrangers. © Ornella Lamberti, AFP

Mercredi, le préfet a pris le dossier en main. Frédéric Veaux a annoncé un plan d’action pour tenter d’enrayer la crise. Des mesures seront prises pour reloger les expulsés du camp de Mamoudzou : les personnes en situation irrégulière seront reconduites à la frontière, celles en situation régulière devront utiliser leur certificat d’hébergement (un garant qui promet d’héberger le demandeur de titre de séjour, NDLR) pour rester à Mayotte.

Des mesures de renforcement de la lutte contre l’immigration clandestine seront également mises sur pied. Dès cette semaine, un détachement de la Légion étrangère devrait s’implanter sur l’îlot de M’tsamboro (îlot du nord de Mayotte, sur lequel arrivent nombre d’embarcations de clandestins), et des états-majors de la sécurité devraient se tenir la semaine prochaine.

Préfet de #Mayotte Frédéric Veau. Ses priorités: sécurité, lutte immigration clandestine et développement économique pic.twitter.com/dIDQK9aEav

— Préfet de Mayotte (@Prefet976) 23 mai 2016

Avec AFP

Première publication : 25/05/2016

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé le déploiement de plus de 60 000 policiers et gendarmes pour “éviter” une attaque terroriste lors de l’Euro-2016. Il n’exclut pas d’interdire les manifestations durant cette période.

Plus de 60 000 policiers et gendarmes seront déployés pour “éviter” une attaque terroriste lors de l’Euro de football, a assuré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve mercredi 25 mai dans un entretien à l’Équipe.

“Notre objectif est que l’Euro soit une grande manifestation festive, mais nous devons la vérité aux Français. 0 % de précautions, c’est 100 % de risques, mais 100 % de précautions, ce n’est pas le risque zéro…. Nous faisons tout pour éviter une attaque terroriste, et nous nous préparons à y répondre. Plus de 60 000 policiers et gendarmes seront sur le terrain”, a souligné Bernard Cazeneuve.

>> À lire sur France 24 : “Annuler l’Euro-2016 offrirait ‘une victoire’ aux terroristes

La leçon du match OM-PSG

Après les incidents (foules agglutinées aux portes, fumigènes introduits malgré les fouilles) survenus samedi au Stade de France, l’une des cibles des attentats du 13 novembre, qui ont mis le gouvernement français sous pression à trois semaines du début de l’Euro-2016 (10 juin-10 juillet), Bernard Cazeneuve a assuré que la finale de la Coupe de France ayant opposé l’OM au PSG n’avait “pas valeur de test pour l’Euro”.

“Ce n’était pas le même public, pas le même organisateur, ni le même dispositif de sécurité. En revanche, ce qui s’est passé doit être pris en compte et appelle une vigilance accrue (…). L’État est engagé pour la sécurité à l’extérieur des fans-zones et des stades. Pour les fans-zones, les villes sont en charge du filtrage avec l’aide d’agents de sécurité privée. Enfin, à l’intérieur des stades, c’est l’UEFA qui opère”, a détaillé le ministre.

Le maintien des fans-zones

Il a de nouveau défendu la décision de maintenir les “fans-zones”, qui accueilleront 7 millions de visiteurs dans les dix villes hôtes pendant l’Euro. “Les fans-zones sont des espaces sécurisés. J’ai pris la décision d’imposer des palpations de sécurité à l’entrée, d’avoir recours à la détection métallique et d’interdire les bagages à l’intérieur. S’il n’y avait pas de fans-zones, les supporters se regrouperaient dans une totale improvisation et le risque serait décuplé”.

Bernard Cazeneuve a indiqué qu’il n’avait pas connaissance de menace spécifique visant l’équipe de France : “Nous n’avons pas, à l’heure qu’il est, de menace spécifique sur telle ou telle équipe, tel ou tel joueur, tel ou tel match ou telle ou telle fans-zone”.

Il n’a pas exclu des interdictions de manifester, alors que la France est en proie à une vive agitation sociale, autour de la Loi travail : “C’est une possibilité ouverte, dès lors que la sécurité ne peut pas être garantie par la mobilisation des forces de l’ordre”.

Avec AFP

Première publication : 25/05/2016

Alors que le bras de fer continue entre le gouvernement et les grévistes des raffineries françaises, le mouvement s’étend aux centrales nucléaires. Il devrait entraîner des baisses de charge, mais non l’arrêt des centrales.

La contestation liée à la Loi travail monte encore d’un cran. Après le blocage des raffineries, les personnels des 19 centrales nucléaires françaises ont voté la grève pour la journée du jeudi 26 mai, a annoncé Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la Fédération de l’énergie et des mines de la CGT.

Le mouvement, qui devait débuter mercredi à partir de 20 h, devrait entraîner des baisses de charge, mais non l’arrêt des centrales, a-t-elle toutefois précisé. “On n’arrête pas une centrale nucléaire comme ça, ce n’est pas comme une centrale thermique ou un barrage hydraulique”, a-t-elle expliqué.

Outre le mouvement dans les centrales nucléaires, les personnels d’au moins quatre centrales thermiques classiques ont également décidé de cesser le travail et il y aura le blocage d’une unité de stockage de gaz dans le sud de la France. D’après un autre porte-parole de la CGT Energie, trois centrales thermiques sont déjà à l’arrêt: Cordemais (Loire-Atlantique), Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Porcheville (Yvelines).

Des coupures électriques ont déjà eu lieu mardi dans plusieurs quartiers de Nantes ainsi que dans le plus grand centre commercial d’Europe à Marseille. Interrogé par l’AFP, un porte-parole d’EDF a déclaré qu’il était “‘difficile” de prévoir les conséquences de ces mouvements de contestation sur la production électrique. Le parc nucléaire français représente 75 % de la production d’électricité dans l’Hexagone.

Douchy-les-Mines évacué

Du côté des raffineries, le dépôt de Douchy-les-Mines (Nord), dont l’accès était occupé depuis jeudi par des syndicalistes opposés au projet de loi, a été dégagé mercredi à l’aube par les forces de l’ordre. La veille, celles-ci étaient intervenues pour débloquer les accès aux dépôts pétroliers de Fos-sur-Mer, dans le Sud-Est, et de Lorient, en Bretagne.

>> À lire sur France 24 : “La police débloque les accès au dépôt de carburant de Douchy-les-Mines”

L’hypothèse d’une réquisition d’employés dans les raffineries en grève n’a “pas été évoqué(e)”, a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, qui dénonce le “durcissement” opéré par la CGT dans la contestation du projet de Loi travail.

“L’État et le gouvernement feront ce qu’il faut pour libérer un certain nombre de ces raffineries ou de ces stocks et pour assurer l’approvisionnement pour les Français”, a réaffirmé le porte-parole du gouvernement, après Manuel Valls mardi.

Face aux problèmes d’approvisionnement en carburant, la France a commencé à puiser dans ses réserves stratégiques de produits pétroliers, a indiqué mercredi Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). “Chaque jour, on ponctionne l’équivalent d’un jour de consommation”, a-t-il ajouté. “Donc, au pire, si la situation restait très tendue, on ferait ça pendant trois mois”.

>> À voir sur France 24, l’infographie : “Les huit raffineries françaises fonctionnent-elles encore ?”

La mobilisation va continuer, selon la CGT

Le bras de fer s’est durci mardi entre le gouvernement et la CGT, qui tente de paralyser l’économie française en organisant notamment une pénurie de carburant pour obtenir du pouvoir socialiste le retrait de la réforme du Code du travail.

Et le conflit devrait encore s’amplifier mercredi et jeudi, avec une nouvelle grève à la SNCF, à l’appel de la CGT et de SUD, à la fois contre la Loi travail et pour peser sur les négociations en cours sur les conditions de travail des cheminots. Le trafic SNCF était perturbé mercredi matin mais “moins que la semaine dernière” avec 3 TGV sur 4 et 4 RER sur 5 en circulation, a indiqué un porte-parole de la SNCF. En province, la SNCF annonce 2 TER sur 3 et 6 Intercités sur 10. Il s’agit du cinquième épisode de grève des cheminots depuis début mars.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a assuré que la mobilisation allait “continuer”. “Monsieur Hollande, dans son programme des élections présidentielles, n’a jamais dit ‘je vais casser le code du travail'”, a-t-il déclaré sur France Inter. “Au-delà de la Loi travail, c’est toute une série de choses qui ne va pas, et la Loi travail, en quelque sorte, c’est le reflet de tout ce mécontentement que nous connaissons depuis des années.”

Avec AFP et Reuters

Première publication : 25/05/2016

Face aux problèmes d’approvisionnement en carburant la France puise depuis deux jours dans ses réserves. La police a levé mercredi les barrages des syndicalistes de la raffinerie de Douchy-les-Mines, qui manifestaient contre la Loi travail.

La France a commencé à puiser dans ses réserves stratégiques de produits pétroliers “depuis deux jours” pour faire face aux problèmes d’approvisionnement en carburant liés au blocage de nombreuses raffineries, a indiqué mercredi 25 mai Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). “Chaque jour, on ponctionne l’équivalent d’un jour de consommation”, a-t-il ajouté. “Donc, au pire, si la situation restait très tendue, on ferait ça pendant trois mois” a-t-il estimé.

“La situation est tendue”, a reconnu Francis Duseux en estimant que les consommateurs “contribuent un peu” au problème. “On remplit tous nos réservoirs par précaution, parce qu’on a peur, et la consommation est multipliée par trois, voire par cinq dans certaines zones”, a-t-il expliqué. Or, “on n’est pas équipé pour ça” au niveau logistique.

Réagissant mercredi lors du conseil des ministres, François Hollande a déclaré que “tout serait mis en œuvre pour assurer l’approvisionnement [de carburant] aux Français et à l’économie”, d’une manière “déterminée et sereine”, selon des propos rapportés par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Les explications de notre journaliste

Raffinerie de Douchy-les-Mines débloquée

En outre, pour faire face au risque de pénurie, le gouvernement a fait appel aux forces de l’ordre. Après Fos-sur-Mer dans le sud de la France, les barrages devant le dépôt de carburants de Douchy-les-Mines, dans le Nord, ont été levés mercredi à l’aube par la police anti-émeute. L’accès à cette raffinerie était bloqué depuis le jeudi 29 mai par des syndicalistes opposés à la loi Travail.

“On a levé tous nos barrages, le dépôt de carburant a été débloqué sans heurts”, a indiqué Willy Dans, porte-parole du syndicat Sud dans le Valenciennois, présent sur place. “Les CRS sont allés vite, ils ont utilisé le canon à eau. On sent les forces de l’ordre sur les nerfs”, a ajouté le syndicaliste qui a constaté que vingt camions de CRS avaient été mobilisés pour effectuer cette opération.

L’intervention des forces de l’ordre a débuté vers 5 heures pour dégager l’accès à cet important dépôt de carburants situé près de Valenciennes. Environ 80 militants de la CGT et de Sud étaient encore présents mercredi matin, selon un photographe de l’AFP présent sur place qui a assisté à l’intervention.

Vers 6 heures, les pompiers étaient en train de dégager la route et éteignaient des feux de pneus. De très nombreuses stations services étaient vides dans les environs de Valenciennes, ce qui a poussé les gens à se rendre dans la proche Belgique pour faire le plein.

20 % des stations-service “en difficulté” d’approvisionnement

Mardi, la préfecture du Nord avait indiqué qu’environ un cinquième des stations services du département étaient à sec. Le même jour, le secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies, a également annoncé que 20 % des quelque 12 000 stations-service françaises étaient “en difficulté” d’approvisionnement. À l’Assemblée nationale, il a confirmé que le gouvernement garantirait “la liberté d’accès aux dépôts” pour desservir l’ensemble des stations-service.

Le conflit autour des sites pétroliers, au cœur de la contestation du projet de Loi travail, s’est durci mardi, avec une intervention policière musclée pour débloquer le site de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). La CGT a condamné “un usage inacceptable de la violence” tandis que le Premier ministre Manuel Valls a réaffirmé qu’il n’y aurait “pas de retrait” du projet de Loi travail et que “d’autres sites [de raffinerie] seront libérés”.

Trois TGV sur quatre en circulation

Six raffineries, sur les huit que compte le pays, sont à l’arrêt ou tournent au ralenti, particulièrement celles de Total. Les sites de Feyzin (Rhône) et Gonfreville-L’Orcher (Seine-Maritime) sont ainsi totalement à l’arrêt, tandis que celui de Grandpuits (Seine-et-Marne) est en cours d’arrêt total, que “quelques unités” ne fonctionnent plus à Donges (Loire-Atlantique) et que La Mède (Bouches-du-Rhône) fonctionne toujours “en débit réduit”.

Le conflit va encore s’amplifier mercredi et jeudi, avec une nouvelle grève à la SNCF, à l’appel de la CGT et de SUD, à la fois contre la Loi travail et pour peser sur les négociations en cours sur les conditions de travail des cheminots.

Avec AFP

Première publication : 25/05/2016

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Les ministres des Finances de la zone euro se sont accordés mercredi sur le déblocage de nouveaux prêts à la Grèce, d’un montant total de 10,3 milliards d’euros. Des “mesures progressives” ont également été décrétées pour alléger la dette d’Athènes.

“Nous sommes arrivés à un accord”, s’est félicité le président de l’eurogroupe Jeroen Dijsselbloem à l’issue d’une réunion cruciale des 19 ministres des Finances de la zone euro. Dans la nuit de mardi à mercredi 25 mai, au terme de près de onze heures de discussion, ces grands argentiers de la monnaie unique ont décidé de débloquer de nouveaux prêts d’un montant total de 10,3 milliards d’euros pour la Grèce, le pays ayant acté les réformes qui lui avaient été demandées. Il s’agit du troisième plan d’aide à Athènes depuis 2010.

Une première tranche de 7,5 milliards d’euros sera déboursée dès juin, suivie d’autres dont les montants et la date exacts n’ont pas été complètement détaillés.

“C’est quelque chose dont je n’aurais pas osé rêver il y a un mois […] C’est un moment important dans le long programme grec, un important moment pour chacun d’entre nous, depuis l’été dernier, quand nous avons connu une crise majeure de confiance entre nous”, a ajouté Jeroen Dijsselbloem, qui est aussi ministre néerlandais des Finances, lors d’une conférence de presse.

>> À voir sur France 24 : en 2015, Alexis Tsipras s’est heurté à l’intransigeance européenne

“C’est un important moment pour la Grèce après tant de temps”, s’est quant à lui réjoui le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos.

Cet argent frais permettra à l’État grec de rembourser les factures impayées accumulées et defaire face à une échéance de remboursement de quelque 2,2 milliards d’euros à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet.

“Les autorités grecques ont fait preuve de responsabilité”, a loué le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Ce dernier a mentionné la réforme des retraites adoptée début mai et le vote dimanche dernier par le Parlement grec d’un projet de loi prévoyant un mécanisme de correction automatique en cas de dérapage budgétaire et des mesures supplémentaires pour accélérer les privatisations et augmenter les taxes indirectes. Des décisions impopulaires contre lesquelles avaient manifesté plus de 10 000 personnes ce week-end à Athènes.

Allègement de la dette

Plus important encore, les ministres des Finances se sont mis d’accord sur le principe d’un allègement de la dette grecque, la plus élevée de toute la zone euro, en 2018, via un paquet de mesures. La dette grecque s’élève à près de 180 % du PIB national. Ces mesures seront mises en œuvre “progressivement”.

Cet allègement devrait permettre à la Grèce de se conformer aux critères du plan de sauvetage.

Défendue avec insistance par le FMI mais jugée prématurée par Berlin, cette promesse a permis l’adhésion de l’organisation internationale au programme de renflouement.

“Nous saluons le fait que tout le monde reconnaisse désormais maintenant que la dette grecque n’est pas viable”, a affirmé le directeur du département Europe du FMI Poul Thomsen, présent à la conférence de presse finale.

Berlin, premier créancier de la Grèce, avait été longtemps opposé à toute promesse d’allègement de la dette grecque, avant la fin du troisième programme d’aide, en 2018, ou plus particulièrement avant les législatives allemandes de 2017. Mais l’Allemagne tenait également à ce que le FMI participe au programme. Elle estime en effet que le fonds, expérimenté dans les plans de sauvetage, est garant d’une certaine rigueur.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 25/05/2016