Archive for June 9th, 2016

Alors que les ordures se sont accumulées pour une troisième journée consécutive sur les trottoirs de Paris vendredi, les représentants CGT des éboueurs de la capitale ont exprimé leur volonté de continuer la grève jusqu’au retrait de la Loi travail.

“Venez demain, vous verrez, ça sera infesté de rats !”, s’inquiétait jeudi 8 juin Laurent, le gérant d’un magasin de vêtements dans le Ve arrondissement de Paris, un quartier très fréquenté par les touristes. Vendredi, la situation ne s’est pas améliorée, des kilos d’ordures étaient encore accumulés dans les rues d’une dizaine d’arrondissements de Paris en raison de la grève des éboueurs, à l’appel de la CGTcontre la Loi Travail.

A Paris, les poubelles s’entassent aussi à Saint-Germain-des-Prés#ImageduJourhttps://t.co/lI2Iv89dKMpic.twitter.com/wTse98zpl9

— France Info (@franceinfo) 9 juin 2016

“Notre seule revendication est le retrait de la Loi travail, explique Régis Vieceli, le secrétaire général CGT du service de nettoiement de la ville de Paris, contacté par France 24. Nous ne portons aucune revendication spécifique ou catégorielle auprès de la ville, alors que aurions pu le faire.” Pourtant celles-ci ne manquent pas. “Notre salaire n’a pas bougé depuis sept ans, on ne s’en sort pas, on n’arrive pas à faire les courses pour quatre alors qu’on va à Lidl hein, pas à Fauchon !”, confiait Vincent, un éboueur syndiqué à l’AFP jeudi.

“Gréviste toute la semaine dernière”, il a repris le travail car “là (il) a besoin de bouffer”, explique-t-il. Pour les collègues comme Vincent, les syndicalistes du service de nettoiement de la ville de Paris ont prévu une “petite caisse commune”, raconte Régis Vieceli qui n’est pas prêt à lever le piquet pour autant. “La mobilisation continuera tant que des négociations avec les organisations syndicales et lycéennes en lutte (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, FIDL) n’auront pas été ouvertes et que la Loi travail n’aura pas été tout bonnement retirée”, affirme-t-il.

Entre 12 et 15 % de grévistes

Depuis le 30 mai, des personnels et agents de la Ville de Paris bloquent l’usine de traitement des déchets d’Ivry-sur-Seine/Paris 13, le plus gros centre de traitement de France, et les camions poubelles ont suivi le mouvement depuis mercredi. Alors que des centaines de milliers de touristes et de supporters sont arrivés dans la capitale à l’occasion de l’Euro, la maire de Paris a annoncé qu’il faudrait quelques jours pour revenir à la normale.

Ramassage des ordures à Paris avant l’Euro : eh bien non… pic.twitter.com/5PvvgzuYUI

— Chloé Woitier (@W_Chloe) 10 juin 2016

Régis Vieceli estime que les grévistes représentent entre 12 et 15 % des effectifs – 5 000 éboueurs et 600 encadrants – mais, regrette-t-il “la direction de nous donne aucun chiffre sur leur nombre exact”. Le syndicaliste promet que pour mardi 14 juin, il y aura entre 35 % et 55 % de grévistes, comme pour chacune des journées de mobilisation nationale contre la Loi travail.

Inquiétude pour le statut de la fonction publique à l’avenir

L’article 2 est le point le plus contesté de ce projet de Loi travail, celui qui crispe particulièrement les cégétistes interrogés. Celui-ci donne la primauté aux accords d’entreprise, alors qu’aujourd’hui c’est l’accord de branche qui s’impose. Dorénavant avec la loi El-Khomri, les syndicats négocieront le temps de travail ou les salaires d’abord au niveau de l’entreprise.

“Le Code du travail ne sera plus la base des relations sociales en France mais ce sera l’accord d’entreprise. Et il y a des entreprises où cet accord n’aura d’accord que le nom”, dénonce Christophe Qouderc, secrétaire national de la CGT services publics. “Dans les entreprises où il n’y a pas beaucoup de salariés, pas de syndicats, la relation sera pipée, le patron pourra décider unilatéralement d’éléments importants comme des allongements du temps de travail”, estime le dirigeant syndical.

Pourtant la réforme en cours du Code du travail ne modifiera que le statut des employés du secteur privé, ceux de la fonction publique devraient conserver leurs statuts spéciaux. Mais la CGT estime que “le statut de la fonction publique est adossé au Code du travail”. “Derrière la nouvelle loi, ce statut sera remis en cause”, s’inquiète Régis Vieceli, ajoutant que la lutte des organisations syndicales dépasse le clivage privé/public.

Pourtant, Régis Vieceli voit la Loi travail comme une menace pour un service public pointé du doigt comme un secteur privilégié. Il craint une “mise en compétition avec les entreprises de secteurs privé” et redoute, à terme, des réductions d’effectifs dans les services publics s’ils ne suivent pas le rythme du privé.

La jonction avec “Nuit debout”

En grève depuis presque deux semaines, qu’importe la tenue du match France-Roumanie en ouverture du l’Euro-2016, ce soir Régis Vieceli et ses collègues tiendront le piquet de grève une nuit de plus dans l’usine de traitement des déchets d’Ivry-sur-Seine. Pour l’occasion, ils ont quand même installé un écran et prévu un grand repas. Ils ont aussi invité les cheminots et les grévistes d’Air France à se joindre à eux. Des militants du mouvement “Nuit debout” seront à leurs côtés, comme chaque soir, explique Régis Vieceli. Ils étaient d’ailleurs présents dès les premiers jours de la grève des éboueurs.

Blocage de l’incinérateur d’Ivry-sur-Seine https://t.co/R91OOj4JSV via @nuitdebout#nuitdeboutpic.twitter.com/mR7U0gjd0z

— Veille #NuitDebout (@marcheparis) 30 mai 2016

En attendant, pour débarrasser ses trottoirs, la mairie de Paris a fait appel aux entreprises privées avec lesquelles elle est en contrat pour aider au ramassage des ordures dans les arrondissements concernés. Elle annonce aussi que quelque 74 bennes à ordures ont pu sortir vendredi matin des garages où elles étaient bloquées ces derniers jours, soit à peu près la moitié des véhicules utilisés pour un service normal. “Il y a toujours un tiers de grévistes, qui ne bloquent plus les garages. Mais nous manquons de conducteurs”, a précisé une source municipale.

Première publication : 10/06/2016

Des chercheurs se sont intéressés aux crues des bassins de la Seine et de la Loire. Selon leurs travaux, publiés la semaine prochaine, le risque de crues a augmenté à cause du réchauffement climatique.

Des chercheurs ont démontré, dans des travaux portant sur le risque de voir au printemps des pluies intenses s’abattre sur les bassins de la Seine et de la Loire, que celui-ci a augmenté à cause du réchauffement climatique, a indiqué vendredi 10 juin un communiqué de Climate central.

D’après ces travaux, qui seront soumis la semaine prochaine à la revue Hydrology and Earth System Sciences, la probabilité d’avoir trois jours d’affilée de pluies intenses au printemps dans les régions parcourues par la Seine et la Loire a augmenté de respectivement 80 et 90 %.

Pour parvenir à cette estimation, les chercheurs ont utilisé quatre modèles informatiques qui ont fourni le profil de ce qu’auraient été les précipitations dans ces régions si le climat n’avait pas changé depuis le milieu du XIXe siècle.

“Nous savons que le réchauffement conduit à plus de précipitations”

Les épisodes de trois jours d’affilée de fortes pluies sont très rares au printemps dans cette partie de la France et plus fréquents en hiver, souligne l’équipe de scientifiques (Université d’Oxford, Institut royal météorologique des Pays-Bas, Université Pierre et Marie Curie, Institut Pierre-Simon Laplace, Climate central).

De manière générale, les scientifiques ne peuvent pas associer un événement météorologique particulier et le changement climatique, mais leurs modèles informatiques montrent qu’en raison du réchauffement, certains phénomènes extrêmes seront dans certaines régions du monde plus fréquents ou plus intenses.

“Nous savons que le réchauffement conduit à plus de précipitations”, à l’échelle de la planète, souligne dans le communiqué Robert Vautard de l’Institut Pierre-Simon Laplace. “Mais avec cette étude d’attribution, nous avons pu établir un lien entre le réchauffement et les récentes inondations en France”, ajoute-t-il.

La semaine dernière, les pluies ont provoqué des inondations dans des centaines de communes, notamment à Montargis (Loiret) et Nemours (Seine-et-Marne) : plusieurs personnes sont mortes et des milliers d’autres ont été évacuées. La Seine et plusieurs de ses affluents ont connu leur plus importante crue en 30 ans, le Loing ayant même dépassé son niveau de la crue historique de 1910.

Avec AFP

Première publication : 10/06/2016

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La banque d’affaires américaine Goldman Sachs a donné ses prévisions pour l’Euro 2016, basées sur un modèle statistique très précis. Selon elle, la France a 23 % de chances de l’emporter et l’Allemagne 19,9 %.

France, Allemagne, Espagne. C’est, dans l’ordre, le tiercé gagnant de Goldman Sachs pour l’Euro-2016 de football qui débute vendredi 10 juin. La célèbre banque d’investissement américaine juge que les Bleus ont 23 % de chance de remporter l’Euro, dans une note d’analyse publiée le 3 juin.

Leur modèle de probabilités place la Mannschaft juste derrière la France avec 19,9 % de chances de quitter l’Hexagone avec le trophée en poche. L’Espagne, en troisième place, n’a que 14 % de chances de gagner le titre, selon les analystes de Goldman Sachs.

Loi de poisson et méthode de Monte-Carlo

Les équipes de la banque insistent sur le fait que le facteur humain n’intervient absolument pas dans ces projections. S’il ne tenait qu’à eux, ajoutent ces financiers, ils auraient misé sur l’Allemagne. Mais les chiffres sont les chiffres.

Pour parvenir à ces conclusions, les analystes de la banque ont utilisé une pincée de loi de Poisson – qui sert notamment à évaluer le risque de défaut économique – mélangée à une louche de méthode de Monte-Carlo, qui peut aider par exemple à définir la probabilité qu’un coup soit joué aux échecs.

Concrètement, les banquiers sont partis du classement Elo de chaque équipe, établi en fonction notamment du nombre de victoires, et du type de compétition concernée (un succès en match amical vaut moins qu’une Coupe du monde). En Europe, l’Allemagne écrase la concurrence avec un score de 2 037 contre 1 977 pour l’Espagne et 1 947 pour la France. Ce score est ensuite pondéré par le nombre de buts inscrits et encaissés en moyenne par les équipes nationales depuis la première édition de l’Euro en 1958. Goldman Sachs prend aussi en compte l’avantage de jouer à domicile, le stade de la compétition atteint lors des précédentes éditions ou la clémence du tirage au sort.

À ce petit jeu, il n’y a qu’une seule équipe qui n’a absolument aucune chance de remporter l’Euro : l’Albanie. Les sélections d’Irlande du Nord et du Pays de Galle n’ont, quant à elles, que 0,1 % de chance d’être sacrées championne.

Enfin la revanche de 1982

Cette analyse entre même dans le détail de chaque match de poule. Avis aux amateurs de loto sportif : la France est censée battre la Roumanie par 2 buts à 1, dominer l’Albanie 3 à 1 et vaincre la Suisse 2 à 1.

Sur le chemin de la victoire finale, les Bleus vont, une nouvelle fois, se retrouver face aux Allemands en demi-finale, toujours d’après ces prévisions. Mais cette fois-ci, l’équipe de Didier Deschamps devrait laver l’affront des Coupes du monde de 1982 (Séville) et de 1986 (Mexique) au cours desquelles l’équipe de France avait été sortie en demi-finale par la Mannschaft. C’est presque au bout du suspense, après un score de 2 à 2 à la fin du temps réglementaire, que la France devrait se défaire de l’Allemagne lors des prolongations… même privée de Karim Benzema. Les tricolores n’auront pas autant de mal en finale et s’imposeront 2 à 1 face à l’Espagne, selon le scénario le plus probable de Goldman Sachs.

Mais la banque d’investissement n’est pas non plus infallible. Ses analystes rappellent d’ailleurs qu’en 2014, lors de la Coupe du monde au Brésil, ils n’avaient deviné que neuf des 16 qualifiés pour les huitièmes de finale. Ils n’avaient pas non plus prévu la déroute du Brésil en demi-finale, battu par l’Allemagne 7 à 1. “Mais c’était la plus grande surprise de l’histoire des Coupes du monde de football”, tentent de se justifier les prévisionnistes de Goldman Sachs dans leur note d’analyse.

Reste que ce travail n’a pas été mis entre les mains du premier stagiaire venu. L’étude a été supervisée par Jan Hatzius, le chef économiste de la banque en personne, réputé pour son sens de la prévision économique. Il a, notamment, été l’un des rares à affirmer en 2007 que le risque “d’une implosion économique et d’une récession mondiale qui pourrait dépasser l’ampleur de la Grande Dépression [de 1929] existe”. Quelques mois plus tard, la crise des subprimes débutait. Les Bleus ne peuvent qu’espérer que son flair légendaire s’applique aussi bien au football qu’à l’économie.

Première publication : 10/06/2016

  • De son côté, la maire de Paris Anne Hidalgo a dit “prôn[er] le dialogue plutôt que les méthodes qui consistent à s’envoyer des coups de menton à la figure”. Concernée par la grève des éboueurs, agents territoriaux et chauffeurs de camions-bennes, à l’origine des montagnes de déchets sur les trottoirs de la capitale, l’édile a promis que “toutes les ordures ser[aie]nt ramassées”.

    Jeudi soir, une cinquantaine de camions supplémentaires sont sortis pour dégager les monceaux de déchets qui encombrent les rues de la capitale. Vendredi matin, 74 camions-bennes de la régie municipale, soit un sur deux, ont pu quitter les dépôts.

    La mairie concentre les moyens sur les arrondissements les plus touchés, où avec la chaleur, les montagnes d’ordures dégagent une odeur pestilentielle. Sont concernés notamment le 2e et le 9e, dans le centre, mais aussi le 8e – les Champs-Élysées -, où se concentrent les touristes français et étrangers.

  • À la veille du coup d’envoi de l’Euro-2016, 80 000 personnes ont assisté à un concert sur le Champ-de-Mars, à Paris, qui accueillera les supporters de football durant la compétition. Un rassemblement festif placé sous haute sécurité.

    Premier test de sécurité réussi pour la très controversée fan zone du Champ-de-Mars, à Paris. Plus de 80 000 personnes ont assisté jeudi 9 juin, dans une ambiance très festive, à un concert géant sur la fan zone de la Tour Eiffel, à la veille du coup d’envoi de l’Euro-2016.

    Dès 16 h 30, plusieurs centaines de personnes, arrivées en avance, avaient passé les deux barrages de contrôle avant de se précipiter sur la pelouse pour être le plus près possible de David Guetta. Le DJ star qui a composé pour l’Euro-2016 l’hymne “This One’s For You”, est arrivé sur scène vers 23 h à l’issue d’un show télévisé sur TF1.

    #EURO2016 Coup d’envoi des festivités hier soir dans la fan base au pied de la tour Eiffel #AFPpic.twitter.com/UNat5qPItx

    — Agence France-Presse (@afpfr) 10 juin 2016

    Sécurités privées et police veillent au grain

    Pour accéder à la zone réservée au public, les spectateurs ont d’abord dû passer par l’une des 21 portes, installées autour du Champ-de-Mars pour le premier contrôle, avant d’aller vers l’une des six autres portes, installées sur un périmètre plus restreint dans l’enceinte même de la fan zone. Si le premier contrôle est assuré par les forces de l’ordre, le second est à la charge d’agents de sécurité privée.

    Dans un contexte de menace terroriste très élevée, le gouvernement a multiplié les moyens pour l’organisation du championnat d’Europe de football et le maintien des fan zones dans plusieurs villes de France. À Paris, entre les stands de bière et sandwiches et les écrans, des membres des forces de l’ordre (policiers en civil notamment), des inspecteurs de sécurité de la ville de Paris, auxquels s’ajoutent des agents de sécurité privée, veillent au grain.

    Cependant, aux yeux de certains et à ceux des élus de l’opposition notamment, il reste des améliorations à apporter pour accueillir dès vendredi jusqu’à 92 000 supporteurs en même temps les jours de match jusqu’à minuit, sur cet espace de 130 000 m2, soit 30 terrains de football.

    Une fan-zone de 90.000 personnes sous la Tour Eiffel, c’est un risque majeur. Sur @LCI pour #Euro2016#Sécurité#IDFpic.twitter.com/gjsRsCI0xA

    — Vincent JEANBRUN (@VincentJEANBRUN) 26 mai 2016



    Un bilan éloquent

    Pour ce test grandeur nature à la veille du jour J et du match d’ouverture France-Roumanie au Stade de France, le premier bilan était en tout cas éloquent. Le public était ravi et les commentaires positifs ont inondé les réseaux sociaux.

    C’était le feu 🔥🔥🔥 #EURO2016#EuroShow@Lau_qqt@Jannsfacepic.twitter.com/a5fZ36yhqc

    — ZIG (@Pbdin) 10 juin 2016

    Côté force de sécurité, aucun incident à déplorer non plus. “Près d’une demi-heure après la fin du concert, la fan zone était complètement vide. Il n’y a eu aucun incident à déplorer”, a indiqué à l’AFP la préfecture de police. “Au total, sur la soirée, six personnes ont été interpellées pour outrage et détention de stupéfiants”, a-t-elle ajouté. “On espère que ce sera calme comme ça tous les soirs pendant un mois”, glisse un CRS qui sera mobilisé vendredi au Stade de France.

    Avec AFP

    Première publication : 10/06/2016