Archive for July 10th, 2016

Un Franco-Syrien a déposé plainte contre X auprès du tribunal de grande instance de Paris pour disparition forcée et torture, après la mort de son frère dans une prison près de Damas. La justice française peut-elle faire condamner Assad ? Éclairage.

Pour la première fois en France, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée contre X auprès de la justice française, vendredi 8 juillet, par un Franco-Syrien pour qu’une enquête pour torture et assassinat soit ouverte après la mort de son frère, un médecin syrien, dans une prison près de Damas en 2014. “C’est une véritable avancée juridique même si elle reste fragile” a expliqué à France 24 Céline Bardet, juriste spécialiste des crimes de guerre.

Installé de longue date en France, Mustafa Abdul Rahman, qui dispose de la double nationalité franco-syrienne, a décidé de mener ce combat juridique pour savoir dans quelles circonstances son frère Hicham a fini par mourir à l’âge de 37 ans dans une prison du régime syrien vraisemblablement fin 2014. Celui-ci, en tant que médecin, s’était engagé pour l’accès aux soins des blessés lors des premières manifestations contre Bachar al-Assad en 2011, avant d’être arrêté en avril 2012. Détenu dans les centres des services secrets des forces aériennes puis à la prison de Sednaya, proche de Damas, sa famille l’avait vu dans un piteux état en mai 2014.

“Il était tellement méconnaissable qu’ils ne l’ont pas reconnu immédiatement”, a raconté l’avocat de Mustapha Abdul Rahman, Me Joseph Breham.”En décembre [2014], les services de sécurité ont fait signer à la famille un certificat de décès pour crise cardiaque, comme c’est le cas systématiquement”, a ajouté l’avocat.

“Le problème c’est que la saisine de la Cour pénal internationale (CPI) est absolument impossible dans le cas syrien, nous ne pouvons donc compter que sur des décisions émanant de tribunaux nationaux” explique Céline Bardet. En effet, la Syrie n’a jamais signé le statut de Rome qui reconnaît la compétence de la CPI, Bachar al-Assad ne peut donc être convoqué par l’instance internationale que sur saisine du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui semble peu probable étant donné que la Russie, membre du Conseil, est aussi une fidèle alliée de Damas.

>> À lire sur France 24 : “Syrie : ‘Notre fils a été décapité par un jihadiste, nous voulons que justice soit faite'”

“Nous ne sommes pas complètement naïfs”

L’avocat de Mustafa Abdul Rahman admet que le combat juridique sera semé d’embûches mais, a-t-il déclaré à France 24, “ce n’est pas parce que c’est compliqué que c’est impossible”. “Nous ne sommes pas complètement naïfs, nous ne nous attendons pas à ce que du jour au lendemain la Syrie reconnaisse une condamnation de Bachar al-Assad”. “C’est déjà un miracle d’avoir réussi à déposer cette plainte”, estime Me Joseph Breham.

Si le dossier est prêt depuis 6 mois, les avocats français ont attendu un arrêt inédit rendu par la Cour d’appel de Paris le 10 juin dans une autre affaire – franco-marocaine – gérée dans le même cabinet pour se lancer. Cet décision pourrait faire jurisprudence en faveur du cas du frère de Mustafa Abdul Rahman. Il permet de reconnaître que les proches français de victimes de disparitions forcées peuvent être considérés comme victimes directes. “La Cour européenne des droits de l’Homme reconnaît déjà que les proches de victimes de disparition peuvent souffrir d’angoisses et de séquelles psychologiques fortes et donc être recevables à déposer plainte. La France va également en ce sens avec cette décision de justice” se réjouit Me Joseph Breham.

Reste que l’arrêt en question demeure fragile, le parquet ayant décidé de se pourvoir en cassation. Par effet domino, la recevabilité de la plainte de Mustafa Abdul Rahman pourrait en pâtir.

Reconnaître un crime de guerre sans dépendre de la CPI

“Il faut faire évoluer le droit”, a déclaré dans le JDD Me Ingrid Metton, qui défend également Mustafa Abdul Rahman aux côtés de Me Breham. Une position partagée par la juriste Céline Bardet qui estime que la France est en retard sur les questions de crimes de guerre. “Il faut qu’on arrive à détacher cette notion de crime de guerre de la CPI” déclare-t-elle. “Ce n’est pas parce qu’un cas ne peut être jugé à La Haye qu’il n’y a pas de crime de guerre”, insiste-elle.

Dans le cas des frères Rahman, une condamnation française agirait “comme une épine dans le pied” des actuels dirigeants syriens, d’après l’avocat de Mustafa Abdul Rahman.”Si la plainte aboutit, et si Bachar al-Assad est réintégré dans le concert des Nations, il en entendra parler, et souvent ! À chaque déplacement en France ou dans un pays qui a signé des accords avec la France”. En revanche, protégé par son immunité diplomatique, le président syrien ne risquera pas d’être arrêté.

La diplomatie dans l’embarras

Côté diplomatique, “cette plainte imposera aux politiques d’assumer leur choix : celui de réintégrer un assassin au motif que Daech, c’est pire”, explique Joseph Breham. “L’ouverture d’une instruction judiciaire, sans même parler de condamnation, placerait la diplomatie française dans une position embarrassante”, selon Céline Bardet. D’autant que d’autres dossiers de victimes françaises collatérales sont dans les tiroirs des cabinets d’avocats français, selon elle.

En septembre 2015, la justice française avait examiné une autre affaire de crime de guerre en Syrie : une enquête préliminaire pour crimes contre l’humanité avait été ouverte à partir du témoignage d’un ancien photographe de la police militaire après un signalement du Quai d’Orsay. Le dossier s’appuyait alors sur les pièces apportées par ce photographe au pseudonyme de “Cesar”, qui s’était enfui de Syrie en 2013, en emportant 55 000 photographies effroyables de corps torturés.

Dans cette affaire au fort impact médiatique, les photographies sont toujours en cours d’identification pour savoir si elles concernent d’éventuelles victimes françaises, cela risque d’être long, laborieux et pourrait ne jamais aboutir sur une plainte française. Pour Céline Bardet, le cas du frère de Mustafa Abdul Rahman a davantage de chance d’aboutir car elle est “moins politique” et “plus construite juridiquement”.

Première publication : 11/07/2016

À l’origine d’une pétition controversée sur les dangers de certaines vaccinations, le très médiatique et décrié professeur français Henri Joyeux, sera radié de l’Ordre des Médecins à compter du 1er décembre.

Les propos controversés du professeur Henri Joyeux sur la vaccination commençaient à créer des problèmes jusque dans les cabinets des praticiens français. Ses pairs ont fini par trancher : le chirurgien cancérologue à la retraite depuis 2014 a été radié par la chambre disciplinaire de l’Ordre des Médecins du Languedoc-Roussillon, selon l’agence de presse médicale. Une sanction qui prendra effet à compter du 1er décembre 2016. Contacté par France 24 lundi 11 juillet, le conseil régional de l’ordre des Médecins de la région Languedoc-Roussillon n’a pas souhaité commenter la décision.

Les propos du Pr. Joyeux ne se fondent sur aucune preuve scientifique, voire alignent des contre-vérités, comme l’a rappelé @acadmed

— Ordre des Médecins (@ordre_medecins) 25 juin 2015

Lanceur d’alerte ou médecin dangereux ?

Tout a commencé, en juin 2015, lorsque le sulfureux cancérologue montpelliérain faisait l’objet d’une plainte du Conseil de l’ordre. En cause, la mise en ligne d’une pétition toujours active à ce jour adressée à la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Son objectif : mettre en garde contre la présence de substances “dangereuses” présentes dans des adjuvants de vaccins contre la DT Polio utilisés en raison d’une pénurie qui dure depuis novembre 2014.

Dans sa pétition, le professeur dénonce également une manipulation frauduleuse des laboratoires pharmaceutiques qui organisent, selon lui, la pénurie sur les vaccins obligatoires (DTpolio-Coqueluche), pour vendre des vaccins, eux disponibles sur le marché, qui protègent contre six maladies (DTPolio-Hib-Coqueluche-Hépatite B, appelé Infanrix Hexa) et coûtent beaucoup plus cher. L’homme, qui clame ne pas être contre les vaccins mais contre les abus, a déclaré le 27 mai 2016 sur BFMTV que, “les laboratoires pharmaceutiques ont créé une véritable pénurie du seul vaccin obligatoire, en créant un vaccin sept fois plus cher. Ils s’intéressent beaucoup plus à leur pognon qu’aux patients !”

Le docteur Henri Joyeux notre lanceur d’alerte-santé dont le rôle est unique, précieux, indispensable va être radié de l’Ordre des Medecins.

— Edgar Morin (@edgarmorinparis) 10 juillet 2016

“Aucune preuve scientifique”

Des prises de position qui heurtent les membres de la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon. Ses confrères lui reprochent de développer des arguments ne se fondant “sur aucune preuve scientifique” voire “alignant des contre-vérités” et “dangereux pour la population parce qu’il s’agirait de discréditer le mécanisme de vaccination préventive”.

Ses propos sont d’autant plus gênants qu’ils rencontrent un large succès sur la Toile. Sa pétition, mise en ligne sur son site officiel, recueillait plus d’un million de signatures le 10 juillet. Relayées sur les réseaux sociaux, ses vidéos diffusées sur YouTube et Facebook enregistrent plus de 100 000 vus en moyenne. Le professeur peut également s’enorgueillir d’envoyer sa newsletter hebdomadaire à quelque 580 000 fidèles abonnés.

Également présent dans les rayonnages des librairies, son dernier livre, “Changez d’alimentation”, s’est vendu à plus de 150 000 exemplaires. L’homme sillonne enfin les routes de France pour y donner conférences. Bien que très présent dans les médias, Henri Joyeux n’a pas donné suite à notre demande d’interview adressée par mail.

Extrait d’une conférence donnée par le professeur Henri Joyeux

“Des positions rétrogrades”

Une médiatisation bien rôdée qui irrite les médecins quotidiennement confrontés à la réticence de patients nouvellement convertis. Henri Joyeux “a instillé un doute sur la vaccination, explique Patrick Rebillard, pédiatre dans un hôpital lyonnais, au Monde. On doit désormais argumenter de plus en plus longtemps avec certains parents pour vacciner leurs enfants et expliquer qu’on n’a pas d’intérêt financier à le faire.

Le cas Joyeux agace également au plus niveau du ministère de la Santé. Marisol Tourraine accuse le médecin controversé “d’attiser les craintes”, “d’inquiéter et de faire peur”. Offensive, la ministre s’en prend à ses “positions rétrogrades sur toute une série de sujets”, faisant référence à ses opinions conservatrices concernant notamment le mariage homosexuel, l’avortement ou la contraception.

Avec une telle tribune, pas sûr que la sanction prévue par l’Ordre des Médecins lui cause beaucoup de tort. Concrètement, une radiation se traduit par l’interdiction formelle d’exercer la médecine, une disposition qui ne devrait pas gêner outre mesure ce cancérologue à la retraite. Reste que le chirurgien ne pourra plus faire état de son statut de docteur en médecine. Un titre pourtant précieux pour s’attirer le crédit des maisons d’édition et faire venir des auditeurs à ses conférences.

Il n’est pas certain que la sanction prévue par le conseil de l’Ordre des Médecins ne fasse totalement taire ce médecin rebelle. Après sa condamnation en première instance, le professeur Joyeux a trente jours à dater de la notification pour faire appel au niveau national.

Première publication : 11/07/2016

d6b50371d1.jpeg

C’est le phénomène mobile et boursier du moment : le jeu Pokemon Go est en train d’envahir le quotidien de millions d’Américains. Nintendo se frotte les mains… même si la traque aux créatures virtuelles peut réserver des surprises dans le monde réel.

Plus de sept milliards de dollars, telle est l’ampleur du bond boursier réalisé par Nintendo depuis le lancement, le 6 juillet, du jeu Pokemon Go sur smartphone. L’action du constructeur japonais a enregistré lundi 11 juillet, sa plus forte hausse depuis des mois, progressant de plus de 20 % à l’indice de Tokyo. Ce phénomène vidéoludique a permis au groupe d’atteindre une capitalisation boursière de 22,9 milliards de dollars.

Pokemon Go est devenue l’application la plus téléchargée sur iPhone aux États-Unis. Elle permet de projeter des images de Pokemon dans l’environnement réel en utilisant le système GPS et l’appareil photo du téléphone. L’utilisateur se transforme ainsi, au gré de ses balades, en chasseur de petites créatures virtuelles.

Pour visionner la vidéo sur vos mobiles et tablettes, cliquez sur ce lien.

Soulagement des investisseurs

Le jeu, gratuit à l’installation mais qui nécessite de payer pour obtenir certains bonus, génère actuellement davantage de recettes pour la “Pokemon company” (une succursale de Nintendo) et Niantic (le co-développeur du jeu) que des mastodontes du jeu sur mobile comme Clash of Clan ou Game of War, d’après le cabinet d’études américain Sensor Tower. Un engouement d’autant plus remarquable que le jeu n’est, pour l’instant, disponible qu’aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’application, dont la date de lancement en France n’est pas encore fixée, peut cependant être téléchargé dans l’Hexagone en suivant une petite astuce décrite par Mashable.

Le succès de Pokemon Go, deuxième adaptation sur moible d’une franchise de Nintendo après le jeu et réseau social Miitomo, n’explique qu’en partie la bonne performance boursière du groupe japonais. Celle-ci est aussi le reflet du soulagement des investisseurs qui se demandaient si Nintendo allait réussir à faire son trou dans le monde du jeu sur mobile. Le constructeur n’avait pas droit à l’erreur : sa console Wii U est, en effet, à la traîne face à ses concurrents directs, la Playstation 4 de Sony et la Xbox One de Microsoft.

Les chasseurs de Pokemon sont partout

Les boursicoteurs sont aussi sensibles à la folie qui semble s’être emparée des États-Unis. Les chasseurs de nouvelles espèces de Pokemon sont partout… et le font savoir sur les réseaux sociaux. Les images d’Américains, les yeux rivés sur leur smartphone leur montrant une version modifiée de leur environnement où un nouveau Pokemon peut apparaître à tout instant, ont fait le tour de la Toile et les affaires du département de communication de Nintendo. Il y a plus de 3 % des utilisateurs américains de téléphones Android (le système d’exploitation mobile de Google) qui jouent à Pokemon Go tous les jours, soit presque autant que de gens qui tweetent quotidiennement (3,5%) aux États-Unis, a constaté le spécialiste américain de l’utilisation des applications SimilarWeb.

Ces nouveaux accros traquent leur prochain Pokemon de compagnie dans les parcs publics, aux abords des autoroutes ou même à l’intérieur d’une chambre d’hôpital. “C’est un phénomène culturel d’une ampleur que je n’avais encore jamais vue aux États-Unis”, s’étonne sur Twitter David Ruddock, un journaliste américain spécialiste des jeux sur mobile.

Une mode qui a déjà commencé à avoir des répercussions bien réelles sur la vie quotidienne de l’autre côté de l’Atlantique. Au royaume du capitalisme triomphant, certaines enseignes ayant remarqué que le jeu cachait des PokéBalls (des billes virtuelles permettant de capturer les Pokemon) dans leurs magasins, ont commencé à en faire la promotion sur leur devanture pour tenter d’attirer le consommateur.

Guet-apens et corps dans une rivière

La chasse aux Pokemon peut aussi entraîner des mauvaises surprises. La police du Missouri a ainsi interpellé, le 10 juillet, un gang de quatre jeunes, suspectés d’avoir utilisé le jeu pour localiser des victimes à braquer dans des endroits isolés. L’application Pokemon Go permet, en effet, de savoir si d’autres utilisateurs sont à proximité. Il est même possible d’ajouter des marqueurs pour alerter les joueurs de l’emplacement d’un Pokemon. Une fonctionnalité qui, entre de mauvaises mains, peut servir à attirer des utilisateurs dans un guet-apens.


Un panneau publicitaire dans l’esprit Pokemon Go devant un magasin de vêtement aux États-Unis. © Image Imgur

Un informaticien du Massachusetts, qui a élu domicile dans une vielle église abandonnée, a, pour sa part, appris à ses dépens que le jeu n’avait pas identifié que la bâtisse était habitée. L’application a transformé le lieu en “Pokemon Gym”, un endroit où il est possible d’entraîner virtuellement ses créatures afin de les rendre plus fortes. Il raconte, sur Twitter, le défilé de visiteurs les yeux rivés sur leur téléphone qui décrochent à peine le regard pour le saluer.

Ces joueurs ne semblent pas prendre bien au sérieux les avertissements des concepteurs leur demandant de rester conscient de leur environnement réel durant leur partie de traque au Pikachu. Peut-être prêteront-ils une oreille plus attentive aux déclarations de la police américaine qui a mis en garde les utilisateurs contre la tentation de partager, en temps réel, leur localisation avec le reste de cette nouvelle espèce de chasseur de créatures imaginaires ?

Nul ne sait encore si ces dérives vont avoir un effet sur la popularité du jeu sur le long terme. Les investisseurs sont, quant à eux, confiants : même si ce succès fait, finalement, long feu… il existe toute une ribambelle d’autres personnages Nintendo qui attendent leur tour pour faire tourner la tête des utilisateurs de smartphones. Han Joon Kim, analyste à la Deutsche Bank, a assuré à Reuters qu’il attend avec impatience les déclinaisons mobiles d’Animal Crossing ou Zelda “qui devraient continuer à tirer l’action de Nintendo vers le haut”.

Première publication : 11/07/2016

Depuis dimanche, les homosexuels peuvent officiellement faire don de leur sang en France. Si, et seulement si, ils n’ont eu aucun rapport sexuel ces 12 derniers mois. Une condition que certaines associations jugent “disproportionnée”.

C’est désormais officiel. Le décret autorisant les homosexuels de sexe masculin à donner leur sang est entré en vigueur, dimanche 10 juillet, en France. Cette ouverture met ainsi fin à l’exclusion permanente dont les donneurs gays faisaient l’objet depuis 1983 en raison des risques de transmission du sida.

Annoncée dès avril 2015 par Marisol Touraine, la ministre de la Santé, cette autorisation vise ainsi à mettre fin à une “discrimination” et à un “tabou”. “Donner son sang est un acte de générosité, de citoyenneté, qui ne peut être conditionné à une orientation sexuelle”, avait-elle affirmé.

Reste que le “don de sang total” (cellules et plasma), qui est la forme de don la plus courante, est soumis à conditions pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH). Afin de respecter “la sécurité des patients”, ces derniers devront en effet avoir été abstinents durant 12 mois. Un délai réduit à 4 mois pour le plasma (partie liquide du sang), dont les échantillons prélevés seront mis en quarantaine pendant deux mois et demi environ pour s’assurer de leur innocuité.

Pour les autorités sanitaires, cette ouverture graduelle aux homosexuels permettra également d’en savoir davantage sur les nouveaux donneurs. Si les études démontrent qu’il n’y a pas de risques, les règles du don du sang pour les homosexuels se rapprocheront des règles générales appliquées aux autres donneurs. Cette deuxième étape interviendrait en 2017, a précisé le ministère.

“Un premier pas”, mais…

“Cette levée de l’interdiction constitue un premier pas, indique à France 24 Virginie Combe, vice-présidente de SOS homophobie. Mais nous souhaitons une évolution qui se base sur le comportement plutôt que sur une population. On espère avoir des données qui pourront déterminer quels sont les comportements à risque. Aujourd’hui, rien ne dit qu’un couple homosexuel marié et fidèle présente plus de risques qu’un couple d’hétérosexuel marié et fidèle.”

“Une exposition élevée au VIH n’est pas liée à l’orientation sexuelle mais aux comportements sexuels, abonde Sophie Aujean, porte-parole en Europe de l’Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, transexuels et intersexués (ILGA) qui considère les 12 mois d’abstinence “disproportionnés”. “Une année, c’est très long. Et cela va sûrement dissuader les hommes ayant un rapport avec un autre homme de donner leur sang, estime-t-elle. Un délai de quatre mois aurait été plus raisonnable.”

Si de nombreuses organisations se félicitent de la levée de l’exclusion permanente, nombreux sont ceux qui regrettent que les homosexuels soient une nouvelle fois stigmatisés. Lors de l’annonce de Marisol Touraine en avril, Didier Lestrade, cofondateur de l’association de lutte contre le sida Act Up-Paris, écrivait sur Slate : “Demander aux gays (ou aux autres d’ailleurs) une période d’abstinence d’un an pour être éligible ressemble à un poisson d’avril. Mais c’est une preuve supplémentaire de l’incompréhension totale du gouvernement Hollande face aux espoirs des LGBT.”

Sur Twitter, de nombreux internautes avaient également fait part de leur indignation fasse à ce que le premier secrétaire du Parti social, Jean-Christophe Cambadélis, qualifiait de “pas supplémentaire vers l’égalité”.

Pour voir les images sur vos tablettes et mobiles, cliquez sur ce lien.

Proposons aux hétéros de faire aussi un pas en pratiquant l’abstinence 1 an avant leur #DonDuSanghttps://t.co/O870dWs3mn

— Thomas Vampouille (@tomvampouille) 4 novembre 2015

Ah vous êtes Gay ! Ok alors voici quelques conditions à respecter si vous voulez donner votre sang #MarisolTourainepic.twitter.com/1ll99Tf1uw

— RT Pierre (@RouatP) 4 novembre 2015

La levée de l’interdiction était un engagement de campagne de François Hollande. Elle concerne 500 000 donneurs potentiels supplémentaires, estime le docteur François Charpentier, interrogé lundi par France Info. “Si 4 % donnent, cela fait 20 000 dons possibles”. Chaque année, trois millions de dons sont faits en France.

En 2014, entre 10 et 15 donneurs ont été signalés comme porteurs du VIH, ce qui signifie que la probabilité qu’un échantillon soit contaminé est de 1 sur 3,5 millions. La dernière fois qu’un receveur a contracté le VIH à la suite d’une transfusion remonte à 2003.

Première publication : 11/07/2016

Une cinquantaine de personnes ont été interpellées, dimanche, en France, en marge de la finale de l’Euro-2016. À Paris, aux abords de la fan-zone de la Tour Eiffel, des incidents avaient éclaté avant même le début du match.

En marge de la finale de l’Euro-2016, au moins cinquante personnes ont été interpellées, dimanche 10 juillet, en France, principalement aux abords de la fan-zone parisienne, lors d’incidents entre supporters et forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police de Paris.

Suite à ces incidents, la société d’exploitation de la Tour Eiffel a annoncé lundi 11 juillet qu’elle serait fermée pour la journée.

Suite à la finale de l’#Euro2016 d’hier, je serai fermée ce jour. Merci de votre compréhension. pic.twitter.com/zhc91O7DH2

— La tour Eiffel (@LaTourEiffel) 11 juillet 2016

Les premiers incidents ont éclaté aux abords de la Tour Eiffel, lorsque des supporters ont tenté d’entrer dans la fan-zone, dont l’accès avait dû être bloqué dès 19 h, celle-ci ayant atteint son taux de remplissage (plus de 90 000 spectateurs).

Certains ont jeté des projectiles, brûlé poubelles et deux-roues, ainsi qu’une voiture. Les forces de l’ordre les ont repoussés à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Des véhicules “pris à partie”, une personne hospitalisée

Selon la police, des véhicules ont été “pris à partie” par la foule de supporters mécontents. Dans la panique, le conducteur d’un de ces véhicules a renversé deux personnes, dont une a été hospitalisée.

La situation s’est calmée en cours de la soirée dans le secteur de la Tour Eiffel, avant que les supporters portugais n’investissent les Champs-Elysées pour célébrer la victoire de leur équipe (1-0). Selon la préfecture de police de Paris, deux dégradations de vitrines avaient été constatées en début de nuit, mais l’ensemble restait “majoritairement festif”.

>> À voir sur France24.com : “Euro-2016 : les hooligans gâchent la fête”

Certaines des quelque 40 interpellations signalées par la préfecture de police ont également eu lieu aux abords du Stade-de-France, dans la banlieue nord de Paris, pour outrage, dégradations ou encore vente interdite à la sauvette.

Par ailleurs, à Lyon, neuf personnes étaient en garde à vue dans la nuit pour des “violences, outrages, détention d’artifices ou encore entrave à l’intervention des secours”, indiquait-on de source policière vers 1 h 30. Selon la même source, un policier a été légèrement blessé par un jet de cannette.

Avec AFP

Première publication : 11/07/2016