Archive for May, 2016

Lors d’une conférence de presse ce mardi, la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé la création d’un camp humanitaire dans la capitale pour accueillir les migrants. Ce camp, aux normes de l’ONU, devrait voir le jour d’ici “un mois”.

“Refugees Welcome”. Le hashtag a été repris par la mairie de Paris. Anne Hidalgo, l’édile socialiste de la capitale, a annoncé mardi 31 mai depuis l’Hôtel de Ville son intention de créer un camp humanitaire de migrants dans le nord de Paris.

Le lieu précis sera annoncé dans les prochains jours. “Il faut un terrain suffisamment vaste pour accueillir plusieurs centaines de personnes”, a-t-elle précisé. L’ouverture devrait avoir lieu dans un mois.

Les hébergements devront pouvoir etre modulables et installés rapidement. #RefugeesWelcome

— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) 31 mai 2016

Lors de la conférence de presse, Anne Hidalgo a demandé le soutien de l’État. “C’est quelque chose de coûteux […] Je ne doute pas que l’État nous accompagnera mais je ne suis plus en situation d’attendre que d’autres agissent. Nous prenons les devants et nous entraînerons, je l’espère, l’État.”

Pour l’édile de Paris, l’idée est de ne plus voir “ces campements indignes”. Il faut aider “les personnes qui arrivent démunies” pour qu’elles ne soient pas “contraintes d’aller sous des métros”, a déclaré la maire de Paris accompagnée à cette conférence de presse par des associations partenaires du projet : Emmaüs, France Terre d’asile et Aurore.

Comme dans le camp de migrants de Grande-Synthe, construit dans le nord de la France, les hébergements respecteront les “conditions réglementaires édictées par l’ONU”. Ils devront pouvoir être “modulables et installés rapidement”, a expliqué Anne Hidalgo, en promettant de mettre “les bouchées doubles”.

Le camp humanitaire annoncé par @Anne_Hidalgo devrait ouvrir d’ici “un mois, un mois et demi”, dans le nord de Paris 👏👏 #refugeeswelcome

— Daisy Lorenzi (@D_Lorenzi) 31 mai 2016

“Paris ne restera pas sans agir en responsabilité alors que la Méditerrannée devient un cimetière pour les réfugiés […] Il est temps de passer à la vitesse supérieure”, a poursuivi l’élue, en faisant référence aux nombreux naufrages d’embarcations de migrants ces dernières semaines.

On s’oriente vers des logements modulables comme à Grande-Synthe (du type chalets en bois).

— SylvainMouillard (@SMouillard) 31 mai 2016

Opposé dans un premier temps à la création d’un camp humanitaire à Grande-Synthe, l’État est revenu sur sa position et a annoncé lundi 30 mai son intention de prendre en charge le coût de la gestion du camp, estimé à environ 4 millions d’euros par an.


Avec AFP

Première publication : 31/05/2016

La SNCF prévoit 6 TGV sur 10, 4 Transilien sur 10 et 1 TER sur 2 en circulation mercredi, premier jour de la grève prévue par trois syndicats. En région parisienne, si le RER A sera épargné, un tiers des RER B, D et E rouleront et 40 % des RER C.

L’appel à la grève reconductible déposé par trois syndicats représentatifs de la SNCF devrait donner lieu à “un mouvement certes sérieux, mais […] pas de l’ampleur qu’on pouvait imaginer”, a déclaré, mardi 31 mai, le secrétaire d’État français aux Transports, Alain Vidalies.

La compagnie ferroviaire prévoit six TGV sur dix, quatre Transilien sur dix et un TER sur deux en circulation mercredi 1er juin, premier jour complet d’une grève qui doit débuter mardi soir à l’appel de la CGT, de SUD-Rail et du syndicat réformiste Unsa sur fond de contestation contre la Loi travail.

Satisfaite des avancées obtenues lors des négociations avec la direction de la SNCF et le gouvernement, la CFDT a levé lundi son préavis.

La grève à la SNCF aura des conséquences dans la région Ile-de-France, où seuls 40 % des trains doivent être assurés mercredi. Si le RER A sera épargné, environ un tiers des RER B, D et E rouleront mercredi et 40 % des RER C. La ligne R du Transilien sera la plus affectée avec 10 % seulement des trains. Sur les autres lignes, entre un tiers et la moitié circuleront.

“Il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”

“Je continue à négocier. J’espère qu’il y aura demain peut-être un autre syndicat qui se ralliera aux propositions [de la SNCF et du gouvernement, NDLR]”, a déclaré le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, sur France Inter. Prié de préciser sa pensée, il a dit espérer rallier “ceux qui sont le moins loin de nous, évidemment, l’Unsa”.

“La CGT rentre dans le débat en étant pour les 32 heures [de travail par semaine, NDLR]. Je suis désolé de le dire publiquement, mais il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”, a ajouté le secrétaire d’État.

>> Info pratique : les prévisions de trafic à la SNCF

À la RATP, où la CGT appelle à une grève illimitée à partir de jeudi, Alain Vidalies n’anticipe en revanche pas de “perturbations majeures”. “Tout le monde annonce une grande grève à la RATP, il n’y a que la CGT qui a appelé à faire grève à la RATP. Le rapport de force fait qu’il n’y aura pas de ce point de vue-là des perturbations qui seront très importantes”, a-t-il prédit. La RATP annonce ainsi un trafic normal dans le métro et “normal ou quasi normal” dans les bus et les tramways.

Concernant le RER A, le trafic sera aussi normal. En revanche, des perturbations sont attendues sur la ligne B, exploitée à la fois par la RATP et la SNCF. Sur le tronçon sud (RATP), entre gare du Nord et Saint-Rémy, Massy-Palaiseau et Robinson, trois trains sur quatre seront assurés, précise la régie. Le tronçon nord (SNCF) entre gare du Nord et Mitry et l’aéroport de Roissy sera plus affecté, avec un train sur trois.

Premier syndicat à la régie des transports parisiens, la CGT entend ainsi réclamer l’ouverture de négociations salariales et protester contre le projet de réforme du Code du travail voulu par le gouvernement. Mené par la CGT et Force ouvrière (FO), le front des opposants à ce texte a durci ces dernières semaines le mouvement en multipliant les appels à la grève dans les secteurs stratégiques, comme l’énergie, et les transports.

Menace de grève à Air France

Dans l’aérien, l’ensemble des syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) appellent, quant à eux, à la grève du vendredi 3 au dimanche 5 mai pour des revendications purement internes (baisses d’effectifs et renégociation du cadre indemnitaire). Parallèlement, le SNPL, syndicat de pilotes majoritaire à Air France, a voté pour le principe d’une grève dure en juin, contre certaines mesures de productivité que la direction veut mettre en œuvre.

Sur le front de l’approvisionnement en carburants en revanche, la situation s’est améliorée au cours du week-end mais dans plusieurs régions, des entreprises de construction étaient en rupture de ravitaillement et tournaient pour certaines au ralenti.


Avec Reuters et AFP

Première publication : 31/05/2016

La SNCF prévoit 6 TGV sur 10, 4 Transilien sur 10 et 1 TER sur 2 en circulation mercredi, premier jour de la grève prévue par trois syndicats. En région parisienne, si le RER A sera épargné, un tiers des RER B, D et E rouleront et 40 % des RER C.

L’appel à la grève reconductible déposé par trois syndicats représentatifs de la SNCF devrait donner lieu à “un mouvement certes sérieux, mais […] pas de l’ampleur qu’on pouvait imaginer”, a déclaré, mardi 31 mai, le secrétaire d’État français aux Transports, Alain Vidalies.

La compagnie ferroviaire prévoit six TGV sur dix, quatre Transilien sur dix et un TER sur deux en circulation mercredi 1er juin, premier jour complet d’une grève qui doit débuter mardi soir à l’appel de la CGT, de SUD-Rail et du syndicat réformiste Unsa sur fond de contestation contre la Loi travail.

Satisfaite des avancées obtenues lors des négociations avec la direction de la SNCF et le gouvernement, la CFDT a levé lundi son préavis.

La grève à la SNCF aura des conséquences dans la région Ile-de-France, où seuls 40 % des trains doivent être assurés mercredi. Si le RER A sera épargné, environ un tiers des RER B, D et E rouleront mercredi et 40 % des RER C. La ligne R du Transilien sera la plus affectée avec 10 % seulement des trains. Sur les autres lignes, entre un tiers et la moitié circuleront.

“Il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”

“Je continue à négocier. J’espère qu’il y aura demain peut-être un autre syndicat qui se ralliera aux propositions [de la SNCF et du gouvernement, NDLR]”, a déclaré le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, sur France Inter. Prié de préciser sa pensée, il a dit espérer rallier “ceux qui sont le moins loin de nous, évidemment, l’Unsa”.

“La CGT rentre dans le débat en étant pour les 32 heures [de travail par semaine, NDLR]. Je suis désolé de le dire publiquement, mais il n’y aura pas de 32 heures à la SNCF”, a ajouté le secrétaire d’État.

>> Info pratique : les prévisions de trafic à la SNCF

À la RATP, où la CGT appelle à une grève illimitée à partir de jeudi, Alain Vidalies n’anticipe en revanche pas de “perturbations majeures”. “Tout le monde annonce une grande grève à la RATP, il n’y a que la CGT qui a appelé à faire grève à la RATP. Le rapport de force fait qu’il n’y aura pas de ce point de vue-là des perturbations qui seront très importantes”, a-t-il prédit. La RATP annonce ainsi un trafic normal dans le métro et “normal ou quasi normal” dans les bus et les tramways.

Concernant le RER A, le trafic sera aussi normal. En revanche, des perturbations sont attendues sur la ligne B, exploitée à la fois par la RATP et la SNCF. Sur le tronçon sud (RATP), entre gare du Nord et Saint-Rémy, Massy-Palaiseau et Robinson, trois trains sur quatre seront assurés, précise la régie. Le tronçon nord (SNCF) entre gare du Nord et Mitry et l’aéroport de Roissy sera plus affecté, avec un train sur trois.

Premier syndicat à la régie des transports parisiens, la CGT entend ainsi réclamer l’ouverture de négociations salariales et protester contre le projet de réforme du Code du travail voulu par le gouvernement. Mené par la CGT et Force ouvrière (FO), le front des opposants à ce texte a durci ces dernières semaines le mouvement en multipliant les appels à la grève dans les secteurs stratégiques, comme l’énergie, et les transports.

Menace de grève à Air France

Dans l’aérien, l’ensemble des syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) appellent, quant à eux, à la grève du vendredi 3 au dimanche 5 mai pour des revendications purement internes (baisses d’effectifs et renégociation du cadre indemnitaire). Parallèlement, le SNPL, syndicat de pilotes majoritaire à Air France, a voté pour le principe d’une grève dure en juin, contre certaines mesures de productivité que la direction veut mettre en œuvre.

Sur le front de l’approvisionnement en carburants en revanche, la situation s’est améliorée au cours du week-end mais dans plusieurs régions, des entreprises de construction étaient en rupture de ravitaillement et tournaient pour certaines au ralenti.


Avec Reuters et AFP

Première publication : 31/05/2016

Une grande campagne de promotion de la destination Paris a été lancée lundi par les autorités, dans le but de “rassurer” les touristes étrangers six mois après les attentats, qui continuent de peser lourdement sur la fréquentation.

Paris, la capitale du tourisme, serait-elle en passe de perdre son titre ? Les autorités françaises ont lancé une campagne, lundi 30 mai, pour “redonner confiance aux touristes et les rassurer”. L’objectif : promouvoir la ville de Paris, six mois après les attentats qui continuent de grever la fréquentation.

“Nous avons assisté à une chute du nombre de touristes, avec 15 % en moins pour la fin de l’année 2015. En ce début d’année, même si l’érosion s’estompe peu à peu, Paris et les destinations proches souffrent encore d’un recul de fréquentation”, a résumé le ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault.

Pour remédier à cette situation, il a annoncé un triple objectif pour cette campagne de promotion : “redonner confiance aux touristes étrangers” en les rassurant quant aux conditions d’accueil et de sécurité, “renforcer l’attractivité de Paris”, et “mettre en valeur notre art de vivre et mettre en avant une image positive”.

Le ministre en charge du Tourisme a dévoilé les détails de la campagne de promotion aux côtés d’Anne Hidalgo, maire de Paris, et Jérôme Chartier, vice-président de la région Île-de-France, lors d’une conférence de presse symboliquement organisée à la Tour Eiffel. “Après les attentats de Bruxelles (le 22 mars), le travail est apparu comme plus long et plus sensible. Il faut accélérer le retour des touristes et faire savoir au monde entier que Paris a élevé son exigence en matière de sécurité”, a insisté Anne Hidalgo.

“La filière tourisme, qui représente 500 000 emplois directs ou indirects pour la région, souffre depuis plus de six mois et nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre que la crise passe”, a souligné Jérôme Chartier.

La France est la première destination touristique mondiale, et Paris a reçu près de 16 millions de visiteurs internationaux en 2015. Rien que pour la capitale, le tourisme représente plus de 13 % du PIB et contribue à près de 18,5 % de l’emploi parisien. Mais depuis les attentats du 13 novembre, la fréquentation touristique a fortement reculé. Au premier trimestre, le taux d’occupation des hôtels parisiens a atteint 57,3 %, en baisse de 7,7 points par rapport à 2015.

Les Japonais, Russes et Chinois boudent la capitale

Pour ces trois premiers mois de l’année, les réservations hôtelières des Japonais sont par exemple en recul de 56 % (sur un an) pour Paris et sa région, et celles des Russes accusent une baisse de 35 %, selon le Comité régional du tourisme de Paris-IDF.

Quant aux Chinois – dont la fréquentation avait explosé en 2015 avec une hausse de 49 %, soit un total de 1,2 million d’arrivées – leur présence est en recul de 13,9 %.

Les réservations aériennes sont également “préoccupantes” avec un retard de 11,4 % sur les arrivées internationales prévues à Paris pour les trois prochains mois.

La campagne de promotion se fera notamment sous forme d’affichage publicitaire – par exemple la photo d’un alléchant gâteau aux framboises ou d’un parc verdoyant – estampillées du slogan “Made in Paris”. Ces visuels seront diffusés sur Internet ou en version papier, par exemple dans les aéroports ou les ambassades de France à l’étranger.

Le budget prévoit également l’accueil dans les prochains mois en France de “prescripteurs, journalistes, tour-opérateurs et personnes influentes qui pourront valoriser ce que le pays peut proposer, dans la presse internationale par exemple”, a indiqué Jean-Marc Ayrault.

Cette campagne est financée à hauteur de 1 million d’euros par l’État et de 800 000 euros par la Mairie de Paris et l’office du tourisme de Paris. Y contribuent aussi des partenaires privés et institutionnels, des professionnels du tourisme et l’organe de promotion Atout France.

La France a accueilli 84,5 millions de visiteurs étrangers en 2015, et le gouvernement ambitionne d’attirer 100 millions de touristes par an dès 2020.

Avec AFP

Première publication : 30/05/2016

Des manifestants anti-Loi travail ont été accusés de “casser le devoir de mémoire”, vendredi, après avoir insulté le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve pendant une cérémonie d’hommage aux juifs déportés à Millau (Aveyron).

Une cérémonie en mémoire des juifs déportés à Millau (Aveyron) pendant la Seconde Guerre mondiale en présence du ministre de l’Intérieur a été perturbée, vendredi 27 mai, par des manifestants contre la Loi travail. Bernard Cazeneuve s’était rendu sur place pour inaugurer une plaque comportant les noms de victimes de la Shoah.

.@BCazeneuve dévoile la plaque à la mémoire des juifs déportés de Millau pic.twitter.com/xp0s6Jzbb3

— Préfet de l’Aveyron (@Prefet12) 27 mai 2016

“Cazeneuve, casse-toi !” ont scandé une soixantaine de manifestants sous les sifflets et les sirènes, a constaté un correspondant de l’AFP. La Dépêche du Midi rapporte la présence d’une trentaine de manifestants “tenus à distance” qui “ont perturbé de leurs cris et de leur agitation” le moment solennel. Romain Gruffaz, journaliste de la Dépêche du Midi, parle d’une assistance “répugnée” par ce geste.

“L’irrespect des sirènes”

“Jamais je n’aurais imaginé que dans notre pays, des enfants qui égrainent le nom d’autres enfants qui ont souffert le martyre aient pu être couverts par des sirènes, par des quolibets, par des slogans”, a dit le ministre, en présence de Serge Klarsfeld, fondateur de l’association des Fils et filles de déportés juifs de France.

.@BCazeneuve à Millau en présence de Serge et Beate Klarsfeld pour la mémoire des juifs déportés de la ville pic.twitter.com/KPnxKNCVKh

— Préfet de l’Aveyron (@Prefet12) 27 mai 2016

Bernard Cazeneuve a répété son attachement au droit de manifester mais il a souligné que jamais il n’accepterait “l’irrespect de sirènes” qui “cassent le devoir de mémoire” et lui “inspire de l’indignation et de la colère”.

“C’est grâce à l’engagement et au combat d’hommes et de femmes qui n’ont pas hésité à sacrifier leur vie pour en sauver d’autres que nous profitons, aujourd’hui, de la paix et de la démocratie, même si elle s’exprime parfois de façon trop virulente”, a souligné de son côté Christophe Saint-Pierre, le maire LR de Millau.

Avec AFP

Première publication : 30/05/2016

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Une vaste opération de cyberespionnage visant des détracteurs des Émirats arabes unis a été dévoilée par des spécialistes de la sécurité informatique dimanche. Ces derniers soupçonnent le pouvoir émirati d’être directement impliqué.

Fausse ONG de défense de la liberté d’expression au Moyen-Orient, journalistes fictifs, comptes Twitter piratés et liens Internet piégés : tels sont quelques-uns des ingrédients d’une vaste opération de cyberespionnage visant des dissidents des Émirats arabes unis, détaillée par le laboratoire canadien de recherche en sécurité informatique CitizenLab, dimanche 29 mai.

Tout commence par le soupçon d’un journaliste indépendant britannique et fondateur du “Emirates Center for Human rights“. Rori Donaghy reçoit, en novembre 2015, un email d’une ONG de défense de la liberté d’expression au Moyen-Orient inconnue au bataillon appelée “The Right to Fight”. Soupçonneux et peu désireux de cliquer sur un lien qui ne lui dit rien qui vaille, il envoie le message à l’un des analystes du CitizenLab.

Fausse ONG et faux journaliste

Cinq mois de recherches plus tard, ce laboratoire de l’Université de Toronto rend son verdict : cet email est une petite goutte dans l’océan d’une opération de cybersurveillance débutée en 2012 et jusqu’alors passée inaperçue qui serait, selon CitizenLab, orchestrée sur ordre du pouvoir émirati.

Le lien contenu dans l’email envoyé à Rori Donaghy renvoyait, en fait, vers une adresse Internet piégée qui scannait l’ordinateur de la victime à la recherche “d’éventuelles failles permettant d’en prendre le contrôle”, remarquent les auteurs du rapport sur cette opération.

C’est la nature même du lien qui a permis aux enquêteurs de lever le lièvre émirati. Il s’agissait d’un raccourcisseur d’adresses Internet (aax.me) – comme les bit.ly ou les liens abrégés sur Twitter – très peu utilisé. En recherchant dans la boîte de réception de Rori Donaghy, les analystes de CitizenLab ont trouvé un seul autre message contenant un lien de ce type. Il émanait d’un soi-disant journaliste britannique, Andrew Dwight, qui demandait, en décembre 2013, de l’aide pour écrire un livre qui dénoncerait les méthodes de régimes autoritaires dans la région du Golfe.

Problème : ce journaliste qui affirme vouloir s’en prendre aux puissances du Golfe n’existe que sur Internet, d’après les conclusions de CitizenLab. Andrew Dwight s’est fait une spécialité de contacter, sur Twitter, des activistes critiques envers le pouvoir émirati. Plusieurs personnes qu’il a approchées en ligne ont ensuite été condamnées aux Émirats arabes unis. Il a ainsi communiqué, en avril 2013, avec le militant politique émirati Obaid Yousef al-Zaabi, deux mois avant son arrestation.


Un tweet de @Dwight389 repéré par CitizenLab, effacé depuis. © Capture d’écran du site de CitizenLab

Appâté sur Twitter

Il n’y a pas qu’Andrew Dwight qui cherche à appâter des dissidents émiratis avec des liens abrégés piégés sur Twitter. Le rapport a dénombré 24 victimes de cette opération de cybersurveillance sur le réseau de microblogging. Dans la plupart des cas, ces personnes ont été arrêtées ou condamnées par contumace aux Émirats arabes unis quelques mois seulement après avoir reçu un message direct sur Twitter contenant un lien en aax.me.

Dans l’un de ces cas, un défenseur des droits de l’Homme aux Émirats arabes unis avait été contacté par un célèbre cyberactiviste (@weldbudhabi) sur Twitter, lui demandant de cliquer sur un lien en aax.me, alors même que le responsable de ce compte venait d’être arrêté par les autorités émiraties quelques heures auparavant. La BBC avait même affirmé que son compte Twitter avait été “piraté” par le pouvoir en place.

C’est l’une des raisons qui poussent CitizenLab à soupçonner un groupe de pirates informatiques agissant sur l’ordre des autorités d’être à l’origine de cette opération. De simples cybercriminels sans lien avec un gouvernement ne se seraient, en outre, pas donné autant de mal à créer de fausses ONG, des journalistes fictifs et à maintenir leur existence sur plusieurs années sans en retirer un profit financier. Il n’y a, à cet égard, “aucune trace de tentative d’extorsion ou de chantage”, conclut le rapport de CitizenLab.

Première publication : 30/05/2016

Cinq nouveaux témoignages révélés lundi par Mediapart et France Inter accusent Denis Baupin de harcèlement ou d’agression sexuelle. Au total, 13 femmes mettent en cause le député écologiste de Paris.

De nouveaux témoignages révélés lundi 30 mai par cinq femmes, dont deux à visage découvert, accablent le député écologiste Denis Baupin. Ces femmes disent avoir subi des gestes déplacés, certains assimilables à des harcèlements ou agressions sexuelles, de la part de l’homme politique, déjà mis en cause pour des faits similaires par des responsables écologistes début mai. Cette fois, parmi les témoignages, tous n’émanent pas d’élues ou de militantes écologistes.

Les faits présumés, dont font état France Inter et Mediapart, remontent à une période allant de 1998 à 2014. Ces témoignages s’ajoutent aux huit autres, rapportés par les mêmes médias, qui ont poussé Denis Baupin à la démission de la vice-présidence de l’Assemblée nationale le 9 mai et conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire le lendemain.

Au sein du ministère de l’Environnement



Parmi les nouveaux témoignages figure celui d’une collaboratrice de Dominique Voynet au ministère de l’Environnement, lorsque Denis Baupin était conseiller au cabinet, à la fin des années 1990.

“À deux reprises, entre 1997 et 1998, Denis Baupin m’a agressée physiquement”, a dit Geneviève Zdrojewski, qui n’était pas militante écologiste, à France Inter et Mediapart. Selon elle, il s’est une première fois “jeté” sur elle et, la fois suivante, il l’a plaquée contre un mur en lui tenant la poitrine et a essayé de l’embrasser.

“Je n’ai rien dit à Dominique Voynet, ni au cabinet. J’ai réglé ça toute seule en gueulant”, raconte Geneviève Zdrojewski à Mediapart. “Mais j’en ai beaucoup parlé à des amis. Parce que j’étais traumatisée quand même. C’est très humiliant… Cette situation était très inconfortable. C’était vraiment une violence”, se souvient l’ex-collaboratrice, désormais retraitée.

Une jeune journaliste travaillant à la radio, qui a demandé à rester anonyme, raconte quant à elle avoir reçu des textos insistants de la part de Denis Baupin pendant deux jours, fin décembre 2014.

Silence chez les Verts

Une troisième femme, sous anonymat, raconte à Mediapart avoir dû s’enfuir in extremis du bureau de Denis Baupin où elle avait été convoquée pour récupérer un soi-disant fax émis à son nom. “Affolée et échevelée”, “en pleurs” après que Denis Baupin eut essayé de l’”embrasser par tous les moyens”, la jeune dirigeante du parti les Verts a demandé de l’aide à d’autres responsables Verts dans un couloir. Ils la raccompagneront à son hôtel sans lui poser aucune question, d’après son témoignage.

Qualifiant les premières accusations de “mensongères”, le député avait alors annoncé son intention de déposer plainte pour diffamation contre France Inter et Mediapart.

Avec Reuters

Première publication : 30/05/2016

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Le patron du Medef, Pierre Gattaz, a multiplié les attaques contre les syndicats dans un entretien accordé au Monde, lundi. Il y compare la CGT-livre à une “dictature stalinienne” et évoque des minorités qui agissent comme des “terroristes”.

“Vous y allez très fort !” Ce constat du Monde au détour d’une longue interview accordée par Pierre Gattaz, le président du Medef, lundi 30 mai, relève de l’euphémisme. Le patron des patrons français a sorti l’artillerie lourde contre les syndicats, les comparant à des “terroristes” et des “staliniens”, alors qu’une nouvelle semaine de tensions sociales autour du projet de la Loi travail débute.

“Faire respecter l’État de droit, c’est faire en sorte que les minorités [des syndicats] qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes, ne bloquent pas tout le pays.” Pierre Gattaz s’en prend tout particulièrement à la CGT, accusée de “dérives” et de “radicalisation”… “Pour moi, le sigle de la CGT est égal à chômage”, résume-t-il.

Violence dans le ton

Mais au sein de la centrale syndicale, c’est la section “livre” qui a droit à la plus violente des charges du président du Medef. “Quand le syndicat du livre-CGT empêche la parution de quotidiens au motif que ceux-ci ont refusé de publier le tract de Monsieur Martinez [secrétaire générale de la CGT, NDLR], il me semble que l’on est dans une dictature stalinienne. C’est très grave”, accuse-t-il.

Ces propos ont fait réagir la gauche française, du PS au PCF en passant par le Parti de gauche. La ministre du Travail Myriam El Khomri a elle aussi pris ses distances avec le patron des patrons : “Non je ne partage absolument pas ces mots de Pierre Gattaz, je n’emploierais absolument pas ces mots. Ce qui est important, c’est que cette réforme est bonne donc elle doit aller au bout du processus parlementaire.”

Nouvelles grèves prévues

Cette violence dans le ton reflète les tensions de plus en plus fortes, après quatre mois de bras de fer autour du projet de réforme du droit du travail, porté par le gouvernement, soutenu par le Medef et combattu par la CGT et Force ouvrière (FO).

Des nouvelles grèves devraient affecter cette semaine le secteur aérien et les trains à douze jours seulement du début de l’Euro-2016 de football. Les revendications syndicales, relayées par la gauche du parti socialiste, concernent cette fois-ci spécifiquement l’article 2 du projet de la Loi travail.

“Ne pas toucher à l’article 2”

Cette partie du texte pose le principe de la primauté de la négociation au sein des entreprises sur le Code du travail et les négociations de branche. Les opposants à cette évolution craignent que les employeurs profitent de leur position de force pour imposer des baisses des salaires ou un allongement du temps de travail. Les défenseurs du projet arguent qu’il s’agit d’une mesure nécessaire de flexibilité pour permettre aux petites et moyennes entreprises de s’adapter rapidement aux évolutions de la concurrence internationale.

Pierre Gattaz appartient à cette dernière catégorie. “Il ne faut surtout pas toucher à cet article 2 : c’est la seule disposition intéressante qui subsiste après les réécritures successives du texte.”, assure-t-il au Monde. Un recul du gouvernement sur ce point pourrait, à l’en croire, pousser le Medef à quitter la table des négociations.

Première publication : 30/05/2016

Après un long bras de fer avec la ville de Grande-Synthe, dans le nord de la France, l’État a finalement accepté de reprendre la gestion du premier camp humanitaire construit dans cette commune pour accueillir des migrants. La mairie se réjouit.

Ira, ira pas… Finalement, ira. L’État français a scellé, lundi 30 mai, un accord avec la mairie de Grande-Synthe, dans le Nord, pour financer le premier camp humanitaire du pays, construit fin février. Les ministres de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et du Logement, Emmanuelle Cosse, se sont engagées à consacrer 3,9 millions d’euros à la gestion du camp.

“Nous voulons un accueil digne pour chaque migrant”, a indiqué Bernard Cazeneuve, en rappelant que les 134 Centres d’accueil et d’orientation (CAO) ouverts un peu partout en France pour permettre aux migrants de réfléchir à une demande d’asile, avaient accueilli près de 4 000 personnes au total. Le maire Europe-Écologie Les Verts de Grande-Synthe, Damien Carême, a estimé “entre 3,5 et 4 millions d’euros par an” les dépenses de fonctionnement du camp.

Si la convention signée lundi pose en préambule “l’accueil républicain des personnes migrantes”, la logique n’est toutefois pas de pérenniser le lieu. Le texte précise que l’accueil se fait “de façon temporaire”. Il rappelle aussi que “la fermeture” du camp sera “progressive”, “au fur et à mesure des départs des personnes migrantes”.

“Fausse rumeur” d’une fermeture imminente

L’aide de Paris intervient après plusieurs mois de bras de fer avec la mairie, qui gérait seule l’afflux de centaines de migrants, kurdes essentiellement, de passage dans la commune. En avril déjà, l’État avait commencé à se raviser. Il avait annoncé son intention de participer aux frais de gestion du camp : eau, électricité, nettoyage des sanitaires et sécurité. Il paraît donc loin le temps où Paris, via son représentant, le préfet du Nord, Jean-françois Cordet, scrutait les moindres défauts de ce camp, baptisé La Linière, et faisait planer la menace d’une fermeture.

Un temps révolu, a fait savoir la mairie de Grande-Synthe à France 24, lundi 30 mai : “Depuis plusieurs jours, une fausse rumeur court sur la fermeture du camp. C’est absolument faux, et le maire a démenti cette information. […] Nous fermerons La Linière – qui n’a pas vocation à se pérenniser – une fois que tous les réfugiés auront été régularisés”.

Environ 700 migrants sur le camp

À l’hiver 2015, la mairie de Grande-Synthe avait décidé de reloger les centaines de migrants qui s’étaient installés dans le camp insalubre du Basroch à La Linière, le premier camp humanitaire de France construit selon les normes internationales.

Les défis avaient été alors nombreux : sans l’aide de l’État, la mairie avait fait appel à Médecins sans frontières (MSF). L’ONG avait investi 2,7 millions d’euros pour faire sortir de terre ce campement de 200 cabanons. Selon le dernier recensement de la mairie, environ 700 migrants se trouvaient sur le camp.


Première publication : 30/05/2016

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L’épreuve de force continue autour de la Loi travail. Alors que l’Euro de football doit débuter dans deux semaines, des mouvements de grève sont attendus cette semaine dans le secteur des transports, comme à la SNCF ou la RATP.

Après les carburants, le secteur des transports s’apprête à vivre une semaine agitée en France avec des appels à la grève, reconductibles, lancés pour des motifs mêlant revendications internes et opposition à la Loi travail.

La situation s’est améliorée sur le front des carburants, avec le déblocage de la quasi-totalité des dépôts pétroliers, mais des perturbations perdurent. “Il y aura de l’essence” dans les stations-services lundi, a assuré dimanche 29 mai le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

Six des huit raffineries françaises sont toujours à l’arrêt ou au ralenti. La grève a été reconduite aux terminaux pétroliers de Marseille et du Havre, qui alimentent les aéroports d’Orly et de Roissy en kérosène. Le gouvernement a néanmoins imposé un service minimum.

Le bras de fer se poursuit entre l’exécutif et les syndicats opposés à la Loi travail, CGT en tête. Le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls entendent aller “jusqu’au bout” du projet de loi et se montrent inflexibles sur l’article 2, qui consacre la primauté de l’accord d’entreprise sur la branche.

Pour la première fois depuis deux mois, le chef du gouvernement a appelé, samedi, le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, qui y a vu un “bon signe”. Dimanche soir, il a exigé le retrait de l’article 2 “colonne vertébrale” du texte. “Si le gouvernement dit ‘on suspend la procédure parlementaire, on discute, on améliore’, y’a pas de problème. C’est ce qu’on dit depuis le début”, a-t-il affirmé, se défendant d’infléchir sa position. La prochaine étape parlementaire se déroulera au Sénat à partir du 13 juin.

Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, 46 % des Français souhaitent que le gouvernement retire le projet. Mais selon un autre sondage Odoxa-Le Parisen, 53 % des Français ne soutiennent pas le mouvement actuel.

SNCF, RATP, aéroports…

Les opposants au texte ne baissent pas les bras, l’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL) ayant appelé “à amplifier les mobilisations”, avant la journée nationale d’action le 14 juin. D’ici là, la mobilisation va se concentrer dans les transports.

À la SNCF, où de délicates négociations sur le temps de travail des cheminots entrent dans leur phase finale, les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD Rail, CFDT) ont déposé des préavis de grève reconductibles à partir de mardi soir. Aux motifs internes, la CGT-Cheminots, premier syndicat, et SUD-Rail ont ajouté l’opposition à la Loi travail.

Les syndicats espèrent peser sur les négociations qui doivent se poursuivre jusqu’au 6 juin, à quelques jours du coup d’envoi, le 10, de l’Euro de football, dont la SNCF est le transporteur officiel.

“On ne va pas empêcher les gens d’aller voir les matches de foot mais il faut que le gouvernement aussi veuille discuter. Tout est entre les mains du gouvernement”, a lancé Philippe Martinez. L’Unsa, deuxième syndicat à la SNCF, juge pour l’heure les propositions de la direction “insuffisantes”, et maintient en l’état son préavis. Comme la CFDT, elle prendra sa décision lundi.

Pour la SNCF, cette menace de grève vient s’ajouter à une fin de semaine difficile, avec deux pannes successives qui ont bloqué des milliers de passagers vendredi et dimanche.

Pour les Franciliens, des difficultés sont aussi à prévoir à partir de jeudi à la RATP, avec un appel à la grève “illimitée” de la CGT. Le premier syndicat de la régie demande la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de Loi travail dit “El Khomri”.

SUD-RATP, troisième force syndicale, a déjà appelé à une grève illimitée à compter du lancement de l’Euro “contre la Loi travail” et “la remise en cause du statut RATP”.

Le trafic aérien pourrait aussi connaître des perturbations, en raison d’une grève à l’Aviation civile (DGAC) prévue du 3 au 5 juin, pour des revendications internes. Enfin, dans les ports et docks, la CGT appelle à un arrêt de travail de 24 heures jeudi contre la loi El Khomri.


Avec AFP

Première publication : 30/05/2016