Archive for June 26th, 2016

56f984d711.jpeg

Suite au Brexit, les agences de notation Standard & Poor’s (S&P) et Fitch ont annoncé lundi la dégradation de la note souveraine à long terme du Royaume-Uni, abaissée de AAA à AA avec une perspective négative.

Les agences de notation Standard and Poor’s et Fitch ont dégradé lundi 27 juin la note de la dette du Royaume-Uni, prenant acte du choix des électeurs britanniques de voir leur pays quitter l’Union européenne.

La note de la dette du pays passe de AAA, la meilleure possible, à AA, deux crans en-dessous, selon un communiqué de S&P, qui anticipe “un contexte politique moins prévisible, moins stable et moins efficace” dans les mois à venir. La nouvelle note est assortie d’une perspective négative, c’est-à-dire qu’elle pourrait être abaissée à nouveau.

>> À lire sur France 24 : “L’ombre du Brexit plane sur le commerce franco-britannique”

S&P a aussi abaissé la note à long terme de la Banque d’Angleterre pour la ramener également de AAA à AA.

L’agence justifie aussi sa décision par les risques d’une nette détérioration des conditions du financement externe au vu du niveau extrêmement élevé des besoins de la Grande-Bretagne.

Ralentissement significatif de la croissance

L’ampleur du déficit du compte courant britannique, qui atteignait 7 % du produit intérieur brut (PIB) du pays à la fin 2015, rend l’économie et la devise particulièrement vulnérables aux sorties de capitaux.

S&P dit s’attendre à un ralentissement significatif de la croissance de l’économie britannique sur la période 2016-2019, avec une hausse du PIB abaissée en moyenne à 1,1 % par an.

>> À voir sur France 24 : “Économie britannique : George Osborne tente de rassurer”

L’agence de notation souligne enfin les risques que le vote en faveur du Brexit fait peser sur l’intégrité constitutionnelle et économique du Royaume-Uni, si un nouveau référendum devait avoir lieu sur l’indépendance de l’Écosse.

L’agence de notation Moody’s avait annoncé vendredi avoir abaissé la perspective pour la dette souveraine du Royaume-Uni, de “stable” à “négative”, tout en maintenant sa note à “Aa1”, après la décision du pays de sortir de l’Union européenne.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/06/2016

Le parquet de Paris a ouvert lundi une information judiciaire pour “homicides involontaires” sur le crash, le 19 mai dernier en Méditerranée, d’un Airbus A320 de la compagnie EgyptAir, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire dans l’enquête sur le vol MS804 d’EgyptAir reliant Paris au Caire, qui s’est abîmé le 19 mai en Méditerranée avec notamment 40 Égyptiens et 15 Français à bord, a annoncé, lundi 27 juin, le parquet de Paris.

L’information judiciaire est ouverte pour “homicides involontaires”, a précisé le parquet, qui avait initié une enquête préliminaire le 19 mai, une procédure classique du fait de la présence de ressortissants français parmi les victimes.

L’hypothèse de l’attentat, initialement mise en avant par l’Égypte, a donc cédé du terrain au profit de celle de l’incident technique : des alertes automatiques avaient en effet été émises par l’appareil deux minutes avant sa chute, signalant de la fumée dans le cockpit et une défaillance de l’ordinateur gérant les commandes.

Outre les 40 Égyptiens, dont les membres d’équipage, et les 15 Français qui se trouvaient à bord, l’avion, qui avait décollé de l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, transportait deux Irakiens, deux Canadiens, ainsi que des ressortissants d’Algérie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Tchad, du Portugal, d’Arabie saoudite et du Soudan. Il s’était abîmé entre la Crète et la côte nord de l’Égypte.

L’exploitation des enregistreurs peut prendre du temps

Après près d’un mois de recherches, les deux boîtes noires de l’Airbus A320 ont été repêchées mi-juin “en morceaux”, mais, dans les deux cas, les équipes de recherches ont pu récupérer “la partie la plus importante de l’enregistreur, qui contient la mémoire de l’appareil”, selon la commission d’enquête égyptienne. Leur examen a débuté le 19 juin.

“On ne peut pas exclure que l’exploitation des enregistreurs prenne un certain temps. Il est nécessaire que les familles puissent se constituer parties civiles”, a relevé une source judiciaire.

Les enquêteurs égyptiens sont épaulés dans leur travail par les experts français du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) et du constructeur européen Airbus, ainsi que par un représentant du Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) américain, parce que les moteurs sont fabriqués par un consortium comprenant une compagnie américaine, et un expert dépêché par le fabricant américain des boîtes noires.

Avec AFP

Première publication : 27/06/2016

b6bbf40730.jpeg

Le Brexit risque d’être un véritable frein dans les relations commerciales qu’entretiennent le Royaume-Uni et la France, craignent les industries exportatrices tricolores. Londres est l’un des partenaires commerciaux privilégiés de Paris.

L’industrie agroalimentaire française a été l’une des premières à tirer la sonnette d’alarme au lendemain du vote en faveur du Brexit au Royaume-Uni, vendredi 24 juin. Les Britanniques raffolent du “manger français” et les secteurs “les plus touchés seraient le vin et les produits laitiers [comprendre fromages et beurre] qui portent les performances agroalimentaires françaises à l’export”, craint l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) dans un communiqué.

Leur inquiétude se comprend : la France exporte pour 4,54 milliards d’euros de produits alimentaires vers le Royaume-Uni, qui totalise, à lui tout seul, 15 % de l’ensemble des ventes à l’étranger de ce secteur. La chute libre de la livre sterling par rapport à l’euro depuis l’annonce du résultat du référendum britannique signifie qu’il faudra plus de pounds pour acheter la même quantité de biens, ce qui risque de freiner les ardeurs importatrices de nos voisins d’outre-Manche.

Perte de 2,9 milliards d’euros

Cette logique ne s’applique pas seulement à l’agroalimentaire. Plus la livre sterling chute – elle était lundi à son plus bas en trente-et-un ans – moins les Britanniques seront tentés d’acheter des produits étrangers, devenus mécaniquement plus chers. L’assureur Euler Hermes l’a anticipé dans une note d’analyse sur les conséquences d’un Brexit pour les économies européennes publiée fin mai. Les exportations françaises de biens pourraient baisser – dans le pire des cas – de 2,9 milliards d’euros à court terme. Outre l’agroalimentaire, les secteurs les plus exposés sont les machines et équipements (véhicules agricoles, équipements électriques ou nucléaires, etc.) et la chimie qui pourraient perdre, respectivement, 480 millions et 520 millions d’euros.

Les importations britanniques pourraient, quant à elle et sans tenir compte d’un éventuel retour des taxes douanières, progresser puisque le “made in Britain” devient moins onéreux. Une telle tendance serait mauvaise pour la balance commerciale française (différence entre les exportations et les importations). Une nouvelle particulièrement douloureuse pour l’Hexagone, puisque le Royaume-Uni est l’un de ses partenaires commerciaux favoris. Les îles britanniques sont – et de très loin – le pays dans le monde avec lequel la France a le plus important excédent commercial puisqu’il dépasse les 10 milliards d’euros.

Pour bien comprendre l’importance des liens économiques qui unissent la France et le Royaume-Uni, France 24 présente, secteur par secteur, les principales exportations et importations de biens et leur poids respectifs dans les échanges commerciaux entre les deux pays.

Pour consulter les chiffres du commerce franco-britannique sur mobile cliquez ici


Première publication : 27/06/2016

Selon l’Auberge des migrants implantée au sein de la “jungle” depuis des années, le passage de clandestins vers le Royaume-Uni a sensiblement augmenté ces derniers jours. Une hausse sans rapport avec le Brexit, explique l’association.

Alors que de nombreux Britanniques ont voté en faveur du Brexit pour contrer les arrivées de migrants, il semble que ceux-ci n’ont jamais été aussi nombreux à franchir la Manche. C’est du moins ce qu’assure l’Auberge des migrants, une association calaisienne d’aide aux réfugiés clandestins, installée dans la “jungle” depuis de nombreuses années.

“Avant, on comptait un passage de temps en temps. En ce moment, il y a entre 10 et 15 passages réussis chaque nuit”, explique à France 24 François Guennoc, l’un des responsables du collectif. Même conclusion de la part de Maya Konforti, une de ses collègues qui travaille sur le terrain à Calais. “J’ai eu davantage d’appels ces derniers jours de personnes qui avaient réussi le passage et qui m’appelaient pour me confirmer qu’elles étaient bien arrivés”.

>> Brexit : la France laissera-t-elle passer les migrants de Calais en Angleterre ?

Comment expliquer cette hausse de passages alors que les autorités françaises verrouillent le port de Calais et multiplient les contrôles des camions et des ferries ? L’Euro-2016 et les grèves contre la loi travail seraient les principaux responsables de la hausse des traversées réussies. “Les contrôles ont été allégés et la surveillance s’est relâchée : les CRS ont été mobilisés ailleurs, à Paris, pour la compétition de foot et dans le reste du pays”, explique Maya Konforti. En plus des 10 000 policiers déjà présents en Île-de-France, plus de 3 000 policiers supplémentaires ont été affectés à la sécurité de la compétition.

“Avant, je voyais quatre cars de CRS devant l’entrée de la jungle, aujourd’hui, il n’y en a qu’un seul, avec trois agents dedans”, ajoute-t-elle.

Autre explication avancée par l’Auberge des migrants : les nombreux embouteillages. Ils sont fréquents au début de l’été et se sont accentués ces dernières semaines avec la venue de nombreux supporteurs de l’Euro. “Le trafic des camions est ralenti, il est donc plus facile pour les migrants de s’y cacher pendant qu’ils roulent au pas”, explique François Guennoc.

>> À lire sur France 24 : Une manifestation britannique de soutien aux migrants interdite à Calais

La hausse de ces derniers jours serait-elle alors juste conjoncturelle ? “À moins que les passeurs aient trouvé de nouvelles routes vers l’Angleterre, je ne vois pas vraiment d’autres explications”, conclut le responsable de l’association.

Selon le dernier recensement relayé mi-juin par Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais, la population du camp de Calais, s’établit à près de 4 500 personnes. Le précédent comptage réalisé par les autorités le 12 mai recensait environ 3 900 migrants. De son côté, l’Auberge des migrants et Help refugees, une autre association d’aide aux réfugiés, estiment que près de 6 000 personnes vivaient sur le site début juin.

Première publication : 27/06/2016

Au lendemain du vote pro-Brexit, certains élus français, dont Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, remettent en cause le traité du Touquet qui réglemente l’immigration clandestine vers le Royaume-Uni au départ de la France.

Il ne pouvait pas rêver meilleure opportunité pour plaider sa cause. Au lendemain du vote en faveur du Brexit, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France (ex Nord-Pas-de-Calais) a de nouveau plaidé pour une remise en cause du traité du Touquet, signé en 2003. “Le peuple britannique a tranché, je demande au gouvernement français de renégocier les accords du Touquet”, a écrit vendredi le président de la région sur son compte Twitter.

Le traité du Touquet, né au moment de la fermeture du camp de Sangatte, visait à renforcer la coopération franco-britannique pour juguler l’immigration clandestine. Dans les faits, il permettait surtout à Londres de se délester des contrôles douaniers. Ces derniers ont été confiés au pays de départ, c’est-à-dire à la France, et plus précisément à Calais.

Le peuple britannique a tranché, je demande au gouvernement français de renégocier les accords du Touquet. #HdF#Calais#Brexit

— Xavier Bertrand (@xavierbertrand) 24 juin 2016

En d’autres termes, selon Xavier Bertrand, ce traité du Touquet a entraîné le glissement de la frontière britannique dans les ports français, obligeant l’Hexagone à gérer l’intense pression migratoire qui s’accumule sur ses côtes du Nord depuis plusieurs années. Résultat, les départements du Nord et du Pas-de-Calais ont vu naître sur leur sol d’immenses campements sauvages regroupant des milliers de clandestins (la jungle de Calais, le camp insalubre de Grande-Synthe…) dont le seul but est de passer outre-Manche.

“Aux oubliettes”

Longtemps fer de lance de l’opposition à ces accords bilatéraux, Xavier Bertrand peut désormais, au lendemain du Brexit, compter sur le soutien de plusieurs élus. À commencer par la maire de Calais, Natacha Bouchart. “Il faut que la frontière reparte en Angleterre”, a-t-elle affirmé vendredi. “Les Britanniques ont voulu quitter l’UE. Je le regrette mais je le respecte. Ils doivent en assumer toutes les conséquences économiques et migratoires.” La “jungle” de Calais pourrait en conséquence réapparaître dans le sud de l’Angleterre.

>> À lire sur France 24 : Une manifestation britannique de soutien aux migrants interdite à Calais

Bien entendu, je suivrai la question avec une grande attention car #Calais et les Calaisiens sont en droit d’attendre des réponses. #Brexit

— Natacha BOUCHART (@NatachaBouchart) 24 juin 2016

Même avis de l’eurodéputée écologiste Karima Delli qui a affirmé sur Twitter que “François Hollande [devait] renvoyer les accords du Touquet aux oubliettes”. Le candidat à la primaire de la droite, François Fillon a, lui aussi, dénoncé le traité. “[…] L’accord est rompu, donc on doit remettre en cause les accords du Touquet, bien sûr”, a-t-il déclaré sur Europe 1.

Du côté du gouvernement aussi, on regarde d’un mauvais œil ce traité bilatéral. Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie, avait mis Londres en garde contre sa sortie de l’UE, au mois de mars. “Le jour où [la] relation [franco-britannique] sera rompue, les migrants ne seront plus à Calais”, avait-il lâché. Même David Cameron, le Premier ministre britannique y avait fait illusion pendant sa campagne anti-Brexit. “[En cas de sortie de l’UE], rien n’empêcherait plus des milliers de personnes de traverser la Manche en une nuit”, avait-il déclaré.

“Pas de changements”

Reste que ces déclarations ne sont pour l’heure que des menaces sur le papier. L’exécutif français a été, pour le moment, bien clair. Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, a rappelé vendredi après-midi, lors d’un conseil des ministres extraordinaire, que “sur la question de l’immigration […] la sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne n’engage[rait] pas de changements en termes de traités”.

L’Union européenne – ou le Brexit – n’a rien à voir avec ces accords bilatéraux, plaide-t-on place Beauvau. Pis, les remettre en question reviendrait à “envoyer le signal aux passeurs qu’ils sont légitimes à mettre tous les migrants à la frontière pour qu’ils passent”. Dans ce cas, redoute Bernard Cazeneuve, la jungle pourrait tripler de population. “Demain il n’y aurait plus 6 000 mais 20 000” migrants à Calais.

Quant à l’impact du #Brexit sur #Calais, il est trop tôt pour se pr se prononcer tant que les modalités de sortie ne seront pas connues.

— Natacha BOUCHART (@NatachaBouchart) 24 juin 2016

La France craint aussi que déplacer la frontière outre-Manche, à Douvres, inciterait les migrants à traverser ce dangereux bras de mer, au risque de recréer le drame méditerranéen : en 2015, 3 771 migrants ont péri noyés en mer, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Pour le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, “il faut donc réfléchir avant de dire n’importe quoi” et “ne pas faire de démagogie”. “L’accord du Touquet, c’est : où est la frontière ? Si c’est pour la mettre, comme certains le préconisent, de l’autre côté de la Manche, il faudra mettre des bateaux pour sauver des gens”.

Malgré ce recadrage, le sujet est loin d’être enterré. “[Le Brexit] est une réelle menace, assurait en mars, à France 24, Philippe de Bruycker, professeur spécialiste de l’immigration à l’Université libre de Bruxelles. Certes, il n’y a pas de lien automatique d’un point de vue juridique entre le Brexit et le traité du Touquet […] Mais cet accord, qui constitue un cadeau de la France fait à un partenaire européen, peut-il être maintenu si, justement, le Royaume-Uni n’est plus européen ?”

Première publication : 27/06/2016