Vivendi prend le contrôle de l’éditeur de jeux vidéo Gameloft

Vivendi prend le contrôle de l’éditeur de jeux vidéo Gameloft
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Mercredi, le groupe Vivendi a, sans surprise, officiellement pris le contrôle de l’éditeur français de jeux vidéo sur mobile Gameloft après plus de huit mois de bataille.

Les jeux sont faits. Vivendi a réussi son OPA (offre public d’achat) hostile sur l’éditeur de jeux vidéo sur mobile Gameloft, a confirmé l’Autorité des marchés financiers (AMF) mercredi 1er juin. Le groupe, détenu par le milliardaire Vincent Bolloré, a acquis 61,71 % du capital de sa cible et détient dorénavant 55,61 % des droits de vote.

Cette victoire pour Vivendi marque la fin d’une bataille débutée il y a plus de huit mois entre Vincent Bolloré et la famille Guillemot (propriétaire de Gameloft et, surtout, du géant français du jeu vidéo Ubisoft). C’est, en effet, en octobre 2015 que l’entrepreneur breton déclare les hostilités en achetant 7,36 millions d’actions d’Ubisoft pour 140,3 millions d’euros et 5,24 millions d’actions de Gameloft (pour 19,7 millions d’euros), rappelle Les Échos.

Bolloré déterminé

Cette montée au capital n’est pas du goût de Michel et Yves Guillemot, les deux frères fondateurs de Gameloft et Ubisoft. “Nous rappelons notre volonté de rester indépendants”, écrivent-ils dans un communiqué publié en octobre.

Mais Vincent Bolloré n’en a cure. Il se concentre sur Gameloft (la plus petite des deux entités qui développe des titres comme The Amazing Spider-Man, Asphalt ou Dungeon Hunter ) et monte progressivement au capital, séduisant les actionnaires les uns après les autres. Le patron de Vivendi est déterminé à l’emporter : il a proposé de racheter les actions Gameloft 8 euros alors que le cours officiel était plus proche de 4 euros au moment de l’offre.

Gameloft, mieux qu’Activision ?

Pour justifier cette acquisition, Vincent Bolloré a expliqué – dans une lettre adressée aux employés de Gameloft – compter sur des synergies, notamment, dans “la co-création de contenus”. Vivendi, qui détient par ailleurs Canal +, Dailymotion et investi dans le cinéma français, compterait donc développer des productions plurimédias (jeux vidéo, films ou séries dérivés etc.). Ubisoft a déjà tenté ce genre d’expérience avec sa licence Assassin’s Creed (qui a donné lieu à une série de courts métrages en 2009) et ses jeux Lapins Crétins (qui ont été décliné en bandes-dessinées et dessins animés).

Reste que ce retour au jeu vidéo pour Vivendi peut surprendre. Le groupe français détenait, jusqu’en 2013, la majorité des parts de l’Américain Activision, le numéro 1 des jeux vidéo. Il a revendu 85 % de ses actions pour 8,2 milliards de dollars. Pourquoi ce revirement ? Vincent Bolloré pense-t-il qu’acheter français sera plus juteux pour Vivendi qu’un mariage avec un Américain ?

Première publication : 01/06/2016

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