Archive for July 21st, 2016

Le parquet a demandé le renvoi en procès du Front national et de deux de ses dirigeants dans l’enquête sur le financement de ses campagnes de 2012. La justice soupçonne le mouvement d’avoir mis en place un système d’enrichissement frauduleux.

Le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle du Front national et de deux de ses dirigeants, dans l’enquête sur le financement des campagnes électorales du parti en 2012, a-t-on appris vendredi 22 juillet de sources judiciaires.

La justice soupçonne le mouvement d’avoir mis en place un système d’enrichissement frauduleux aux frais de l’État avec l’un de ses prestataires, la société Riwal, et le micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, en profitant des remboursements publics sur les frais de campagne. Des faits contestés par le parti et tous les protagonistes. Si les juges d’instruction suivent les réquisitions du parquet, signées le 11 juillet, le FN sera jugé pour complicité d’escroquerie dans le cadre des législatives de 2012 et recel d’abus de biens sociaux.

Le principal volet de l’affaire porte sur les législatives de 2012. Au centre de l’enquête, des kits de campagne (tracts, affiches, cartes postales), au tarif de 16 650 euros, fournis à quelque 525 candidats par Riwal, une société dirigée par un très proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon. Pour les acheter, les candidats devaient contracter un prêt avec intérêts auprès de Jeanne. Les juges soupçonnent derrière ce montage complexe des prestations gonflées et surfacturées au détriment de l’État, qui rembourse les frais de campagne aux candidats dépassant 5 % des voix.

Plusieurs dirigeants mis en cause

Parmi les mis en cause, le parquet demande aussi le renvoi en procès du trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, pour recel d’abus de biens sociaux, et de l’un de ses vice-présidents, Jean-François Jalkh, notamment pour escroqueries lors des législatives et présidentielle de 2012.

Le parquet requiert également le renvoi en procès de Frédéric Chatillon pour faux, escroqueries, abus de biens sociaux, ainsi que des personnes morales Riwal, pour financement illégal de campagnes électorales et escroqueries, et Jeanne, pour escroqueries. Un procès est également demandé pour l’élu régional FN Axel Loustau, qui était en 2012 à la fois trésorier de Jeanne et actionnaire de Riwal.

De son côté, la présidente du parti Marine Le Pen a été entendue par les juges d’instruction en charge du dossier sous le statut de témoin assisté, sans être mise en examen.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 22/07/2016

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Le vice-président allemand a appelé à “geler d’urgence” les milliards d’euros versés par l’UE à la Turquie au titre de l'”instrument d’aide à la préadhésion”, censé soutenir le “renforcement des droits de l’Homme et des libertés fondamentales”.

C’est un montant qui fait grincer les dents à la suite des 9 000 arrestations et gardes à vue liées au coup d’État manqué en Turquie. Pour soutenir, notamment, “le renforcement des institutions et l’État de droit, les droits de l’Homme, y compris les libertés fondamentales“, l’Union européenne (UE) a versé 4,8 milliards d’euros à Ankara depuis 2007 au titre de “l’instrument d’aide de préadhésion“, un véhicule financier destiné à accompagner les pays candidats à une adhésion à l’UE.

Des milliards d’euros versés par Bruxelles dont le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a fait état, vendredi 21 juillet. La Commission européenne, contactée par France 24, a confirmé ce montant qui se double, en outre, d’une provision de 4,45 milliards d’euros supplémentaires à verser d’ici 2020 dans le cadre du même programme.

“Vaste blague”

Est-il opportun de continuer à verser ces subsides pour aider un régime accusé de dérive autoritaire à s’aligner – d’après la description officielle de ce programme – “sur les standards européens” (droits de l’Homme, institutions démocratiques, etc.) ? La question commence à faire débat. En Allemagne, le vice-président Johannes Singhammer (droite conservatrice) estime que ce soutien financier à la Turquie est “une vaste blague” et qu’il faut “geler immédiatement” cette manne.

À Berlin, la question est d’autant plus sensible que l’Allemagne a contribué à hauteur de plus d’un milliard d’euros, soit plus d’un cinquième des sommes totales versées depuis 2007. Pour Johannes Singhammer, cet argent versé depuis près de 10 ans a été en grande partie jeté par la fenêtre tant l’aide apparaît “après coup comme n’ayant eu aucun effet” sur le renforcement des valeurs démocratiques en Turquie.

De son côté, Bruxelles ne s’est pas encore fait de religion sur la question. “La Commission va réévaluer en permanence la situation en Turquie et ajuster si nécessaire et en fonction des besoins l’allocation de ces fonds”, a déclaré un porte-parole de la Commission européenne à France 24. Il a précisé que l’UE “s’assure que l’argent a un impact sur le terrain”. L’Union ne semble, en tout cas, pas encore prête à déclencher la clause de suspension de l’aide qui est prévue par les textes européens lorsqu’un pays “ne réalise pas de progrès suffisants concernant le respect des critères d’adhésion”.

Huit pays bénéficiaires

La Turquie n’est pas le seul pays à bénéficier de cette manne, mais il en est de loin le plus important destinataire. Depuis 2007, plus d’un milliard d’euros a été versé à la Serbie et l’Albanie a reçu environ 530 millions d’euros, d’après le rapport 2015 de la Commission européenne sur l’Instrument d’aide de préadhésion. En tout, huit pays font partie de ce programme.

La promotion des droits de l’Homme et de l’État de droit n’est pas le seul but de cette aide à la préadhésion, comme le rappelle un document européen de janvier 2016 consacré aux fonds qui vont être versés à la Turquie d’ici 2020. Ainsi 24,3 % de ces 4,45 milliards d’euros vont être alloués à des initiatives en faveur de l’environnement et de l’innovation, tandis que près de 900 millions d’euros serviront à développer et moderniser l’agriculture.

Première publication : 22/07/2016

Voyant le camion conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel foncer sur la Promenade des Anglais de Nice le 14 Juillet, un homme sur un scooter a tenté de l’arrêter. Une semaine après l’attaque, il explique qu’il était alors prêt à mourir.

La scène a été filmée le 14 juillet par un journaliste allemand. Sur la vidéo, on voit un homme en scooter tentant de stopper le camion conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel sur la Promenade des Anglais.

Cet homme est un employé de l’aéroport de Nice. Arrivé en retard au feu d’artifice, il était venu sur la Promenade manger une glace avec sa femme. C’est alors qu’il a vu le semi-remorque arriver à toute vitesse.

“Il doit être au moins à 90 kilomètres heures. Cela va très vite”, se souvient Franck, un Nicois âgé de 49 ans. “Je comprends très vite que c’est un carnage. Je vois des gens voler de toute part, être happés par le camion qui bascule moitié sur la route, moitié sur le trottoir.”

“Son regard est froid”

Il décide alors de prendre le camion en chasse et réussit à le rattraper. Au volant de son scooter, il tombe, mais parvient finalement à s’accrocher au semi-remorque. La fenêtre de la cabine est alors ouverte. Il fait face à Mohamed Lahouaiej Bouhlel : “Là, je frappe de toutes mes forces, sa tête, son corps. Il a une arme à la main. J’ai l’impression qu’il est en train de la recharger. Il me tire dessus, mais cela ne marche pas. Son regard est froid.”

Franck tient tête au terroriste pendant plusieurs centaines de mètres et se dit prêt à mourir. Mohamed Lahouaiej Bouhlel lui tire dessus, mais sans parvenir à l’atteindre. Une fusillade s’engage finalement avec des policiers. L’employé de l’aéroport se glisse sous les roues du camion – il s’en sortira miraculeusement -, pendant que le terroriste est abattu par la police. Lorsque la fusillade s’arrête, il est arrêté dans la confusion par les forces de l’ordre.

Évidemment très choqué, il ressort de cet attentat avec un gros hématome et une côte cassée. Une semaine après l’attaque, Franck ne se considère absolument pas comme un héros, mais pense avant tout aux victimes de Nice.

Première publication : 22/07/2016

La cour de cassation a rejeté le pourvoi de la directrice générale du FMI Christine Lagarde dans l’affaire de l’arbitrage Tapie. Elle comparaîtra devant la Cour de justice de la République pour répondre de sa responsabilité.

La Cour de cassation a confirmé vendredi 22 juillet le renvoi devant cette juridiction de la directrice générale du Fonds monétaire international pour répondre de sa responsabilité dans l’arbitrage Tapie. Christine Lagarde, qui était ministre des Finances au moment des faits, sera jugée pour négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique ayant mené à la destruction, au détournement ou à la soustraction par un tiers de fonds publics. Ce délit est passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

Après cette annonce, l’avocat de Christine Lagarde a regretté le rejet du pourvoi de sa cliente. “La Cour de cassation n’a en rien tranché la question de fond de la responsabilité de madame Christine Lagarde. Ce débat aura lieu devant la Cour de justice et je suis convaincu que cette dernière écartera toute responsabilité de madame Lagarde”, a expliqué Me Patrick Maisonneuve dans un communiqué transmis à Reuters.

Le FMI a également apporté son soutien à sa directrice générale. Le conseil d’administration du FMI, qui représente ses 189 États membres, “continue d’exprimer sa confiance dans la capacité de la directrice générale de s’acquitter efficacement de ses fonctions”, a déclaré le porte-parole de l’institution, Gerry Rice, dans un communiqué.

En 2008, cet arbitrage, une sentence privée, avait alloué 404 millions d’euros à Bernard Tapie pour mettre fin au litige de l’homme d’affaires avec l’ancienne banque publique Crédit lyonnais, sur la vente d’Adidas en 1994.

L’arbitrage a été annulé en février 2015 par la cour d’appel de Paris, qui a conclu à la fraude civile, décision confirmée fin juin par la Cour de cassation. Le versant non ministériel de l’enquête sur l’arbitrage a été clos fin juin. Six personnes, dont Bernard Tapie et l’un des trois juges arbitres, Pierre Estoup, ont été mises en examen.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 22/07/2016

Huit jours après l’attentat de Nice, François Hollande a musclé la riposte militaire contre l’EI, et annoncé, vendredi, la mise à disposition de l’armée irakienne d’artillerie française, sans déploiement de troupes au sol.

Des moyens d’artillerie français seront mis à disposition de l’armée irakienne dès le mois prochain, a annoncé, vendredi 22 juillet, François Hollande, à l’issue d’un quatrième Conseil de défense depuis l’attentat de Nice le 14 juillet, qui a fait 84 morts.

Le porte-avions français sera dans la région en septembre, ce qui permettra d’intensifier les attaques “sur les groupes terroristes en Syrie et en Irak avec nos avions Rafale”, a expliqué le président français. Cette annonce d’envoi d’artillerie, que François Hollande n’a pas détaillé, élève d’un cran supplémentaire l’engagement militaire français, pour l’instant essentiellement aérien.

Pour autant, le président français a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un changement de nature de l’intervention française. “Nous ne déployons pas de troupes au sol” pour combattre en Syrie ou en Irak, a-t-il dit.

Les explications de notre journaliste

Des conseillers français en Irak

L’entourage du chef de l’État a précisé qu’il s’agirait de “quelques batteries d’artillerie qui seront mises à disposition des forces irakiennes”, accompagnées de conseillers français, également mis à disposition”.

Les troupes irakiennes appuyées par la coalition internationale prévoient la libération prochaine de Mossoul, une ville du nord de l’Irak aux mains de l’organisation de l’État islamique qui a revendiqué l’attaque du 14 juillet à Nice.

La présidence de la République n’a pas précisé où ces nouveaux moyens militaires seraient utilisés.

“J’ai demandé au ministre de la Défense [Jean-Yves Le Drian, NDLR] d’informer dès la semaine prochaine le Parlement”, a également ajouté François Hollande. Une audition du ministre de la Défense devant la Commission de la Défense de l’Assemblée et du Sénat est programmée mardi en début d’après-midi.

Jean-Yves Le Drian vient par ailleurs de revenir de Washington où il a été invité par le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter qui a réuni une trentaine de ses homologues étrangers. “L’objectif était d’établir une nouvelle stratégie, de déterminer le nombre de frappes en Irak et en Syrie”, précise la journaliste de France 24 Aurore Dupuis. À l’issue de cette réunion, les États-Unis et leurs alliés de la coalition contre le groupe État islamique se sont engagés mercredi dernier à terrasser la “tumeur” jihadiste en Syrie et en Irak et à combattre les “métastases” des attentats islamistes dans le monde.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 22/07/2016

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Les autorités américaines veulent geler un milliard de dollars d’actifs liés à un immense scandale financier impliquant des proches du pouvoir en Malaisie. Washington vise notamment le studio de production du film “Le Loup de Wall Street”.

Les bénéfices du film “Le Loup de Wall Street”, des hôtels et manoirs de luxe, des peintures de maître… Telles sont quelques unes des cibles d’une action judiciaire sans précédent visant à geler des actifs dans le cadre d’une enquête américaine sur un mega-scandale financier impliquant des proches du Premier ministre malaisien Najib Razak.

Washington a annoncé, mercredi 20 juillet, son intention de geler en tout un milliard de dollars d’actifs liés à un scandale d’escroquerie et de détournement d’argent impliquant le fonds souverain (fond appartenant à un État) malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB). L’action américaine vise notamment l’hôtel L’Ermitage de Los Angeles, le studio de production Red Granite Picture (producteur du “Loup de Wall Street”), un manoir dans la tour Time Warner de New York, un jet privé ou encore des peintures de Claude Monet et Vincent Van Gogh. Autant d’acquisitions qui auraient été effectuées avec de l’argent à l’origine douteuse, aux dire des enquêteurs.

L’acte d’accusation de 135 pages décrit en effet comment une poignée de personnes, proches du Premier ministre malaisien, ont mis en place un système pour détourner les fonds d’1MDB dès sa création en 2009. “Nous cherchons à récupérer des sommes qui étaient censées aider les Malaisiens et l’économie locale et qui ont été volées et blanchies à travers des institutions financières américaines pour le profit de quelques officiels et de leur entourage”, a commenté Loretta Lynch, la procureur général des États-Unis.

Ces fonds dans le viseur de Washington ne seraient qu’une goutte d’eau dans cet océan d’argent détourné. En tout, les différentes autorités impliquées – suisses, luxembourgeoise et singapouriennes – estiment que six des 13 milliards de dollars levés par 1Malaysia Development Berhad se sont évaporés dans la nature.

Train de vie dispendieux

L’enquête américaine a permis de démêler le complexe montage financier utilisé pour délester l’1MDB de près de la moitié de ses fonds. Les responsables du fonds souverain empruntaient à long terme de l’argent à Goldman Sachs pour des projets de développement économiques, et détournaient ensuite les sommes vers des comptes dans divers paradis fiscaux. Ainsi, selon l’acte d’accusation, 1MDB a établi un partenariat avec une entreprise saoudienne pour investir un milliard de dollars au Turkménistan et en Argentine, mais 700 millions de dollars de cette enveloppe ont été déposés sur un compte en Suisse géré par une société écran qui appartenait à une autre société écran.

Tout cet argent n’a pas seulement servi à investir dans l’art, la pierre et le cinéma américain. Il a aussi permis de financer le train de vie dispendieux des “co-conspirateurs”, ont constaté les enquêteurs. Par exemple, en moins de huit mois, entre fin 2009 et début 2010, près de 85 millions de dollars ont été notamment dépensés dans différents casinos de Las Vegas, ont permis de payer des stars du show-biz pour participer à des fêtes, ont servi à louer des jets de luxe et à régler la facture d’un décorateur d’intérieur qui s’élevait à plusieurs millions de dollars.

Le beau-fils du Premier ministre en cause

Qui s’est ainsi enrichi aux dépens de la Malaisie ? La question est sensible pour Washington car ce pays est l’un de ses plus fidèles alliés en Asie. Froisser le pouvoir en place s’avère donc diplomatiquement risqué, rappelle le New York Times. Pour l’heure, trois personnes se trouvent dans le collimateur des enquêteurs. Le financier Jho Low, qui se définit sur son site personnel comme philanthrope et entrepreneur, est celui dont le nom revient le plus souvent dans l’acte d’accusation. Cet habitué des nuits festives new-yorkaises est dépeint comme une sorte de grand architecte du système de détournement d’argent. L’homme n’a aucun rôle officiel au sein d’1MDB mais a participé à sa fondation.

Jho Low est aussi un ami proche de Riza Aziz, le PDG et cofondateur du studio de production Red Granite, mis en cause dans le cadre du financement douteux du film “Le Loup de Wall Street”. Mais Riza Aziz, ce banquier reconverti dans le cinéma, n’est autre que… le beau-fils du Premier ministre malaisien Najib Razak. Le troisième homme cité par l’acte d’accusation est émirati. Khadem al-Qubaisi a dirigé jusqu’en 2015 l’International Petroleum Investment Company (IPIC), le puissant fond d’investissement d’Abou Dhabi spécialisé dans le secteur énergétique. Il est soupçonné d’avoir sciemment aidé à détourner des centaines de millions de dollars de l’1MDB. Des accusations dont il a déjà été la cible par le passé et qui ont poussé le cheikh d’Abou Dhabi à lui retirer les rênes de l’IPIC.

Les enquêteurs américains ne s’aventurent pas sur le terrain de l’implication éventuelle du Premier ministre malaisien. Najib Razak a été accusé, notamment par le Wall Street Journal en juin 2015, d’avoir profité financièrement des largesses du fonds d’investissement malaisien, notamment à cause de traces de virements de fortes sommes sur les comptes de l’homme fort de Malaisie.

Une enquête judiciaire malaisienne avait conclu à l’innocence du Premier ministre après cette première affaire mais l’opposition continue aujourd’hui de réclamer sa tête. Les révélations de l’enquête américaine ont mis de l’eau au moulin et ont poussé Mahathir Mohamad, le principal rival de Najib Razak, à appeler à des élections anticipées et à des rassemblements “pacifiques” contre le pouvoir en place. L’entourage de l’actuel dirigeant malaisien a fait savoir qu’il n’y avait pas eu de détournement d’argent et qu’il s’agissait essentiellement d’une mauvaise gestion du fonds d’investissement public. Une gestion qui ne semble pas avoir été si mauvaise pour tout le monde.

Première publication : 22/07/2016

Une réquisition judiciaire a été expédiée au centre de supervision de Nice pour que la vidéosurveillance inhérente à l’attentat soit effacée. En pleine polémique sur le dispositif sécuritaire le soir du 14 juillet, la ville a opposé son refus.

Voilà une injonction à laquelle les agents de sécurité de Nice ne s’attendaient pas. Six jous après l’attentat sur la Promenade des Anglais, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a demandé officiellement aux personnes qui gèrent la vidéosurveillance de la ville d’effacer complètement les 24 heures d’images provenant de six caméras ainsi que toutes les scènes inhérentes à la tuerie, selon des informations révélées, vendredi 22 juillet, par Le Figaro.

Des révélations rendues publiques en pleine polémique sur les responsabilités dans les failles du dispositif de sécurité lors de l’attentat qui à fait 84 morts le 14 juillet. À la mairie de Nice, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les raisons de cet “empressement”. Surtout que ces images sont automatiquement détruites au bout de 10 jours, selon une limite légale.

>> À (re)lire sur France 24 : “Les failles du dispositif de sécurité”

“Détruire des preuves”

“C’est la première fois que l’on nous demande de détruire des preuves, précise une source proche du dossier au journal. Le centre de vidéosurveillance et la ville de Nice pourraient être poursuivis pour cela et d’ailleurs les agents en charge du dispositif n’ont pas compétence pour se livrer à de telles opérations.”

La requête paraît d’autant plus surprenante que la SDAT “a envoyé depuis vendredi dernier des serveurs afin de récupérer les 30 000 heures de vidéosurveillance liées aux événements”, peut-on lire dans les colonnes du quotidien.

Nice-Matin rapporte de son côté que, dès le vendredi 15 juillet, les officiers de police judiciaire auraient demandé verbalement au personnel du Centre de supervision urbain d’effacer les images de l’attentat.

Étouffer la polémique sur les failles de la sécurité ?

Le parquet de Paris, qui confirme l’information, justifie la demande de destruction dans le but d’éviter “la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images”. En clair, les autorités craignent que ces images tombent entre de mauvaises mains et se retrouvent exploitées sur des sites Internet jihadistes à des fins de propagande. Après le 13-Novembre, certaines séquences issues de la vidéosurveillance de plusieurs établissements visés par le commando des terrasses avaient en effet été vendues.

Mais à la municipalité de Nice, l’explication ne convainc pas. Dans le doute, l’avocat de la ville, Me Philippe Blanchetier, a d’ores et déjà indiqué à Nice-Matin que la ville refuserait de se soumettre à cette demande. Le juriste va même demander au procureur de la République de Nice la mise sous séquestre des images “afin de ne pas hypothéquer les éventuelles autres procédures qui pourraient voir le jour au-delà de l’enquête antiterroriste en cours”, cite le quotidien local.

Première publication : 22/07/2016

L’autopsie d’Adama Traoré, mort lors de son arrestation à Beaumont-sur-Oise, n’a pas révélé de traces de violences, a annoncé le parquet jeudi. Le jeune homme souffrait d’une “infection très grave”. Sa famille exige une contre-expertise.

L’autopsie pratiquée sur le corps d’Adama Traoré, à la suite de son décès lors de son arrestation, a écarté la responsabilité des forces de l’ordre, accusées de “bavure policière” par l’entourage du jeune homme décédé, a-t-on appris jeudi 21 juillet. Après deux nuits consécutives de violences, la situation était “beaucoup plus calme”, a indiqué le directeur de cabinet du préfet du Val-d’Oise, Jean-Simon Mérandat, vers 03h00 vendredi.

Suite à la mort du jeune homme de 24 ans lors de son arrestation par les gendarmes, le 19 juillet, des violences avaient éclaté dans les communes voisines de Beaumont-sur-Oise, Persan et Bruyères-sur-Oise dans lrégion Île-de-France. Les forces de l’ordre avaient été prises pour cible par des tirs d’armes au plomb et des cocktails Molotov. Plusieurs véhicules avaient été incendiés et neuf personnes placées en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi.

Jeudi, le procureur de la République à Pontoise, Yves Jannier, a expliqué qu’Adama Traoré souffrait d'”une infection très grave”, “touchant plusieurs organes”. Selon lui, le médecin légiste n’a pas relevé de “traces de violence significatives” sur le corps.

“On recherche les causes de la mort et on nous donne son état de santé”

Des “égratignures” ont simplement été constatées, “mais rien de significatif”, a-t-il ajouté. “Manifestement cette personne n’aurait pas subi des violences, comme certains membres de sa famille ont pu le dire”, a poursuivi le magistrat.

Une source proche de l’enquête a précisé qu’il souffrait “apparemment d’une grave infection respiratoire” et que cette pathologie était la cause de sa mort. Cette source fait aussi état de l'”absence totale de coups” et d'”hémorragie”.

“L’infection dont pourrait souffrir Adama Traoré n’explique pas les causes de la mort”, a déclaré l’avocat de la famille, Karim Achoui. “On recherche les causes de la mort et là on nous donne son état de santé”, a-t-il ajouté. Me Achoui a annoncé qu’il allait demander une contre-expertise et s’opposer au permis d’inhumer délivré par les autorités.

Deux enquêtes sont menées parallèlement par la section de recherches et l’inspection générale de la gendarmerie. Des examens complémentaires, notamment bactériologiques et toxicologiques, seront ordonnés pour avoir un “panel d’examens absolument complet”, a indiqué le procureur.

Le jeune homme avait dans un premier temps été présenté comme étant suspecté dans une affaire d’extorsion de fonds. Mais, selon une source proche de l’enquête, Adama Traoré se serait en fait interposé lors de l’interpellation de son frère, le véritable suspect recherché dans cette affaire, avant d’être lui-même interpellé.

Appel au calme de la famille

Hawa Traoré, la sœur jumelle d’Adama, qui dit ne pas croire aux conclusions du rapport d’autopsie, a lancé un appel au calme après les violences consécutives à la mort de son frère : “on va trouver la vérité, calmez-vous les jeunes”, a-t-elle demandé.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui va examiner l’affaire, a lui aussi lancé “un appel solennel au calme”. “Un seul objectif doit prévaloir, partagé par toutes les personnes impliquées : la recherche de la vérité”, a-t-il dit dans un communiqué.

Une marche blanche en mémoire du jeune homme doit avoir lieu vendredi à 17h00 à Beaumont-sur-Oise. Elle partira, selon les organisateurs, de Boyenval, le quartier d’origine d’Adama Traoré, une petite cité proche des bords de l’Oise.

Avec AFP

Première publication : 22/07/2016

Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui semble avoir “mûri” son attaque “plusieurs mois avant son passage à l’acte”, selon le procureur de Paris, a bénéficié de complicités. Qui sont les cinq suspects mis en examen ? Éléments de réponse.

Ils ont entre 21 et 42 ans et sont soupçonnés d’avoir aidé, de près ou de loin, Mohamed Lahouaiej Bouhlel à fomenter l’attentat du 14 juillet perpétré à Nice, sur la Promenade des Anglais. Cinq suspects ont été mis en examen et écroués jeudi soir. Passage en revue de ces hommes et femme qui ont soutenu Bouhlel dans sa course meurtrière à Nice.

Choukri C., aperçu à bord du camion

Choukri C. est un Tunisien, né le 11 juillet 1979, qui n’a jusqu’à présent jamais été condamné. Il a été interpellé dimanche et placé en garde-à-vue en raison des 450 contacts téléphoniques qu’il a eus avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Ses échanges de SMS prouvent par ailleurs qu’il aurait reçu des armes.

Dans un message Facebook envoyé le 4 avril, l’homme de 37 ans apporte des conseils au chauffeur pour faire le plus de victime possible. “Charge le camion, mets dedans 10 000 tonnes de fer, nique les freins…”

Autre preuve de sa complicité présumée : Choukri C. a été vu dans le camion aux côtés de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Des traces ADN ont en outre été identifiées sur la portière passager.

Choukri a été mis en examen pour “complicité d’assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste”, a indiqué le parquet de Paris.

Mohamed Oualid G., le vieil ami

Ce franco-tunisien, né le 19 février 1976, a été interpellé vendredi. Cet homme de 40 ans qui vit à Nice depuis plusieurs années est présenté comme une vieille connaissance de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Quelque 1 278 appels ont été échangés entre Mohamed Whalid G. et Mohamed Lahouaiej Bouhlel entre 2015 et 2016, a indiqué le procureur de la République de Paris.

Quelques jours avant la tuerie, Mohamed Oualid G. posait en photo dans l’habitacle du camion qu’avait loué Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Le soir du 14 juillet, le quadragénaire a filmé des scènes de désolation et la police, avant de se filmer lui-même.

Lors de sa garde-à-vue, il a évoqué la radicalisation express de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Il a lui aussi été mis en examen pour “complicité d’assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste”.

Ramzi A., le jeune délinquant

Ramzi A est le plus jeune des complices présumés de l’auteur de l’attentat de Nice. Ce Franco-tunisien de 21 ans, né à Nice le 28 novembre 1994, a été condamné à six reprises pour avoir commis entre avril 2013 et mai 2015 des délits de droit commun (vols, violence, stupéfiants), selon le procureur.

Il a été interpellé samedi car il a reçu, quelques minutes précédant la tuerie, un SMS de Mohamed Lahouaiej Bouhlel le félicitant pour le “pistolet” qu’il lui a procuré la veille. Ce dernier message évoque également la fourniture de “cinq” autres armes destinées à “ses amis”.

Lors d’une perquisition effectuée à son domicile, les enquêteurs ont trouvé plus de 2 500 euros en liquide – un reliquat provenant de la CAF selon sa mère et son avocat Me Jean-Pascal Padovani – et 200 grammes de cocaïne.

Mercredi, une kalachnikov a par ailleurs été saisie dans une cave à Nice lors d’une perquisition en lien avec Ramzi A. “On ne sait pas encore à quoi elle était destinée”, avait précisé François Molins.

Ramzi A. a également été mis en examen pour “infractions à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste”.

Le couple d’Albanais, Artan H. et Enkeledja Z.

Artan H., un Albanais de 38 ans, né le 30 janvier 1978, et sa compagne, Enkeledja Z, âgée de 42 ans, née le 3 mars 1974 de nationalité française et albanaise, ont été mis en garde à vue depuis dimanche. Ils sont soupçonnés d’avoir apporté un soutien logistique à Mohamed Lahouaiej Bouhlel.

Lors de son audition, Ramzi A. a désigné Artan H. comme étant celui qui a fourni le pistolet 7.65 que le terroriste a utilisé en tirant sur les policiers avant d’être abattu.

Première publication : 22/07/2016

Plus d’un millier de migrants, dont une centaine de familles, ont été évacués, vendredi matin, d’un campement insalubre installé sous le métro dans le nord de Paris. Ils seront relogés dans des centres d’hébergement et des gymnases.

Un campement insalubre de plus d’un millier de migrants, qui s’était récemment reconstitué dans le nord de Paris, ont été évacués, vendredi 22 juillet. Il s’agit de la 26e opération de “mise à l’abri” de ce genre en un an.

Pour voir les images et vidéos sur vos mobiles et tablettes, cliquez ici.

L’évacuation du campement de plus d’un millier de migrants, entre Jaurès et Colonel Fabien à Paris, commence. #AFPpic.twitter.com/zugfGRHOhX

— Pauline Froissart (@pfroissart) 22 juillet 2016

Peu après le début de l’opération, qui a démarré vers 06h30, des mouvements de foule ont commencé. Les gens se sont pressés pour monter dans les bus qui arrivaient au compte-goutte pour les conduire dans des centres d’hébergement. Les forces de l’ordre qui les contenaient les ont repoussés en utilisant des bombes lacrymogènes.

Les cars doivent les conduire dans des centres en Ile-de-France et en province. Quelque 1500 places ont été mobilisées, dont environ 500 en gymnase.

Vendredi 8h45 : promener sa fille pour qu’elle dorme et assister à l’évacuation des migrants de Jaurès #bonjourpic.twitter.com/0v8DfGjmAd

— Julia Lagrée (@jlagree) 22 juillet 2016

Des centaines de tentes au milieu des détritus

Entre 1 200 et 1 400 personnes, pour la plupart des hommes originaires d’Érythrée, de Somalie ou d’Afghanistan, avaient été recensées ces derniers jours dans ce campement situé entre les stations de métro Jaurès et Colonel Fabien, à cheval sur les Xe et XIXe arrondissements.

Une centaine de personnes vulnérables (femmes isolées, enfants, familles) ont été prises en charge en premier.


La chaleur et l’afflux de nouveaux migrants ont accentué les tensions dans le campement installé sous le métro aérien dans le nord de Paris, le 19 juillet 2016. © Mathieu Alexandre, AFP

La foule s’était progressivement installée sur le terre-plein central envahi par des centaines de tentes et de matelas, au milieu des détritus et des flaques d’urine. À quelques mètres se trouvent des locaux de France terre d’asile, où les migrants font leur première demande d’enregistrement.

Avec la chaleur et l’afflux de nouveaux migrants, les tensions étaient montées d’un cran ces dernières semaines. Le week-end dernier, des rixes avaient éclaté entre migrants, nécessitant l’intervention de policiers et CRS.

“Sentiment d’épuisement”

Pierre Henry, directeur de France Terre d’asile, a confié son “sentiment d’épuisement” : “On a tous le même regard sur le problème : il faut dans toutes les capitales régionales des centres pour accueillir et orienter les migrants, pour arrêter d’attirer les gens à Paris et à Calais. Si ce n’est pas fait, c’est que la décision politique n’est pas prise”.

Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), a expliqué que lors des dernières évacuations, “il y avait 90 % d’hommes, avec une moyenne d’âge de 25 ans, venant en majorité d’Afghanistan, du Soudan, d’Érythrée. Là, il y a aussi des gens d’un peu partout, du Maghreb…” “Des gens qui peuvent demander l’asile mais ne veulent pas, parce que la France n’est qu’une étape, d’autres qui n’ont pas fait les démarches”, poursuit-il. Quelques-uns aussi “qui ont obtenu le statut de réfugié mais ne trouvent pas d’emploi et ne savent pas où se loger”, et certains “qu’on évacue et qui reviennent…”.

Depuis un an, les campements se sont régulièrement reconstitués dans les quartiers proches de la Gare du Nord, débouchant à chaque fois sur une évacuation.

Capacité d’accueil en centre insuffisante

La Coordination française pour le droit d’asile (CFDA), qui regroupe des associations d’assistance aux migrants, a déploré, jeudi, le “harcèlement policier et administratif” dont sont victimes les personnes exilées, alors que “la France a l’obligation d’accueillir dignement et d’héberger l’ensemble des personnes qui demandent une protection sur son territoire”.

“Cet accueil doit en principe se faire dans des Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada), où elles doivent être suivies et accompagnées tout au long de leurs démarches”, rappelle la CFDA. Mais “en dépit de créations importantes de places d’hébergement [ 20 000 en deux ans], les capacités demeurent insuffisantes”.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé la création, à la mi-septembre, d’un centre humanitaire de réfugiés dans le nord de la capitale.

Avec AFP

Première publication : 22/07/2016