Archive for July 17th, 2016

L’enquête sur l’auteur de l’attaque de Nice du 14 juillet montre que Mohamed Lahouaiej Bouhlel présentait un “intérêt certain” mais “récent” pour la “mouvance islamiste radicale”, a rapporté lundi le procureur de Paris François Molins.

Livrant les dernières avancées de l’enquête sur l’attentat de Nice, le procureur de la République de Paris François Molins a affirmé lundi 18 juillet que le chauffeur du camion présentait un “intérêt certain” mais “récent” pour la “mouvance islamiste radicale”.

Il a toutefois rappelé qu'”aucun élément de l’enquête ne démontre à ce stade une allégeance” de Mohamed Lahouaiej Bouhlel à l’organisation État islamique (EI), “ni de liens avec des individus se réclamant de cette organisation”.

“Depuis huit jours, il s’était laissé pousser la barbe, expliquant que la signification était religieuse. Il ne comprenait pas pourquoi Daech (autre nom de l’EI, NDLR) ne pouvait pas prétendre à un territoire”, a poursuivi le procureur. L’exploitation de l’ordinateur du suspect a également montré qu’il avait fait des “recherches quasi quotidiennes de sourates du Coran”, “de photos de cadavres en lien avec l’islam radical”, sur les fusillades d’Orlando et de Dallas, ainsi que sur l’attaque de Magnanville, selon l’exploitation de son ordinateur

François Molins a par ailleurs confirmé le caractère “prémédité” de l’attaque, “pensée et préparée, au moins dans les jours précédant le passage à l’acte”. Mohamed Lahouaiej Bouhlel, Tunisien de 31 ans, s’était notamment rendu à plusieurs reprises sur la promenade des Anglais dans les jours précédant l’attaque.

Le procureur de la République de Paris a également précisé que sur les 84 personnes décédées dans l’attentat, 71 d’entre elles ont été fromellement identifiées. Il a ajouté qu’une “nouvelle commission d’identification se déroulait actuellement”, afin d’identifier les 13 dernières victimes. Concernant les blessés, 74 “sont toujours hospitalisés”, et parmi ceux-ci, “28 sont en réanimation, avec un pronostic vital engagé pour 19 d’entre eux”.

Avec AFP et REUTERS

Première publication : 18/07/2016

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Dix-huit ans après son adoption, la loi sur les 35 heures fait encore débat. La preuve : l’Inspection générale des affaires sociales a tenté d’enterrer un rapport plutôt clément envers cette réforme.

La direction de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a raté l’enterrement d’un rapport sur les 35 heures. Le document qui ne devait pas être rendu public a finalement été diffusé par Mediapart et Le Monde, lundi 18 juillet.

Pour justifier sa décision de remettre cette étude plutôt tendre envers l’héritage de la loi Aubry au gouvernement, le patron de l’Igas, Pierre Boissier, avait soutenu début juillet que ces auteurs avaient fait preuve d’”erreurs manifeste d’appréciation” et que leurs conclusions étaient “entachées d’insuffisances flagrantes”. Une appréciation contestée par les syndicats de l’organisme public qui ont dénoncé une “censure” en bonne et due forme.

Baisse généralisée du temps de travail en Europe

Les conclusions du rapport sont-elles trop polémiques dans un contexte politique de réforme du code du travail qui fait notamment la part belle à la flexibilité ? Les auteurs rappellent que le sujet est toujours “sensible”, même 18 ans après la fameuse loi Aubry de 1998 relative à la réduction du temps de travail. Leur principale constatation, après avoir mené une quarantaine d’entretiens avec des “personnalités qualifiées” et étudié des dizaines d’accords de branches, a de quoi hérisser le poil des détracteurs de la loi instaurant les 35 heures. En effet, selon les experts de l’Igas, revenir sur ce texte n’a pas de sens historique, car les principaux voisins de la France ont également connu des baisses du nombre d’heures hebdomadaires travaillées. Le temps de travail a diminué entre 9,2 % et 13,3 % en Allemagne, au Pays-Bas, en Italie et en Espagne.

La question serait plutôt “d’identifier quelles sont les modalités d’une réduction la plus efficace possible”, peut-on lire dans ce document. À cet égard, la manière dont la loi Aubry a été appliquée aurait été plutôt positive. La réforme a permis de créer 350 000 emplois entre 1998 et 2002 et “les arguments avancés pour contester ces créations d’emplois apparaissent fragiles”, affirment les auteurs du rapport.

Ce chiffrage n’est pas nouveau. Il avait été établi par la Dares, la direction des statistiques du ministère du Travail et de l’Emploi en 2004, repris par l’Insee et aussi par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un organisme plutôt catalogué à gauche. Mais l’impact exact de la réforme phare du gouvernement Jospin continue à alimenter “un vif débat idéologique”, reconnaissent les analystes de l’Igas.

Offre vs demande

Pour Pascal de Lima, économiste en chef du cabinet de conseil EcoCell et co-auteur du livre “Les 35 heures, une loi maudite”, “il n’existe aucun lien de causalité directe entre cette réforme et les 350 000 emplois créés qui sont davantage dus à la période de forte croissance que la plupart des pays européens ont connue entre 1998 et 2002”. Au mieux, la réforme du temps de travail a entraîné la création d’environ 100 000 emplois en cinq ans, affirme-t-il. Mais uniquement grâce aux baisses des charges sociales qui ont accompagné la mise en place de la loi.

Au-delà du débat de spécialistes sur le nombre d’emplois créés ou non, cette tentative d’enterrer un rapport sur l’héritage des 35 heures reflète aussi les crispations autour des politiques économiques à mener en France, souligne Pascal de Lima. Mieux vaudrait ne pas réveiller le souvenir de l’ère Jospin. La loi Aubry est, en effet, fidèle à la théorie de la demande, chère à la gauche. La réduction du temps de travail devait donner un coup de fouet à l’économie des loisirs (grâce aux jours de repos) tout en augmentant le pouvoir d’achat de ceux qui trouvent un emploi grâce à cette réforme. Le tout améliorerait la consommation et donc ferait du bien à la croissance.

Or la Loi travail, portée par le gouvernement actuel, est marquée du sceau de la théorie de l’offre, souvent associée aux politiques économiques de droite. Cette loi chère au Premier ministre Manuel Valls vise à améliorer la compétitivité des entreprises françaises en renforçant la flexibilité du droit du travail, que ce soit en terme de salaires ou de temps de travail. Le parallèle entre les deux époques risque de ne pas faire les affaires de François Hollande et Manuel Valls, à un an d’une élection présidentielle où l’un des enjeux majeurs du Parti socialiste sera de mobiliser l’électorat de gauche.

Première publication : 18/07/2016

La Promenade des Anglais était noire de monde lundi pour l’hommage national rendu aux 84 victimes de l’attentat du 14 juillet à Nice. Une minute de silence a été observée dans toute la France.

À Nice, la Promenade des Anglais et ses abords on été envahis lundi 18 juillet par une marée humaine venue participer à la cérémonie d’hommage national aux victimes de l’attentat du 14 juillet. Quelque 42 000 personnes étaient présentes.

Ce moment de recueillement a été observé au monument du Centenaire, sur la Promenade des Anglais, où des “moyens exceptionnels supplémentaires” ont été mobilisés pour la sécurité. Le Premier ministre, Manuel Valls, ainsi que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et Juliette Méadel, la secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes étaient attendus sur place.

>> À lire sur France 24 : “Une minute de silence en France, en hommage aux victimes de l’attentat de Nice”

Quelques minutes avant le début de cet hommage, un silence de cathédrale s’est installé dans la foule, qui s’étendait à perte de vue. Mais lors de l’arrivée du Premier ministre Manuel Valls, accompagnés du président LR de Paca Christian Estrosi et d’autres membres du gouvernement, un groupe de personnes rassemblées en face du lieu de la cérémonie a copieusement hué le cortège. Lorsque ce-dernier est passé pour aller déposer une gerbe au mémorial installé près d’un kiosque à musique situé dans le parc qui jouxte le lieu de la cérémonie, des nouvelles huées se sont fait entendre. Certains criaient “Assassins !” ou “Démission!”

La foule entière a adressé en revanche un tonnerre d’applaudissements aux représentants de la sécurité civile et aux pompiers. Les policiers ont également eu droit à des applaudissements ponctués de “Merci !”

En images : la Promenade des Anglais noire de monde pour l’hommage aux victimes de Nice
  • © Ville de Nice

    Environ 42 000 personnes se sont pressées sur la Promenade des Anglais et ses abords, lundi 18 juillet, pour la cérémonie d’hommage national aux victimes de l’attentat du 14 juillet.

  • © Valery Hache, AFP

    Le Premier ministre Manuel Valls a été a copieusement hué à son arrivée sur les lieux. C’est la première fois que des participants à une cérémonie d’hommage aux victimes d’attentat expriment leur colère envers l’exécutif.

  • © Valery Hache, AFP

    La foule entière a adressé un tonnerre d’applaudissements aux représentants de la sécurité civile et aux pompiers. Les policiers ont également droit à des applaudissements ponctués de “Merci !”

  • © Valery Hache, AFP

    Le gardien de but des Bleus Hugo Lloris, originaire de Nice, arrive sur la Promenade des Anglais, accompagné de son épouse Marine.

  • © Valery Hache, AFP

    À l’issue de la cérémonie, alors que se dispersait la marée humaine, une certaine tension était palpable : des personnes ont exposé leurs désaccords politiques en pleine rue et quelques invectives ont parfois fusé.

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Avec AFP

Première publication : 18/07/2016

Une minute de silence a été observée, lundi, à midi, dans toute la France, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de Nice qui a fait 84 victimes, le 14 juillet, sur la Promenade des Anglais.

Le temps s’est figé, lundi 18 juillet, à midi, partout en France, et particulièrement sur la Promenade des Anglais à Nice, pour une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat du 14-Juillet.

Avant la minute de silence, que François Hollande a suivi au ministère de l’Intérieur, le chef de l’État avait présidé un troisième Conseil de défense et de sécurité à l’Élysée depuis l’attentat, qui a fait 84 morts, dont 10 enfants et adolescents, et plus de 300 blessés. Selon le minsitre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, 58 personnes étaient encore hospitalisées lundi matin dont 29 sont en réanimation.

À Nice, ce moment de recueillement a été observé au monument du Centenaire, sur la Promenade des Anglais, où des “moyens exceptionnels supplémentaires” ont été mobilisés pour la sécurité. Le Premier ministre, Manuel Valls, ainsi que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et Juliette Méadel, la secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes étaient attendus sur place.

La célèbre avenue devrait ensuite être totalement rouverte.

L’enquête concernant Mohamed Lahouaiej Bouhlel a quant à elle progressé sur la recherche de possibles complicités et sur sa personnalité.

>> À lire sur France 24 : “Attentat de Nice : les liens entre le tueur et l’EI ‘pour l’instant ne sont pas établis'”

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Voici la liste provisoire des victimes identifiées par l’AFP ce lundi 18 juillet :

David Bonnet, 44 ans, pisciculteur.

Laura B., 13 ans et demi, de Nice.

Linda Casanova Siccardi, 54 ans, inspectrice des douanes suisse.

Fatima Charrihi, Marocaine de 62 ans vivant à Nice.

Igor Chelechko, 47 ans, Belge, d’origine russe. Ancien militaire de l’armée soviétique

Magdalena et Marzena Chrzanowska, 21 et 20 ans, deux soeurs de nationalité polonaise.

Sean Copeland, 51 ans, touriste américain, salarié d’une société informatique.

Yanis C., 4 ans.

Roman Ekmaliyan, 56 ans. Homme d’affaires géorgien d’origine arménienne.

Christine Fabry, 67 ans, et son compagnon Hugues Mismack, 49 ans.

Timothé Fournier, 27 ans, buraliste à Paris.

Emmanuel Grout, 48 ans, commissaire de police.

Mehdi H., 12 ans.

Kayla, 6 ans, Suisse d’origine brésilienne.

Olfa Bent Souayah Khalfallah, jeune tunisienne née en 1985, installée à Lyon.

Bilal Labaoui, 25 ans, Tunisien.

Robert Marchand, 60 ans, était président et entraîneur du club d’athlétisme de Marcigny en Saône-et-Loire, dont il était originaire.

Natalia Otto, 57 ans, enseignante Kazakhe d’origine russe résidant en Belgique.

Lyubov Panchenko, 59 ans, sa fille Marina Panchenko, 33 ans, originaires de Pavlodar au Kazakhstan, et sa petite-fille Silvia, 2 ans et demi, née en France.

Michaël Pellegrini, 28 ans, professeur d’économie au lycée privé des Récollets, à Longwy (Meurthe-et-Moselle).

Lors du drame, le jeune homme se trouvait avec six membres de sa famille, dont cinq sont décédés. Parmi eux : sa mère, Véronique Lyon, assistante maternelle de 55 ans, et ses grands parents maternels, François et Christiane Locatelli, 82 et 78 ans.

Les deux dernières victimes, Gisèle et Germain Lyon, sont les beaux-parents de Véronique, âgés de 68 et 63 ans,

Mino Razafitrimo, 31 ans, assistante de direction.

Zahia Rahmouni, 70 ans, retraitée algérienne.

Viktoria Savtchenko, 20 ans, touriste russe.

Laurence Tavet, 49 ans. Cette Française a été tuée avec ses deux petits-enfants, dont Yanis, 7 ans, venus lui rendre visite pour les vacances, a indiqué le ministère algérien des Affaires étrangères.

Mohamed Toukabri, quinquagénaire tunisien, il travaillait comme mécanicien à Nice.

Amie V., 12 ans,

Nicolas Leslie, 20 ans, étudiant américain.

Avec AFP

Première publication : 18/07/2016

Malgré revendication de l’attentat de Nice par l’EI, le ministre de l’Intérieur a affirmé que les liens entre l’organisation et le tueur n’étaient “pas établis”. Lundi, six personnes se trouvaient encore en garde à vue.

Les liens entre le tueur de Nice et “les réseaux terroristes”, et notamment l’organisation de l’État islamique (EI) qui a revendiqué l’attaque “pour l’instant ne sont pas établis par l’enquête”, a déclaré lundi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, quatre jours après l’attentat qui a coûté la vie à 84 personnes à Nice.

“Le mode opératoire emprunte totalement à ce que sont les messages de Daech [acronyme arabe de l’organisation de l’État islamique, NDLR]”, a toutefois ajouté Bernard Cazeneuve sur RTL. “On ne peut pas exclure qu’un individu déséquilibré et très violent, et il semble que sa psychologie témoigne de ces traits de caractère, ait été à un moment, dans une radicalisation rapide, engagé dans ce crime absolument épouvantable.”



Trois personnes entendues par les services anti-terroristes

Dans la nuit de dimanche 17 à lundi 18 juillet, une garde à vue a été levée dans le cadre de l’enquête sur l’attaque meurtrière de jeudi soir à Nice, et six autres étaient toujours en cours lundi matin, a-t-on appris de source judiciaire.

Selon une autre source, trois des six personnes sont interrogées à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) dans les locaux des services anti-terroristes. Les locaux de la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), qui sont co-saisies de l’enquête, se trouvent dans cette ville.

L’épouse de l’auteur de l’attaque – un Tunisien de 31 ans, inconnu des services de renseignement – avait également été entendue par les enquêteurs dès vendredi mais sa garde à vue avait été levée samedi. Mohamed Lahouaiej Bouhlel, père de trois enfants, était séparé de sa femme.

Dans les affaires de terrorisme, la garde à vue peut atteindre 96 heures en France, soit 48 heures de plus que la durée d’une garde à vue dans les affaires de droit commun.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 18/07/2016

Alors que la France doit rendre à midi un hommage nationale aux victimes de l’attentat de Nice, les tensions politiques sont plus vives que jamais. Dimanche soir, Nicolas Sarkozy s’est montré particulièrement virulent à l’égard de l’exécutif.

“On ne se déchire pas alors que des victimes n’ont pas encore été enterrées”. Nicolas Sarkozy a cru bon de le rappeler. Pourtant, trois jours après l’attentat de Nice qui a fait 84 morts, les tensions politiques sont plus exacerbées que jamais en France et l’ancien chef de l’Etat lui-même ne semble pas concerné par son propre appel à la retenue. Sans attendre la fin du deuil national, il n’a pas hésité à hausser le ton dès dimanche soir, estimant que “tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois ne l’a pas été”.

“Je sais parfaitement que le risque zéro n’existe pas”, a affirmé dimanche sur TF1 le président des Républicains, mais “nous sommes en guerre, une guerre totale”. “Nos ennemis n’ont pas de tabous, pas de frontières, pas de principes. Donc, je vais employer des mots forts : ça sera eux ou nous”, a-t-il lancé, ajoutant qu’une “autre politique est possible”.



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Nicolas Sarkozy a ensuite égrené une série de propositions, demandant l’ouverture de centres de déradicalisation, l’expulsion des personnes étrangères fichées S et le placement en centre de rétention ou sous bracelet électronique de celles présentant un risque de radicalisation. “Avec cela, on engage vraiment la guerre”, a-t-il souligné. Concernant la décision de François Hollande de faire appel à la réserve militaire opérationnelle, il a en revanche estimé que cela n’allait pas “résoudre le problème du terrorisme”.

La réplique

La réplique ne s’est pas faite attendre. “@NicolasSarkozy en général loin du front fait du bruit pour couvrir ses concurrents, passant l’action de la France par pertes et profits”, a réagi sur Twitter le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Le Premier ministre Manuel Valls et son ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve ont quant à eux assuré, dans un communiqué commun envoyé dans la soirée, qu'”aucun gouvernement n’a fait autant jusqu’à présent pour lutter contre le terrorisme”.

.@NicolasSarkozy en général loin du front fait du bruit pour couvrir ses concurrents, passant l’action de la France par pertes et profits.

— Jean-Chr. Cambadélis (@jccambadelis) 17 juillet 2016

“Nous répondons d’abord par une mobilisation totale de nos forces, dont nous rehaussons les effectifs – 9 000 emplois de policiers et de gendarmes recréés sur l’ensemble du quinquennat, dont 1 900 pour renforcer le renseignement intérieur, quand 12 500 avaient été supprimés entre 2007 et 2012”, soulignent-ils.

Les deux hommes mettent aussi en avant “l’augmentation de 17 % des crédits de fonctionnement des forces de sécurité intérieure” depuis 2012, “là où ils avaient diminué d’autant lors du précédent quinquennat” de Nicolas Sarkozy. Ils insistent également sur leur “action déterminée pour la prévention de la radicalisation”, avec notamment “la création d’un centre de réinsertion et de citoyenneté par région d’ici fin 2017”. S’agissant de la rétention administrative, ils rappellent enfin que “notre Constitution garantit les libertés publiques: l’arbitraire n’est pas constitutionnel. Surtout, il n’est ni acceptable, ni efficace”.

Lutte contre le #terrorisme : Retrouvez le #communiqué de presse commun de @manuelvalls et @BCazeneuve sur >> https://t.co/tXGCPuYnYE

— Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) 17 juillet 2016



L’unité nationale mise à mal

Cette réponse détaillée trouvera-t-elle grâce aux yeux de l’opposition ? Rien n’est moins sûr et la droite a la dent dure. Alain Juppé, a notamment jugé que “si tous les moyens avaient été pris” l’attentat “n’aurait pas eu lieu” ; François Fillon a estimé que “quand on est en guerre, on protège le territoire national”. Christian Estrosi, le premier adjoint au maire de Nice, a dénoncé le manque de sécurité, estimant sur Twitter que “toutes les missions de sécurité relèvent de l’État et non des collectivités”.

Ces moyens de sécurité n’y étaient pas mais dès le 13 juillet je m’étais adressé à @fhollande pour l’alerter sur le manque de moyens #iTele

— Christian Estrosi (@cestrosi) 16 juillet 2016

Quant à Marine Le Pen (FN), elle a renvoyé dos à dos gauche et droite, responsables de “carences gravissimes de l’État” qui auraient permis ce type d’attentats.

Face à cette absence manifeste d’unité nationale, qui avait prévalu – au moins quelques jours – après les attentats de janvier et novembre 2015, Manuel Valls a tenté de sceller un “esprit du 14 juillet”, jugeant qu'”une campagne présidentielle ne mérite pas qu’on divise le pays”. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le Premier ministre s’en est pris à l’opposition et à “certains politiques irresponsables [qui] disent que cet attentat était évitable”, mettant en garde contre “la tentation de remettre en cause l’État de droit”.

“La réponse à l’État islamique ne peut pas être la ‘trumpisation’ des esprits”, a-t-il dit, en référence à Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle américaine, coutumier des propos provocateurs. Toujours laminé par les sondages, et alors qu’un rebond post-attentat est incertain, François Hollande avait lancé ce week-end un appel à l’unité nationale, prévenant dès vendredi qu’il n’entendait pas s'”abaisser” aux “outrances” et aux “excès”. Un appel resté, semblerait-il, lettre morte.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 18/07/2016