Archive for July 24th, 2016

Le témoignage de la chef du service de vidéosurveillance de Nice, qui dit avoir subi des pressions du ministère de l’Intérieur pour son rapport sur le dispositif policier du 14-Juillet, semble comporter des failles, selon Europe 1.

La fiabilité du témoignage du service de vidéosurveillance de Nice vacille. Celle qui affirme avoir subi des pressions émanant du ministère de l’Intérieur lors de la rédaction d’un rapport sur le dispositif policier le soir de l’attentat du 14 juillet, n’a pas eu affaire à un membre du cabinet de Cazeneuve, selon une information révélée lundi 25 juillet par Europe 1.

Sandra Bertin, qui dirige le centre de supervision urbain (CSU) de Nice, a en effet déclaré ce week-end qu’une “personne pressée” du ministère de l’Intérieur lui avait donné pour instruction de mentionner la présence de policiers nationaux sur les lieux de l’attentat et de rendre un rapport dans une forme “modifiable”. Des accusations qualifiées de “graves” par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a dit son intention de porter plainte pour diffamation.

Europe 1 affirme avoir pu consulter la copie du courriel envoyé le 15 juillet à 17h35 transmis par la fonctionnaire de police. D’après la radio, le courriel a été adressé à une fonctionnaire de police ne faisant pas partie du cabinet de Bernard Cazeneuve mais à une commissaire de police travaillant à l’état-major de la Direction centrale de la sécurité publique.

La mission de cette dernière consiste à centraliser les informations sur tous les principaux faits qui surviennent en France pour les transmettre à son directeur central et au directeur général de la police. “Et si la commissaire a demandé une version “modifiable”, ce n’est pas pour falsifier quoi que ce soit, a expliqué la direction de la police à Europe 1, c’est simplement pour pouvoir faire du copier-coller, et reprendre tels quels des éléments transmis par la police municipale dans la note d’information de la sécurité publique.

“Le pot de terre contre le pot de fer”

L’avocat de la policière, Maître Adrien Verrier, tient un tout autre discours. “Si les révélations selon lesquelles la personne qui était au bout de fil était effectivement un commissaire de police de l’état-major qui n’appartenait pas au cabinet, cela voudrait dire que cette personne a également menti sur sa qualité et a également utilisé une qualification qui n’était pas la sienne”, a assuré le juriste à des journalistes. “Si cette personne fait bien partie d’une direction centrale, il s’agit d’un état-major qui est structurellement relié directement avec le ministère de l’Intérieur”, a-t-il ajouté.

“Nous avons formalisé le signalement au procureur de la République avec toutes les pièces justificatives, avec tous les noms, tous les détails de manière à permettre le cas échéant au parquet, s’il l’estime nécessaire, de faire toute la lumière et toutes les investigations sur les faits qui sont dénoncés”, a en outre précisé l’avocat. La “pression psychologique dont elle parle […] a duré à peu près une heure le 15 juillet”.

À la question de savoir si la policière avait pu être instrumentalisée, son avocat a répondu : “Si vous connaissiez la personnalité et le caractère de Sandra Bertin vous ne poseriez pas cette question.” […] “Cette personne n’est pas du tout instrumentalisée, elle a une personnalité très forte, suffisamment forte pour affronter cette tempête judiciaire”. Et de conclure, “notre but c’est d’essayer de faire en sorte que pour une fois, le pot de terre puisse gagner contre le pot de fer.”

Depuis l’attentat du 14 juillet, le gouvernement fait face à de nombreuses critiques concernant le dispositif policier mis en place sur la Promenade des Anglais le soir de l’attentat qui a fait 84 morts.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 25/07/2016

Alors que la polémique sur la vidéosurveillance à Nice a pris de l’ampleur dimanche, le chef de l’État et le Premier ministre ont pris la défense de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, lundi, déplorant une polémique “purement politique”.

François Hollande et Manuel Valls sont montés au créneau, lundi 25 juillet, pour défendre Bernard Cazeneuve, accusé de travestir la vérité sur le dispositif de sécurité le soir de l’attentat à Nice, le Premier ministre fustigeant une polémique “purement politique” visant “à déstabiliser le gouvernement”.

“C’est la justice” qui doit établir la vérité et “personne d’autre”, a affirmé de son côté le chef de l’État, alors qu’une policière municipale niçoise a affirmé avoir été soumise à des pressions venues de la place Beauvau pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet. “La vérité et la transparence seront établies”, a-t-il promis.

“Il ne peut pas y avoir de polémique ou d’affrontement. C’est pourquoi le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ont eu raison d’en appeler à la dignité, la responsabilité, tout en garantissant la transparence”, a déclaré François Hollande lors d’une visite à Vincennes auprès de militaires de l’opération antiterroriste Sentinelle.

Accusé dimanche par une policière municipale niçoise, Sandra Bertin, chef du service pilotant la vidéosurveillance, Bernard Cazeneuve a annoncé le dépôt d’une plainte pour “diffamation”, dénonçant “une campagne de vilénies”.

Bernard Cazeneuve est “un homme intègre, un homme d’État, un ministre de l’Intérieur formidable”, l’a défendu Manuel Valls, dénonçant une “polémique politique qui vise à déstabiliser le gouvernement” et demandant “que tout cela cesse”, même s'”il faut évidemment la vérité”. Cette “idée au fond que l’État ment, a quelque chose à cacher, alimente le doute, fracture l’État de droit”, a-t-il déploré.

“Avec Trump, c’est exactement la même méthode, la violence politique, l’outrance”

L’exécutif a promis pour cette semaine le rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la “police des polices”, sur le dispositif le soir de l’attentat qui a fait 84 morts.

Manuel Valls a de nouveau attaqué l’ex-maire de Nice et actuel président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Christian Estrosi, qui dès le soir de la tragédie avait dénoncé l’insuffisance des moyens de police nationale.

“On doit être digne des conditions d’une élection”, a lancé le Premier ministre à l’adresse de Christian Estrosi, élu aux régionales de décembre face à Marion Maréchal-Le Pen (FN) après le retrait de la liste PS-PRG entre les deux tours.

Aux États-Unis, “avec Donald Trump, c’est exactement la même méthode, la violence politique, l’outrance, la mise en cause de la démocratie”, a encore attaqué Manuel Valls, faisant un lien avec l’approche de la primaire à droite pour 2017.

“En racontant un peu n’importe quoi, Manuel Valls est dans la ‘trompisation’ des Français”, a ironisé Sébastien Huygue, porte-parole LR.

Le compte Twitter de Sandra Bertin fermé dans la nuit de dimanche à lundi

Christian Estrosi, premier adjoint à la sécurité de Nice, s’est défendu des accusations d'”instrumentalisation” de la policière municipale portées par l’exécutif et des élus PS : “Les polémiques, c’est le gouvernement qui les génère en faisant obstruction à l’éclatement de la vérité et en racontant mensonge sur mensonge”, a réagi l’ex-ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Sandra Bertin, qui a maintenu ses accusations dimanche soir, doit faire dès lundi un signalement au procureur de la République pour “faux en écriture publique”, selon son avocat.

Sur France 2, cette policière municipale, qui affichait régulièrement son soutien à Christian Estrosi sur son compte Twitter, fermé dans la nuit de dimanche à lundi, a auparavant détaillé les pressions qu’elle dit avoir subies. Elle a assuré qu’un “commissaire de police” disant être envoyé par le ministère et une autre personne disant faire partie du cabinet ministériel, jointe par téléphone, lui avaient notamment demandé “de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale” et de rédiger un rapport “modifiable” [sur PDF].

Alors que son rapport de trois pages affirme que le camion du jihadiste est monté sur le trottoir de la promenade des Anglais sans “aucune présence policière”, un rapport de la police nationale assure pour sa part qu’il a voulu éviter un “barrage” de policiers nationaux “isolant le périmètre piéton”.

Sandra Bertin, fonctionnaire, “connaît le code pénal”, a pour sa part critiqué lundi matin le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas : si elle est confrontée à la manifestation d’un délit “ce n’est pas au JDD qu’elle doit en parler, mais au procureur de la République”.

Avec AFP

Première publication : 25/07/2016

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Le géant américain des télécommunications Verizon a conclu un accord avec le portail Internet Yahoo! afin d’acquérir l’essentiel des activités de l’ex-star de la Silicon Valley, pour 4,8 milliards de dollars.

Marissa Meyer n’aura pas réussi à sauver Yahoo!, mais l’ancienne star de Google devenue PDG du portail Internet américain aura su négocier un bon prix pour le démantellement de l’une des icônes Net du début des années 2000.

Verizon a accepté de payer 4,8 milliards de dollars pour s’offrir le cœur de métier de Yahoo!. Le géant américain des télécoms récupère ainsi les portails Yahoo! Sport, Yahoo! Finances ou encore la régie publicitaire du site Internet. En revanche, il ne met pas la main sur le portefeuille de brevets et les participations du groupe dans des sociétés chinoises comme Alibaba.

Déclin

L’accord de près de 5 milliards de dollars est considéré comme favorable à Yahoo!. Car si Marissa Meyer comptait vendre pour près de six milliards de dollars fin 2015, les éventuels acquéreurs ne voulaient pas mettre plus de trois milliards de dollars sur la table dans un premier temps.

Surtout, l’empire Yahoo! est sur le déclin depuis plusieurs années et il ne semble plus à même de de concurrencer les mastodontes de la publicité en ligne que sont devenus Facebook et Google.

Publicités sur mobile

Difficile de comprendre, dans ces circonstances, pourquoi Verizon a accepté de dépenser autant. Le site économique américain Quartz estime qu’il s’agit de trouver des nouveaux relais de croissance, le marché américain des télécoms étant de plus en plus saturé.

Le groupe s’est déjà offert AOL en juin 2015 pour 4,4 milliards de dollars et le rachat de Yahoo! va lui permettre d’étoffer son offre Internet. Verizon s’intéresse avant tout aux technologies publicitaires de ses deux proies. AOL, connu du grand public pour avoir été l’un des pionniers des abonnements à Internet, désormais reconverti en groupe de médias avec le rachat de TechCrunch et du Huffington Post, dispose d’une plateforme de publicité vidéo parmi les plus performantes. Yahoo!, pour sa part, a beaucoup misé sur la publicité sur smartphone. Séparées, ces deux entités ne font guère le poid face à Facebook et Google, qui détiennent plus de 50 % de parts du marché publicitaire aux États-Unis. Mais ensemble, ils pourraient faire un peu d’ombre aux deux géants du secteur, estime Quartz.

Première publication : 25/07/2016