Archive for July 8th, 2016

Après la primaire de la droite et la primaire de la gauche de gouvernement, le parti Europe Écologie-Les Verts a annoncé samedi qu’il organiserait lui aussi une primaire pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2017.

Quatre jours après l’annonce de Nicolas Hulot qui a choisi de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2017, Europe Écologie-Les Verts a décidé, samedi 9 juillet, d’organiser fin octobre une primaire en vue de la présidentielle, qui sera ouverte à des candidatures de la “société civile”.

Pour être candidat, il faudra être parrainé par 36 conseillers fédéraux (les “parlementaires” d’EELV), sur un total de 240, “c’est donc assez ouvert”, a précisé à l’AFP le porte-parole du parti, Julien Bayou. Cette décision a, selon lui, été adoptée par les deux tiers du conseil fédéral du parti, réuni vendredi et samedi à Nantes (Loire-Atlantique).

Les candidatures sont ouvertes jusqu’à fin août et seront validées début octobre, a précisé Julien Bayou. Il y aura “la possibilité (d’avoir) des candidatures de la société civile. L’idée n’est pas de restreindre” cette primaire à EELV seulement, a-t-il assuré. “Si on a par exemple le leader d’une grande association paysanne ou écologiste qui veut se présenter, il sera accueilli, je pense, avec bienveillance”, a ajouté le porte-parole d’EELV.

De même, le vote sera ouvert aux adhérents du parti, mais aussi aux “coopérateurs” ou sympathisants, et “il sera possible de s’inscrire pour participer [au vote] jusqu’après le dépôt des candidatures, c’est-à-dire jusqu’à mi-octobre”, a poursuivi Julien Bayou. Les votants devront pour ce faire signer une charte et verser une somme inférieure à dix euros, car “le vote a un coût”, a-t-il indiqué.

Cécile Duflot dans les starting-blocks

Le retrait de Nicolas Hulot a eu pour effet de stimuler les stratégies chez les écologistes en vue de 2017. L’ancienne ministre du Logement en particulier, Cécile Duflot, rappelle régulièrement qu’elle se prépare depuis un an, et ces derniers mois, plus intensément. Il y a quelques jours, elle a ainsi créé un site Internet “jesignepourl’ecologie”, afin de “créer une dynamique collective” et trouver des parrainages d’élus dans la perspective de 2017.

Dans une lettre aux militants révélée vendredi, l’ancienne ministre expliquait qu’elle réservait sa réponse sur “la question de [sa] participation à une primaire interne”. “La règle n’a souffert aucune exception : une primaire pousse les candidats à dire du mal des autres et encore davantage les candidats les moins connus à taper sur les plus connus pour – notamment – que leur nom figure dans le journal”, développait-elle notamment dans cette lettre.

Il s’agit du troisième processus de ce type organisé d’ici l’élection présidentielle, avec la primaire de la droite en novembre et celle initiée par le PS, probablement en janvier.

Avec AFP

Première publication : 09/07/2016

Chaque soir depuis 1928 à Ypres, en Flandre belge, se déroule une cérémonie à la porte de Menin. Des centaines de personnes se réunissent pour exprimer leur gratitude envers les soldats britanniques tombés durant la Grande Guerre.

Le 1er juillet 2016, ils étaient 10 000 à s’être rassemblés au mémorial franco-britannique de Thiepval pour commémorer les cent ans de la bataille de la Somme. Lors de cette journée marquant le début de ces combats particulièrement sanglants de 1916, des milliers de descendants de soldats sont venus rendre hommage à leurs ancêtres qui ont participé à la Première Guerre mondiale.

Mais, chaque jour, à une centaine de kilomètres de là, de l’autre côté de la frontière franco-belge, à Ypres, les habitants n’attendent pas spécialement de date anniversaire pour honorer leur devoir de mémoire. C’est une mission quotidienne, à 20 h précises, tout près de la place principale de la ville. Là, se tient une cérémonie pour rendre hommage aux soldats britanniques tombés durant la Grande Guerre.

“En semaine, il y a environ 500 à 600 personnes tous les soirs. Le week-end, cela peut monter à plus de 1 000”, explique Raoul Saesen, un guide local. Il faut d’ailleurs venir au moins une bonne demi-heure avant le début de ce rassemblement pour espérer trouver une place au mémorial de la porte de Menin. C’est ici même, à l’ancienne entrée médiévale, que les soldats passaient il y a un siècle pour se rendre au front. Ce monument a été construit après-guerre par les Britanniques pour montrer leur attachement à cette terre où tant de leurs compatriotes sont tombés. Inauguré en 1927, il dresse sur ses murs une liste des noms de 54 896 soldats de l’Empire disparus au cours du conflit.

La cérémonie du Last Post à Ypres
  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    La cérémonie du Last Post se déroule tous les soirs à la porte de Menin, érigée à la place de l’ancienne porte médiévale de la ville de Ypres où, durant la guerre, les troupes britanniques passaient pour se rendre au front.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le mémorial de la porte de Menin a été construit par les Britanniques sous la forme d’un arc de triomphe avec une voûte en berceau. Il a été inauguré le 24 juillet 1927.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Ce Mémorial porte les noms de 54 896 soldats de l’ancien Empire britannique disparus du début de la guerre jusqu’au 15 août 1917. Les noms des 34 948 autres qui sont tombés après cette date se trouvent sur les panneaux situés au cimetière de Tyne Cot à Passendale.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Chaque soir à 20 h et par tous les temps, c’est un cérémonial bien précis qui a lieu à la porte de Menin devant plusieurs centaines de personnes. Le silence s’impose avant que les sonneurs de clairon arrivent et jouent le “Last Post”.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Des familles, des associations, des élèves viennent tour à tour déposer des gerbes sous les voûtes du mémorial, en mémoire des soldats disparus.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Les marches du mémorial sont tous les jours couvertes de dizaines de gerbes. La plupart représente des “poppies”, ces coquelicots qui symbolisent des hommes tombés sur le front pour les Britanniques.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Ronald Spencer, un Anglais de 92 ans, est venu rendre hommage à son père Fred Spencer qui a participé à la Grande Guerre au sein des Lancashire Fusiliers. Il a lui-même combattu en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Joan Bottrill est elle aussi présente à la cérémonie du Last Post en mémoire de son père John Joseph Petchell, qui a été blessé durant la Première Guerre mondiale. Il était présent lors de l’inauguration de la porte de Menin en 1927.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Ces militaires canadiens qui participent à un voyage dans la région ont aussi déposé une gerbe. Ils sont fiers de pouvoir rendre hommage à leurs prédécesseurs qui ont porté l’uniforme de leur pays et donné leur vie durant la guerre.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Les sonneurs de clairon de la Last Post Association sont traditionnellement recrutés au sein des casernes de pompiers locales. C’est le cas de Christophe qui participe à la cérémonie depuis cinq ans avec toujours autant d’émotion.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Pour les habitants de Ypres, cette cérémonie est très importante. Raoul Saesen, un guide local, y a participé des milliers de fois. Pour lui, c’est aussi une manière de rendre hommage à son grand-père, un soldat belge tué en 1914 lors de la Grande Guerre.



  • La porte de Menin se trouve à moins de 500 mètres de la place principale d’Ypres. Pendant la guerre, la ville a quasiment été entièrement rasée. À partir de 1921, la ville a été reconstruite à l’identique. Ici, la halle aux draps.

Le dernier appel pour les morts de la Grande Guerre

Selon un rituel immuable, 365 jours par an, la cérémonie débute par une lecture de textes sur l’histoire de la Grande Guerre ou par une prière. Puis, les sonneurs de clairon interprètent le “Last Post” (le dernier appel), la sonnerie aux morts propre aux commémorations militaires britanniques. Sous les voûtes impressionnantes de la porte de Menin, un grand frisson parcourt l’assistance. Dans le silence le plus total, tous les spectateurs sont suspendus aux quelques notes jouées par les membres de The Last Post Association.

La cérémonie est surtout marquée par la musique des joueurs de clairon de la Last Post Association. pic.twitter.com/RLMnq2MrDw

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 16 mai 2016

Comme le veut la tradition, ces musiciens, aux uniformes impeccables, sont des pompiers locaux. Au fil des décennies, ils ont continué l’œuvre du chef de la police d’Ypres, qui a lancé cette cérémonie unique au monde en 1928 pour ne pas oublier le sacrifice des Britanniques dans sa ville. “Nous sommes huit en tout. Nous venons une semaine sur deux”, décrit Christophe, sonneur de clairon depuis cinq ans. “Je me sens redevable vis-à-vis de ces jeunes hommes qui ont laissé leur vie durant la guerre. Il y a eu tellement de choses qui se sont passées à Ypres”, précise ce pompier en faisant référence à la destruction quasi complète de la ville, située à quelques kilomètres du champ de bataille, entre en 1914 et 1918.

“Je suis ici pour ceux qui ont survécu et ceux qui n’ont pas eu cette chance”

Lors de ce rassemblement quotidien, des membres d’associations, des familles de soldats ou encore des élèves peuvent aussi participer en s’inscrivant au préalable sur Internet et en déposant à tour de rôle des gerbes. Au pied du monument, ce sont des centaines de coquelicots, rouges vifs, le symbole britannique pour honorer les morts au combat, qui témoignent des attentions des visiteurs de passage.

À 92 ans, Ronald Spencer n’a pas hésité à faire le voyage depuis l’Angleterre avec son fils pour venir spécialement déposer une couronne. Un geste simple, mais très fort, en souvenir de son père Fred Spencer : “Il faisait partie des Lancashire Fusiliers durant la Première Guerre mondiale et il a miraculeusement survécu. Je suis ici pour lui mais aussi pour ceux qui n’ont pas eu sa chance. Je me sens à la fois humble et triste de voir que tant d’hommes sont morts pour rien. Ils n’ont même pas eu la chance d’aimer ou d’avoir des enfants”.

Ils marchent en silence déposer des célèbres coquelicots britanniques. pic.twitter.com/JXoFsHgjJ6

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 16 mai 2016

À quelques mètres de là, entouréé par son mari et sa fille, Joan Bottrill a elle aussi traversé la Manche pour prendre part à cette cérémonie. Son père John Joseph Petchell, dont elle porte fièrement les médailles sur sa veste, a été blessé en 1917 sur le front en France. En 1928, il avait assisté à l’inauguration du Mémorial : “Moi, c’est la première fois que je viens. Je suis vraiment sans voix. C’est un endroit si important pour les Britanniques. Un lieu véritablement sacré.”

Les nouvelles générations ne sont pas non plus en reste. En voyage avec quatre de ses amis, Nicolas Deguire, un jeune soldat canadien du Royal 22e régiment, est également l’un des acteurs du Last Post le temps d’une soirée : “Notre guide nous a proposé de venir déposer une gerbe. Nous n’avons pas hésité. C’est vraiment très émouvant de penser à tous ces hommes qui sont tombés au combat et qui n’ont même pas eu de funérailles”.

Depuis 1928, la cérémonie a eu lieu plus de 30 000 fois. Le Last Post a seulement été interrompu de 1940 à 1944, lors de l’occupation allemande de la ville d’Ypres. “Mais le 6 septembre 1944, une heure seulement après la libération de la ville, il y avait déjà quelqu’un pour sonner de nouveau le clairon. Depuis, cela ne s’est jamais arrêté”, décrit Raoul Saesen. “Qu’il pleuve ou qu’il vente, les clairons seront toujours là. Pour eux, c’est un honneur !”.


Première publication : 09/07/2016