Archive for June 29th, 2016

À l’occasion du centenaire de la bataille de la Somme, un nouveau musée a ouvert ses portes à Thiepval, près du mémorial franco-britannique. Ce lieu est dédié aux terribles combats de 1916 et rend un hommage tout particulier aux disparus.

L’enfer dessiné au crayon. Avec sa fresque de plus de 60 mètres de long, Joe Sacco nous fait revivre le 1er juilllet 1916 la bataille de la Somme. Des préparatifs de l’artillerie, en passant par l’assaut final en sortant des tranchées, jusqu’à l’agonie des soldats sur le champ d’honneur, le journaliste-dessinateur américain nous replonge heure par heure avec une minutie terrifiante au coeur de cette journée,la plus sanglante dans l’histoire de l’armée britannique avec près de 20 000 morts. “C’est vraiment notre tapisserie de Bayeux sur la bataille de la Somme”, commente fièrement Hervé François, le directeur de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne.

Pour son nouveau musée situé à Thiepval, près du mémorial franco-britannique, et qui a ouvert ses portes début juin, l’Historial a choisi de mettre tout spécialement en avant cette fresque de Joe Sacco, initialement publiée dans un livre en 2014. “C’est vraiment une fenêtre ouverte sur la bataille. On découvre l’âpreté des combats, la masse des pertes. Quand vous regardez dans le détail, il y a des images assez terribles, des soldats pulvérisés, des corps explosés”, insiste Hervé François.

>> À lire sur France 24 : “Grande Guerre : Joe Sacco retrace l’enfer de la Somme en BD”

Pour frapper les esprits des visiteurs, le musée adopte ainsi une démarche plus contemporaine. Les collections pléthoriques de casques, ou autres fusils poussiéreux cèdent la place à une immersion moderne et au goût du jour. Ecrans vidéos, cartes interactives, le dernier né des musées de la Première Guerre mondiale offre sur 450m2 une approche multimédia, même si les objets de collections n’ont pas été oubliés.

A la découverte du nouveau musée de Thiepval
  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    En entrant dans le nouveau musée de Thiepval, les visiteurs la fresque de 60 mètres de long dessinée par Joe Sacco. Cette oeuvre avait d’abord été installée en 2014 dans le métro de la gare Montparnasse à Paris.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Avec une foule de détails, le dessinateur Joe Sacco raconte la journée du 1er juillet et le début de la bataille de la Somme, des préparatifs de l’artillerie jusqu’à l’inhumation des milliers de soldats tombés ce jour-là.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Dans une exposition permanente d’environ 400 m², le musée réunit notamment des pièces archéologiques comme ces obus retrouvés ici-même sur le champ de bataille lors de sa construction.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le musée présente aussi des pièces de collection exceptionnelle comme cette mitrailleuse allemande. Elle a été capturée à Thiepval le 26 septembre 1916 par un soldat britannique.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Ce nouveau lieu propose une approche plurielle. Il n’y a pas seulement le point de vue britannique de la bataille de la Somme, mais aussi celui allemand et français. Sur cette photo, on peut voir d’ailleurs deux Poilus dans le village de Feuillères en septembre 1916.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Une partie du musée est dédié aux disparus de la bataille de la Somme qui dura de juillet à novembre 1916.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    On y découvre notamment ces journaux édités par la Croix Rouge française dans lesquels les familles pouvaient publier des annonces pour avoir des informations sur leurs soldats disparus.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Un autre espace du musée est consacré aux as de l’aviation de la Grande Guerre avec une réplique d’un avion du célèbre aviateur français Georges Guynemer.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le nouveau musée est situé juste à côté de l’imposant mémorial de Thiepval qui fait 45 mètres de hauteur. Construit en brique, il a la forme d’une arche.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Ce mémorial commémore les 72 000 hommes des armées britanniques et sud-africaines qui sont morts et portés disparus dans la Somme entre juillet 1915 et mars 1918.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Ses 16 piliers sont recouverts de plaques de pierre blanche sur lesquelles sont gravés les noms des disparus. Les hommes de toutes origines sociales, commémorés sur le mémorial, ont entre 15 ans et 60 ans avec une moyenne d’âge de 25 ans.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Depuis cent ans, ce mémorial est un vrai lieu de pèlerinage pour les familles qui viennent y déposer des petites croix et des coquelicots en souvenir de leurs disparus.

Rendre hommage aux disparus

À l’occasion du centenaire de la bataille, le département de la Somme a décidé d’améliorer l’accueil des touristes français et étrangers dans la région en construisant ce nouveau lieu. “Il existait déjà un centre d’interprétation ici-même, mais il manquait vraiment dans le paysage un musée consacré à la bataille de la Somme, la plus grande du front occidental avec 1,2 millions de victime, plus qu’à Verdun et dans un temps plus ramassé entre juillet et novembre”, explique Hervé François.

Chaque année, entre 300 000 et 400 000 visiteurs se rendent ainsi sur le site de Thiepval, la plupart en pèlerinage. Le mémorial, l’un des plus imposants monuments commémoratifs au monde, recense en effet les noms de plus de 72 000 soldats disparus dans les combats. Le nouveau musée leur consacre d’ailleurs tout un espace. Des dizaines de photos de jeunes hommes en uniforme, souriants et plein d’espoir, s’affichent sur les murs. Juste à côté, une salle plus intimiste remplies de reliques personnelles et aux allures de chapelle rend compte du deuil et du malheur des familles broyées par la guerre.

Mais avec un énième lieu consacré à la Grande Guerre, ne risque-t-on pas l’effet de saturation auprès des touristes ? “C’est toute la question de l’après”, répond le directeur de l’Historial. “L’enjeu est de faire vivre les musées après le centenaire. Il y a la question du travail de mémoire, mais aussi la dimension historique. Ce genre de lieu est important pour rappeler ce qu’a été cette guerre et pour faire comprendre aux jeunes et aux moins jeunes quelles ont été les causes et les terribles conséquences de ce conflit. La Première Guerre mondiale est la matrice de l’histoire du 20e siècle”.


Première publication : 30/06/2016

Les députés ont rejeté l’instauration, à titre expérimental, de récépissés lors de contrôles d’identité. L’outil, jugent ses défenseurs, est pourtant un moyen de lutter efficacement contre le “délit de faciès”.

L’Assemblée nationale a rejeté, mercredi 29 juin au soir, l’instauration, à titre expérimental, de récépissés lors de contrôles d’identité. Défendu par une partie de la gauche, refusée par le gouvernement et combattue à droite, ce dispositif a pour but de lutter contre les “délits de faciès” (voir ci-dessous).

Qu’est ce que le contrôle au faciès ?

“Le contrôle au faciès est défini comme le fait de recourir à des critères d’apparence (couleur de peau…) plutôt qu’au comportement individuel pour fonder la décision de contrôler l’identité d’une personne”, comme l’écrit le CNRS dans son rapport ” Police et minorités visibles : les contrôles d’identité à Paris” publié en 2007.

L’expérimentation prévoyait en effet qu’un reçu soit attribué à toute personne contrôlée par les forces de l’ordre. Le document, qui ne comporte aucune donnée ethnique ou personnelle, permet ainsi d’avoir des données statistiques comme le nombre de contrôles, le motif et surtout d’évaluer leur efficacité. Appliqué en Grande-Bretagne depuis 1984, cet outil est expérimenté dans certains États américains, au Canada mais aussi en Espagne depuis 2007, où les résultats sont jugés “positifs”.

“Il n’y a pas d’abus, il y a des habitudes”

Reste que le gouvernement français craint que ce dispositif ne jette la suspicion sur la police. Des contrôles d’identité plus fréquents de certains, “juste parce qu’ils sont Noirs ou d’origine maghrébine […] existent”, ont martelé des socialistes actuels ou anciens, comme Pouria Amirshahi. “Il n’y a pas d’abus, il y a des habitudes”, a lancé, plus prudente, l’ancienne ministre de la Justice, Marylise Lebranchu. “Dix ans qu’on travaille sur le sujet [et] “chacun sait qu’on ne trouvera pas de dispositif plus innovant”, a lancé Benoît Hamon.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a rappelé qu’il était possible de saisir l’inspection générale de la police face à des “manquements” et a mis en garde contre une “théorisation de la consubstantialité de la violence dans la police”. Il a aussi insisté sur le “contexte” pour les forces de l’ordre, “extrêmement mobilisées et fatiguées”, avec le “lourd tribut pour assurer la sécurité des Français”, référence notamment aux assassinats de Magnanville.

Promesse du candidat Hollande

Après environ deux heures d’un débat tendu dans l’Hémicycle, les députés ont donc repoussé par 55 voix contre 18, et six abstentions, le projet. Les députés ont repoussé les amendements déposés notamment par l’ex-ministre Benoît Hamon, et par l’écologiste rallié au groupe socialiste, Eric Alauzet, après environ deux heures d’un débat tendu dans l’hémicycle. De quoi rendre la socialiste Barbara Romagnan “extrêmement triste” que ce “tout petit signe” n’ait pas été fait. Noël Mamère y a vu une “forme de reniement”, comme “avec la promesse de François Mitterrand en 1981 sur le vote des étrangers aux élections locales”.

Plusieurs orateurs ont en effet rappelé l’engagement de campagne du candidat François Hollande, qui avait promis de lutter contre le “délit de faciès” dans les contrôles d’identité par “une procédure respectueuse des citoyens”. Fin septembre 2012, le Premier ministre d’alors Jean-Marc Ayrault annonçait l’abandon du projet, se disant “convaincu” par Manuel Valls, son ministre de l’Intérieur de l’époque, “que ce n’était pas la bonne réponse”.

À droite, des députés principalement Les Républicains (LR) ont dénoncé un “débat malsain”. Guillaume Larrivé, “effaré par ce débat interne aux différentes composantes de la gauche”, a souhaité la fin de “l’expérience socialiste”.

Avec AFP

Première publication : 30/06/2016