Archive for May 26th, 2016

Censée être une mesure exceptionnelle, la vidéosurveillance continue des cellules pourrait être appliquée à d’autres détenus que Salah Abdeslam. Cette décision pose de sérieuses questions éthiques pour les défenseurs des droits des prisonniers.

La France franchit un nouveau pas vers la vidéosurveillance 24 heures sur 24 des détenus “dont l’évasion ou le suicide pourrait avoir un impact important sur l’ordre public”. Ce traitement exceptionnel, décidé à la suite de l’incarcération et la mise en examen il y a un mois exactement de Salah Abeslam, a été validé le 20 mai par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

Depuis son transfert à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) le 27 avril, le principal suspect encore en vie des attaques en 13-Novembre à Paris et Saint-Denis est placé à l’isolement sous la surveillance non-stop d’une caméra à la demande du Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas. Ce dispositif de surveillance n’étant autorisé par aucune loi, le ministère de la Justice s’est attelé à la rédaction d’un arrêté attendu avant la fin du mois de mai afin de “régulariser” la situation.

Selon l’AFP, le nouveau texte autorisera la vidéosurveillance des détenus “dont l’évasion ou le suicide pourrait avoir un impact important sur l’ordre public, eu égard aux circonstances particulières à l’origine de leur incarcération, et l’impact de celles-ci sur l’opinion publique”. Ce qui signifie que le Garde des Sceaux n’exclut pas d’étendre le traitement au cas par cas à d’autre détenus : d’autres présumés terroristes, ou par exemple des pédophiles jugés dans des affaires très médiatisées ou suscitant l’émoi.

On se souvient du tollé provoqué par le suicide de Yassine Salhi, l’homme qui avait décapité son patron dans une mise en scène islamiste et qui s’est pendu fin 2015 dans sa cellule à Fleury-Mérogis. Ou encore l’émoi provoqué par la mort de ce directeur d’école de Villefontaine (Isère), mis en examen il y un an pour des viols sur des élèves et qui s’était pendu avant que n’ait pu avoir lieu son procès. “C’est donc l’émotion suscitée dans l’opinion publique qui va décider alors qu’on est face à une question qui remet en cause la dignité humaine”, s’indigne Camille Rosa de l’Observatoire international des prisons (OIP), qui dénonce une mesure prise “en dehors de tout cadre légal”.

Contraire aux droits humains

Jusqu’ici la vidéosurveillance en prison était limitée aux couloirs, aux zones d’accès, d’ateliers et dans les cellules de protection d’urgence pour une durée limitée de 24 heures seulement. Ces cellules dites “lisses” sont des pièces sans “point d’accroche”, où la fenêtre ne peut être ouverte, et où le mobilier est “scellé” au sol. Elles sont réservées aux détenus en “crise suicidaire aiguë” pour une durée renouvelable de 24 heures. “Ce dont on s’est aperçu jusqu’ici, c’est que ces mesures étaient perçues comme extrêmement agressives et invasives pour le détenu jugé en ‘crise suicidaire'”, note Camille Rosa.

“C’est un principe basique, tout être humain a besoin d’intimité. Être surveillé 24 heures sur 24 toute une vie peut engendrer des comportements d’hypervigilance, un sentiment de persécution chez des personnes qui sont déjà paranoïaques, des passages à l’acte agressifs, des états dépressifs”, explique le Dr Michel David, président de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP).

“N’avoir absolument aucun espace d’intimité, pour des personnes qui vont passer leur vie en prison, c’est assimilable à une forme de torture”, dénonce Sarah Dindo, auteure de “Sanctionner dans le respect des droits de l’Homme : Les alternatives à la détention”. Le droit à “disposer d’un espace privé” est reconnu par la Cour européenne des droits de l’Homme, rappelle la spécialiste qui s’étonne de l’approbation de la Cnil sur cette question sensible.

Une mesure contre-productive

L’OIP va plus loin en se demandant si l’exécutif n’est pas train de renforcer précisément ce qu’il entend combattre. “Le risque suicidaire, déjà très fort en détention (sept fois plus élevé qu’en liberté), augmente encore lorsque le régime de détention est particulièrement sévère…”, pointe Camille Rosa. “En imposant de telles conditions de détention, humainement difficilement supportables, on fragilise psychologiquement le détenu et on contribue au renforcement du risque d’un passage à l’acte”, explique-t-elle.

Pour sa défense, le ministère de la Justice a tout de même prévu une “zone d’intimité” où les images restituées par la caméra seraient “opacifiées”. Et le projet d’arrêté stipule qu’il n’y aura “pas d’enregistrement sonore”.

À quelques jours de la publication de l’arrêté qui officialisera cette petite révolution dans le monde carcéral, de nombreuses questions restent encore sans réponse, dont celle du coût de la mesure à l’heure où les effectifs manquent cruellement. Aujourd’hui, la France compte un gardien de prison pour 100 détenus, or la surveillance des écrans 24 heures sur 24 impliquera d’affecter des gardiens à temps plein sur cette tâche. “Il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment des conditions de vie des autres détenus”, s’inquiète aussi Sarah Dindo.

Première publication : 27/05/2016

Depuis le Japon où il participe au G7, le président François Hollande a prévenu qu’il “tiendrait bon” concernant la loi Travail contestée, parce qu’il estime qu’il s’agit d’une “bonne réforme”. Les syndicats ont appelé à poursuivre la mobilisation.

“Je tiendrai bon”, a prévenu François Hollande. Depuis le Japon où il participe au sommet du G7, le président français a ainsi évoqué vendredi 27 mai la mobilisation sociale contre la loi Travail et les blocages en cours depuis plusieurs semaines à l’appel des syndicats. Il a notamment mis en garde les auteurs de ces actions contre le danger de “mettre en difficulté” une économie qui “repart” en France.

“En ce moment, notre économie repart, je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, et ce qui vient de se passer au G7 me conforte dans cette idée puisque cette reprise, elle est vraie en France, elle est vraie en Europe, elle est vraie aux États-Unis. Mais en France, elle est incontestable”, a déclaré le chef de l’État devant la presse.”Alors ce n’est pas le moment de mettre en difficulté l’économie française”, a-t-il affirmé.

François Hollande s’est en outre dit déterminé à faire aboutir le projet de loi

contesté par certains syndicats qui ont organisé jeudi une huitième journée de mobilisation et durci ces derniers jours le mouvement avec des grèves dans des secteurs stratégiques comme le pétrole et les centrales nucléaires.

Comme le Premier ministre Manuel Valls la veille, le chef de l’État a promis de défendre les libertés de circuler et de travailler, alors que la pénurie d’essence menace en raison du blocage de raffineries et de dépôts de carburant.

À ce sujet, le secrétariat d’État aux Transports, a fait savoir vendredi que tous les dépôts pétroliers qui étaient bloqués en France par des opposants au projet de loi travail avaient été libérés, à l’exception d’un seul en grève. Les patrons des secteurs pétroliers et des Transports seront reçus samedi à 11 h à l’Hôtel Matignon par le Premier ministre.

Vidéo : situation tendue dans les stations-services de Paris



Les syndicats appellent à amplifier la mobilisation

De leur côté, les sept organisations hostiles au projet de loi Travail, CGT et Force ouvrière (FO) en tête, appellent vendredi à “amplifier la mobilisation”, au lendemain de manifestations qui ont rassemblé entre 154 000 et 300 000 personnes. Ils fixent rendez-vous le 14 juin à Paris pour une manifestation nationale, quatre jours après le coup d’envoi de l’Euro au Stade de France.

Appel à une nouvelle journée de mobilisation le 14 juin

Tract #FO14Juin – Toutes et tous pour le retrait du projet de #loiTravailhttps://t.co/UHlzS6vedE

— Force Ouvrière (@force_ouvriere) 27 mai 2016

Sans la citer directement, François Hollande a dénoncé les pratiques de la CGT, en première ligne dans la contestation.”On ne peut pas accepter qu’il y ait une centrale syndicale, qui a son histoire, qui puisse dire ce qu’est la loi ou ce que ne doit pas être la loi”, a jugé le chef de l’État.

À la Rochelle, les dockers bloquaient vendredi les accès au port autonome, le 6e port maritime français, un mouvement qui pourrait être reconduit en soirée pour 24 heures supplémentaires, a-t-on appris auprès de la CGT et d’entreprises au port.

Les dockers, au nombre de 120 environ en fin de matinée, ont commencé jeudi après-midi leur blocus des accès routiers au port, en contestation de la loi travail, a indiqué à l’AFP Yvonne Gaborit, présidente de l’Union départementale-CGT de Charente-Maritime. Le blocage devrait durer “au moins jusqu’à ce (vendredi) soir, lorsqu’ils se prononceront sur la poursuite du mouvement pour 24 heures”.

“Il n’y a aucun mouvement sur les quais”, a confirmé à l’AFP en fin de matinée vendredi la société d’importation de bois exotiques Abex.” Les accès sont totalement bloqués. Seuls les piétons peuvent entrer dans la zone portuaire.”

Tensions



Par ailleurs, les blocages qui durent depuis plusieurs jours déjà suscitent de plus en plus de tension. À Nantes, environ 150 commerçants, chefs d’entreprises et représentants d’organisations patronales se sont rassemblés vendredi devant la préfecture de Loire-Atlantique pour demander l’arrêt du “blocage de l’économie et de l’emploi” dans le cadre de la mobilisation contre la Loi travail.

“Liberté de circuler, de travailler” ou “La majorité silencieuse en colère : CGT moins de 3 % des travailleurs, 100 % des nuisances”, proclamaient ainsi quelques pancartes brandies par les manifestants, réunis à l’appel de plusieurs organisations patronales, dont le Medef de Loire-Atlantique, de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nantes/Saint-Nazaire.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/05/2016

Le procès de 15 employés d’Air France, dont cinq adhérents de la CGT, jugés pour l’épisode de la “chemise arrachée” du DRH d’Air France lors d’une manifestation en octobre dernier, a été renvoyé vendredi aux 27 et 28 septembre.

Le procès des salariés d’Air France poursuivis pour violences et dégradations aggravées dans l’affaire de la “chemise arrachée”, lors du comité central d’entreprise du 5 octobre 2015, a été renvoyé, vendredi 27 mai, aux 27 et 28 septembre.

“Le tribunal a estimé que cette affaire devait revenir sur deux jours”, afin d’entendre toutes les parties et témoins, a déclaré le président du tribunal.

Le procès, ouvert vendredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny, n’était prévu que sur une journée, pour 15 prévenus, tous salariés de la compagnie aérienne française. Ils devaient comparaître devant le tribunal correctionnel : cinq d’entre eux pour “violences en réunion”, qui encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, et dix pour “dégradations” lors de la manifestation du 5 octobre.

Ce jour-là, le directeur des ressources humaines, Xavier Broseta, et un responsable de l’activité long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie par des salariés furieux après l’annonce de 2 900 suppressions de postes. Certains s’en étaient également pris physiquement aux vigiles qui avaient tenté de protéger les deux responsables.

Miguel Fortea, numéro un de la CGT Air France, a dénoncé un “procès totalement injuste” fait à “des boucs émissaires pris pour l’exemple”. C’est “un dossier hautement politique de criminalisation de l’action syndicale. Pendant ce temps-là, on ne parle pas du fond du problème, les suppressions d’emplois” à l’origine des débordements.

Plan social à AIR France – Le DRH forcé de fuir torse nu par dessus un grillage

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/05/2016

Après une nouvelle baisse du chômage en avril en France, c’est la confiance des ménages qui est en hausse au mois de mai, selon les données publiées vendredi par l’Insee.

La confiance des ménages s’est nettement améliorée en France au mois de mai pour atteindre son plus haut niveau depuis octobre 2007, bien qu’elle reste en deçà de sa moyenne de longue durée, selon les données publiées vendredi 27 mai par l’Insee.

L’indicateur synthétisant cette confiance gagne quatre points, à 98. Les économistes interrogés par Reuters s’attendaient en moyenne à une stabilisation de l’indice à 94, son niveau du mois d’avril.

En mai, l’opinion des ménages sur leur situation financière personnelle passée est stable pour le quatrième mois consécutif. En revanche, leur opinion sur leur situation financière future s’améliore nettement, le solde correspondant gagnant 4 points. Les deux soldes restent cependant inférieurs à leur moyenne de longue période.

>> À lire sur France 24 : “France : le chômage poursuit sa baisse en avril pour le deuxième mois consécutif”

La proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants augmente nettement, le solde correspondant gagnant 7 points et progressant au-dessus de sa moyenne de long terme.

Le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne est stable, à son niveau moyen de longue période. En revanche, celui concernant leur capacité d’épargne future diminue de 2 points et repasse légèrement au-dessous de sa moyenne de long terme.

Chute des craintes des ménages concernant le chômage

Les ménages sont plus nombreux qu’en avril à estimer qu’il est opportun d’épargner (+3 points), le solde retrouvant son niveau de mars, nettement inférieur cependant à sa moyenne de longue période.

L’opinion des ménages sur le niveau de vie future en France s’améliore fortement (+9 points), tout comme celle sur le niveau de vie passé (+10 points).

Les craintes des ménages concernant le chômage chutent en mai, le solde correspondant perd 28 points et devient inférieur à sa moyenne de long terme. Il atteint ainsi son plus bas niveau depuis juin 2008.

Les ménages sont plus nombreux qu’en avril à estimer que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois, le solde correspondant gagnant 3 points. À l’inverse, la proportion de ménages considérant que les prix augmenteront au cours des douze prochains mois diminue de 3 points.

AFP

Première publication : 27/05/2016

À l’aide d’un effet d’optique, l’artiste JR, célèbre pour ses collages géants, a réussi à faire disparaître la pyramide du Louvre sur le parvis du plus grand musée du monde.

Le Louvre comme vous ne l’avez jamais vu. À l’aide d’un savant effet d’optique, l’artiste français JR, connu pour ses portraits photographiques géants, est parvenu à faire “disparaître” la célébrissime pyramide du Louvre, sur le parvis du plus grand musée du monde. Derrière cette prouesse, une idée simple : un collage et un trompe-l’œil.

JR a collé sur l’un des pans de la pyramide d’I.M. Pei une photographie reproduisant la façade de l’aile du musée située derrière elle, donnant ainsi l’impression que l’emblème du Grand Louvre a été effacé. Pour que l’effet soit parfait, il faut contempler la pyramide depuis un point précis.

JR a fait disparaître la Pyramide du Louvre

Faire disparaître pour saluer cette oeuvre de Pei, décriée à l’époque pic.twitter.com/prAGhT0bLb

— Jérôme Coumet (@jerome_coumet) 26 mai 2016

“J’aime quand une image rentre dans notre champ de vision, surtout une image d’un endroit qui est photographié des millions de fois”, a déclaré JR lors d’un point de presse, mercredi 25 mai. “J’espère qu’il y a une image qui restera dans l’inconscient collectif, celle où la pyramide n’a plus existé”, a ajouté le photographe qui se dit “très fasciné par la magie”.

En place jusqu’au 27 juin, l’intervention de JR s’accompagne d’un programme-marathon de 24 heures à compter de samedi 28 mai. Se succèderont une masterclass, des images d’un film en cours de tournage, réalisé par Agnès Varda et JR, des tours du magicien Yann Frisch dans les salles du musée et un concert au long cours (6 heures) des musiciens Nils Frahm et Olafur Arnalds.

Revivez l’installation de JR sur la pyramide du #Louvre#JRauLouvre#JR#timelapse#mai2016https://t.co/W0itt8rDFk

— Musée du Louvre (@MuseeLouvre) 25 mai 2016

Après avoir commencé comme graffiteur – “j’étais nul”, dit-il aujourd’hui –, JR s’est converti à la photographie. Âgé de 33 ans, il est aujourd’hui un artiste coté, spécialiste des collages monumentaux déployés dans le monde entier, des favelas de Rio à Shanghai, de New York au Népal.

>> À voir sur France 24 : l’artiste JR fait entrer plus de 4 000 illustres inconnus au Panthéon

Avec AFP

Première publication : 27/05/2016