Archive for May 30th, 2016

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Facebook, Twitter, YouTube et Microsoft ont signé mardi un accord avec l’Union européenne pour mettre en place des mesures de lutte contre la multiplication des contenus haineux sur leurs plateformes.

Promis juré, dorénavant ils feront plus et plus vite pour lutter contre la propagation des discours haineux sur leurs plateformes en Europe. Twitter, Facebook, YouTube (Google) et Microsoft ont signé un premier “code de bonne conduite” de la modération soumis par Bruxelles, a annoncé la Commission européenne, mardi 31 mai.

Ces géants américains du Net, régulièrement accusés sur le Vieux continent de laxisme à l’égard des commentaires haineux ou de la propagande terroriste, se sont ainsi engagés à examiner la “majorité des signalements valides” en “moins de 24 heures” après leur réception et à supprimer des contenus si nécessaire.

“24 heures chrono”

Cette modération en “24 heures chrono” est la principale mesure de ce “code de conduite”. Facebook & Co. vont aussi “identifier” et “promouvoir” davantage les contre-discours, notamment concernant la propagande jihadiste. Cette méthode est devenue en France l’un des piliers de la lutte contre la radicalisation en ligne, comme le rappelle Le Monde. Le Premier ministre Manuel Valls en avait ainsi fait l’un des axes de son plan de lutte contre le terrorisme en mai.

Cet accord vise aussi à renforcer les liens entre ces multinationales américaines et les autorités nationales des pays membres de l’UE pour rendre la riposte à la propagation de contenus haineux plus rapide et efficace. Le texte fait ainsi référence à des personnes “contacts” spécifiques et des “relais de confiance” dans chaque pays.

Pour les principaux réseaux sociaux, ce “code de conduite” résulte de plusieurs mois de relations tumultueuses avec les États européens sur la question de la lutte contre les contenus haineux sur Internet.

“Testing” en France

En France, Facebook, Twitter et YouTube avaient été sévèrement critiqués le 11 mai par plusieurs associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Ces dernières avaient effectué un “testing” des pratiques de modération de ces plateformes pendant une semaine en signalant de concert des contenus condamnables. Conclusion : les réseaux sociaux n’avaient pas la main très lourde concernant la modération. Ainsi, en une semaine, YouTube n’avait supprimé que 7 % des vidéos qui lui avaient été signalées et Facebook n’avait fait disparaître qu’un tiers des messages jugés haineux.

En Allemagne, Facebook a été accusé par Angela Merkel en personne d’être trop laxiste à l’égard de la multiplication des messages racistes à l’encontre des réfugiés. Le ministre allemand de la Justice Heiko Maas avait même qualifié la politique de modération du roi des réseaux sociaux de “farce”.

Reste à savoir si ce code de bonne conduite aboutira à autre chose qu’à se donner bonne conscience. Modérer le flot continu de contenus qui se déversent sur ces plateformes demande un investissement humain conséquent.

Risque insidieux

Il existe un risque plus insidieux. Celui de voir les propagandistes jihadistes utiliser ces plateformes pour entrer en contact avec des proies potentielles grâce à des messages anodins pour ensuite les inviter à poursuivre le dialogue dans des recoins moins exposés et plus anonymes du Web où leur matraquage pourrait être déversé sans crainte.

C’est déjà ce qui a valu à l’application de messagerie sécurisée Telegram une partie de sa notoriété : elle a les faveurs des partisans du groupe terroriste État islamique (EI) qui apprécient de pouvoir y discuter à l’abri des oreilles des services de lutte contre le terrorisme.

La Commission européenne a conscience des limites de ce type d’accord. Elle a prévu une première évaluation de l’efficacité de ce texte avant la fin de l’année.

Première publication : 31/05/2016

François Hollande était à Bordeaux, mardi, pour inaugurer la flambant neuve Cité du vin. Un hommage au secteur viticole français sur les terres d’Alain Juppé, un rival potentiel lors de l’élection présidentielle de 2017.

Président de gauche en exercice et actuel favori de la primaire de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2017 : le casting de l’inauguration de la Cité du vin avait des airs de débat électoral, mardi 31 mai à Bordeaux. À ceci près que l’ambiance était détendue entre François Hollande et Alain Juppé.

“Je vais finir par me dire que vous aimez les inaugurations bordelaises”, s’est amusé le maire de Bordeaux, Alain Juppé, rappelant que François Hollande en était à sa troisième inauguration dans sa ville depuis 2013. “J’étais ici, encore ici, toujours ici”, a répondu le chef de l’État en maniant une ironie feutrée.

Les flèches d’Alain Juppé ont plutôt été décochées en direction de ses rivaux à droite, et plus largement de ceux qui le raillent sur son âge : “Les hommes sont comme les vins : avec le temps, les bons s’améliorent et les mauvais s’aigrissent”, a-t-il lâché, citant Cicéron.

Protestations contrôlées

Même les militants opposés à la Loi travail, qui s’étaient déplacés en nombre, n’ont pas pu gâcher la fête. Près d’un millier de manifestants s’étaient réunis aux abords de la Cité du vin mais ont été maintenus par un service d’ordre à quelque 600 mètres de la cérémonie.

Des syndiqués CGT du secteur de l’énergie ont alors provoqué une coupure d’alimentation électrique dans le quartier pour perturber la cérémonie des discours protocolaires. De nouveau, si une partie de la Cité du vin a effectivement été privée de courant, le discours présidentiel n’a pas été affecté, un groupe électrogène ayant pris le relais dans l’auditorium.

Plaidoyer pour les AOC

Tout de même venu vanter les mérites du secteur viticole français, le président François Hollande s’est livré à un plaidoyer en faveur des appellations d’origine, assurant que la France ne sacrifierait pas ses intérêts “à l’obtention d’un accord” de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis (Tafta). La France “défend et défendra les AOC partout dans le monde”, a insisté le chef de l’État.

“La viticulture est un enjeu économique majeur pour la région, pour la France, mais c’est d’abord un art de vivre, un plaisir qui ne se goûte vraiment que dans la modération”, a souligné le maire de Bordeaux.

La Cité du Vin, dont la mairie est le principal financeur du projet (à hauteur de 38 % avec 81 millions d’euros), ouvrira au public mercredi 1er juin. Elle se veut un lieu pédagogique et culturel, mais aussi une attraction architecturale et touristique, avec son étonnante silhouette en rondeurs.

Avec AFP

Première publication : 31/05/2016

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Plusieurs contrats d’une valeur de 3,4 milliards d’euros pour réaliser un gigantesque tunnel sous la mer entre l’Allemagne et le Danemark ont été signés lundi. Mais le sort écologique et touristique d’une île pourrait tout remettre en cause.

Le tunnel du siècle va-t-il voir le jour ? Le géant français Vinci, l’un des principaux partenaires du consortium Femern Link Contractors en charge du chantier, a annoncé, lundi 30 mai, la signature de trois contrats d’une valeur totale de 3,4 milliards d’euros pour aider à relier, sous la mer, l’Allemagne et le Danemark.

Ces contrats ne représentent qu’une partie d’un vaste projet à près de 10 milliards d’euros qualifié comme le plus long tunnel immergé au monde pour le trafic routier et ferroviaire. Sa construction prendra des années. Il doit relier, sur 17 km sous la Baltique, le Land de Schleswig-Holstein à la région danoise du Lolland-Falster. C’est certes moins long que le tunnel sous la Manche (39 km immergés), qui est, cependant, réservé aux trains.

Deux heures trente au lieu de quatre heures

Les automobilistes pourront relier Hambourg et Copenhague en deux heures et demie. Un trajet qui dure aujourd’hui plus de quatre heures et nécessite de faire un détour de 160 kilomètres par les terres du Jutland (région danoise frontalière au nord de l’Allemagne).

Les Danois sont les plus enthousiastes à propos de ce projet. Leur Parlement a donné son feu vert le 4 mars. Ils sont prompts à en souligner les avantages économiques. Des trajets plus courts entre les deux pays devraient multiplier les opportunités commerciales pour le Danemark. Ce serait même une aubaine pour tous les pays nordiques qui auraient, ainsi, un accès plus rapide au marché de la première puissance économique européenne. Enfin, l’industrie du tourisme en sortirait grandie dans les deux pays puisque les Allemands et les Danois pourrait plus aisément visiter le voisin le temps d’un week-end.

Le Danemark a tout intérêt à être optimiste pour les retombées économiques de ce tunnel. Le pays finance, tout seul, la construction du tunnel. Un chantier évolué à près de 7 milliards d’euros. L’Allemagne ne devrait débourser qu’un peu plus de 2 milliards d’euros pour réaliser les liaisons routières de leur côté de la frontière.

L’île de la discorde

Cette addition très peu équilibrée n’empêche pas l’Allemagne de traîner des pieds. L’accord entre les deux pays pour construire ce tunnel remonte à 2008 et prévoyait un début des travaux en 2016. Mais les autorités allemandes ont fait savoir en septembre 2015 qu’il n’en serait rien et qu’il faudrait attendre encore au moins deux ans avant qu’un éventuel permis de construire soit délivré.

“Au Danemark, on apprend pourtant à tous les écoliers à quel point les Allemands sont dignes de confiance”, s’agace dans le quotidien Spiegel Stig Romer Winther, l’un des responsables de Fermen Belt Development, une structure danoise qui coordonne les projets économiques autour de ce tunnel.

La cause principale de ce retard : 31 000 objections déposées par des Allemands pour s’opposer à ce tunnel. Elles doivent toutes être étudiées. Et même si les autorités passent outre, “il y a 100 % de chances que des plaintes soient ensuite déposées en justice pour empêcher la construction”, assure au Spiegel Reinhard Meyer, ministre des Transports du Land de Schleswig-Holstein.

Qu’est-ce qui a motivié cette avalanche d’objections ? Le sort de la petite île de Fehmarn émeut les Allemands. L’équilibre écologique du lieu, point d’entrée du tunnel, serait menacé, d’après plusieurs ONG de défense de l’environnement. Le chantier prévu y détruirait l’habitat de la faune locale et l’écosystème sous-marin autour de l’île.

La préservation de l’environnement de Fehmarn est une question sensible pour bon nombre d’Allemands : c’est, en effet, une destination touristique très prisée. La construction du tunnel, le trafic et ses inévitables nuisances sonores en gâcheraient le charme. Pour les habitants de Fehmarn, qui tirent 80 % de leurs revenus du tourisme, ce projet d’infrastructure promet des lendemains qui déchantent.

Les craintes concernant une petite île de 185,4 km² peuvent-elle faire capoter le projet de tunnel routier et ferroviaire le plus long du monde ? Elles peuvent, en tout cas, en retarder largement la construction. Selon les autorités du Land de Schleswig-Holstein, le tunnel ne sera pas achevé avant 2027 au plus tôt. D’ici là, l’enthousiasme danois aura le temps de retomber.

Première publication : 31/05/2016

Lors d’une conférence de presse ce mardi, la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé la création d’un camp humanitaire dans la capitale pour accueillir les migrants. Ce camp, aux normes de l’ONU, devrait voir le jour d’ici “un mois”.

“Refugees Welcome”. Le hashtag a été repris par la mairie de Paris. Anne Hidalgo, l’édile socialiste de la capitale, a annoncé mardi 31 mai depuis l’Hôtel de Ville son intention de créer un camp humanitaire de migrants dans le nord de Paris.

Le lieu précis sera annoncé dans les prochains jours. “Il faut un terrain suffisamment vaste pour accueillir plusieurs centaines de personnes”, a-t-elle précisé. L’ouverture devrait avoir lieu dans un mois.

Les hébergements devront pouvoir etre modulables et installés rapidement. #RefugeesWelcome

— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) 31 mai 2016

Lors de la conférence de presse, Anne Hidalgo a demandé le soutien de l’État. “C’est quelque chose de coûteux […] Je ne doute pas que l’État nous accompagnera mais je ne suis plus en situation d’attendre que d’autres agissent. Nous prenons les devants et nous entraînerons, je l’espère, l’État.”

Pour l’édile de Paris, l’idée est de ne plus voir “ces campements indignes”. Il faut aider “les personnes qui arrivent démunies” pour qu’elles ne soient pas “contraintes d’aller sous des métros”, a déclaré la maire de Paris accompagnée à cette conférence de presse par des associations partenaires du projet : Emmaüs, France Terre d’asile et Aurore.

Comme dans le camp de migrants de Grande-Synthe, construit dans le nord de la France, les hébergements respecteront les “conditions réglementaires édictées par l’ONU”. Ils devront pouvoir être “modulables et installés rapidement”, a expliqué Anne Hidalgo, en promettant de mettre “les bouchées doubles”.

Le camp humanitaire annoncé par @Anne_Hidalgo devrait ouvrir d’ici “un mois, un mois et demi”, dans le nord de Paris 👏👏 #refugeeswelcome

— Daisy Lorenzi (@D_Lorenzi) 31 mai 2016

“Paris ne restera pas sans agir en responsabilité alors que la Méditerrannée devient un cimetière pour les réfugiés […] Il est temps de passer à la vitesse supérieure”, a poursuivi l’élue, en faisant référence aux nombreux naufrages d’embarcations de migrants ces dernières semaines.

On s’oriente vers des logements modulables comme à Grande-Synthe (du type chalets en bois).

— SylvainMouillard (@SMouillard) 31 mai 2016

Opposé dans un premier temps à la création d’un camp humanitaire à Grande-Synthe, l’État est revenu sur sa position et a annoncé lundi 30 mai son intention de prendre en charge le coût de la gestion du camp, estimé à environ 4 millions d’euros par an.


Avec AFP

Première publication : 31/05/2016

La SNCF prévoit 6 TGV sur 10, 4 Transilien sur 10 et 1 TER sur 2 en circulation mercredi, premier jour de la grève prévue par trois syndicats. En région parisienne, si le RER A sera épargné, un tiers des RER B, D et E rouleront et 40 % des RER C.

L’appel à la grève reconductible déposé par trois syndicats représentatifs de la SNCF devrait donner lieu à “un mouvement certes sérieux, mais […] pas de l’ampleur qu’on pouvait imaginer”, a déclaré, mardi 31 mai, le secrétaire d’État français aux Transports, Alain Vidalies.

La compagnie ferroviaire prévoit six TGV sur dix, quatre Transilien sur dix et un TER sur deux en circulation mercredi 1er juin, premier jour complet d’une grève qui doit débuter mardi soir à l’appel de la CGT, de SUD-Rail et du syndicat réformiste Unsa sur fond de contestation contre la Loi travail.

Satisfaite des avancées obtenues lors des négociations avec la direction de la SNCF et le gouvernement, la CFDT a levé lundi son préavis.

La grève à la SNCF aura des conséquences dans la région Ile-de-France, où seuls 40 % des trains doivent être assurés mercredi. Si le RER A sera épargné, environ un tiers des RER B, D et E rouleront mercredi et 40 % des RER C. La ligne R du Transilien sera la plus affectée avec 10 % seulement des trains. Sur les autres lignes, entre un tiers et la moitié circuleront.

“Il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”

“Je continue à négocier. J’espère qu’il y aura demain peut-être un autre syndicat qui se ralliera aux propositions [de la SNCF et du gouvernement, NDLR]”, a déclaré le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, sur France Inter. Prié de préciser sa pensée, il a dit espérer rallier “ceux qui sont le moins loin de nous, évidemment, l’Unsa”.

“La CGT rentre dans le débat en étant pour les 32 heures [de travail par semaine, NDLR]. Je suis désolé de le dire publiquement, mais il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”, a ajouté le secrétaire d’État.

>> Info pratique : les prévisions de trafic à la SNCF

À la RATP, où la CGT appelle à une grève illimitée à partir de jeudi, Alain Vidalies n’anticipe en revanche pas de “perturbations majeures”. “Tout le monde annonce une grande grève à la RATP, il n’y a que la CGT qui a appelé à faire grève à la RATP. Le rapport de force fait qu’il n’y aura pas de ce point de vue-là des perturbations qui seront très importantes”, a-t-il prédit. La RATP annonce ainsi un trafic normal dans le métro et “normal ou quasi normal” dans les bus et les tramways.

Concernant le RER A, le trafic sera aussi normal. En revanche, des perturbations sont attendues sur la ligne B, exploitée à la fois par la RATP et la SNCF. Sur le tronçon sud (RATP), entre gare du Nord et Saint-Rémy, Massy-Palaiseau et Robinson, trois trains sur quatre seront assurés, précise la régie. Le tronçon nord (SNCF) entre gare du Nord et Mitry et l’aéroport de Roissy sera plus affecté, avec un train sur trois.

Premier syndicat à la régie des transports parisiens, la CGT entend ainsi réclamer l’ouverture de négociations salariales et protester contre le projet de réforme du Code du travail voulu par le gouvernement. Mené par la CGT et Force ouvrière (FO), le front des opposants à ce texte a durci ces dernières semaines le mouvement en multipliant les appels à la grève dans les secteurs stratégiques, comme l’énergie, et les transports.

Menace de grève à Air France

Dans l’aérien, l’ensemble des syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) appellent, quant à eux, à la grève du vendredi 3 au dimanche 5 mai pour des revendications purement internes (baisses d’effectifs et renégociation du cadre indemnitaire). Parallèlement, le SNPL, syndicat de pilotes majoritaire à Air France, a voté pour le principe d’une grève dure en juin, contre certaines mesures de productivité que la direction veut mettre en œuvre.

Sur le front de l’approvisionnement en carburants en revanche, la situation s’est améliorée au cours du week-end mais dans plusieurs régions, des entreprises de construction étaient en rupture de ravitaillement et tournaient pour certaines au ralenti.


Avec Reuters et AFP

Première publication : 31/05/2016

La SNCF prévoit 6 TGV sur 10, 4 Transilien sur 10 et 1 TER sur 2 en circulation mercredi, premier jour de la grève prévue par trois syndicats. En région parisienne, si le RER A sera épargné, un tiers des RER B, D et E rouleront et 40 % des RER C.

L’appel à la grève reconductible déposé par trois syndicats représentatifs de la SNCF devrait donner lieu à “un mouvement certes sérieux, mais […] pas de l’ampleur qu’on pouvait imaginer”, a déclaré, mardi 31 mai, le secrétaire d’État français aux Transports, Alain Vidalies.

La compagnie ferroviaire prévoit six TGV sur dix, quatre Transilien sur dix et un TER sur deux en circulation mercredi 1er juin, premier jour complet d’une grève qui doit débuter mardi soir à l’appel de la CGT, de SUD-Rail et du syndicat réformiste Unsa sur fond de contestation contre la Loi travail.

Satisfaite des avancées obtenues lors des négociations avec la direction de la SNCF et le gouvernement, la CFDT a levé lundi son préavis.

La grève à la SNCF aura des conséquences dans la région Ile-de-France, où seuls 40 % des trains doivent être assurés mercredi. Si le RER A sera épargné, environ un tiers des RER B, D et E rouleront mercredi et 40 % des RER C. La ligne R du Transilien sera la plus affectée avec 10 % seulement des trains. Sur les autres lignes, entre un tiers et la moitié circuleront.

“Il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”

“Je continue à négocier. J’espère qu’il y aura demain peut-être un autre syndicat qui se ralliera aux propositions [de la SNCF et du gouvernement, NDLR]”, a déclaré le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, sur France Inter. Prié de préciser sa pensée, il a dit espérer rallier “ceux qui sont le moins loin de nous, évidemment, l’Unsa”.

“La CGT rentre dans le débat en étant pour les 32 heures [de travail par semaine, NDLR]. Je suis désolé de le dire publiquement, mais il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”, a ajouté le secrétaire d’État.

>> Info pratique : les prévisions de trafic à la SNCF

À la RATP, où la CGT appelle à une grève illimitée à partir de jeudi, Alain Vidalies n’anticipe en revanche pas de “perturbations majeures”. “Tout le monde annonce une grande grève à la RATP, il n’y a que la CGT qui a appelé à faire grève à la RATP. Le rapport de force fait qu’il n’y aura pas de ce point de vue-là des perturbations qui seront très importantes”, a-t-il prédit. La RATP annonce ainsi un trafic normal dans le métro et “normal ou quasi normal” dans les bus et les tramways.

Concernant le RER A, le trafic sera aussi normal. En revanche, des perturbations sont attendues sur la ligne B, exploitée à la fois par la RATP et la SNCF. Sur le tronçon sud (RATP), entre gare du Nord et Saint-Rémy, Massy-Palaiseau et Robinson, trois trains sur quatre seront assurés, précise la régie. Le tronçon nord (SNCF) entre gare du Nord et Mitry et l’aéroport de Roissy sera plus affecté, avec un train sur trois.

Premier syndicat à la régie des transports parisiens, la CGT entend ainsi réclamer l’ouverture de négociations salariales et protester contre le projet de réforme du Code du travail voulu par le gouvernement. Mené par la CGT et Force ouvrière (FO), le front des opposants à ce texte a durci ces dernières semaines le mouvement en multipliant les appels à la grève dans les secteurs stratégiques, comme l’énergie, et les transports.

Menace de grève à Air France

Dans l’aérien, l’ensemble des syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) appellent, quant à eux, à la grève du vendredi 3 au dimanche 5 mai pour des revendications purement internes (baisses d’effectifs et renégociation du cadre indemnitaire). Parallèlement, le SNPL, syndicat de pilotes majoritaire à Air France, a voté pour le principe d’une grève dure en juin, contre certaines mesures de productivité que la direction veut mettre en œuvre.

Sur le front de l’approvisionnement en carburants en revanche, la situation s’est améliorée au cours du week-end mais dans plusieurs régions, des entreprises de construction étaient en rupture de ravitaillement et tournaient pour certaines au ralenti.


Avec Reuters et AFP

Première publication : 31/05/2016