Archive for June 18th, 2016

Des milliers de personnes ont participé dimanche à la marche organisée par les associations musulmanes de Mantes-la-Jolie (Yvelines) pour exprimer leur solidarité avec les forces de l’ordre six jours après le meurtre d’un couple de policiers.

Habitants de Mantes ou des communes environnantes, fidèles et scouts musulmans, mais aussi chrétiens, ils étaient des milliers dimanche 19 juin à Mantes-la-Jolie (Yvelines) à avoir répondu à l’invitation des associations musulmanes de la ville. Elles avaient appelé à une marche de solidarité avec la police après la mort de deux fonctionnaires, tués le 13 juin à Magnanville par Larossi Abballa, un homme de 25 ans qui s’est revendiqué de l’organisation de l’État islamique.

>> À lire sur France 24 : “Ce que l’on sait de Larossi Abballa, tueur au nom du jihad”

Entre 2 500 personnes, selon la police, et 4 000 à 5 000, selon les organisateurs, se sont retrouvées en début d’après-midi devant la Grande Mosquée, dans le quartier populaire du Val-Fourré, dans l’ouest de la ville.

Abdelaziz El Jaouhari, président de la mosquée de Mantes-Sud, à Mantes-la-Ville, une commune limitrophe, s’est joint au rassemblement. “Les politiques à eux seuls n’ont pas les solutions, la communauté musulmane non plus, mais ensemble, on peut peut-être en trouver une pour endiguer ce cycle infernal”, a-t-il affirmé à l’AFP.

“Cette marche, c’est pour dire que la communauté musulmane n’a aucune responsabilité dans les actes criminels et la barbarie générés par le terrorisme, mais qu’elle se sent le droit et le devoir de les condamner et de se mobiliser contre”, a-t-il ajouté.

“Dire que l’islam et les musulmans de France n’ont rien à voir avec ces criminels”

En tête de cortège, des représentants du collectif des mosquées du Mantois tenaient une banderole sur laquelle était inscrit “Mobilisons-nous contre la barbarie !” à côté du portrait de Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, souriants.

Dans le cortège, nombre de musulmans étaient venus exprimer leur solidarité avec les policiers et condamner ce meurtre. “En faisant cette marche, on montre qu’on est tous unis contre les terroristes, ces monstres qui veulent à tout prix faire couler le sang”, a expliqué Imane Remina, 18 ans, qui habite au Val-Fourré et qui porte le voile.

Mohammed Bouaalal, un commerçant de 34 ans d’Aubergenville, une commune voisine, est venu avec ses filles “pour dire, s’il fallait encore le démontrer, que l’islam et les musulmans de France n’ont absolument rien à voir avec ces criminels”.

“Ils s’en prennent aujourd’hui aux policiers, demain c’est à nous (musulmans) qu’ils s’en prendront, comme on le voit en Égypte ou au Yémen”, craint-il. “Parce qu’à leurs yeux, nous sommes des traîtres qui n’ont pas la même vision du monde.”

Devant l’entrée du commissariat, ceint de barrières métalliques pour contenir la foule, les dignitaires musulmans ont déposé une gerbe après avoir observé une minute de silence. La foule a ensuite applaudi à l’adresse des fonctionnaires de police.

Avec AFP

Première publication : 19/06/2016

Le musée du quai Branly, à Paris, fête ses dix ans. À cette occasion, l’établissement change de nom pour rendre hommage à l’implication de l’ex-président Jacques Chirac dans la création de ce musée des arts d’Afrique, d’Océanie et des Amériques.

Né dans la polémique, en 2006, le musée du quai Branly a finalement su affirmer son identité et trouver son public, notamment grâce à “une nouvelle lecture des cultures, des mouvements sociétaux et/ou historiques” avec des expositions comme “Planète métisse”, “Cheveux chéris” ou “Tatoueurs, Tatoués” (2014-2015).

À l’occasion de cet anniversaire, l’établissement, situé dans le VIIe arrondissement parisien, vient d’être rebaptisé “Quai Branly – Jacques Chirac”, rappelant ainsi le rôle joué par l’ancien chef d’État dans la création de ce musée des arts d’Afrique, d’Océanie et des Amériques.

Déjà 10 ans : venez célébrer notre anniversaire les 25 & 26 juin ! https://t.co/nbViHfDEhD#gratuit#quaiBranly10anspic.twitter.com/F0o5BFUIss

— musée du quai Branly (@quaibranly) 1 juin 2016

Conçue par l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, une exposition intitulée “Jacques Chirac ou le dialogue des cultures” (21 juin – 9 octobre) rend hommage à la passion de l’ancien président pour les civilisations premières.

Installation de l’ #ExpoJacquesChirac au @quaibranly : @aillagon règle l’accrochage des masques pic.twitter.com/yFybt2bMqQ

— Marie Vnze (@MVnze) 16 juin 2016

Jacques Chirac ne sera pas présent lors du vernissage, mais “il ira voir l’exposition, c’est certain”, a déclaré sa fille Claude sur France 2. “Il n’y a pas beaucoup d’expositions de Branly qu’il n’ait pas vues”, a souligné le président du musée Stéphane Martin. “Il est toujours venu discrètement et je pense qu’il voudra voir celle-là”.

Une moyenne de 1 350 000 visiteurs par an

C’est la façon dont ont été constituées les collections qui avait créé une polémique à la création du musée. La direction du Quai Branly a en effet prélevé massivement des œuvres dans d’autres institutions publiques. En 1998, le Musée de l’Homme est dépouillé de quelque 300 000 pièces, et celui des Arts d’Afrique et d’Océanie de 25 000 objets.

Des déménagements qui passent mal chez les chercheurs, choqués par la “brutalité de l’opération”. Entre grèves et pétitions, un livre de l’ethnologue Bernard Dupaigne, intitulé “Le scandale des arts premiers”, dénonce ces déménagements mais aussi le choix de l’esthétique au détriment de la signification anthropologique des œuvres.

Interrogé par l’AFP, il se montre aujourd’hui un peu moins sévère. Tout en estimant insuffisant le travail scientifique sur les collections du musée, il juge “assez correcte” la mise en contexte des œuvres dans les expositions temporaires.

Le Quai Branly enregistre une moyenne de 1 350 000 visiteurs par an, “là où les prévisions de fréquentation les plus optimistes s’établissaient à 800 000 visiteurs annuels”, selon son président. Si le musée est une réussite, il le doit aussi à l’État, particulièrement généreux. Les subventions publiques atteignent 77 % du budget annuel, alors qu’elles représentent la moitié du budget du Louvre et un quart de celui du musée d’Orsay.

Avec AFP

Première publication : 19/06/2016

Dans une interview accordée au Journal du dimanche, le Premier ministre estime qu’en raison du contexte de sécurité actuel, les syndicats opposés au projet de Loi travail devraient “annuler eux-mêmes” leurs rassemblements prévus jeudi.

Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est prévue jeudi 23 juin, le Premier ministre français, Manuel Valls, estime, dans une interview au Journal du dimanche, paru le 19 juin, que les syndicats opposés à la Loi travail devraient renoncer aux rassemblements.

Le chef du gouvernement revient également sur l’adoption du projet de loi qu’il voudrait voir intervenir rapidement. Sans toutefois dire si un nouvel usage du 49-3 est envisagé. Revue de détails de ces déclarations.

• Sur les manifestations du 23 juin

“Compte tenu de la situation, des violences qui ont eu lieu, de l’attentat odieux contre le couple de policiers mais aussi de la tenue de l’Euro, les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements. C’est du bon sens !”, assène Manuel Valls, ajoutant que “la CGT doit sortir de l’impasse”.

“Le principe de notre droit, c’est la liberté de manifester. La responsabilité du gouvernement, c’est s’assurer que les conditions de sécurité sont remplies, poursuit-il. Or c’est un fait : des syndicalistes peuvent agir avec des casseurs, c’est inadmissible. Les organisateurs ne veulent pas prendre leurs responsabilités, se désolidariser clairement des violences, si nous constatons que ces manifestations font peser de nouveau un danger pour les forces de l’ordre et les biens publics, alors le gouvernement prendra ses responsabilités.”

>> À voir sur France 24 : “Loi travail : comment sortir de la crise ?”

Le chef du gouvernement indique qu’il y aura des discussions sur le sujet dans les prochains jours entre les organisateurs et la préfecture de police de Paris et que le gouvernement “prendra ses responsabilités” s’il le faut.

Plus tôt dans la semaine, il avait laissé entendre que le gouvernement pourrait interdire des manifestations après les violences qui ont émaillé celle de mardi à Paris contre le projet de réforme du Code du travail.

• Sur les casseurs et les violences policières

Manuel Valls prend la défense des forces de l’ordre face aux accusations de violence policière des opposants au projet de loi et dément fermement qu’elles aient reçu pour consigne de laisser les casseurs agir. “Jamais nos forces de l’ordre n’ont eu à faire face à autant de situations difficiles en même temps”, dit-il.

Et d’ajouter : “Alors que deux policiers viennent d’être sauvagement assassinés, je supporte encore moins les insinuations concernant notre police républicaine sur des prétendues consignes de laisser-faire pour discréditer le mouvement ou sur les soi-disant violences policières.”

“Ceux qui discréditent les mouvements sociaux sont ceux qui ne condamnent pas les violences, voire même y participent. Donc il est temps de se désolidariser de toute forme de violence”, déclare-t-il encore.

• Sur la CGT

Manuel Valls se défend également de toute “posture” dans la bataille autour du projet de loi qui l’oppose à la CGT et à son secrétaire général Philippe Martinez. “Je crois au compromis dans l’entreprise et dans la nécessité de faire confiance aux acteurs de terrain”, souligne-t-il.

>> À voir sur France 24 : “Loi travail contestée : un combat perdu d’avance ?”

S’il dépeint la CGT comme “une grande organisation syndicale” dont l'”histoire se confond avec celle du Front populaire, de la Résistance, de la reconstruction après-guerre”, le chef du gouvernement martèle qu'”il n’y aura ni retrait du texte, ni modification de sa philosophie, ni réécriture des articles qui en constituent le cœur”.

• Sur un éventuel recours au 43-3

Le projet de loi “revient à l’Assemblée le 5 juillet” et “la démocratie sociale, ce n’est pas l’expression permanente de la contestation, c’est le respect des temps démocratiques. Maintenant, il faut aller vite et faire adopter ce texte”, lance le locataire de Matignon.

Prié de dire si ce souci de vitesse signifie un deuxième recours à l’arme constitutionnelle du 49-3 pour faire adopter le texte sans vote à l’Assemblée, M. Valls se borne à répondre: “Je prends les étapes les unes après les autres”.

Après la première lecture en cours au Sénat, “où la droite l’a profondément changé”, souligne-t-il, “nous rétablirons la version adoptée à l’Assemblée nationale, qui avait déjà intégré près de 800 amendements” sur ce texte, “fruit d’un compromis bâti avec les syndicats réformistes et avec la majorité socialiste”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 19/06/2016