Archive for June 21st, 2016

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Un Brexit serait une mauvaise nouvelle pour la City, mais pourrait, par ricochet, profiter à d’autres marchés européens. Francfort lorgne la plus haute marche des places boursières européennes, mais Paris a une carte à jouer.

Le poumon financier européen va-t-il quitter Londres en cas de Brexit ? Et si oui, quelle autre place européenne en profiterait ? Si, à l’heure actuelle, tout n’est que spéculation – d’autant plus que le camp du “remain” (rester dans l’Union européenne) semble reprendre du poil de la bête électorale à la veille du référendum – la City est inquiète.

Ainsi, lors de la dernière City Week, une conférence sur les services financiers à Londres, une majorité écrasante de 75 % des participants estimait que le rôle de Londres comme pôle financier serait affaibli en cas de Brexit, raconte “Le Monde”.

Une “révélation” qui ne surprend pas grand monde : la Grande-Bretagne serait obligée de renégocier des accords financiers avec tous les autres pays européens et devrait redéfinir son cadre réglementaire. “Il y aurait une période d’incertitude et de lourdeurs administratives : deux choses que les financiers détestent”, résume Pascal de Lima, économiste en chef du cabinet de conseil EcoCell et spécialiste du secteur bancaire.

De l’autre côté du Channel ou du Rhin ?

Les investisseurs seraient alors tentés faire fructifier leur portefeuille de l’autre côté du Channel, sur le continent. Mais s’arrêteraient-ils à Paris ou traverseraient-ils le Rhin pour aller chercher fortune boursière à Francfort ? Les places boursières françaises et allemandes sont les principales bénéficiaires potentielles d’un éventuel Brexit.

Francfort semble a priori mieux placée pour attirer en premier les investisseurs qui déserteraient la City. Principale raison : le rapprochement en cours entre la Bourse allemande et celle de Londres. Depuis mars 2016, ces deux places financières envisagent de fusionner, ce qui simplifierait les mouvements de capitaux de l’une à l’autre, rappelle “Le Monde”. Et puis, Francfort abrite aussi la Banque centrale européenne, ce qui joue en faveur de la capitale financière allemande, estime, pour sa part, Daniel Gerino, président du fonds d’investissement Carlton sélection, interrogé par L’Express.

Enfin, un argument psychologique jouerait en défaveur de Paris : “La taxe à 75 % [sur les révenus, NDLR] reste dans tous les esprits. Beaucoup à l’étranger pensent d’ailleurs qu’elle est encore appliquée. Alors croire que des opérateurs vont prendre le risque de voir leur rémunération confisquée par le fisc français ? Même pas en rêve !”, affirme un responsable financier à Paris interrogé par Le Monde.

Des hommes et des dérivés

Mais la capitale française n’est pas à court d’arguments. “On a un réservoir d’ingénieurs et de spécialistes de la finance meilleurs qu’à Francfort. Paris a un capital humain plus important”, estime Pascal de Lima. Ce n’est pas un hasard si certains des opérateurs de Bourse qui ont fait la une des médias, souvent à leur corps défendant, sont français. Bruno Iskil, surnommé la “Baleine de Londres”, l’ex-trader de la Société Générale Jérôme Kerviel ou encore Bruno Latour, le PDG du très secret et très puissant hedge fund spécialisé dans le trading à haute fréquence Latour Trading ont ainsi été formés en France.

Il existe également une proximité de métiers entre la Bourse de Londres et celle de Paris. “La City est spécialisée dans les services financiers et les produits dérivés, ce qui est aussi le point fort de Paris, alors que Francfort est davantage une place pour les transactions sur les obligations et les actions”, précise Pascal de Lima. Les investisseurs portés sur les dérivés seraient alors naturellement tentés d’aller chercher fortune à Paris. Les nombreux opérateurs londoniens de Bourse, spécialisés dans ce type de produits, auraient aussi plus de facilité à s’intégrer dans le paysage professionnel de la finance parisienne.

“Paris, de par son prestige et sa position géographique stratégique en Europe, est aussi une destination de choix pour les établissements financiers tentés de délocaliser une partie de leur activité en cas de Brexit”, affirme l’économiste français. HSBC, l’une des principales banques à Londres, a déjà prévenu que si la Grande-Bretagne quittait l’Union européenne, elle choisirait de relocaliser plus de 1 000 emplois en France. La Bourse de Paris profiterait mécaniquement d’un tel mouvement.

Le face à face entre Francfort et Paris pour récupérer une partie des affaires qui se font à la City n’est pas qu’une question de prestige. Il y a aussi d’énormes retombées fiscales potentielles : en 2014, les sociétés financières ont payé 65,6 milliards de livres d’impôts.

Première publication : 22/06/2016

Les syndicats opposés à la loi travail ont finalement “obtenu le droit” de manifester, jeudi à Paris, “sur un parcours proposé par le ministre de l’Intérieur”. La préfecture avait initialement interdit le cortège.

  • C’est un retournement de situation plutôt inattendu. Après s’être vus interdire de défiler à Paris par la préfecture de police, les syndicats opposés à la loi travail ont finalement “obtenu le droit” de manifester jeudi 23 juin à Paris, sur un parcours défini par le ministre de l’Intérieur.
  • “Après des discussions serrées avec le ministre de l’Intérieur [Bernard Cazeneuve], les organisations syndicales et de jeunesse ont obtenu le droit de manifester à Paris, sur un parcours proposé par le ministre de l’Intérieur, ainsi que l’autorisation de manifester le 28 juin, selon des modalités à déterminer”, a déclaré le leader de la CGT, Philippe Martinez, qui lisait un communiqué commun des sept syndicats opposés à la loi travail, réunis au siège de la CGT.
  • Le cortège partira de la place de Bastille à 14h, puis fera le tour du bassin de l’Arsenal, avant de retourner à Bastille, soit un trajet de 1,6 km.
  • Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a prévenu qu'”aucun débordement, aucune violence” ne seraient “tolérés”.
  • Lors d’un dernier rassemblement parisien, le 14 juin, 28 policiers avaient été blessés.

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Première publication : 22/06/2016

La préfecture de police a annoncé mercredi matin l’interdiction de la manifestation de jeudi à Paris à l’appel de syndicats opposés au projet de loi sur le Code du travail, en raison de difficultés à assurer sa sécurité.

Après plusieurs jours de bras de fer, le préfet de police de Paris a annoncé, mercredi 22 juin, l’interdiction de la manifestation contre la Loi travail que voulaient organiser jeudi à Paris les syndicats opposés au projet du gouvernement.

Jean-Claude Mailly (FO) et Philippe Martinez (CGT) ont aussitôt demandé “à être reçus rapidement” par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Les sept syndicats contestataires souhaitaient initialement défiler entre la place de la Bastille et la place de la Nation jeudi à 14 h 00. Mais les autorités insistaient depuis lundi pour qu’ils choisissent une manifestation “statique” plutôt qu’un défilé, en invoquant des raisons de sécurité après les violences qui ont émaillé la manifestation nationale du 14 juin dans la capitale.

Les “représentants des syndicats refusant catégoriquement la tenue d’un rassemblement statique et formulant ensuite des propositions alternatives d’itinéraires” qui n’ont pu faire l’objet d’un consensus, le préfet de police Michel Cadot “considère qu’il n’a pas d’autre choix que d’interdire la tenue de la manifestation”, a indiqué la préfecture de police dans un communiqué.

Les propositions d’itinéraires alternatifs formulées par les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) “ne permettent en aucune façon de répondre à la nécessaire sécurité des personnes et des biens, ni aux exigences de mobilisation maximale des forces de police et des forces mobiles contre la menace terroriste”, a souligné la préfecture, insistant sur “l’épuisement” des forces de l’ordre.

Une “remise en cause de la liberté de manifester” selon les syndicats

Le “rassemblement statique sur une grande place parisienne” permettait, selon la PP, “de maintenir le droit d’expression des citoyens tout en limitant les risques de dégradations des commerces, habitations et institutions ainsi que les violences aux personnes et représentants des forces de l’ordre”.

Bernard Cazeneuve avait lui-même écrit lundi au numéro un de la CGT Philippe Martinez pour lui dire que “dans ce contexte de tension et de heurts récurrents (…), le renouvellement à l’identique d’une manifestation itinérante le 23 juin n’apparaissait pas envisageable”.

Pour les syndicats, un simple rassemblement constitue une “remise en cause de la liberté de manifester”, d’autant que de nombreuses manifestations sont prévues ailleurs jeudi en France, sans menaces d’interdiction. Faire du surplace serait de surcroît dangereux pour la sécurité des manifestants, ont-ils argué.

La manifestation nationale du 14 juin avait donné lieu à d’importantes dégradations et 28 policiers et 11 manifestants y avaient été blessés.

Avec AFP

Première publication : 22/06/2016