Archive for July 20th, 2016

Le tueur de Nice préparait son passage à l’acte “depuis des mois”, a annoncé jeudi le Procureur de Paris, François Molins. Mohamed Laouej Bouhlel a, par ailleurs, bénéficié de complicités.

“Des avancées notables”. Jeudi 21 juillet, le Procureur de Paris, François Molins, a détaillé les progrès dans l’enquête sur l’attentat de Nice. Il en ressort que Mohamed Laouej Bouhlel semble avoir “envisagé et muri son projet criminel plusieurs mois avant son passage à l‘acte”.

Le Procureur a, par ailleurs, indiqué que le tueur “a bénéficié de soutiens et de complicités”. Ces suspects, quatre hommes et une femme, ont été déférés devant la justice jeudi matin. Il s’agit de deux Franco-tunisiens, d’un Tunisien, d’un Albanais et d’une Franco-albanaise. Aucun de ces individus n’est connu des services spécialisés de renseignement. Leur placement en détention provisoire a été requis.

L’exploitation décisive des éléments de téléphonie

“Le parquet a ouvert à la mi-journée une information judiciaire des chefs de participation à une association de malfaiteurs terroristes, en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes”, du “chef d’assassinat et complicité d’assassinat en bande organisée, du chef de tentative et complicité de tentative d’assassinat en bande organisée et sur personne dépositaire de l’ordre public, du chef d’acquisition, détention et cession d’armes de catégorie A et B en bande organisée, du chef de port et transport d’armes de catégorie A et B”, a déclaré le procureur. Toutes ces infractions “étant en relation avec une entreprise terroriste”, a-t-il précisé.

C’est grâce à des “éléments de téléphonie” que les cinq suspects ont été interpellés, “de nombreux contacts entre eux” ayant été établis, a souligné le procureur. Les liens entre Lahouaiej Laouej Bouhlel et ses complices présumés “transparaissent aussi sur les éléments dans le camion et sur la fourniture d’armes”. Ces exploitations de la téléphonie ont aussi permis de trouver des “clichés révélateurs” de la préméditation de l’attentat.

François Molins a, en outre, indiqué que le pronostic vital de 15 blessés était toujours engagé. Quatre-vingt-quatre personnes ont perdu la vie et 331 ont été blessées le 14 juillet à Nice lorsque Mohamed Laouej Bouhlel a semé la mort au volant d’un camion frigorifique de 19 tonnes, sur deux kilomètres sur la Promenade des Anglais.

Avec AFP

Première publication : 21/07/2016

Plusieurs victimes de l’attentat de Nice envisagent de porter plainte contre l’État français et la ville de Nice, qu’ils estiment responsables de failles sécuritaires. Cette démarche peut-elle aboutir ? Éléments d’explication.

Depuis quelques jours, plusieurs victimes et familles de victimes de l’attentat de Nice, qui a causé la mort de 84 personnes le 14 juillet dernier, disent envisager de porter plainte contre l’État français et la ville de Nice. Thierry, 53 ans, qui habite à proximité de la Promenade des Anglais, n’était pas sur place au moment de l’attentat mais s’est précipité – se blessant au passage – au secours de sa compagne, de la fille de celle-ci et d’une amie, a-t-il déclaré à l’AFP.

>> À lire sur France 24 : “Attentat de Nice : les failles du dispositif de sécurité “

“Elles m’ont appelé en pleurs, le camion les avait frôlées”, raconte-t-il. Le 15 juillet, “on est allés au commissariat pour faire une déposition. […] À la fin le policier nous a demandé […] si on voulait ajouter quelque chose. On a dit qu’on portait plainte aussi contre X et contre toutes les personnes en charge de la sécurité, c’est-à-dire le préfet, le maire et l’organisateur des festivités, pour défaut de sécurité”.

“Une dizaine de victimes et de familles de victimes m’ont contactée pour me demander de les défendre et de porter plainte contre l’État français et la ville de Nice”, affirme Me Samia Maktouf, déjà conseil de plusieurs familles de victimes des attentats du 13 novembre et de Latifa Ibn Ziaten, mère du premier militaire assassiné à Toulouse par Mohammed Merah le 11 mars 2012, contactée par France 24.

>> À lire sur France 24 : “Déradicalisation : le combat de Latifa Ibn Ziaten récompensé à Washington”

“Ces gens sont choqués, écœurés, ils ne comprennent tout simplement pas comment il a été possible pour un camion de ce gabarit de circuler librement dans Nice, un soir de fête nationale”, raconte l’avocate franco-tunisienne.

Selon elle, cette démarche permettrait de “connaître la vérité, de lever le voile sur les dysfonctionnements qui ont abouti à ce drame, pour œuvrer à ce que cela n’arrive plus “.

“Très graves dysfonctionnements”

C’est également la voie choisie par 17 familles de victimes des attentats du 13 novembre, elles aussi défendues par Me Maktouf. Avant fin juillet, l’avocate compte déposer en leur nom un recours contre l’État devant le tribunal administratif de Paris, et contre l’État belge. En cause, “les très graves dysfonctionnements des services constatés dans le rapport parlementaire sur le terrorisme ainsi que dans le rapport confidentiel de la police des polices belge, qui montre des failles dans la surveillance des frères Abdeslam et d’Abdelhamid Abbaoud [trois des principaux protagonistes des attentats du 13 novembre, NDLR]”.

Porter plainte contre l’État dans des affaires de terrorisme est rare en France. C’est la voie qu’a choisie Albert Chennouf, le père d’Abel Chennouf, un autre militaire tué par Mohamed Merah le 15 mars 2012. Le 12 juillet dernier, le tribunal administratif de Nîmes lui a donné raison, et a jugé que l’État a été en partie responsable de la mort de son fils. Une première.

>> À lire sur France 24 : “L’État français jugé en partie responsable de la mort d’un militaire tué par Merah”

“Le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mohamed Merah, prise à la fin de l’année 2011 […] est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’État”, avait jugé le tribunal, ajoutant que “cette faute” avait “compromis les chances d’empêcher l’attentat”.

Me Frédéric Picard, l’un des avocats d’Albert Chennouf contacté par France 24, se montre cependant réservé sur la démarche concernant l’attentat de Nice. “Une plainte de ce genre doit s’appuyer sur des éléments probants, et il semble encore un peu tôt pour en obtenir. Si l’évaluation demandée aujourd’hui par le ministre de l’Intérieur aboutit et qu’il s’avère que les mesures de sécurité étaient manifestement sous-dimensionnées, une plainte peut s’envisager”, estime le conseil d’Albert Chennouf, qui s’était appuyé dans son combat judiciaire sur le rapport de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale). Un document qui avait révélé “plusieurs défaillances objectives”, dans l’évaluation de la dangerosité du tueur au scooter, et même accablé le renseignement intérieur.

“Frustrant et stérile”

Pour Me Laurent Denis-Peraldi, avocat niçois contacté par l’AFP, “c’est une aberration juridique”. “Vous imaginez la complexité pour arriver à démontrer la faute de la ville ou de l’État ? En plus, on ne peut pas être indemnisé deux fois pour le même préjudice. Or, il existe déjà un régime extrêmement favorable qui permet de se faire indemniser, en tant que victime d’un attentat”, affirme-t-il.

Joint par France 24, Guillaume Denoix de Saint Marc, porte-parole de l’association française des victimes du terrorisme, estime de son côté que porter plainte contre l’État, “c’est orienter sa colère dans une mauvaise direction”.

“Ce sera forcement frustrant et stérile, et ne débouchera, au mieux, que sur une condamnation de l’État. Or l’ennemi, c’est le salafisme jihadiste, c’est l’EI, c’est contre eux qu’il faut mobiliser son énergie”.

Pour lui, ce n’est pas sur le plan judiciaire mais sur le plan politique puis législatif que se règle la question de la responsabilité publique. “S’il s’avère qu’il y a eu défaillance de l’État, il faut lancer une enquête parlementaire, et faire des propositions législatives”, juge celui qui tient à rappeler que “la division, c’est le but des terroristes : il faut prendre garde à ne pas faire leur jeu avec ce type de démarche dictée par une bien légitime colère”.

Première publication : 21/07/2016

Après avoir provoqué des mois de contestations en France, le projet de Loi travail a été définitivement adopté, sans vote, jeudi, par le Parlement.

Définitivement adopté. Faute de dépôt d’une motion de censure 24 heures après un ultime recours au 49-3 mercredi, le projet de Loi travail a été officiellement adopté, sans vote, par le Parlement français jeudi 21 juillet.

#LoiTravail Aucune motion de censure n’ayant été déposée, le pjl est considéré comme définitivement adopté. #DirectAn#49al3

— Assemblée nationale (@AssembleeNat) 21 juillet 2016

Lors d’une très brève intervention dans un hémicycle quasi vide, le président de l’Assemblée, Claude Bartolone, a constaté qu’après ce troisième recours du gouvernement à l’arme constitutionnelle, le texte était adopté. Il a annoncé dans la foulée la fin de la session extraordinaire du Parlement.

>> À lire sur France 24 : “Violences et interpellations lors de la manifestation du 14 juin”

Le projet de loi “relatif au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels”, porté par Myriam El-Khomri, a provoqué plus de trois mois de contestation syndicale parfois émaillée de violences en France. “La gauche de la gauche” a tenté en vain de déposer une ultime motion de censure mais n’a pu y parvenir, ne rassemblant que 56 signatures alors que 58 étaient nécessaires.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 21/07/2016

Après l’attentat de Nice le 14 juillet, le Parlement a voté jeudi une nouvelle prolongation de six mois de l’État d’urgence en France, ainsi que de nouvelles mesures antiterroristes.

Après l’attentat de Nice, l’état d’urgence est bel et bien prolongé de six mois en France. Le Parlement a, en effet, définitivement adopté jeudi 21 juillet le projet de loi en ce sens, le Sénat ayant voté conforme le texte entériné à la mi-journée à l’Assemblée nationale.

Quelques heures après l’attaque sur la Promenade des Anglais qui a fait 84 morts et 300 blessés, François Hollande avait décidé de prolonger de trois mois l’état d’urgence. La période a été portée à six mois par les parlementaires.

Le projet de loi compend également de nouvelles mesures antiterroristes.

Avec AFP

Première publication : 21/07/2016

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Twitter a suspendu définitivement le compte du journaliste ultraconservateur Milo Yiannopoulos après une provocation de trop. Ce jeune britannique est devenu en quelques années l’icône d’une certaine frange misogyne et raciste d’Internet.

Il s’était autoproclamé “plus grand super-vilain d’Internet”. Milo Yiannopoulos, journaliste britannique du site ultraconservateur américain Breitbart, a été réduit au silence, mardi 19 juillet, sur Twitter. Le réseau social était devenu son terrain de jeu favori pour les provocations et autres messages incendiaires.

Sa faute : s’en prendre à Leslie Jones, actrice afro-américaine à l’affiche du nouveau film “Ghostbuster”. Il n’était pas le seul à avoir inondé la jeune femme de messages misogynes et souvent racistes ces derniers jours. Mais sa réputation en a fait l’un des meneurs de cette cyber-vendetta nauséabonde et lui a valu d’être banni à vie de Twitter. Milo Yiannopoulos est ainsi devenu le premier journaliste établi à subir une telle sanction. Son compte avait déjà été provisoirement suspendu à deux reprises auparavant.

#FreeMilo et #jesuismilo

Cette décision définitive n’est pas anodine pour le réseau social. Le jeune homme de 32 ans est, en effet, vénéré par une communauté de plus de 330 000 internautes abonnés à son fil Twitter. Son bannissement a été suivi par un déluge de messages de soutien sous la bannière des hashtags #Freemilo ou encore… #jesuismilo. Le principal intéressé, lui, a dénoncé, avec son sens habituel de la mesure, une “suspension qui confirme que Twitter est un endroit sûr pour les terroristes musulmans et les extrémistes du mouvement ‘Black Live Matter’ [groupe américain qui dénonce notamment les violences policières contre les Noirs] mais pas pour les conservateurs”.

Son éviction du réseau social ne l’a donc pas poussé à mettre de l’eau dans son vin. Depuis ses débuts en 2011 comme co-fondateur du blog tech britannique The Kernel, Milo Yiannopoulos a construit sa popularité sur son sens de la provoc’, de l’outrance et de la détestation affichée de tout ce qui représente à ses yeux l’esprit “liberal-progressiste”.

Il a, tour à tour, accusé un ancien conseiller en nouvelles technologies de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair de vouloir promouvoir la pédophilie, s’en est pris à Pete Cashmore, le fondateur du site Mashable, qui aurait “ruiné à tout jamais le journalisme tech” et a qualifié Mark Zuckerberg de “grand méchant de l’Internet”. Dans un portrait publié en 2012 par le quotidien The Guardian, il est comparé au résultat du croisement entre un “pit-bull et Oscar Wilde”.

“Daddy Trump”

C’est en arrivant en 2014 aux États-Unis, pays d’une liberté d’expression qu’il compte user jusqu’à la moelle, que Milo Yiannopoulos donne toute sa dimension. Cet homosexuel déclaré affirme que les droits accordés aux gays américains les ont rendus “plus stupides”. Il affirme que le seul blanc avec lequel il accepterait de coucher est Donald Trump, qu’il appelle, par ailleurs, “daddy Trump” (“papa Trump”). Pour soutenir la candidature de son père spirituel en politique, il a fondé le groupe des “homos pour Trump”.

Comme son idole républicaine, le jeune journaliste deverse sa bile avant tout contre les “féministes”. Milo Yiannopoulos critique à longueur d’articles sur le site Breitbart, dont il est le journaliste tech, “les femmes qui ne se battent pas pour améliorer leur condition mais détestent simplement les hommes”. Il s’est même rendu à une manifestation à Los Angeles contre les violences sexuelles l’an dernier avec un panneau sur lequel était inscrit que “la culture du viol et Harry Potter sont tous les deux des fictions”.

Icone des “types bizarres”

Mais son statut d’idole pour une certaine frange de l’Internet vient surtout de ses prises de position dans la polémique du gamergate. Il s’agit de la révolte débutée en 2014 d’une partie des joueurs de jeux vidéo contre l’évolution de leur passe-temps favori qu’ils estiment de plus en plus influencé… par les femmes. Plusieurs personnalités féminines du jeu vidéo ont depuis reçu des menaces de mort, de viols et subi des campagnes de harcèlement systématique. L’une d’entre elles, Brianna Wu, a dû déménager pour échapper à des menaces se faisant de plus en plus précises et a embauché une personne à temps plein pour archiver et cataloguer toutes les insultes et mises en garde reçues.

Milo Yiannopoulos est l’un des seuls à avoir défendu ces “révoltés” du gamepad. Il a notamment écrit qu’il comprenait “ces types bizarres qui n’ont pas d’argent, vivent dans le Wisconsin, détestent leur femme, jouent à des jeux vidéo pour échapper à leur vie misérable et à qui ont dit soudain qu’ils sont des sales misogynes uniquement parce qu’ils aiment jouer à ‘Gran Theft Auto’”. Une prise de position qui a valu au journaliste une reconnaissance éternelle de la part des “types bizarres” en question.

Ce sont eux qui formaient le gros de la légion des adorateurs de Milo Yiannopoulos sur son défunt compte Twitter. Le jeune homme est d’ailleurs conscient de son statut d’icône et se targue d’avoir, “contrairement à la plupart des plumes conservatrices, un public de jeunes entre 18 et 34 ans”. Le journaliste essaie même d’integrer les troupes du gamergate dans une nouvelle droite baptisé l’”alt-right” (la droite alternative) et qui serait, d’après Milo Yiannopoulos, animée du “dynamisme et de la fureur de la jeunesse”.

Plusieurs publications majeures, comme The Daily Beast ou le New York Times, ont commencé à prendre l’”alt-right” au sérieux. Il s’agirait, pour ces influents commentateurs, d’une alternative de plus en plus sérieuse aux conservateurs traditionnels, formée essentiellement de jeunes, technologiquement à la pointe et ouvertement racistes.

Première publication : 21/07/2016

Une opération antiterroriste et des perquisitions sont en cours à Argenteuil, dans le nord de la région parisienne, pour vérifier un renseignement anonyme faisant état d’un projet d’action violente.

Une opération antiterroriste était en cours jeudi 21 juillet dans l’après-midi à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon des sources policières et judiciaires.

Selon une source policière, cette opération vise à vérifier un renseignement anonyme faisant état d’un projet d’action violente. Toujours selon cette source, la section antiterroriste du parquet de Paris est saisie des investigations. Il n’y aurait pas de lien entre cette opération et l’attentat du 14 juillet à Nice, selon une source judiciaire. Aucune arme n’avait été saisie en début d’après-midi, a-t-elle ajouté.

“Des perquisitions sont menées à deux adresses différentes par la DGSI, avec l’appui des policiers d’élite du Raid”, a précisé une source policière. L’opération visait “trois objectifs” en divers points de la ville, selon une autre source policière.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 21/07/2016

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a demandé, jeudi, “une évaluation technique” du dispositif policier mis en place sur la Promenade des Anglais, le 14 juillet, suite aux polémiques sur les failles de la sécurité.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a saisi, jeudi 21 juillet, l’Inspection générale de la police nationale en vue d’effectuer “une évaluation technique du dispositif de sécurité et d’ordre public” en place à Nice le soir du 14 juillet, un dispositif au cœur d’une polémique à la suite de l’attentat perpétré sur la Promenade des Anglais.

“Cette enquête administrative” de la police des polices “permettra d’établir la réalité de ce dispositif, alors que des polémiques inutiles se poursuivent”, a déclaré Bernard Cazeneuve dans un communiqué, évoquant une “démarche de transparence et de vérité”.

Pour voir les images et vidéos sur vos mobiles et tablettes, cliquez ici.

[Communiqué] Dispositif de sécurité #Nice06 le 14/07,@BCazeneuve saisit l’Inspection Générale de la @PoliceNationalepic.twitter.com/RIACJpwNUN

— Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) 21 juillet 2016

Plus tôt dans la journée, une enquête menée par le journal Libération a révélé qu’une seule voiture de police municipale barrait la Promenade des Anglais à l’endroit où Mohamed Lahouaiej Bouhlel a surgi à bord de son camion.

>> À lire sur France 24 : “Les failles du dispositif de sécurité”

Selon le quotidien, qui s’appuie sur “une source policière qui a pu visionner les images de la vidéosurveillance (…), un seul véhicule de police, celui des agents municipaux, se trouvait au milieu de la chaussée, côté mer”, à l’endroit où l’artère devenait piétonne en ce soir de fête peu avant que le camion arrive.

Aucun membre de la police nationale n’est alors présent, toujours selon Libération, qui cite notamment un témoin. “Et pour cause, ceux-ci ont été relevés aux alentours de 20h30 par leurs collègues municipaux. Il n’y a donc aucune voiture de police nationale susceptible de barrer la chaussée”, poursuit le quotidien.

“Nouveau mensonge”

“La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée”, avait expliqué la préfecture des Alpes-Maritimes deux jours après l’attentat, ajoutant que “le camion (avait) forcé le passage en montant sur le trottoir”.

“Contre-vérité”, s’est offusqué jeudi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, infirmant les allégations de Libération par le biais d’un communiqué.

[Communiqué] Sur les graves contre-vérités publiées par Libération le 21 juillet au sujet de #Nice@libepic.twitter.com/0eY13poaeh

— Bernard Cazeneuve (@BCazeneuve) 20 juillet 2016

>> À (re)lire sur France 24 : “Le parcours chaotique de Lahouaiej Bouhlel”

Mercredi, le Premier ministre, Manuel Valls, avait affirmé pour sa part, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, que le dispositif de sécurité avait été “concerté, consenti et validé” par la mairie. “Un arrêté du 11 juillet signé par le directeur général adjoint de la ville (…) réglementait la circulation sur la Promenade des Anglais et ses abords, car c’est une responsabilité du maire, de la police municipale”, a aussi assuré Manuel Valls devant les députés.

“Nouveau mensonge”, lui ont répondu dans la foulée Christian Estrosi et Philippe Pradal, qui lui a succédé comme maire de Nice. “Les réunions dont le Premier ministre s’est fait l’écho sont des réunions préparatoires où la préfecture, qui pilote le dispositif de sécurité, réunit l’ensemble des services impliqués (…) et leur donne ses directives”, ont affirmé les deux hommes dans un communiqué.

Le président (Les Républicains) du Sénat Gérard Larcher a demandé une “enquête indépendante” sur ce dispositif de sécurité.

Avec AFP

Première publication : 21/07/2016

Des violences ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi à Beaumont-sur-Oise et à Persan, (Val-d’Oise) après la mort d’un jeune homme au moment de son interpellation par les gendarmes. Neuf personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue.

Deuxième nuit de violences consécutive dans le Val-d’Oise, en Île-de-France. Ces incidents ont éclaté suite à la mort d’un homme de 24 ans, survenue mardi 19 juillet, lors de son interpellation à Beaumont-sur-Oise, qualifiée de “bavure” par ses proches.

Au cours de la nuit du 20 au 21 juillet, neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des faits “d’attroupements armés, incendies volontaires et jets d’objet incendiaire sur les forces de l’ordre”, a indiqué le directeur de cabinet du préfet du Val-d’Oise, Jean-Simon Mérandat. À 4h30 jeudi, la situation était “calme”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Quinze véhicules ont été incendiés et 35 feux sur la voix publique ont été recensés, ainsi que deux tentatives d’incendie, contre la mairie et une école maternelle de Beaumont-sur-Oise, a-t-il en outre précisé. La situation a été “tendue de 22h30 à 4h30 [à Persan et Beaumont-sur-Oise, NDLR], mais maîtrisée grâce au robuste dispositif mis en place”, a-t-il ajouté. Les forces de l’ordre comptaient cette nuit 180 agents, pour faire face à environ 200 personnes. Aucun blessé n’est à déplorer.

Les violences qui avaient suivi l’annonce de la mort du jeune homme, mardi, avaient fait cinq blessés légers chez les gendarmes. Les forces de l’ordre avaient également essuyé des “tirs d’armes à plomb”, selon une source proche des autorités.

“Il était en pleine santé”

Le jeune homme décédé, prénommé Adama, a fait un malaise cardiaque d’après le parquet, et a été arrêté vers 18h15, mardi 19 juillet, pour “rébellion”. Le jeune homme a dans un premier temps été présenté comme étant suspecté dans une affaire d’extorsion de fonds. Mais, selon une source proche de l’enquête, Adama se serait en fait interposé lors de l’interpellation de son frère, le véritable suspect recherché dans cette affaire, avant d’être lui-même interpellé.

Le lendemain, les jeunes du quartier Boyenval à Beaumont-sur-Oise, l’un de ceux où ont eu lieu les échauffourées, parlaient de “bavure”, réfutant la thèse d’un arrêt cardiaque. “Il était en pleine santé, c’était un grand sportif, un costaud”, assure ainsi Sofiane, 30 ans, entouré d’autres jeunes des communes avoisinantes, certains les larmes aux yeux. “Adama est mort le jour de son anniversaire”, lâche Sofiane.

Autopsie

Dans l’après-midi, des jeunes du quartier se sont rendus à la mairie de Persan où devait être organisé un point presse avec le maire de la commune et Jean-Yves Latournerie, préfet du Val-d’Oise : “On veut voir le corps, qu’on nous explique”, disaient-ils. Ils sont repartis sans explications, le point de presse ayant été annulé.

Selon le procureur de la République de Pontoise, Yves Jannier, Adama “a fait un malaise pendant le trajet dans le véhicule” vers la gendarmerie. “Immédiatement alertés”, les pompiers sont intervenus pour lui porter secours, mais n’ont pas pu le ranimer. L’enquête sur les causes de sa mort a été confiée à la section de recherches de Versailles (Yvelines) et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).

“On va faire procéder à une autopsie pour avoir le maximum d’éléments d’information”, a indiqué à l’AFP le procureur de Pontoise, précisant qu’une information judiciaire avait été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances du décès.

Il a évoqué la “possibilité, pour des membres de la famille très proches”, de voir le corps du jeune homme avant l’autopsie. Les résultats des analyses médico-légales devraient être connus jeudi en fin de journée. Une marche blanche aura lieu mercredi entre Persan et Beaumont-sur-Oise, selon le directeur de cabinet du préfet.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 21/07/2016