Archive for July 5th, 2016

Considéré comme l’un des acteurs clés du “casse du siècle”, dont le jugement doit être rendu jeudi, Arnaud Mimran aurait également financé en 2009 la campagne du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, selon Mediapart et Haaretz.

Affaires juteuses, séjours dans les plus beaux palaces français, israéliens ou américains, voitures de luxe, parties de poker avec Patrick Bruel dans des cercles de jeux très privés, relations haut placées… la vie de golden boy d’Arnaud Mimran ressemble à celle d’un personnage de roman.

Mais malheureusement pour ce Franco-israélien de 44 ans, l’un des principaux prévenus dans l’affaire de l’escroquerie au CO2, dont le jugement est attendu jeudi 7 juillet, son histoire pourrait prendre un mauvais tour. Dix ans de prison assortis d’un million d’euros d’amende ont ainsi été requis contre lui et les deux autres principaux prévenus, Marco Mouly et le courtier polonais Jaroslaw Klapucki, tandis que sa relation avec Benjamin Netanyahou empoisonne de plus en plus le Premier ministre israélien.

Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir participé entre 2008 et 2009 à une escroquerie à la TVA sur le marché des quotas de CO2, en association avec Sami Souied. Surnommé le “Caïd des hippodromes”, ce dernier a été retrouvé assassiné porte Maillot à Paris en 2010 dans une affaire sur laquelle butent toujours les enquêteurs de la brigade criminelle. Selon les dires d’Arnaud Mimran, ce dernier l’aurait entraîné, lui et sa troupe, dans la désormais célèbre “arnaque à la taxe carbone”.

L’escroquerie consistait à acheter des quotas hors taxe dans un pays étranger, avant de les revendre en France à un prix incluant la TVA, puis d’investir les fonds dans une nouvelle opération. La TVA, elle, n’était jamais reversée à l’État. Au total, ce qui est désormais considéré comme le “casse du siècle” à coûté 1,6 milliard d’euros à l’État français et 5 milliards d’euros au niveau européen.

>> À lire sur France 24 : “Affaire des quotas de CO2 : la ‘carbone connexion’ devant la justice française”

As de la finance au train de vie “tape à l’œil”, de son propre aveu, Arnaud Mimran a investi 8 millions d’euros “sur Samy Souied”, puis devait en récupérer 11, mais assure qu’il n’avait “même pas envisagé” qu’il s’agisse d’une escroquerie. Ce n’est qu’après, en février 2009, qu’il a eu conscience d’être “impliqué dans une escroquerie à la TVA”, a-t-il soutenu durant le procès, finissant par concéder être “receleur”. La justice estime qu’à lui seul, Mimran aurait contribué à détourner 283 millions d’euros des caisses du Trésor public.

La justice française connaît bien Arnaud Mimran. Il est en effet également mis en examen dans une affaire criminelle d’enlèvement, de séquestration et d’extorsion de fonds en bande organisée sur la personne d’un banquier suisse d’origine turque. Son nom apparaît également dans des affaires de meurtre, sans qu’il ait, toutefois, fait l’objet de poursuites judiciaires.

Mais son business, ce sont davantage les arnaques à la fausse régie publicitaire et les escroqueries à la TVA en tout genre. Alors qu’il n’a déclaré que 45 000 euros de revenus annuels entre 2010 et 2012, Arnaud Mimran possède un duplex de 400 mètres carrés avec piscine intérieure avenue Victor Hugo, dans le 16e arrondissement de Paris, voyage en jet privé, joue des fortunes dans les casinos de Las Vegas et se paie le luxe, en novembre 2012, de faire venir chanter Puff Daddy et Pharell Williams à la bar-mitsva de son fils.

La campagne de 2009 de Netanyahou financée par Arnaud Mimran

Mais si tous ces éléments étaient déjà connus, le procès du “casse du siècle” a surtout permis de faire apparaître au grand jour les liens qu’entretient Arnaud Mimran avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Tout est parti d’une petite phrase prononcée dans le flot des audiences de ce procès fleuve. “Je lui ai versé un million”, a ainsi lâché l’homme d’affaires, jeudi 19 mai, au sujet de Netanyahou.

>> À lire sur France 24 : “Israël : Arnaud Mimran dit avoir versé un million d’euros à Netanyahou”

Une association avec un tel personnage n’étant pas du meilleur effet, le bureau du Premier ministre israélien a, de son côté, évoqué un don de 40 000 dollars, soulignant que Benjamin Netanyahou n’avait pas, au moment des faits en 2001, de fonction publique et que l’argent était allé à un fonds finançant des activités privées.

Ces éléments, déjà évoqués au stade de l’instruction, ont créé une onde de choc en Israël, où la justice a commencé à “examiner” les dires d’Arnaud Mimran, d’autant que la retranscription de son premier interrogatoire par la douane judiciaire montre que le Franco-israélien a directement financé la campagne de “Bibi” en 2009.

Netanyahu’s shady French connection w. the ‘brains of the scam of century’ – @dovalfonhttps://t.co/jTBv0oiI7Dpic.twitter.com/iRQUBBEMat

— Haaretz.com (@haaretzcom) 25 mars 2016

Selon cette retranscription que publient Mediapart et le quotidien israélien Haaretz, Arnaud Mimran a d’abord assuré qu’il ne connaissait pas le rôle précis joué dans la fraude par Jérémy Grinholz, l’un des acteurs et témoins clés du dossier. Puis il a ajouté : “Je l’ai vu la première fois début 2009 [en Israël]. J’y allais souvent à l’époque, comme Marco [un associé dans la fraude – NDLR] y était et, à cette époque, c’était les élections. Je suis proche de Netanyahou dont j’ai financé [la campagne] à hauteur de 200 000 dollars.”

Mediapart et Haaretz affirment également qu’Arnaud Mimran a célébré l’élection de Netanyahou en 2009 avec celui-ci, dans un hôtel de Tel Aviv. “L’étude des allers-retours de Mimran en Israël à cette même période, qui correspondent aux moments forts de la fraude aux quotas carbone, est de nature à le confirmer”, écrivent Fabrice Arfi et Dov Alfon.

Depuis les premières révélations de Mediapart et Haaretz, qui ont rapporté que l’homme d’affaires avait payé au couple Netanyahou de somptueuses vacances à Courchevel ou à Monaco, en 2003, “le Premier ministre d’Israël a changé de version au moins trois fois sur la nature exacte de ses relations, amicales ou financières, avec Mimran”, ajoutent les deux journalistes, qui soulignent l’embarras dans lequel se trouve aujourd’hui Netanyahou, obligé de répondre à des questions de journalistes sur ce sujet pendant des voyages officiels en Russie ou en Afrique. Ce dernier ne se doutait sans doute pas il y a encore quelques semaines que le procès en France du “casse du siècle” aurait des répercussions jusqu’en Israël.

Avec AFP

Première publication : 06/07/2016

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Le géant américain Google a annoncé, mercredi, le rachat de la start-up française Moodstocks, spécialiste de la reconnaissance d’images et de l’intelligence artificielle. C’est la troisième société française acquise par Google.

Le montant n’est pas connu, mais l’affaire est conclue. Google a annoncé, mercredi 6 juillet, le rachat de Moodstocks, une start-up française spécialisée dans l’intelligence artificielle (AI) et les algorithmes de reconnaissance visuelle.

Dans un billet de blog consacré à cette nouvelle acquisition, Vincent Simonet, responsable du centre de recherche et développement de Google à Paris, a vanté la “technologie de reconnaissance d’images et d’objets sur appareils mobiles” développée par Moodstocks.

“Machine learning”

Cette société, fondée en région parisienne en 2009, a mis au point un logiciel qui transforme le capteur photo des smartphones et tablettes en scanner permettant d’identifier les objets visés. De quoi intéresser les spécialistes du e-commerce puisque ce programme permet, entre autres, de lier une photo scannée d’un catalogue à une page Internet de vente en ligne.

Google veut-il s’investir davantage dans le commerce électronique ? Pas sûr. Vincent Simonet explique que les équipes de Moodstocks intégreront le centre parisien de R&D de Google pour aider à améliorer la recherche en “machine learning” (apprentissage automatique, l’une des facettes de l’intelligence artificielle).

Cette acquisition est donc un nouvel exemple de la course à l’AI que se livrent les géants de la Silicon Valley. Google a déjà fait gagner un algorithme contre un champion de Go, Facebook a lâché des bots (petits logiciels conversationnels) dans son service de messagerie Messenger et Microsoft a laissé un compte Twitter entre les mains d’une intelligence artificielle pour se rendre compte que la machine était capable de dérapages racistes.

Les précédents Sparrow et Flexycore

Ce n’est pas non plus un hasard si Google est allé chercher des spécialistes d’intelligence artificielle en France. Facebook a, par le passé, fait le même pari tricolore. Le roi des réseaux sociaux a ouvert son premier centre hors des États-Unis dédié à cette discipline à Paris, et le responsable du programme de recherche sur l’AI pour Facebook est le Français Yann LeCun.

Avant Moodstocks, Google s’est déjà tourné à deux reprises vers l’Hexagone pour faire son shopping. Ce n’est pas énorme : depuis sa création, Google a acquis 191 entreprises. En France, le géant américain racheté la start-up Sparrow en 2012, puis la société FlexyCore en 2013.

Sparrow avait développé un client de messagerie minimaliste pour les smartphones qui avait connu un certain succès jusqu’au rachat de la start-up par Google. Une partie de l’équipe française avait alors participé au développement d’Inbox, une version plus évoluée de Gmail, la messagerie historique du géant de l’Internet.

La jeune pousse d’origine nantaise Flexycore avait, pour sa part, créé le programme Droïdbooster qui permettait d’accélérer le fonctionnement d’Android, le système d’exploitation pour mobile créé par Google. Là encore, Droïdbooster a disparu après le rachat, mais les équipes de Flexycore ont travaillé, cette fois-ci en interne, à l’amélioration des performances d’Android.

Première publication : 06/07/2016

Deux proches de Salah Abdeslam que détenaient les autorités belges ont été remis mercredi à la France. Mohamed Amri et Ali Oulkadi sont accusés d’avoir aidé le suspect-clé des attentats du 13 novembre dans sa cavale.

Deux hommes accusés d’avoir aidé Salah Abdeslam dans sa cavale ont été remis, mercredi 6 juillet, aux autorités françaises, a indiqué le parquet fédéral belge. Mohamed Amri et Ali Oulkadi ont été livrés à la justice française en exécution du mandat d’arrêt européen délivré à leur encontre par les juges d’instruction parisiens en charge de l’enquête sur les attentats du 13 novembre, dont Salah Abdeslam est le seul suspect-clé encore vivant.

La justice belge avait donné en juin son feu vert à leur transfèrement vers la France. Mohammed Amri, 27 ans, est soupçonné d’avoir ramené en voiture Salah Abdeslam à Bruxelles quelques heures après les attentats, en compagnie de Hamza Attou, qui a lui été transféré la semaine dernière en France.

Mohamed Amri avait été a été interpellé dès le 14 novembre dans la commune bruxelloise de Molenbeek, d’où sont originaires plusieurs des personnes impliquées dans les attentats de Paris. Quant à Ali Oulkadi, 31 ans, un Français de Molenbeek, il avait véhiculé Salah Abdeslam dans Bruxelles le lendemain des attaques, selon son avocat.

>> À lire sur France 24 : “Regroupement des détenus islamistes : une réponse ‘insatisfaisante’ à la radicalisation”

Le 9 juin, la justice belge avait également donné son feu vert au transfèrement vers la France d’un autre suspect-clé des attentats de Paris, Mohamed Abrini, lui aussi visé par un mandat d’arrêt européen émis par les juges d’instruction français. Toutefois, ce dernier ne sera pas livré à la France “dans l’immédiat”, étant également inculpé en Belgique pour sa participation aux attentats qui ont fait 32 morts le 22 mars à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles.

Mercredi, la cour de cassation belge a rendu un arrêt qui pourrait provoquer de nouveaux délais dans l’exécution du transfert de Mohamed Abrini. Elle a invalidé une partie de la décision, qui doit être réexaminée par la cour d’appel de Bruxelles, portant sur le lieu où il devra purger sa peine. La cour de cassation a cependant validé la mise en œuvre du mandat d’arrêt et donc le feu vert donné par les juges à son transfert en France.

Avec AFP

Première publication : 06/07/2016

Faute de dépôt d’une motion de censure dans le délai de 24 heures imparti, le projet de Loi travail est considéré comme adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a eu recours au 49-3 pour forcer l’adoption du texte.

À deux signatures près. Des députés de gauche ont échoué, mercredi 6 juillet, à déposer une motion de censure contre le gouvernement, au lendemain du second recours au 49-3 pour le projet de réforme du Code du travail.

“Nous nous sommes battus jusqu’au bout contre le cynisme, les pressions… et la Loi travail. Cinquante-six députés de toute la gauche ont accompagné cette démarche [il en fallait 58]. Ils continuent ensemble”, a indiqué à l’AFP le chef de file des “frondeurs” socialiste, Christian Paul, à l’expiration du délai pour le dépôt, fixé à 15 h 15 (heure de Paris) mercredi, soit 24 heures après que le Premier ministre, Manuel Valls, a engagé la responsabilité du gouvernement en recourant à l’article 49-3.

“Brutalité gouvernementale”

En l’absence de toute motion de censure, comme cela était attendu, le projet de loi va être considéré comme adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale, avant de repartir au Sénat.

Tous les députés Front de gauche (FG), les 10 écologistes contestataires ainsi que des ultra-marins et des non-inscrits, dont des anciens socialistes, avaient paraphé le projet de motion de censure, ainsi que des socialistes, selon des sources concordantes.

>> À voir dans le Débat de France 24 : “Loi travail : le gouvernement français passe une nouvelle fois en force”

Dans un communiqué, le groupe FG a regretté “que les députés socialistes qui disaient s’opposer au texte ou même à la brutalité gouvernementale n’aient pas saisi ce seul levier institutionnel pour mettre un terme au mépris affiché par le gouvernement envers le peuple et ses représentants”. “Sans motion de censure, le texte est aujourd’hui adopté avec la complicité de la droite qui en approuve la philosophie”, a-t-il souligné.

Valls n’a plus qu’une “majorité relative”

Critiqué pour avoir une nouvelle fois usé d’un passage en force avec le 49-3, Manuel Valls a admis, mercredi, que son gouvernement ne disposait plus que d’une “majorité relative” à l’Assemblée nationale, même si, sur le papier, les groupes socialistes et radicaux ont encore la majorité absolue.

“J’ai en effet engagé ma responsabilité, c’est ma responsabilité, c’est l’idée que je me fais de l’exercice du pouvoir, et comme Premier ministre, je continuerai avec cette majorité relative à gouverner, parce que c’est ça le mandat que j’ai reçu des Français”, a lancé le Premier ministre lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale. Et d’ajouter : l’emploi du 49-3, “c’est la Constitution […] je respecte la Constitution”, a-t-il souligné, en répétant qu’il n’y avait “pas de majorité alternative” dans l’hémicycle, entre, d’une part, les frondeurs et la gauche de la gauche et, d’autre part, l’opposition de droite.

Avec AFP

Première publication : 06/07/2016

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Manuel Valls a annoncé mercredi une série de mesures, notamment sur le plan fiscal, destinées à renforcer l’attractivité de la place financière de Paris, afin qu’elle puisse profiter de la sortie programmée du Royaume-Uni de l’UE.

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé mercredi 6 juillet une série de mesures, notamment fiscales, pour renforcer l’attractivité de la place financière de Paris en concurrence avec Franckfort et Dublin, face à la City qui pourrait pâtir du vote britannique en faveur du Brexit.

Le vote des Britanniques “a créé une onde de choc, pour l’ensemble des citoyens européens, mais aussi, de manière très concrète, pour beaucoup d’entreprises installées au Royaume-Uni“, a souligné Manuel Valls lors d’une intervention au forum Paris Europlace, dédiée à la promotion de la place financière parisienne.

“Dans ce nouvel environnement qui se dessine, nous voulons une France attractive”, a ajouté le chef du gouvernement, disant vouloir améliorer le cadre fiscal et réglementaire pour “accueillir encore de nombreuses entreprises”.

La place de Paris, qui dispose d’un pôle de gestion d’actifs de 3 600 milliards d’euros, a multiplié les appels du pied au monde de la finance et des grandes entreprises ces derniers jours.

>> À lire sur France 24: “Le Royaume-Uni tenté de se transformer en paradis fiscal pour se protéger du Brexit”

Des réductions fiscales pour les salariés étrangers

Multipliant les arguments pour séduire les financiers basés à Londres, le Premier ministre a également annoncé une modification du régime des “impatriés”, qui permet aux salariés venus de l’étranger de bénéficier de réductions fiscales. Ce régime sera “applicable pendant huit ans, contre cinq aujourd’hui” et la prime d’impatriation sera “exonérée de taxe sur les salaires”, a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a par ailleurs confirmé la baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) annoncée par François Hollande. “Nous avons, dès cette année, supprimé la contribution exceptionnelle à l’IS. Et le taux normal d’impôt sur les sociétés sera progressivement ramené à 28 %”, contre 33 % aujourd’hui, a-t-il détaillé.

Un guichet unique pour faciliter les démarches et accueillir les familles

Au-delà de ces mesures fiscales, le gouvernement prévoit de mettre en place un “point d’entrée unique”, coordonné par Business France, pour faciliter les démarches administratives des entreprises étrangères souhaitant s’implanter en France.

Ce service “permettra une prise en charge globale des entreprises comme de leurs salariés”, en répondant à “leurs questions sur l’immobilier, la délivrance des titres de séjour, la scolarisation des enfants”, a détaillé Manuel Valls, qui souhaite que ce dispositif soit en place “dès cette rentrée”.

Le Premier ministre a enfin assuré que l’État ouvrirait “autant de sections internationales que nécessaire dans les établissements scolaires” afin de permettre aux enfants d’expatriés de “suivre des cours dans leur langue maternelle”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 06/07/2016

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Changement d’époque confirmée : les groupes technologiques valent, pour la première fois, davantage en Bourse que les sociétés financières. Apple, Google et Microsoft font la nique à Wells Fargo, JP Morgan & Co. Mais où sont les Européens ?

La tech triomphante. Le secteur technologique pèse pour la première fois davantage que le monde financier, d’après le dernier classement des 100 entreprises les plus riches en Bourse du cabinet d’audit PwC, publié lundi 4 juillet. Il couvre la période de mars 2015 à l’après-Brexit.

Les stars de la Silicon Valley ont une capitalisation boursière cumulée de 2 993 milliards de dollars contre 2 704 milliards de dollars pour les sociétés du secteur financier. Preuve supplémentaire de leur domination actuelle sur le monde économique : Apple, Alphabet (ex-Google) et Microsoft forment, dans cet ordre, le trio de tête.

La fusée Alphabet

Avec Facebook en sixième place et Amazon en neuvième, les valeurs technologiques occupent la moitié des dix premiers rangs de ce classement. Seuls deux rois de la finance – le fonds d’investissement de Warren Buffet Berkshire Hathaway et la banque américaine Wells Fargo – figurent dans ce top 10.

Si Apple reste, pour la cinquième année consécutive, le groupe qui pèse le plus lourd en Bourse, le vrai gagnant de 2015 est Alphabet. La valeur boursière du géant de l’Internet est celle qui a le plus progressé en un an. Elle a augmenté de 143 milliards de dollars et Alphabet n’est plus qu’à 86 milliards de dollars d’Apple, alors que la différence entre ces deux mastodontes était de 356 milliards de dollars en 2015.

Ce classement illustre aussi à quel point le monde est passé dans une ère du pétrole pas cher et des nouveaux modèles de distribution à la Amazon. En 2009, les trois groupes les plus riches en Bourse étaient l’Américain ExxonMobil, le Chinois Petrochina et le géant de la grande distribution Walmart. Sur les trois, seul ExxonMobil a pu conserver une place dans les cinq premiers.

La bonne santé du secteur tech est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un climat boursier morose. La capitalisation des 100 plus grosses entreprises du monde a chuté de 4 % par rapport à 2015, soulignent les experts de PwC. La faute à la Chine qui, pour une fois, ne joue pas le rôle de locomotive. Les turbulences boursières que l’ex-empire du Milieu a connues durant l’été 2015 ont affecté les grands groupes chinois qui ne sont plus que trois à être dans le top 20.

L’Europe à la traîne

L’Europe est, de son côté, de plus en plus à la traîne. Il n’y a plus que 24 grands groupes européens – dont quatre français (Total, Sanofi, L’Oréal et LVMH) – dans ce top 100 contre 41 en 2008. La preuve que le Vieux continent est celui qui a le plus souffert – du moins en Bourse – de la crise financière de 2008.

Ce classement démontre aussi à quel point l’Europe a du mal à se doter de champions tech de taille mondiale puisqu’il n’y a qu’un seul groupe européen – le spécialiste allemand du logiciel d’entreprise SAP – parmi les 100 plus importantes capitalisations boursière au monde.

Première publication : 06/07/2016

Dix-huit mois après la mise en place des regroupements des détenus islamistes pour éviter le prosélytisme dans les prisons, la contrôleure générale des prison estime dans un rapport que le programme gouvernemental ne fonctionne pas.

Le regroupement de prisonniers islamistes dans des unités dédiées (UD) n’est pas une réponse “satisfaisante” au problème de la radicalisation dans les prisons françaises, a tranché la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan. Après avoir passé au crible les premiers mois de cette expérimentation initiée par le gouvernement dans la foulée des attentats de janvier 2015 à Paris, elle livre des conclusions sans concessions.

Dans un rapport de 57 pages publié le 7 juin, Adeline Hazan dénonce une organisation “disparate” et balbutiante, des mesures mises en place “dans l’urgence” et des réponses “insatisfaisantes” à “un phénomène sans précédent”. “La modicité des structures (…) ne paraît pas correspondre (…) au changement d’échelle” du phénomène au regard de la “hausse spectaculaire” du nombre des personnes impliqués dans des filières jihadistes syro-irakiennnes”, déplore-t-elle.

#Prison Rapport du @CGLPL sur la prise en charge de la radicalisation islamiste: les unités dédiées créées en 2016 https://t.co/dcMzoAsW5X

— CGLPL (@CGLPL) 6 juillet 2016

>> Sur France 24 : “Les prisons françaises, filière de recrutement des apprentis djihadistes

Fin avril 2016, on estimait qu'”un millier de personnes venues de France ont été enrôlées” dans ces filières et que “244 sont revenues sur le territoire national”. Et, alors que 117 places au total sont prévues dans ces UD, les prisons françaises abritent quelque 1 400 radicaux, dont 300 qui ont “un lien avec le terrorisme”.

Des détenus à part

Trois contrôleurs se sont rendus, entre février et mai, dans les quatre établissements concernés – Fresnes (Val-de-Marne), Lille-Annœullin (Nord), Osny (Val-d’Oise) et Fleury-Mérogis (Essonne) – où ils ont rencontré 61 des 64 détenus présents, ainsi que les équipes pénitentiaires impliquées. Et ils ont constaté non seulement que les critères de sélection des prisonniers étaient “peu clairs”, mais que la mise en œuvre du programme diffère d’une prison à l’autre, quand elle n’est pas “improvisée”.



Pour revoir cette vidéo (de juillet 2015) sur vos tablettes et mobiles, cliquez sur ce lien

Tout d’abord, les contrôleurs dénoncent le “caractère illusoire” de l’étanchéité des séparations, qui est “loin d’être complète”. “Dans le meilleur des cas, le résultat pouvant être attendu est celui de la limitation des contacts avec d’autres personnes détenues”, estiment-ils. Quant à la pertinence du regroupement, elle est contestable et contestée.

>> Sur France 24 : “Il ne faut pas réduire les radicalisés à des fous”

Par les détenus en premier lieu, dont la collaboration est pourtant indispensable au bon fonctionnement du programme. Ils voient ce regroupement comme une mesure discriminante qui fait d’eux “des détenus à part”, des “pestiférés”, “gardés seulement entre musulmans”, estiment les prisionniers interrogés et cités dans le rapport. “Soi disant, c’est pour éviter le prosélytisme. Mais on est isolés comme si on était des virus”, déclare un détenu condamné pour la préparation d’un attentat. “Avant, il y avait du lien social. Ici, c’est la rupture”, regrette un autre.

“On est isolés comme si on était des virus”

Les magistrats antiterroristes redoutent de leurs côtés “des effets pervers du regroupement qui permettrait de nouer des solidarités, de reconstituer des réseaux, et laisserait toute latitude aux plus forts pour faire pression sur les plus vulnérables”. De fait, certains détenus se félicitent de ce regroupement qui leur permet, selon l’un d’eux, “d’être entre nous”. “En vérité, ici tout est fait pour qu’on se radicalise davantage, et pour qu’on les [les surveillants, NDLR] déteste”, estime un prévenu incarcéré pour sa participation à un réseau. Un aumônier musulman a pointé quant à lui le risque “d’héroïsation” des personnes regroupées, par les autres détenus radicalisés, mais placées en détention ordinaire et avec qui la communication n’est pas complètement coupée.

>> Sur France 24 : “Face à la radicalisation dans les prisons, la France fait appel aux aumoniers musulmans”

Les avocats, enfin, craignent que le placement en UD constitue une forme de “pré-jugement” avant le passage de leur client devant un tribunal correctionnel ou une cour d’assises, rapporte Adeline Hazan. L’affectation est en effet liée au degré supposé d’ancrage de la personne dans un processus de radicalisation. “Je crains l’étiquette de terroriste et le regard du juge”, témoigne également un prisonnier transféré en UD.

“Il ne s’agit pas de mettre ces personnes dans une machine à laver”

Au-delà de la séparation des prisonniers islamistes, c’est le programme de déradicalisation et de réinsertion qui semble pêcher. Le regroupement n’est pas “une fin en soi. On a défini un contenant mais pour quel contenu ?”, s’interroge un directeur d’établissement. “Regrouper les profils sous mandat de dépôt terroriste pour éviter le prosélytisme, mais les laisser dans l’oisiveté et la mise à l’écart ne pouvait qu’être contreproductif”, tranche-t-il.

“Il ne s’agit pas de mettre ces personnes dans une machine à laver, et de penser qu’elles vont en ressortir plus propres !”, renchérit un autre, admettant bien volontiers les difficultés des équipes pénitentiaires à travailler avec ce public “mal connu”, voire des “personnes fracassées” et méfiantes à l’égard du programme comme du personnel.

Un modèle français à dessiner ?

Certains jugent néanmoins la démarche d’évaluation du programme menée par Adeline Hazan prématurée. Conscients de “défricher un monde complexe”, des responsables d’établissement ont insisté sur le temps nécessaire à la mise au point de “ce qui pourrait être un modèle français”. “Le pire, disent-ils, c’est que nous soyons jugés trop tôt.” Mais pour Adeline Hazan, la messe est dite. Dans ses conclusions, la contrôleure ne juge “pas réaliste (…) l’extension de ce modèle expérimental” dans le contexte “d’une surpopulation carcérale structurelle”.

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a désormais un mois pour faire part de ses observations. Mi-juin, il avait confié devant l’Assemblée nationale ne pas être en mesure de dire si le regroupement des islamistes en prison constituait à ses yeux une “bonne solution”.

Première publication : 06/07/2016