Archive for July 14th, 2016

Au lendemain de l’attaque au camion de Nice, les critiques de l’opposition, vendredi 15 juillet, ont été particulièrement virulentes à l’encontre du gouvernement, accusé d’impuissance et d’inaction.

“L’esprit du 11 janvier” a fait long feu: dès vendredi matin, l’opposition n’a pas hésité à critiquer le gouvernement, quelques heures à peine après l’attentat de Nice qui a fait au moins 84 morts. Loin de l’unité nationale manifestée après les attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, critiques et reproches n’ont pas tardé.

“Si tous les moyens avaient été pris, le drame n’aurait pas eu lieu”, a ainsi affirmé l’ancien Premier ministre Alain Juppé. “Bien sûr qu’il faut faire plus, qu’il faut faire mieux. D’abord en ce qui concerne nos services de renseignement”, a jugé le candidat à la primaire de droite pour la présidentielle.

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Jetant aux oubliettes les mesures prises depuis 18 mois (renforcement des effectifs policiers et du renseignement, pouvoirs renforcés d’enquête pour la police, ouverture prochaine de centre de déradicalisation jihadiste…), plusieurs responsables des Républicains ont aussi fustigé l'”impuissance” de l’exécutif et appelé à “passer à l’action”.

“On a un exécutif qui s’arc-boute sur des certitudes qui n’en sont pas, qui ne veut pas regarder une autre réalité en face”, a critiqué le député Les Républicains Georges Fenech, président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015.

“La guerre contre le fléau du fondamentalisme islamiste n’a pas commencé, il est urgent maintenant de la déclarer”, a lancé Marine Le Pen à un exécutif qui n’a pourtant pas cessé de se dire “en guerre”.

Hollande ne compte pas “s’abaisser à je ne sais quelle outrance”

Depuis Nice, François Hollande a riposté en prévenant qu’il n’entendait pas “s’abaisser à je ne sais quelle outrance”. “C’est mon rôle, c’est ma responsabilité de ne pas me laisser détourner de l’engagement que j’ai pris au nom des Français, de les protéger”, a-t-il déclaré après s’être notamment rendu au chevet de plusieurs victimes de l’attentat.

Le chef de l’État, qui venait d’annoncer pour la fin du mois la levée de l’état d’urgence lors de son interview du 14 juillet, a dû finalement décider d’une nouvelle prolongation de trois mois.

Si la décision est soutenue par l’ex-président Sarkozy, plusieurs députés de droite ont annoncé qu’ils ne la voteraient pas. Europe Ecologie-Les Verts devrait faire de même, a annoncé son secrétaire national David Cormand, inquiet pour les “libertés publiques”.

“Quand on est en guerre, on protège le territoire national. Hier [jeudi] on voulait arrêter l’état d’urgence, on se demande pourquoi et quels sont les éléments qui auraient pu expliquer l’arrêt de l’état d’urgence”, a questionné l’ancien Premier ministre François Fillon.

>> À lire sur France 24 : “Attentat de Nice : l’auteur de l’attaque n’était pas fiché pour radicalisation”

Face à cette discorde, le Premier ministre Manuel Valls a tenté de cimenter à nouveau un “esprit du 14 juillet”, en appelant à “faire bloc” en sortant du conseil de Défense convoqué en urgence à l’Élysée vendredi matin.

“On a voulu atteindre l’unité de la Nation française. Alors la seule réponse digne, responsable de la France, sera celle qui restera fidèle à l’esprit du 14 juillet, c’est-à-dire celui d’une France unie et rassemblée autour de ses valeurs. Et nous ferons bloc, c’est la seule exigence qui vaille aujourd’hui”, a-t-il plaidé.

“Des vautours et non des hommes d’État”

Quant au patron du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, il a appelé à “rester unis”, jugeant “indigne de polémiquer en espérant un gain sur le dos des morts et la colère des Français”.

“Les déclarations de quelques responsables politiques à droite sont scandaleuses. On a des vautours et non des hommes d’État”, a renchéri le député socialiste Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats de 2015.

>> À lire sur France 24 : “Attentat de Nice : l’affichage politique prime sur l’efficacité des dispositifs de sécurité”

Agir, oui, mais comment ? Beaucoup, comme François Bayrou, reprennent l’idée portée par la commission d’enquête sur les attentats de créer une structure unique rassemblant ou coordonnant davantage les services de renseignement.

La droite devrait aussi remettre en avant l’idée de centres de rétentions pour les “fichés S”, mais cette proposition présente de forts risques d’illégalité.

La boîte à idées apparaît toutefois encore bien vide, en dehors de propositions radicales comme celle du député Henri Guaino qui suggérait d’équiper les forces de sécurité en lance-roquettes. Ou celle de l’ancien ministre Frédéric Lefebvre poussant au recours à l’état de siège, c’est-à-dire le transfert des pouvoirs civils à l’armée.

Avec AFP

Première publication : 15/07/2016

Au moins 84 personnes ont été tuées jeudi dans l’attentat de Nice et une cinquantaine d’autres se trouvent entre la vie et la mort, selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur. De nombreux étrangers figurent parmi les victimes.

Ils étaient environ 30 000 venus assister jeudi soir au feu d’artifice du 14-juillet sur la Promenade des Anglais. Parmi les 84 personnes qui ont péri dans l’attentat de Nice, de nombreux Français, mais aussi des touristes de diverses nationalités. Parmi les premières victimes étrangères identifiées figurent :

– trois Algériens; une dame de 70 ans et deux enfants, selon un porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères.

– trois Allemands, un enseignant et deux lycéennes, selon des informations de presse.

– deux Américains, selon le porte-parole du département d’État, John Kirby.

Ces deux victimes sont, selon le quotidien texan Austin American-Statesman, Sean Copeland, 51 ans, et son fils Brodie, 11 ans. Originaires du Texas, ils étaient en vacances en famille à Nice après avoir séjourné à Pampelune et Barcelone, en Espagne.

– une touriste suisse de 54 ans, Linda Casanova Siccardi. Cette inspectrice des douanes se trouvait en vacances sur la Côte d’Azur avec son mari Gilles, un Français qui a survécu l’attentat, selon la mairie d’Agno (Tessin, sud), ville dont elle était originaire

– une Russe a également perdu la vie dans l’attentat, indique le ministère russe des Affaires étrangères sur Facebook. Selon le site russe Novosti-24, cette étudiante de 20 ans s’appelait Viktoria Savtchenko et passait des vacances en France avec une amie qui a été blessée aux jambes.

– une Arménienne a été tuée lors de l’attaque, selon un communiqué du ministère arménien des Affaires étrangères.

– un Tunisien né en 1987 originaire de Kasserine, Bilal Labaoui. Le ministère des Affaires étrangères tunisien a annoncé son décès dans un communiqué publié sur Facebook.

– Une Marocaine de 60 ans habitant Nice, mère de sept enfants, Fatima Charrihi. Portant le voile, elle “pratiquait un islam du juste milieu. Un vrai islam (…), pas celui des terroristes”, a confié son fils Hamza à l’Express.

– un Ukrainien a été tué et un autre blessé, selon le ministre des Affaires étrangères Pavlo Klimkin sur Twitter.

1 Ukrainian citizen killed, 1 injured in Nice. My sincere condolences. Our consular people working around the clock with French authorities

— Pavlo Klimkin (@PavloKlimkin) 15 juillet 2016

Par ailleurs, le ministère belge des Affaires étrangères a indiqué être sans nouvelles d’une vingtaine de ressortissants belges.

Parmi les dizaines de blessés enregistrés, figurent au moins un Britannique, selon Londres, et deux Roumains, actuellement hospitalisés, selon Bucarest et deux Chinois, dont un grièvement, selon le consulat de Chine à Marseille.

Foreign Secretary Boris Johnson confirms a British person has been hurt in the terrorist attack in #Nice#HeartNewspic.twitter.com/FksOndpM91

— Essex News (@HeartEssexNews) 15 juillet 2016

Depuis que le drame s’est produit, la recherche des personnes disparues s’organise via les réseaux sociaux en France et à l’étranger. Le gouvernement français a également ouvert une cellule téléphonique interministérielle d’aide aux victimes, joignable au 01 43 17 56 46.

Avec AFP

Première publication : 15/07/2016

En réponse à l’attentat de Nice, François Hollande a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi le renforcement des mesures de sécurité en cours, dont l’efficacité est pourtant jugée “limitée” par le rapport parlementaire sur les attentats de 2015.

Prolongation de l’état d’urgence de trois mois, renforcement de l’opération Sentinelle, appel à la réserve opérationnelle : en dépit de l’efficacité limitée de ces dispositifs, les annonces de François Hollande, faites dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 juillet après l’attentat de Nice, montrent qu’il est impossible pour un président de la République de s’affranchir d’un affichage politique lorsqu’il s’agit de répondre à une attaque terroriste.

“On avait besoin d’une réponse forte de l’État”, pour que celui-ci “donne un sens à ce qui s’est passé à Nice”, reconnaît le député socialiste Sébastien Pietrasanta, rapporteur du rapport, publié le 12 juillet, de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015. “Les Français n’auraient pas compris qu’on sorte de l’état d’urgence” le 26 juillet, ajoute-t-il, comme François Hollande l’avait initialement annoncé jeudi 14 jullet.

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En réalité, il s’agit de montrer à la population que l’État réagit immédiatement et de la rassurer par la présence bien visible de militaires lourdement armés dans certains lieux sensibles. L’objectif est aussi de parer à toute critique de l’opposition.

De nombreuses personnalités de droite ont ainsi rapidement accusé François Hollande d’avoir annoncé la fin de l’état d’urgence lors de son interview du 14 juillet. D’autres ont réclamé une augmentation de la présence des forces de l’ordre sur le terrain, à l’image d’Alain Juppé qui affirme que “cela fait des mois et des mois que nous demandons le déploiement des réserves opérationnelles” de l’armée.

“L’état d’urgence ne règle rien. Ça rassure, c’est tout”

Pourtant, les personnes ayant travaillé sur le dossier ont bien conscience de l’inefficacité à long terme de ces dispositifs de sécurité. “L’état d’urgence ne règle rien. Ça rassure, c’est tout. La force Sentinelle ne règle rien non plus. C’est psychologique”, a ainsi affirmé, au lendemain de l’attaque au camion de Nice, George Fenech, député LR et président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015.

“Il est quasiment impossible d’appréhender avant son passage un individu qui prend un camion et qui fonce sur une foule”, a pour sa part observé Sébastien Pietrasanta. Il est en outre “impossible de protéger tous les lieux où se réunissent les Français”, ces “cibles molles” que constituent les “terrasses des cafés” ou encore la Promenade des Anglais, a-t-il affirmé.

Mais comme le résume parfaitement le député européen LR Arnaud Danjean sur Twitter, peu de temps après l’attaque de Nice, “pas facile d’expliquer que ce qui rassure n’est pas ce qui protège le mieux”.

Pas facile d’expliquer que ce qui rassure (Sentinelle,État d’urgence,frappes aériennes…) n’est pas ce qui protège le mieux #terrorisme

— Arnaud Danjean (@ArnaudDanjean) 15 juillet 2016

Dans ses conclusions, la commission parlementaire soulignait notamment la “portée limitée” de l’état d’urgence et de l’opération Sentinelle. Les perquisitions administratives et assignations à résidence permises par l’état d’urgence au lendemain du 13-Novembre ont eu un effet dans un dans un premier temps, expliquait le rapport, mais cet effet “semble s’être rapidement amenuisé”.

>> À lire sur France 24 : “Attentat de Nice : la concorde disparue de la classe politique”

Quant à l’opération Sentinelle, qui a fait passer de 800 à 10 000 le nombre de soldats déployés sur le territoire après les attentats de janvier 2015, celle-ci n’a pas prouvé son efficacité aux yeux des membres de la commission d’enquête parlementaire, a précisé Sébastien Pietrasanta, qui s’est interrogé sur “la valeur ajoutée réelle de cette opération dans la sécurisation du territoire national”. Le rapport parlementaire recommande ainsi de réduire progressivement le nombre de soldats de Sentinelle et de renforcer en contrepartie le plan Vigipirate avec le recrutement de 2 000 policiers et gendarmes.

Avec AFP

Première publication : 15/07/2016

Le chauffeur, qui a précipité son camion sur la foule à Nice, tuant 84 personnes, a été formellement identifié vendredi. Il s’agit de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, 31 ans, né en Tunisie, inconnu des services de renseignement pour sa radicalisation.

L’auteur de l’attaque meurtrière de Nice a été formellement identifié, vendredi 15 juillet, par les forces de police qui ont retrouvé sa pièce d’identité dans le camion de 19 tonnes utilisé pour le massacre.

Le procureur de Paris, François Molins, a cité son nom dans une conférence de presse à 17h. Il s’agit de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, qui n’était pas connu des services de renseignements et ne faisait pas l’objet de fiche S.

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, 31 ans, marié et père de trois enfants, était originaire de M’saken, en Tunisie, à une dizaine de kilomètres de Sousse. Il résidait à Nice et était connu des services de police, mais pas pour des faits de radicalisation ou de terrorisme.

“On sait que cet individu n’était pas forcément pieux (…). Il n’était pas connu pour des faits de radicalisation puisque la DGSI et le renseignement intérieur français ne l’avaient pas fiché. Il n’était pas fiché S”, affirme Nabia Makhloufi, journaliste, sur l’antenne de France 24.

“Soit il a échappé à ces radars, il n’a pas été détecté, soit cet homme a agi pour d’autres raisons. On ne sait pas encore quelles étaient ses motivations. L’enquête le déterminera”, ajoute Makhloufi.

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel faisait l’objet d’un contrôle judiciaire, après une bagarre l’ayant opposé à un automobiliste. “Sa situation administrative est en cours d’investigation”, a expliqué une source policière.

“Au mois de mai 2016, il a été placé sous contrôle judiciaire et il était poursuivi pour des faits de violence avec armes. Il s’agissait d’une altercation sur la voie publique entre deux automobilistes dont lui. L’arme en question était une palette de bois qu’il avait lancé sur son interlocuteur”, a précisé le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas. “Il avait l’obligation de se présenter au commissariat de Nice une fois par semaine (…), il a rigoureusement tenu cette obligation”.

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“Très violent avec sa femme”

Une perquisition a eu lieu vendredi matin au domicile du tueur en présence de policiers d’élite du Raid, dans un petit immeuble d’un quartier populaire de l’est de Nice.

Une dizaine de voisins interrogés l’ont décrit comme “solitaire” et “silencieux”. Un habitant de son ancienne barre d’immeuble “Le Bretagne”, où le tueur vivait au 12e étage avec son épouse, mais en était parti depuis environ dix-huit mois, dresse pour sa part le profil d’homme déséquilibré. “Je ne crois pas du tout à un problème de radicalisation, je pense plutôt que ça relève de la psychiatrie”, commente-t-il.

“Il faisait des crises. Quand il s’est séparé de sa femme, il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coup de poignard et lacéré les matelas”, détaille-t-il. “Son épouse avait demandé le divorce suite à une altercation violente”, raconte-t-il.

“Un jour, il était venu chercher les voisins pour qu’on constate qu’elle n’avait pas fait la vaisselle”, se souvient-il à propos de cet homme “fermé” qui ne décrochait pas un mot dans l’ascenseur.

Plus pudiquement, le gardien de l’immeuble, qui connaissait le couple, parle d’un homme pratiquant la musculation et les combats, et décrit quelqu’un de “très violent avec sa femme”, une franco-tunisienne plutôt timide et gentille, ayant grandi dans le quartier.

La jeune femme a été placée en garde à vue par les enquêteurs qui continuent à auditionner les proches du tueur afin de déterminer s’il a pu bénéficier de complicités.

Quelles étaient ses motivations ?

Le président François Hollande a évoqué, quelques heures après les faits, “une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié”.

Huit mois après les attentats les plus meurtriers jamais commis en France, qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris et Saint-Denis, l’enquête devra déterminer si le tueur a agi seul ou sur commande.

La tuerie n’a à ce stade pas été revendiquée, mais le choix du mode opératoire et de cette date hautement symbolique évoquent les consignes de groupes jihadistes comme Al-Qaïda ou l’organisation État islamique (EI).

Dans un message audio diffusé en 2014, le porte-parole officiel de l’EI Abou Mohammed Al-Adnani encourageait ceux qu’il nomme “les soldats du califat” à utiliser n’importe quelle arme disponible. “Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle”, leur disait-il, “débrouillez-vous […] renversez-les avec votre voiture”.

Entendu début mai par la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, s’était inquiété d'”une nouvelle forme d’attaque” terroriste “dans des lieux où est rassemblée une foule importante”.

Le plan Vigipirate a été relevé au niveau “alerte attentat”, l’échelon maximum, dans tout le département des Alpes-Maritimes.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 15/07/2016

Le tribunal administratif de Versailles a rejeté vendredi la requête de Salah Abdeslam, seul jihadiste encore en vie des commandos du 13 novembre, qui demandait à ne plus être filmé 24 heures sur 24 dans sa cellule de Fleury-Mérogis.

Salah Abdeslam n’a pas obtenu gain de cause devant la justice française. Les trois juges des référés (procédure d’urgence) du tribunal administratif de Versailles ont rejeté vendredi 15 juillet sa requête qui demandait la suspension du dispositif de vidéosurveillance permanent de sa cellule au nom du respect de sa vie privée.

Dans son ordonnance, le tribunal administratif de Versailles souligne qu’il n’y a pas d’urgence à statuer, expliquant notamment que la décision de filmer Abdeslam en permanence a été “précédée d’une procédure contradictoire” et que les attentats de novembre, les pires commis en France, “nécessitent la prise de dispositions exceptionnelles en vue de s’assurer contre les risques” d’évasion ou de suicide du détenu.

“On le rend dingue”

Depuis sa remise à la France par les autorités belges le 27 avril dernier, Salah Abdeslam est placé à l’isolement, sous vidéosurveillance permanente, dans la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Deux caméras sont placées dans sa cellule et d’autres dans les cours de promenade qu’il fréquente, a précisé mercredi le sous-directeur des affaires juridiques, Fabrice Verrièle. Ce système vise, d’après le gouvernement, à prévenir tout risque de suicide ou d’évasion.

Un argument qui ne convainc pas Frank Berton, l’avocat du seul jihadiste encore en vie des commandos du 13 novembre. Ce dernier récuse tout risque d’évasion de l’aile très sécurisée de la prison où se trouve son client. “On le rend dingue, on l’isole”, avait-t-il déploré à l’audience, mercredi. “Depuis qu’il a été remis par la Belgique, Salah Abdeslam n’a plus de vie privée, il a une vie publique”. Et de poursuivre, “il n’y a pas de loi qui autorise ce système”.

Le ministre de a Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait déjà prévenu qu’il présenterait un projet de loi permettant cette vidéosurveillance si le tribunal administratif donnait raison à Salah Abdeslam.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 15/07/2016

Depuis 2014, Nice est considérée comme un important foyer jihadiste dans l’Hexagone. Les forces de l’ordre de la cinquième ville de France font face à l’augmentation du nombre de radicalisés, malgré une politique ultra-sécuritaire.

Depuis plusieurs années, les autorités sont conscientes du danger qui pèse sur Nice et sa région. En 2014 déjà, une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) indiquait qu’un attentat visant le carnaval de Nice a été déjoué. Depuis quelques années, la cité méditerranéenne fait face à l’augmentation croissante du nombre de radicalisés, au point d’en devenir une “ville-laboratoire” pour déceler et traiter la radicalisation. Dans les données officielles recensant les individus liés aux filières jihadistes en Syrie, les personnes originaires des Alpes-Maritimes, et de Nice en particulier, figurent en haut du tableau, rivalisant en nombre avec celles venant de Seine-Saint-Denis.

À noter: Nice, l’une des villes de France les plus touchées par le phénomène jihadiste. Plus d’une centaine de niçois sont partis en Syrie

— David Thomson (@_DavidThomson) 15 juillet 2016

Nice, la ville du numéro un des recruteurs français

Ces derniers mois, la ville a été le théâtre de plusieurs arrestations de jeunes de retour de Syrie ou en partance pour la Turquie. En 2015, Christian Estrosi, alors le maire de la ville, estimait qu’une centaine de personnes de la région niçoise avaient été embrigadées dans des réseaux jihadistes.

Ces départs fréquents s’expliquent en partie par le fait que la ville abrite des recruteurs de candidats au jihad. Parmi eux, Omar Omsen, un ancien caïd converti au salafisme, est connu des services de renseignements français pour être l’un des principaux pourvoyeurs de jhadistes français vers la Syrie. Ce Français d’origine sénégalaise de 41 ans s’est rendu célèbre en 2012 avec sa série de vidéos “documentaires” 19HH – pour les 19 terroristes du 11 septembre 2001 et les tours jumelles du World Trade Center. Dès 2010, le recruteur enrôle des dizaines de jeunes à Nice avec ses prêches au pied des tours des quartiers. En 2013, il fonde en Syrie sa katiba (brigade) composée de dizaines de jeunes Niçois.

Les élus sur le pied de guerre

Face à cette menace, les élus locaux mettent rapidement en place une politique sécuritaire massive. L’ancien maire du parti Les Républicains, Christian Estrosi, fait de Nice l’une des villes les plus équipées en matière de sécurité. La ville détient ainsi le record du plus grand nombre de caméras de surveillance de France, soit une pour 360 habitants. Elle possède également le plus gros effectifs de policiers municipaux avec 380 agents, soit un pour 902 habitants.

Et la cinquième ville de France chouchoute ses policiers. Ces derniers sont équipés d’armes à feu de quatrième catégorie (armes de défense et leurs munitions), de Flash-Ball ou encore d’armes blanches. Ils disposent aussi du pistolet à impulsion électrique Taser, dont le port a été de nouveau autorisé par décret. Dernièrement, l’ancien édile militait pour la mise en place de caméras équipées d’un système de reconnaissance faciale.

La mairie possède aussi sa propre équipe avec ses psychologues, ses avocats et son numéro de signalement pour répondre aux familles qui connaissent le départ de l’un des leurs vers la Syrie. Seul problème : tous ces dispositifs s’avèrent inopérants. Nice arrive ainsi en 401e position sur 408 en matière d’atteintes aux biens et en 389e en matière de violences aux personnes. Jeudi 14 juillet, cet arsenal sécuritaire n’a pas non plus permis de déjouer l’attentat qui a frappé la ville en son cœur.

Première publication : 15/07/2016

François Hollande a annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques heures après l’attentat de Nice, qu’il comptait faire appel à la réserve opérationnelle de l’armée. En quoi consiste ce dispositif ? Explications.

Dans son allocution télévisée, dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 juillet, quelques heures après l’attaque au camion à Nice, le président de la République François Hollande a annoncé sa volonté de maintenir, et même de renforcer la présence militaire sur le territoire français, notamment en faisant “appel à la réserve opérationnelle”. De quoi s’agit-il exactement ?

Selon le site Internet du ministère de la Défense, la réserve opérationnelle est composée de volontaires et d’anciens militaires qui signent un engagement à servir dans la réserve (ESR). Leur contrat avec l’armée est d’une durée de un à cinq ans. Leur mission est d’apporter un renfort temporaire de quelques dizaines de jours par an aux forces armées et formations rattachées.

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Les volontaires sont des citoyens français issus de la société civile, avec ou sans expérience militaire, âgés d’au moins 17 ans et qui reçoivent une formation et un entraînement spécifiques. Cependant, la mobilisation de ces volontaires n’est pas encore claire. En annonçant son intention de faire appel aux réservistes, François Hollande n’a en effet mentionné que “ceux qui a un moment ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie”.

Un réserviste volontaire formé est en tout cas apte à intervenir, au même titre que les anciens militaires, selon le ministère de la Défense. “Quel que soit leur statut dans le secteur civil (salarié, agent de la fonction publique, artisan, profession libérale…), ces réservistes opérationnels servent, selon leurs compétences et leur spécialité, dans le domaine opérationnel ou dans le domaine du soutien, en unités, dans les états-majors, les établissements ou les administrations centrales sur le territoire national et sur les théâtres d’opérations extérieures, et se voient confier les mêmes missions que les militaires d’active”, peut-on lire sur la page Internet du ministère consacrée à la réserve opérationnelle.

Au 31 décembre 2014, la réserve opérationnelle était forte de 54 860 personnes, toutes armées et formations rattachées confondues, gendarmerie nationale incluse.

Première publication : 15/07/2016

Après l’attaque de Nice, François Hollande a annoncé que l’état d’urgence, qui devait prendre fin le 26 juillet, serait prolongé de trois mois. Le chef de l’État souhaite aussi “renforcer” “l’action” de la France “en Irak et en Syrie”.

Après l’attentat meurtrier de Nice qui a tué des dizaines de personnes, le président français François Hollande a annoncé vendredi 15 juillet la prolongation de trois mois de l’état d’urgence, qui devait initialement s’achever le 26 juillet.

“J’ai décidé que l’état d’urgence, qui devait prendre fin le 26 juillet, sera prolongé de trois mois”, a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée. “Un projet de loi sera soumis au Parlement d’ici la semaine prochaine”, a-t-il précisé.

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Le chef de l’État a également assuré que la France allait “renforcer” son “action en Irak et en Syrie” après l’attentat meurtrier qui a touché Nice. “Rien ne nous fera céder dans notre volonté de lutter contre le terrorisme et nous allons encore renforcer nos actions en Syrie comme en Irak. Nous continuerons à frapper ceux qui justement nous attaquent sur notre propre sol, dans leurs repaires. Je l’ai annoncé hier matin”, a indiqué le président de la République depuis l’Élysée.

Appel aux réservistes

François Hollande a par ailleurs annoncé sa décision de faire appel à des citoyens réservistes pour assurer la protection du territoire. “J’ai décidé de faire appel à la réserve opérationnelle, c’est-à-dire à tous ceux qui à un moment ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes”, a-t-il dit, en évoquant la possibilité de les utiliser pour “le contrôle des frontières”.

Lors de son interview du 14 juillet, une dizaine d’heures plus tôt, le président avait confirmé son intention de ne pas prolonger l’état d’urgence au-delà du 26 juillet.

Décrété par le chef de l’État après les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts, le régime d’exception de l’état d’urgence a été prolongé trois fois, en novembre, février et mai.

La dernière prolongation, le 19 mai, avait été de deux mois, contre trois mois les fois précédentes, pour assurer la sécurité de l’Euro-2016 de football et du Tour de France de cyclisme.

>> À lire sur France 24 : “En France et dans le monde, les réactions se multiplient après l’attaque de Nice”

La loi dite de réforme pénale, publiée le 4 juin au Journal officiel, devait permettre ensuite de renforcer l’arsenal policier et judiciaire dans la lutte contre le terrorisme.

Cette loi, “ce n’est pas une transposition de l’état d’urgence, mais c’est un outil qui permet de se passer de l’état d’urgence”, avait alors expliqué le rapporteur PS du texte à l’Assemblée nationale, Pascal Popelin.

François Hollande a cependant échoué à inscrire cet état d’urgence dans la Constitution, faute d’accord au parlement sur une réforme qui comprenait également la très controversée déchéance de nationalité.

Avec AFP

Première publication : 15/07/2016

Les réactions politiques se sont multipliées dans la nuit de jeudi à vendredi après l’attaque sanglante qui a frappé la ville de Nice, dans le sud de la France. Plusieurs dirigeants étrangers ont fait part de leur soutien.

Après l’attaque meurtrière qui a fait des dizaines de morts à Nice, lors des festivités du 14-Juillet, les réactions du monde politique se sont succédé.

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En France, plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur soutien à cette ville du sud-est de la France. La maire de Paris, Anne Hidalgo, dont la ville a été endeuillée à plusieurs reprises en 2015 et 2016, a dénoncé un “acte barbare” qui a “frappé aveuglément des innocents, réunis sur la promenade des Anglais pour célébrer notre fête nationale et les valeurs fondatrices de notre République (…)”.

Au nom des Parisiens, tout notre soutien le plus fraternel au peuple niçois. Nos villes sont unies.

— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) 14 juillet 2016

À sa demande, les drapeaux des bâtiments parisiens seront mis en berne vendredi matin en hommage aux victimes de l’attentat de Nice.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a condamné lui aussi avec “la plus grande vigueur” l’attaque. “La France vient d’être touchée une nouvelle fois par un attentat d’une gravité extrême”, déplore dans un communiqué le CFCM, en condamnant cette attaque “odieuse et abjecte qui vise notre pays le jour même de la Fête nationale qui célèbre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité”. Il appelle également les musulmans de France à prier vendredi “à la mémoire des victimes de cette attaque barbare”.

Le prince Albert II a lui aussi adressé un message au président François Hollande.”Au soir de sa Fête nationale, la France a subi à Nice une attaque terroriste meurtrière, écrit le souverain. Avec une très vive émotion, je veux vous assurer de la solidarité pleine et entière de mon pays, fondée sur la communauté de destin entre la Principauté de Monaco et la République française. À vos côtés, nous faisons mémoire des victimes dans le recueillement et la peine et exprimons aux blessés notre profonde compassion.”

Le Canada et les États-Unis solidaires de la France

À l’international, plusieurs dirigeants ont fait part de leur tristesse et de leur soutien au peuple français. Le président des États-Unis Barack Obama a fermement condamné jeudi soir “ce qui semble être une horrible attaque terroriste” à Nice. “Nous sommes solidaires de la France, notre plus vieil allié, au moment où elle fait face à cette attaque”, a déclaré Barack Obama dans un communiqué.

Le président américain précise qu’il a demandé à ses équipes d’être en contact avec les responsables français et que les États-Unis ont offert “toute aide dont ils pourraient avoir besoin pour mener l’enquête sur cette attaque et traduire les responsables en justice”.

“Nous savons que les valeurs de la République française perdureront longtemps après ces pertes de vies tragiques et dévastatrices”, conclut-il.

Les Canadiens sont bouleversés par l’attentat de ce soir à Nice. Notre sympathie va aux victimes et notre solidarité, au peuple français.

— Justin Trudeau (@JustinTrudeau) 14 juillet 2016

“Les Canadiens sont bouleversés par l’attentat (jeudi) soir à Nice”, a pour sa part indiqué Justin Trudeau, Premier ministre du Canada, sur son compte Twitter. “Notre sympathie va aux victimes et notre solidarité au peuple français”, a-t-il ajouté.

Le cabinet de la nouvelle Première ministre britannique Theresa May s’est dit “choqué et inquiet” par les événements de Nice, et a indiqué que Theresa May était tenue informée sur ce “terrible incident”. “Nous sommes prêts à aider tous les citoyens britanniques et à soutenir nos partenaires français”, a ajouté le porte-parole de Theresa May, qui a succédé à David Cameron mercredi.

In light of the horrible attack in Nice, France, I have postponed tomorrow’s news conference concerning my Vice Presidential announcement.

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 14 juillet 2016

Les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry, se sont rendus ensemble vendredi à l’ambassade de France de Moscou pour y déposer des fleurs et écrire un message de condoléances en mémoire des victimes de l’attentat de Nice.

Donald Trump, candidat républicain à l’élection présidentielle américaine du 8 novembre, a lui reporté l’annonce de son colistier prévue vendredi en raison des événements de Nice, a-t-il écrit sur Twitter.

Le maire de New York, Bill de Blasio, s’est dit “écœuré” par l’attentat “insensé” de Nice. “En ce #BastilleDay (14 juillet), nous sommes tous des patriotes de France. Nice, nous sommes avec toi”, a écrit Bill de Blasio sur Twitter.

Sickened by news of another senseless attack. On this #BastilleDay we are all patriots of France. Nice, we are with you.

— Bill de Blasio (@BilldeBlasio) 14 juillet 2016

Ferme condamnation des pays arabes et asiatiques

Plusieurs pays arabes, dont le poids lourd saoudien, ont également condamné dans les termes les plus vifs l’attentat de Nice. En Arabie saoudite, frappée il y a une dizaine des jours par des attentats meurtriers, un porte-parole officiel a dénoncé l’attaque “terroriste ignoble” de Nice et a assuré la France “amie” de sa “solidarité et de sa coopération pour affronter ensemble les actes terroristes”.

Dans les Émirats arabes unis voisins, le ministre des Affaires étrangères Abdallah ben Zayed Al-Nahyane a quant à lui dénoncé dans un communiqué “un crime ignoble”, estimant que tous les pays “doivent œuvrer fermement et sans hésitation pour lutter contre le terrorisme”.

Les dirigeants et représentants de 51 pays asiatiques et européens, réunis vendredi en Mongolie, ont aussi condamné dans un communiqué commun les récentes “attaques terroristes haineuses et lâches” ayant frappé le continent eurasiatique. Nous réitérons une condamnation stricte et sans équivoque du terrorisme dans toutes ses formes et manifestations, quels que soient ses auteurs, leurs motivations ou les lieux (visés)”, souligne cette déclaration, conclue à l’occasion du 11e sommet Europe-Asie (Asem).

Avec AFP

Première publication : 15/07/2016