Archive for June 11th, 2016

Au lendemain des graves incidents survenus à Marseille, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche l’interdiction de la vente d’alcool dans les “périmètres sensibles” les veilles et jours de match de l’Euro.

Alors que plusieurs critiques ont été émises sur le dispositif de sécurité lors de l’Euro-2016 au lendemain des incidents survenus à Marseille en marge du match Angleterre-Russie, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, dimanche 12 juin, que la vente d’alcool dans les villes hôtes allait être restreinte.

“J’ai demandé [aux préfets] de prendre toutes les mesures utiles visant à prohiber les veilles et jours de match et les jours d’ouverture des fan zones dans les périmètres sensible la vente, la consommation et le transport de boissons alcoolisées”, a ainsi déclaré le ministre, selon qui “cette mesure pourra concerner le domaine public, les commerces de proximité ainsi que les débits autorisés en cas de vente à emporter”. “Les préfets pourront également interdire en terrasse les contenants susceptibles d’être utilisés comme projectiles”, a-t-il ajouté.

Quant aux supporters étrangers “dont le comportement trouble l’ordre public”, ils pourront être expulsés et tout supporter interpellé lors d’un incident pourra être interdit de fréquenter les stades, les fan zones et certains quartiers des villes hôtes les veilles et jours de match, a affirmé le ministre.

Le dispositif de sécurité critiqué

Des voix avaient commencé à s’interroger, parmi les responsables politiques notamment, sur l’efficacité du dispositif de sécurité prévu pour l’ensemble de la compétition, qui s’achève le 10 juillet.

Samia Ghali, maire socialiste des 15e et 16e arrondissements de Marseille, ainsi que le député (Les Républicains) des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avaient ainsi plaidé pour l’interdiction de la vente d’alcool les jours de matches et dans les fan zones.

Pour Bernard Cazeneuve, les critiques sont “injustes et irresponsables”. Ces violences sont “aussi inacceptables pour les forces de police dont j’observe avec consternation le énième procès en responsabilité que certains ont d’ores et déjà commencé à instruire, sans s’interroger sur la question fondamentale et récurrente des violences engendrées par certaines compétitions de football”, a-t-il regretté.

En amont de l’Euro, et en prévision de violences en marge des matches, Bernard Cazeneuve avait prononcé 3 000 interdictions d’entrées sur le territoire. Le gouvernement britannique a de son côté retenu les passeports de 3 000 “hooligans” pendant la durée de la compétition. Des “spotters” étrangers, spécialistes du hooliganisme chargés de repérer d’éventuels fauteurs de troubles, assistent également les policiers français avant chaque rencontre “à risque”.

À Marseille, où 1 200 policiers et gendarmes sont déployés, ce sont quelque 600 supporters russes et anglais “très déterminés” qui se sont affrontés dans l’après-midi sur le Vieux-Port, selon le préfet de police.

Une procédure disciplinaire contre la Russie ouverte par l’UEFA

Plus tôt dans la journée, c’est l’UEFA qui avait annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre la Fédération russe de football (RFU).

L’instance européenne de football, qui gère la compétition mais n’a pas autorité sur les incidents en marge des rencontres, du ressort des autorités françaises, reproche aux supporters russes d’avoir attaqué des supporters anglais dans les tribunes à l’issue du match contre l’Angleterre (1-1), d’avoir entonné des chants racistes et d’avoir lancé des fumigènes. Des sanctions pourraient être décidées dans les prochains jours contre la Russie, mais aussi contre l’Angleterre, “pouvant aller jusqu’à la disqualification potentielle de leur sélection” de la compétition, a prévenu l’UEFA dans un communiqué.

Shocking behaviour in #Marseille shot this video tonight driving to my hotel #Eng@EURO2016pic.twitter.com/7n4f4lAxD2

— Owen Humphreys (@owenhumphreys1) June 10, 2016

Le ministre russe des Sports a réagi dimanche, estimant que l’UEFA avait eu raison d’ouvrir une procédure disciplinaire à l’encontre de la RFU. “C’était la bonne chose à faire. (…) Il y a eu des affrontements dans les tribunes et il est nécessaire de résoudre ce problème”, a déclaré Vitali Moutko, cité par l’agence sportive russe R-Sport.

L’UEFA a toutefois reconnu “des problèmes de séparation” entre supporters au Vélodrome et promet un “dispositif renforcé” du personnel de sécurité dans les stades de l’Euro-2016 en “collaboration avec les autorités françaises”. L’UEFA a également fait part de ses “préoccupations sérieuses” devant ces incidents. “Ce type de comportement est totalement inacceptable et n’a pas de place dans le football”, indique encore l’Union européenne du football.

Huit personnes, dont des Français et des Britanniques, ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche pour les violences du Vieux-Port, a-t-on indiqué de source policière. Cinq sont poursuivies pour des violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, une pour dégradations volontaires et deux pour violence avec arme. Elles devraient être présentées à la justice en comparution immédiate lundi.

Des heurts ont également éclaté samedi soir à Nice, où une bagarre entre un groupe de locaux et des supporters nord-irlandais et polonais a fait neuf blessés à la veille de Pologne-Irlande du Nord, selon la préfecture des Alpes-Maritimes. Trois personnes ont été interpellées.

Avec AFP et Reuters


Première publication : 12/06/2016

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L’E3, le plus grand salon du jeu vidéo qui se déroule à Los Angeles, est l’occasion pour plus de 50 000 participants de suivre la bataille sans merci que se livrent Microsoft, Sony et Nintendo et de voir si la réalité virtuelle va enfin décoller.

Des jeux vidéos, des consoles et de la réalité virtuelle : c’est le triptyque de l’E3, l’Electronic Entertainment Expo, le plus grand salon mondial du jeu vidéo, qui s’ouvre à Los Angeles mardi 14 juin. Mais les tenors du secteur, Microsoft, Sony, Ubisoft, Electronic Arts et Bethesda, vont dévoiler leurs nouveautés dès lundi.

Pour la première fois de son histoire, ce salon, jusqu’à présent réservé aux professionnels du secteur, ouvrira en partie ses portes au grand public. Plus de 50 000 personnes sont attendues au Convention Center de Los Angeles pour voir les nouveautés concoctées par les grands noms de l’industrie.

Des jeux AAA – comprendre à gros budget et qui doivent rapporter gros -, des innovations technologiques et du spectacle sont les ingrédients qui ont fait la renomée de ce rendez-vous des férus du gamepad.

Derrière le strass et les paillettes des “booths” – les stands toujours très bling-bling des éditeurs de jeux – se trame aussi une guerre économique sans merci dans un secteur qui a pesé près de 90 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le monde en 2015. Tour d’horizon des jeux et des enjeux.

La bataille Xbox One vs Playstation 4. Microsoft, avec sa console Xbox One, est en difficulté. La Playstation 4 du japonais Sony domine le marché avec 40 millions d’unités vendues depuis son lancement en 2013, alors que les ventes de Xbox One sont estimées à environ 20 millions dans le monde.

Microsoft n’a donc pas le droit à l’erreur lors de cet E3, et son arme de guerre pour ce salon a un nom de code : Xbox Scorpio. Il s’agirait d’une version plus puissante de la console actuelle et serait prête pour les jeux en réalité virtuelle. Une technologie qui sera également l’une des stars de l’E3 de Sony, qui devrait en dire plus sur son casque maison, censé faire de la réalité virtuelle une réalité tout court.

Le constructeur japonais ne compte pas non plus laisser son concurrent américain reprendre l’avantage technologique puisqu’il devrait, aussi, dévoiler une Playstation 4.5. Là aussi, il s’agirait essentiellement de remettre un peu de puissance sous le capot.

Ubisoft, le Français qui fait de la résistance. Ubisoft a prévenu : il veut fêter à l’E3 les 30 ans de ses jeux “made in France” (même si une grande partie est dorénavant produite au Canada ou en Europe de l’Est). À l’occasion de ce salon, il va ainsi en dire plus sur Ghost Recon Wildlands, le jeu le plus cher jamais créé dans l’Hexagone. Une manière d’impressionner les joueurs ? Pas seulement. C’est aussi un message adréssé à Vincent Bolloré. Le patron de Vivendi vient en effet de boucler l’OPA hostile sur l’éditeur de jeu sur mobile Gameloft, qui a été fondé par le petit frère d’Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft.

La famille Guillemot s’est battue sans succès pendant près d’un an pour éviter cette reprise. Et Vincent Bolloré n’a jamais caché qu’il était aussi intéressé par Ubisoft. L’E3 devrait donc être pour être pour l’éditeur français l’occasion de montrer qu’il sait très bien défendre les couleurs du jeu vidéo tricolore tout seul et qu’il n’a pas besoin d’un Vivendi pour créer des titres qui n’ont rien à envier aux grosses productions américains ou japonaises.

Nintendo et son jeu unique. Zelda, Zelda et encore Zelda. C’est inédit, le fabricant japonais de la Wii U vient à l’E3 avec ce petit personnage mythique du jeu vidéo comme unique bagage, alors que le salon américain est plutôt une occasion d’impressionner le secteur en dévoilant autant de jeux que possible, même si certains sont encore très loin d’être aboutis.

Alors pourquoi se faire aussi discret ? Les nombreux fans de la firme japonaise soutiendront que le nouvel opus de la série Zelda est l’un des titres les plus attendus du moment. Les sceptiques souligneront que c’est le signe que la Wii U, qui ne s’est vendue qu’à 12 millions d’exemplaires dans le monde, est à bout de souffle. Le constructeur n’est pas encore prêt à dévoiler la prochaine console et se contenterait de marquer le coup en attendant l’année prochaine.

Reste qu’une surprise est toujours possible. Nintendo est l’un des acteurs les plus secrets de l’industrie du jeu vidéo et le groupe sait comme nul autre sortir un as de sa manche lorsque personne ne s’y attend.

La réalité virtuelle partout. Microsoft et Sony vont en parler, mais la réalité virtuelle sera partout à l’E3. Oculus, le principal constructeur de casques de réalité virtuelle, fera des démonstrations de la puissance vidéoludique de cette technologie. Le groupe taiwanais HTC tentera, lui, de prouver que son casque Vive n’est pas en reste, et le Sud-Coréen Samsung sera également de la partie avec ses lunettes Gear VR. Il y aura également d’innombrables petits constructeurs qui veulent tenter de percer dans ce domaine, annoncé comme la prochaine révolution du jeu vidéo. Reste à savoir si les joueurs seront fins prêts à troquer leurs traditionnels gamepads pour des casques autrement plus encombrants.

Première publication : 12/06/2016

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT accuse la CGT d’utiliser la Loi travail pour “refaire son unité” et dénonce “la dérive des mouvements d’extrême gauche”.

Les blocages contre la Loi travail “viennent de salariés et d’agents qui ne sont pas concernés par le projet de loi”. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT ne cache pas son agacement vis-à-vis de l’attitude de la CGT. Le leader du syndicat “réformiste” dénonce “un jeu de rôles” entre la CGT et le gouvernement, dans une interview au Journal du Dimanche. “Il ne faut pas non plus accepter la dérive des mouvements d’extrême gauche, qui saccagent des locaux de la CFDT ou insultent des salariés”, a souligné dimanche 12 juin le leader syndical, ajoutant qu”il faut faire attention, poser les limites”.

Laurent Berger déplore le “jeu de rôles” de la CGT et de Valls autour de la loi Travail https://t.co/foG0A5zPeTpic.twitter.com/cpWqIWHXdU

— Le JDD (@leJDD) 12 juin 2016

Interrogé pour savoir pourquoi le conflit sur la Loi travail n’est toujours pas terminé, Laurent Berger y voit “deux causes principales”. Tout d’abord, le premier projet du gouvernement était “inacceptable” et “ce ressenti très négatif a perduré alors que le texte a largement évolué en faveur des salariés, grâce à notre action.”

“Des postures”

“L’autre raison”, poursuit-il, “ce sont les postures. Nous assistons à un jeu de rôles où chacun prétend montrer ses muscles. Il y a d’un côté un gouvernement en difficulté et de l’autre une organisation syndicale qui a voulu refaire son unité”.

Le patron de la CFDT estime par ailleurs que la méthode adoptée par le gouvernement “fut très mauvaise”, car “elle n’a pas permis de donner le sens du projet”. “Regardez où cela aboutit. Le projet de loi préconise le dialogue mais il hystérise la société. Pierre Gattaz [président du Medef, syndicat patronal, NDLR], y est autant opposé que la CGT”, affirme Laurent Berger.

Après une longue traversée du désert, la CGT a retrouvé sa capacité à se faire entendre en s’opposant à une Loi travail impopulaire, mais la manière dont le premier syndicat français va négocier la sortie de crise sera primordiale pour son image.”La CGT se replace au centre du jeu social et politique” grâce à sa mobilisation contre la Loi travail, estime Stéphane Sirot, historien spécialisé des syndicats.

Alors que le gouvernement a échoué à éteindre la grogne sociale avant le début de l’Euro de football malgré les concessions faites (routiers, cheminots, contrôleurs aériens), une rencontre est évoquée ce week-end entre le numéro un de la centrale, Philippe Martinez, et la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

“Une progression nette de syndicalisation” à la CGT

“Le gouvernement Valls avait pris l’habitude de discuter avec la CFDT pour toutes ses réformes. Aujourd’hui, il se rend compte qu’on ne contourne pas impunément (la CGT) car elle a conservé sa capacité de nuisance”, explique un autre expert du secteur, sous le couvert de l’anonymat.

Engluée dans des problèmes internes depuis le départ de Bernard Thibault en 2013, qui avait mal préparé sa succession, la plus vieille organisation syndicale française peinait à faire entendre sa voix. Ses appels à manifester contre la réforme des retraites (2013) ou la loi Macron (2015) avaient ainsi été peu suivis.

Mais la mobilisation contre la Loi travail “est très bénéfique pour nous. Nous constatons une progression nette de syndicalisation”, se réjouit Serge Pléchot, numéro un de la fédération BTP à la CGT, tout en soulignant que “le but premier” reste le retrait du texte.

Avec AFP

Première publication : 12/06/2016