Archive for June, 2016

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris à la suite de menaces de mort reçues par Charlie Hebdo depuis le 8 juin. La direction du journal satirique a déposé plainte.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur de récentes menaces de mort reçues par Charlie Hebdo, a appris l’AFP de source judiciaire, mercredi 29 juin. L’enquête préliminaire, ouverte le 22 juin, a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, a précisé la source, confirmant une information du journal Le Parisien.

Selon une source proche de l’enquête, l’hebdomadaire a reçu, depuis le 8 juin, une vingtaine de messages menaçants sur sa page Facebook. Le 22 juin, un courrier manuscrit avait été adressé à la rédaction, contenant la mention “Allah Akbar” et réitérant ces menaces de mort. La direction du journal avait déposé plainte dans la foulée.

>> À lire sur France 24 : “Charlie Hebdo : la veuve d’une victime accuse la direction de détournements de fonds”

“Personne n’a été interpellé à ce stade dans le cadre de cette affaire et les investigations se poursuivent”, a ajouté la source.

Les membres de la rédaction font toujours l’objet de mesures de sécurité renforcées depuis l’attentat du 7 janvier 2015 au cours duquel 12 personnes, parmi lesquelles huit membres de la rédaction, ont été abattues par les frères Chérif et Saïd Kouachi dans les locaux du journal à Paris.

Avec AFP

Première publication : 29/06/2016

Il y a cent ans, une offensive alliée était lancée dans la Somme. Pour les Britanniques, cette date est restée dans les mémoires. La participation des poilus a été conséquente, mais elle est pourtant oubliée.

Le 1er juillet 1916, une grande offensive était déclenchée dans la Somme par les Français et les Britanniques pour tenter de percer le front allemand. Jusqu’en novembre, cette bataille, qui s’est révélée être un échec, fit, toutes nationalités confondues, plus d’un million de morts, de blessés et de disparus. Cent ans après, cet épisode de la Première Guerre mondiale est toujours très présent dans la mémoire des sujets de sa gracieuse majesté. En revanche, de l’autre côté de la Manche, beaucoup ignorent l’engagement de l’armée française dans cette bataille gigantesque, méthodique et meurtrière. Le commandant Michaël Bourlet, docteur en histoire et chef du département histoire et géographie des écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan, explique à France 24 quel a été son rôle pendant les cinq mois de combats.

France 24 : Comment les Français et les Britanniques ont-ils décidé de lancer une offensive conjointe dans la Somme en juillet 1916 ?

Michaël Bourlet : Il faut revenir à la fin 1915. La situation était alors compliquée pour tous les belligérants mais plus encore pour les Alliés qui ont beaucoup attaqué sur le front de l’Ouest au cours de cette année, plus que les Allemands. Les Français ont ainsi perdu 350 000 hommes et les Britanniques environ 100 000. Mais ils décident de passer une nouvelle fois à l’offensive. Lors de la conférence interalliée réunie au QG français à Chantilly le 6 décembre 1915, le général Joffre fait part de sa volonté d’obtenir une coordination des efforts alliés pour abattre les puissances centrales. Bien entendu, le front de l’ouest reste prioritaire. Cependant, les Français et les Britanniques ne s’entendent pas sur le lieu. Les Britanniques privilégient une offensive dans le nord en direction des ports belges, alors que Joffre préfère une action au centre du front allemand, à la jonction des armées françaises et britanniques dans la Somme. La proposition du général français est finalement retenue le 14 février 1916.

C’est donc une offensive qui est initialement pensée et planifiée par les Français. L’attaque doit se développer sur un front de 70 km entre Hébuterne et Lassigny, dont 40 à 50 km sont à la charge de l’armée française. Mais la bataille de Verdun, déclenchée fin février par les Allemands, contrarie ces projets en aspirant des réserves et des moyens français considérables dans la Meuse. Joffre maintient toutefois l’offensive dans la Somme car il veut tenir ses engagements envers les alliés et également soulager Verdun. Le projet, ainsi que l’effectif français, sont revus à la baisse : le front d’attaque est réduit de 70 à 40 km.

France 24 : Le 1er juillet, lors du début de l’offensive, quel est donc l’engagement français dans la Somme ?

Michaël Bourlet : Le général Foch, commandant du Groupe d’Armées Nord et responsable de l’opération, ne dispose plus que de 22 divisions et de 555 pièces d’artillerie, au lieu de 39 divisions et 1700 pièces d’artillerie lourde du projet initial. En tout, deux armées sont déployées pour cette offensive. La 6e armée du général Fayolle, à cheval sur les deux rives de la Somme et au sud, la 10e armée du général Micheler. À l’inverse, le général britannique Haig dispose d’effectifs nombreux rassemblés dans une trentaine de divisions. Il peut aussi compter sur des contingents canadiens, néo-zélandais, australiens, sud-africains. Au total, les forces françaises et britanniques sont soutenues par plus de 330 aéronefs et près de 3 000 canons. Avant le déclenchement de l’offensive, la victoire ne fait aucun doute d’autant que les Allemands, déjà engagés à Verdun, sont en infériorité numérique.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

    Une semaine avant le début de l’offensive, le 24 juin 1916, les alliés déclenchent une préparation d’artillerie. Elle doit détruire les défenses allemandes avant l’attaque de l’infanterie. Sur cette photo, un canon français de 120 mm de long en action à Moreuil.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

    Au début de l’offensive, les alliés alignent près de 3 000 canons de campagne et lourds. Ce cliché pris en juillet 1916 montre la construction d’une plateforme pour pièce d’artillerie lourde par des soldats français à Hangest-sur-Somme.

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    Le 1er juillet, les tirs d’artilleries atteignent une cadence de 3500 coups par minute, produisant un bruit si intense qu’il est perçu jusqu’en Angleterre. Les canons sont placés aussi près que possible des positions, comme ici à Blangy-Tronville en août 1916.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

    La bataille de la Somme a aussi été marquée par le développement de l’aviation. A partir de 1916, elle favorise l’émergence de grandes figures héroîques à l’image du lieutenant Guynemer, ici au camp de Cachy en septembre 1916.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Diffusion RMN-GP

    Du côté britannique, le 1er juillet 1916 est une journée terrible pour l’armée britannique. Au soir, 19 240 hommes ont été tués en douze heures. Sur cette photo, une batterie anglaise traverse une rivière dans la Somme avant une grande offensive.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Diffusion RMN-GP

    Le souvenir de la bataille de la Somme reste très fort chez les Britanniques, mais aussi chez les habitants de la Somme qui ont cotoyés ces soldats pendant de long mois comme ici à Doullens avec ces autobus de Londres.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

    Britanniques comme Français ont vécu ces cinq mois de combats dans des conditions terribles. Les pluies ont transformées le champ de bataille en un immense bourbier. Sur ce cliché pris près de Fay, en août, des poilus remettent en état des abris et des boyaux.

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    Du 1er juillet au 20 novembre, plus d’un million de soldats français ont combattu dans la Somme comme ces artilleurs qui ravitaillent une batterie ici à Lihons, au début du mois de septembre 1916.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

    De nombreuses troupes de l’armée coloniale ont aussi participé à cette bataille. Sur cette photo, on peut voir des Spahis, des cavaliers marocains, faisant boire leurs chevaux à Cayeux-en-Santerre, en septembre 1916.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

    Au total, en cinq mois de combats, plus de 200 000 soldats français ont été tués, blessés ou ont été portés disparus dans la Somme. On peut imaginer que certains de ces poilus en cantonnement dans la cour du château de Suzanne sont tombés sur le champ de bataille.

  • © Ministère de la culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diffusion RMN

    Les Français ont aussi fait au cours de la bataille 41 000 prisonniers allemands comme ici à Lihons, en septembre 1916. Les pertes allemandes sont estimées à 650 000 hommes en cinq mois de combats.

France 24 : Mais l’offensive ne se déroule pas comme prévu et ce 1er juillet est une journée sanglante pour l’armée britannique qui perd 20 000 hommes en quelques heures. En revanche, est-il vrai que les Français ont connu quelques succès ?

Michaël Bourlet :
Effectivement, du côté français il y a de meilleurs résultats le 1er juillet. Il y a des pertes aussi, mais qui ne sont pas aussi importantes. Sur le plan tactique, les soldats français opèrent une percée de plusieurs kilomètres et s’emparent même des deuxièmes et troisièmes lignes allemandes. Le commandement français a tiré les enseignements de 1915 et de Verdun. Il maîtrise mieux le combat interarmes (liaisons infanterie, artillerie, aviation) par exemple, possède de meilleurs canons tandis que les soldats sont beaucoup plus expérimentés que leurs camarades britanniques.

Ensuite, pendant le mois d’août, les Français travaillent à la préparation d’une nouvelle offensive, malgré l’échec et le traumatisme de juillet. Le 3 septembre, l’offensive française est relancée. La progression est lente et les combats autour de Combles et de Bouchavesnes sont très durs. À partir du 20 septembre, on entre dans la phase la plus terrible de la bataille pour les Français. La bataille s’enlise alors que les conditions météorologiques exécrables et la résistance allemande use les assaillants. Le 18 novembre, l’offensive cesse dans la Somme. Le haut commandement ne renonce pas et projette d’attaquer une dernière fois, misant sur l’usure de l’armée allemande. Les mauvaises conditions météorologiques et la démission de Joffre mettent un terme au projet.

Cet échec s’explique notamment par le manque de collaboration entre les alliés. Il n’y a pas encore de commandement unique, il faudra attendre 1918. En outre, ce secteur n’a pas facilité la tâche des assaillants : les actions ont été divergentes ; la Somme qui partage le secteur d’attaque, complique les liaisons, etc. En outre, les Alliés ne parviennent pas à tirer le meilleur rendement de l’artillerie. Je serais tenté de dire qu’il y a trop de méthode dans cette offensive ce qui provoque une lenteur des opérations, un caractère processionnel de l’action et un refus de l’improvisation. Plusieurs occasions de percées ne sont pas exploitées. Bien qu’épuisés, les Allemands tiennent en adoptant une série de mesures qui visent à limiter l’usure de leurs forces. L’historien allemand Gerd Krumeich a bien montré qu’ils se sont battus avec le sentiment de défendre leur pays. Comme pour les Français à Verdun, c’est une victoire de la défensive.

France 24 : On parle beaucoup justement de l’enfer de Verdun pour les soldats français, mais qu’ont vécu les poilus dans la Somme ?

Michaël Bourlet :
On peut aussi évoquer l’enfer de la Somme car ce sont les mêmes conditions. La météo, épouvantable, a contribué fortement à l’échec des franco-britanniques. Les pluies ont transformé le champ de bataille en un immense bourbier dans lequel plus d’un million de soldats français sont passés du 1er juillet au 20 novembre. Plus de 200 000 soldats français ont été tués, blessés ou ont été portés disparus dans la Somme. Ce sont des pertes importantes bien qu’inférieures aux pertes britanniques (420 000 hommes) et allemandes (650 000 hommes).

France 24 : Alors que les pertes mensuelles ont finalement été plus importantes dans la Somme qu’à Verdun, comment expliquez que cette bataille n’est pas restée dans les mémoires?

Michaël Bourlet :
Je dirai que la bataille n’a pas été immédiatement oubliée. Après la guerre, les associations d’anciens combattants ont commémoré la bataille. La nécropole de Rancourt ou les monuments français qui couvrent le champ de bataille français sont là pour le rappeler. La nécropole franco-britannique de Thiepval montre qu’il y a eu également la volonté de commémorer la bataille de la part des deux alliés. Mais la bataille est aussi un échec alors qu’au même moment les Français résistent et repoussent les Allemands à Verdun. Par conséquent Verdun est devenu la bataille emblématique et la Somme est tombée dans l’oubli. Parallèlement, les Britanniques se sont accaparés la commémoration de la bataille étant donné le traumatisme qu’elle représente pour l’armée britannique. Mais cette bataille est aussi un temps fort pour les Sud-Africains, les Australiens, les Néo-Zélandais ou encore les Canadiens.

Le front de la Somme du 1er juillet à fin novembre 1916

© Michaël Bourlet

-À consulter : Michaël Bourlet est l’auteur du blog Sourcesdelagrandeguerre.


Première publication : 29/06/2016

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Le géant allemand de l’automobile Volkswagen a accepté de payer 14,7 milliards de dollars aux États-Unis, selon les termes d’un accord négocié dans la douleur avec les autorités américaines dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués.

Le “Dieselgate“, le scandale des moteurs diesel truqués, va coûter 14,7 milliards de dollars à Volkswagen aux États-Unis. C’est la somme que le constructeur allemand s’est engagé à payer après avoir conclu un accord avec les autorités américaines, selon les documents judiciaire rendu publics, mardi 28 juin. L’accord doit encore être approuvé par la justice.

Un peu plus de 10 milliards de dollars seront consacrés à racheter ou réparer les véhicules de la marque dont le moteur a été modifié pour tromper les tests aux émissions polluantes. Chaque propriétaire de l’une de ces voitures va, en outre, recevoir une indemnité comprise entre 5 100 dollars et 10 000 dollars. Enfin, Volkswagen a aussi accepté de consacrer deux milliards de dollars à la recherche sur les véhicules non-polluants aux États-Unis.

“Accord historique”

Le groupe a finalement payé le prix fort pour mettre un terme aux poursuites dont il faisait l’objet sur le sol américain. En avril dernier, le quotidien allemand Die Welt assurait que Volkswagen était en train de négocier un accord global d’un montant de cinq milliards de dollars.

“Cet accord historique reconnaît la responsabilité de Volkswagen pour avoir trahi la confiance des consommateurs et contraint le constructeur à réparer les dommages environnementaux causés”, s’est félicité Elizabeth Cabrase, l’avocate américaine qui menait la charge judiciaire contre le groupe allemand.

En Europe aussi

Mais le chapitre des ennuis judiciaires de la marque aux États-Unis n’est pas encore refermé. Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête pénale en septembre 2015 qui pourrait coûter au groupe plusieurs millions de dollars en plus.

En Europe aussi, la marque se retrouve au centre de plusieurs batailles judiciaires. En Allemagne, une procédure pénale vise à établir la responsabilité potentielle de 17 dirigeants et salariés de Volkswagen. En France, le groupe est poursuivi pour “tromperie aggravée” et le fonds souverain Norvégien – le plus important du monde et l’un des principaux actionnaires du groupe allemand – compte reclamer réparation en justice pour l’argent perdu en Bourse à cause de la chute de l’action Volkswagen depuis le début de ce scandale.

Avec Reuters

Première publication : 28/06/2016

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Les membres du forum 4chan ont avoué avoir gonflé le nombre de signatures sur la pétition en ligne demandant un deuxième référendum sur le Brexit. Sur les quatre millions de signatures enregistrées, difficile de dire combien sont recevables.

La légitimité de la pétition en ligne en faveur d’un second référendum sur le Brexit, qui agite le Royaume-Uni depuis ce week-end, est remise en question. Que penser des 78 résidents “britanniques” du Vatican qui l’ont signée, ou encore des 19 qui assurent habiter à l’année sur le Territoire antarctique ? Sans compter celui qui a, soit disant, réussi à se connecter depuis la Corée du Nord, l’un des pays les plus cyber-reclus au monde.

Une chose est sûre : il n’y a pas forcément quatre millions de Britanniques en faveur d’un nouveau vote derrière toutes les signatures affichées. Le comité qui les contrôle a retiré 77 000 signatures jugées trop fantaisistes, lundi. Une purge était en effet devenue nécessaire : plus de 39 000 signataires affirmaient vivre au Vatican (alors que seules 800 personnes y résident) et 23 000 prétendaient habiter en Corée du Nord.

4chan et Marion Maréchal Le Pen

De quoi jeter un voile de suspicion sur une pétition censée symboliser le sursaut des partisans du “remain” dans l’Union européenne. L’initiative avait déjà pris un mauvais départ. Son auteur, un étudiant en sciences politiques de Leicester du nom de William Oliver Healey est un partisan du Brexit. Il avait crée la consultation en ligne en mai dernier lorsqu’il pensait que le vote serait en faveur d’un maintien dans l’UE.

Mais ce paradoxe n’est qu’une broutille comparée au grand trucage revendiqué ce week-end par des membres du controversé forum internet 4chan. Connus pour leurs blagues plus que potaches et certaines cyber-actions très critiquées (harcèlements électroniques, fausses alertes à la bombe, etc.), plusieurs de ces trublions du Net affirment avoir créé de toutes pièces des “dizaines de milliers de fausses signatures“.

“Toutes les pétitions en ligne sont une fraude, et celle-ci ne fait pas exception. Il suffisait de le démontrer”, affirme l’un des intervenants dans la discussion consacrée à cette “blague” sur le sous-forum “/pol” (pour politique). L’opération ne semble pas avoir été trop compliquée à mener tant la sécurisation du processus d’inscription laisse à désirer. Le formulaire demande simplement d’indiquer un nom, une adresse mail, un pays de résidence et une adresse postale. Il faut aussi affirmer qu’on est bel et bien de nationalité britannique. Même Marion Marechal Le Pen – qui n’a pourtant rien à voir avec 4chan – a réussi à signer la pétition sous le nom Napoléon Bonaparte, souligne Le Monde.

95,8 % des signataires au Royaume-Uni

Les membres de 4chan l’ont fait à une échelle beaucoup plus industrielle que l’élue frontiste. Ils affirment – capture d’écran à l’appui – avoir utilisé des programmes qui automatisent le processus d’inscription et de signature en générant à chaque fois des adresses emails fictives et des faux noms. Ils ont poussé le vice blagueur jusqu’à passer par des programmes qui permettent de créer des fausses adresses IP (les identifiants des ordinateurs sur l’Internet qui permettent notamment de géolocaliser les utilisateurs) pour donner l’impression technologique qu’ils se trouvent, par exemple, au Vatican ou à Londres.

Reste à savoir à quel point cette manipulation ôte toute crédibilité à la pétition. Après tout, 95,8 % des signataires, après la purge des 77 000 faux participants, se déclarent résidents britanniques. Les domiciliations farfelues qui incitent à la méfiance – d’Oman à la Somalie en passant par le Népal – sont ainsi largement minoritaires. L’initiative reste donc une affaire majoritairement britannico-britannique, même si certains des manipulateurs se sont faits passer de leur propre aveu pour des sujet de la reine Elizabeth. N’empêche que la légitimité de toute la démarche a été remise en cause; un argument qui ne manquera pas d’être invoqué par les partisans du Brexit si l’éventualité d’un deuxième référendum se précisait.

Première publication : 28/06/2016

Les opposants à la loi travail ont de nouveau battu le pavé mardi, jour de vote du texte au Sénat. À Paris, la manifestation a rassemblé entre 14 000 et 55 000 personnes. Le défilé s’est déroulé dans le calme hormis de brèves échauffourées.

Les opposants à la loi travail à ont de nouveau manifesté mardi 28 juin, jour de vote du texte au Sénat et à la veille de rencontres avec Manuel Valls, pour tenter de trouver une issue à la crise.

• Selon la CGT et FO, en pointe du mouvement contre la loi travail depuis le 9 mars, 55 000 personnes ont manifesté mardi dans la capitale pour cette 11e journée de mobilisation. La police, elle, fait état de 14 000 à 15 000 manifestants. Au total, quelque 64 000 personnes ont défilé dans près de 140 rassemblements sur toute la France contre la loi travail, ont affirmé les autorités. Les syndicats, eux, avancent le chiffre de 200 000 manifestants dans l’Hexagone.

• Pour éviter tout débordement, la préfecture de police de Paris avait mobilisé 2 500 policiers. Le cortège n’a été émaillé que de brèves échauffourées, à proximité de la gare d’Austerlitz pour disperser “des individus arrachant les protections placées sur les abribus”, et sur le boulevard Saint Marcel alors qu’un “objet incendiaire” avait été jeté au sol. Au total, 39 personnes ont été interpellées, dont 27 à titre préventif aux points de filtrage installés en amont du cortège, selon la préfecture de police de Paris. Sur toute la France, les autorités ont annoncé avoir procédé à 81 interpellations mardi en marge des défilés.

• Parallèlement au cortège officiel, qui s’est finalement terminé dans le calme, une grosse centaine de personnes qui participaient à une Assemblée générale “interluttes” à la Bourse du travail, près de la place de la République, avant d’aller à la manifestation, ont été encerclées par des CRS. Selon la préfecture de police, ce groupe a été “encadré par les forces de l’ordre pour éviter tout départ en cortège”. Elles ont également évacué une cinquantaine de manifestants venus protester contre cette “nasse” policière.

• Les syndicats ont déjà prévenu qu’ils poursuivraient en juillet, voire septembre, leur mobilisation si le gouvernement ne bougeait pas. Une nouvelle manifestation est déjà prévue le 5 juillet.

• En fin d’après-midi, le Sénat a adopté une nouvelle version de la loi travail, renvoyant le texte vers l’Assemblée nationale.

Pour revivre la manifestation sur tablettes ou mobiles, cliquez sur ce lien.



Première publication : 28/06/2016

Il y a 100 ans, le 1er juillet 1916, une grande offensive était lancée dans la Somme. Pour commémorer cette bataille de la Grande Guerre, France 24 donne la parole à ses journalistes, qui racontent l’histoire de leurs ancêtres durant ces combats.

Le 1er juillet 1916, Britanniques et Français lançaient une grande offensive dans la Somme, dans le nord de la France. En cinq mois, cette bataille fit plus d’un million de morts, de blessés et de disparus, toutes nationalités confondues. À l’occasion du centenaire de ces combats, emblématiques de la Grande Guerre, France 24 donne la parole à ses journalistes, descendants de soldats. Pour leur rendre hommage, ils nous racontent l’histoire de leurs ancêtres.

Pour lire ce webdocumentaire sur votre tablette ou votre mobile : cliquez ici.


© France 24


Première publication : 28/06/2016

Alors qu’une nouvelle manifestation a lieu mardi, les organisations syndicales opposées à la Loi travail sont reçues par le conseiller social de l’Élysée pour remettre les résultats de la votation citoyenne qu’elles ont organisée.

Les opposants à la Loi travail vont à nouveau battre le pavé mardi 28 juin, jour de vote du texte au Sénat et à la veille de rencontres avec Manuel Valls pour tenter de trouver une issue à la crise.

À Paris, la manifestation partira de Bastille à 14 h, direction place d’Italie. Rien à voir avec le trajet ultra court, sur une boucle, aux alentours de Bastille le 23 juin, imposé par le gouvernement, après les violences intervenues le 14 juin. Pour éviter tout débordement, la préfecture de police de Paris a mobilisé 2 500 policiers.

Un peu plus tôt dans la journée, des représentants de la CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, UNL, FIDL seront reçus à 10 h par le conseiller social du président de la République, Michel Yahiel, pour remettre l’annonce des résultats de la votation citoyenne contre la Loi travail organisée ces dernières semaines, notamment dans les entreprises.

Un vote au Sénat

La journée sera aussi marquée par le vote du texte au Sénat, à majorité de droite, à 18 h. Dans cette version réécrite dans un sens beaucoup plus libéral que celui sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité en première lecture à l’Assemblée, le verrou des 35 heures a sauté, la généralisation de la garantie jeunes a été supprimée, le compte personnel d’activité a été partiellement vidé et le plafonnement des indemnités prudhommales (à 15 mois de salaires) rétabli.

Ce vote a lieu à la veille d’une rencontre mercredi et jeudi entre le Premier ministre et les organisations syndicales et patronales sur la Loi travail pour “faire le point”. “Ce qui est très clair, c’est que ce n’est pas l’ouverture d’une série de négociations”, a-t-on toutefois précisé dans l’entourage de Manuel Valls.

Le Premier ministre et la ministre du Travail Myriam El Khomri apporteront à cette occasion des réponses aux partenaires sociaux, notamment à ceux qui ont remis des propositions au gouvernement, comme la CFDT, la CGT et FO, ajoute-t-on à Matignon.

Mais ces réponses feront apparaître “qu’il reste des désaccords”, notamment sur la place respective des accords de branche et des accords d’entreprise, qui constitue à la fois un des points clefs du texte et l’un des plus contestés.

D’ores et déjà, les syndicats ont prévenu qu’ils poursuivraient en juillet, voire en septembre, leur mobilisation, qui en est à son onzième jour mardi depuis mars, si le gouvernement ne bouge pas.



Avec AFP et Reuters

Première publication : 28/06/2016

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Suite au Brexit, les agences de notation Standard & Poor’s (S&P) et Fitch ont annoncé lundi la dégradation de la note souveraine à long terme du Royaume-Uni, abaissée de AAA à AA avec une perspective négative.

Les agences de notation Standard and Poor’s et Fitch ont dégradé lundi 27 juin la note de la dette du Royaume-Uni, prenant acte du choix des électeurs britanniques de voir leur pays quitter l’Union européenne.

La note de la dette du pays passe de AAA, la meilleure possible, à AA, deux crans en-dessous, selon un communiqué de S&P, qui anticipe “un contexte politique moins prévisible, moins stable et moins efficace” dans les mois à venir. La nouvelle note est assortie d’une perspective négative, c’est-à-dire qu’elle pourrait être abaissée à nouveau.

>> À lire sur France 24 : “L’ombre du Brexit plane sur le commerce franco-britannique”

S&P a aussi abaissé la note à long terme de la Banque d’Angleterre pour la ramener également de AAA à AA.

L’agence justifie aussi sa décision par les risques d’une nette détérioration des conditions du financement externe au vu du niveau extrêmement élevé des besoins de la Grande-Bretagne.

Ralentissement significatif de la croissance

L’ampleur du déficit du compte courant britannique, qui atteignait 7 % du produit intérieur brut (PIB) du pays à la fin 2015, rend l’économie et la devise particulièrement vulnérables aux sorties de capitaux.

S&P dit s’attendre à un ralentissement significatif de la croissance de l’économie britannique sur la période 2016-2019, avec une hausse du PIB abaissée en moyenne à 1,1 % par an.

>> À voir sur France 24 : “Économie britannique : George Osborne tente de rassurer”

L’agence de notation souligne enfin les risques que le vote en faveur du Brexit fait peser sur l’intégrité constitutionnelle et économique du Royaume-Uni, si un nouveau référendum devait avoir lieu sur l’indépendance de l’Écosse.

L’agence de notation Moody’s avait annoncé vendredi avoir abaissé la perspective pour la dette souveraine du Royaume-Uni, de “stable” à “négative”, tout en maintenant sa note à “Aa1”, après la décision du pays de sortir de l’Union européenne.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/06/2016

Le parquet de Paris a ouvert lundi une information judiciaire pour “homicides involontaires” sur le crash, le 19 mai dernier en Méditerranée, d’un Airbus A320 de la compagnie EgyptAir, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire dans l’enquête sur le vol MS804 d’EgyptAir reliant Paris au Caire, qui s’est abîmé le 19 mai en Méditerranée avec notamment 40 Égyptiens et 15 Français à bord, a annoncé, lundi 27 juin, le parquet de Paris.

L’information judiciaire est ouverte pour “homicides involontaires”, a précisé le parquet, qui avait initié une enquête préliminaire le 19 mai, une procédure classique du fait de la présence de ressortissants français parmi les victimes.

L’hypothèse de l’attentat, initialement mise en avant par l’Égypte, a donc cédé du terrain au profit de celle de l’incident technique : des alertes automatiques avaient en effet été émises par l’appareil deux minutes avant sa chute, signalant de la fumée dans le cockpit et une défaillance de l’ordinateur gérant les commandes.

Outre les 40 Égyptiens, dont les membres d’équipage, et les 15 Français qui se trouvaient à bord, l’avion, qui avait décollé de l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, transportait deux Irakiens, deux Canadiens, ainsi que des ressortissants d’Algérie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Tchad, du Portugal, d’Arabie saoudite et du Soudan. Il s’était abîmé entre la Crète et la côte nord de l’Égypte.

L’exploitation des enregistreurs peut prendre du temps

Après près d’un mois de recherches, les deux boîtes noires de l’Airbus A320 ont été repêchées mi-juin “en morceaux”, mais, dans les deux cas, les équipes de recherches ont pu récupérer “la partie la plus importante de l’enregistreur, qui contient la mémoire de l’appareil”, selon la commission d’enquête égyptienne. Leur examen a débuté le 19 juin.

“On ne peut pas exclure que l’exploitation des enregistreurs prenne un certain temps. Il est nécessaire que les familles puissent se constituer parties civiles”, a relevé une source judiciaire.

Les enquêteurs égyptiens sont épaulés dans leur travail par les experts français du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) et du constructeur européen Airbus, ainsi que par un représentant du Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) américain, parce que les moteurs sont fabriqués par un consortium comprenant une compagnie américaine, et un expert dépêché par le fabricant américain des boîtes noires.

Avec AFP

Première publication : 27/06/2016

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Le Brexit risque d’être un véritable frein dans les relations commerciales qu’entretiennent le Royaume-Uni et la France, craignent les industries exportatrices tricolores. Londres est l’un des partenaires commerciaux privilégiés de Paris.

L’industrie agroalimentaire française a été l’une des premières à tirer la sonnette d’alarme au lendemain du vote en faveur du Brexit au Royaume-Uni, vendredi 24 juin. Les Britanniques raffolent du “manger français” et les secteurs “les plus touchés seraient le vin et les produits laitiers [comprendre fromages et beurre] qui portent les performances agroalimentaires françaises à l’export”, craint l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) dans un communiqué.

Leur inquiétude se comprend : la France exporte pour 4,54 milliards d’euros de produits alimentaires vers le Royaume-Uni, qui totalise, à lui tout seul, 15 % de l’ensemble des ventes à l’étranger de ce secteur. La chute libre de la livre sterling par rapport à l’euro depuis l’annonce du résultat du référendum britannique signifie qu’il faudra plus de pounds pour acheter la même quantité de biens, ce qui risque de freiner les ardeurs importatrices de nos voisins d’outre-Manche.

Perte de 2,9 milliards d’euros

Cette logique ne s’applique pas seulement à l’agroalimentaire. Plus la livre sterling chute – elle était lundi à son plus bas en trente-et-un ans – moins les Britanniques seront tentés d’acheter des produits étrangers, devenus mécaniquement plus chers. L’assureur Euler Hermes l’a anticipé dans une note d’analyse sur les conséquences d’un Brexit pour les économies européennes publiée fin mai. Les exportations françaises de biens pourraient baisser – dans le pire des cas – de 2,9 milliards d’euros à court terme. Outre l’agroalimentaire, les secteurs les plus exposés sont les machines et équipements (véhicules agricoles, équipements électriques ou nucléaires, etc.) et la chimie qui pourraient perdre, respectivement, 480 millions et 520 millions d’euros.

Les importations britanniques pourraient, quant à elle et sans tenir compte d’un éventuel retour des taxes douanières, progresser puisque le “made in Britain” devient moins onéreux. Une telle tendance serait mauvaise pour la balance commerciale française (différence entre les exportations et les importations). Une nouvelle particulièrement douloureuse pour l’Hexagone, puisque le Royaume-Uni est l’un de ses partenaires commerciaux favoris. Les îles britanniques sont – et de très loin – le pays dans le monde avec lequel la France a le plus important excédent commercial puisqu’il dépasse les 10 milliards d’euros.

Pour bien comprendre l’importance des liens économiques qui unissent la France et le Royaume-Uni, France 24 présente, secteur par secteur, les principales exportations et importations de biens et leur poids respectifs dans les échanges commerciaux entre les deux pays.

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Première publication : 27/06/2016