Archive for July 26th, 2016

La marche blanche qui devait se tenir jeudi à Saint-Étienne-du-Rouvray en hommage au père Jacques Hamel assassiné mardi a été annulée par la préfecture de Seine maritime pour raisons de sécurité.

La marche blanche n’aura pas lieu. Prévue jeudi à Saint-Étienne-du-Rouvray en hommage au père Jacques Hamel assassiné mardi par deux terroristes se revendiquant de l’EI, elle a été interdite mercredi 27 juillet par la préfecture de Seine-Maritime pour des raisons de sécurité.

Pour remplacer la marche, la mairie communiste de la ville a organisé un rassemblement à 18 heures au parc omnisports Youri Gagarine de la ville.

Au cours de la cérémonie de jeudi, en présence de personnalités civiles et religieuses, le maire de la ville Hubert Wulfranc (PCF) et l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, rendront hommage au prêtre. La cérémonie débutera avec le Requiem de Mozart et s’achèvera au son de la Marseillaise, après une minute de silence, a précisé la mairie dans un communiqué.

>> À lire sur France 24 : “Attentat à Saint-Étienne-du-Rouvray : les représentants religieux affichent leur unité”

Le président régional du Conseil du culte musulman et de la mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray, Mohammed Karabila, a indiqué à l’AFP que les fidèles musulmans se joindraient à l’hommage prévu jeudi au parc Gagarine.

Cérémonies d’hommage

Par ailleurs, le diocèse de Rouen a présenté une liste “propositions de prière et de célébrations”. À la cathédrale de Rouen, les messes de 18 heures, mercredi, jeudi et vendredi, seront dédiées au prêtre assassiné, ainsi que la messe solennelle de 10 heures dimanche, en présence de Mgr Lebrun, a-t-il précisé dans un communiqué.

En dehors de cette cérémonie et de celles organisées par le diocèse, “pour des raisons de sécurité et d’organisation, toute autre manifestation (marche blanche, rassemblement) est interdite”, a annoncé mercredi soir la préfecture dans un communiqué.

Une messe d’hommage au père Jacques Hamel s’est tenue ce mercredi à Notre-Dame de Paris, en présence de François Hollande, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing. La veille, ces offices religieux avaient déjà été consacrés au prêtre assassiné à Rouen, Lille, Lyon, Tours, Nancy, Metz, Besançon, Bayonne, Paris et Laval, selon le quotidien La Croix.

Avec AFP

Première publication : 27/07/2016

À la suite de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray et après une réflexion de plusieurs mois, la direction de France 24 a décidé de ne plus diffuser les photos des auteurs d’attentats.

Les rédactions de France 24, RFI, et Monte Carlo Doualiya, rassemblées dans le groupe France Médias Monde, ont officialisé mercredi 27 juillet leur décision de ne plus publier les photographies des auteurs d’attentats et d’être “extrêmement parcimonieux dans l’utilisation des noms”. Un nouveau pas, franchi au lendemain de l’attentat de Saint-Étienne du Rouvray.

Conscientes de l’écho qu’offrent leurs antennes, depuis plusieurs mois, les trois rédactions s’attachent à ne pas relayer d’images ou de sons de propagande terroriste, à ne pas diffuser de messages de revendications, ou encore à qualifier systématiquement de “groupe” ou d’”organisation” les mouvances terroristes qui se revendiquent d’un État qui n’existe pas. Suivis en 15 langues dans tous les pays du monde, les médias de France Médias Monde ressentent plus que jamais la nécessité de toujours veiller à ne pas servir de relais à la propagande.

Plusieurs autres médias français ont pris une décision similaire après que la France a été frappée par plusieurs attentats depuis janvier 2015. Le Monde ne diffusera plus de photos de terroristes “pour éviter d’éventuels effets de glorification posthume”, a annoncé son directeur, Jérôme Fenoglio, dans un éditorial.

BFM TV a pris la même décision. “La photo peut mettre au même niveau victimes et terroristes”, a expliqué Hervé Béroud, le directeur de la rédaction. La radio Europe 1 a, elle, pris la décision de ne plus communiquer ni les photos, ni les noms de ces personnes. Quant au quotidien La Croix, il ne publiera plus de photos de terroristes et se contentera de rendre public leurs prénoms, omettant volontairement leurs noms de famille.

Première publication : 27/07/2016

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La direction de SFR, le deuxième opérateur téléphonique en France, a annoncé aux syndicats sa volonté de supprimer environ 5 000 postes afin de ramener les effectifs à 10 000 salariés.

SFR va subir une violente cure d’amaigrissement. La direction de l’opérateur téléphonique a annoncé aux syndicats, mercredi 27 juillet, sa volonté de couper un tiers des effectifs, faisant passer le nombre de salariés de 15 000 à 10 000 à partir de 2017.

Cette restructuration était attendue, mais les salariés n’en connaissaient pas encore l’ampleur. Patrick Drahi, le patron du groupe Altice qui racheté SFR en 2014, avait déjà affirmé que l’opérateur était en “sureffectif”. En juin dernier, le PDG de SFR Michel Combes avait aussi fait des déclarations dans le même sens. “Il est assez évident que des adaptations seront nécessaires pour que SFR puisse rester compétitif sur le marché très difficile qui est le nôtre”, avait-il assuré lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

Jusqu’en 2017

Lors du rachat du deuxième opérateur français, Patrick Drahi s’était engagé à maintenir l’emploi jusqu’en 2017. Il n’a pas l’attention d’attendre plus longtemps. Le groupe souhaite simplifier l’organisation de SFR, issu du rapprochement de plusieurs entreprises, en unifiant notamment les systèmes d’information et les fonctions support.

Concurrents de SFR, Bouygues Telecom a déjà mis en œuvre deux plans de départs volontaires représentant environ 2 000 suppressions de postes tandis que l’opérateur historique Orange a décidé de ne pas remplacer une partie des départs en retraite.

“SFR sait couper les coûts, ils l’ont déjà montré. Mais vous pouvez couper les coûts autant que vous voulez, une fois que vous les aurez tous coupés, comment pourront-ils reconstituer la top line [le nombre d’abonnés, NDLR]?”, a souligné souligne Agathe Martin, analyste à Exane BNP Paribas, interrogée par Reuters.

SFR, qui a perdu un nombre important d’abonnés l’an dernier en raison notamment de critiques sur la qualité de son réseau, doit publier ses résultats semestriels début août.

Avec Reuters

Première publication : 27/07/2016

L’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a conclu mercredi que le dispositif de sécurité déployé sur la Promenade des Anglais à Nice le soir de l’attentat du 14 juillet “n’était pas sous-dimensionné”.

Voilà qui pourra (peut-être) apaiser les tensions autour du dispositif de sécurité, nées le soir de l’attentat qui a frappé Nice, le 14 juillet. La directrice de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a indiqué mercredi 27 juillet dans son rapport que le service d’ordre était correctement dimensionné le soir de l’attaque au camion, sur la Promenade des Anglais.

>> À (re)lire sur France 24 : Attentat de Nice : les failles du dispositif de sécurité

“Pour un événement qui n’était pas exceptionnel […] sans connaissance de menaces particulières, le service d’ordre n’était pas sous-dimensionné”, a expliqué Marie-France Moneger-Guyomarc’h, lors de la présentation du rapport de son organisme. D’après la responsable, les polémiques sur le dispositif mis en place sont le fruit d’une mauvaise compréhension.

“Les 64 policiers nationaux étaient bien sur la promenade des Anglais, je le certifie”, a poursuivi la patronne de la “police des polices” en assurant que l’ensemble des points avaient été vérifiés, même si l’IGPN n’avait pas eu accès aux vidéos de surveillance des lieux de l’attaque. Les interlocuteurs de l’IGPN, qui ont livré des informations “en toute transparence, […] vivent très mal les polémiques, comme des mises en cause injustifiées”, a-t-elle poursuivi.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait saisi le 21 juillet IGPN pour une “évaluation technique” des mesures de sécurité à Nice afin de couper court à une polémique sur les moyens mis en œuvre le soir des festivités du 14 juillet.

“Mensonge d’État”

Des familles et des proches de victimes ont déposé plainte contre l’État, la ville de Nice et l’organisation des festivités, dénonçant des manquements à la sécurité sur la promenade des Anglais.

L’ancien maire de Nice Christian Estrosi, président de Provence-Alpes-Côte d’Azur, accuse par ailleurs Bernard Cazeneuve de “mensonge d’État” sur les effectifs policiers présents le soir du drame, au cours duquel 84 personnes ont été tuées.

L’affrontement s’est durci après qu’une policière municipale, responsable du dispositif de vidéosurveillance, eut affirmé dans Le Journal du Dimanche avoir subi des pressions de l’Intérieur pour modifier son rapport sur le déploiement des forces de l’ordre le soir du 14 juillet.

Le ministre de l’Intérieur a porté plainte pour diffamation contre la jeune femme et le parquet de Nice a ouvert mardi une enquête préliminaire pour abus d’autorité à la suite d’un signalement de la fonctionnaire.

Avec Reuters

Première publication : 27/07/2016

Après la série d’attentats qui a frappé la France ces derniers mois, plusieurs voix s’élèvent – surtout à droite et à l’extrême-droite – pour demander un renforcement de l’arsenal judiciaire français, jugé inadapté face à la menace terroriste.

Après l’assassinat du prêtre Jacques Hamel, mardi 26 juillet, dans son église de Saint-Étienne-de-Rouvray, près de Rouen, par deux hommes se revendiquant de l’organisation État islamique, une partie de la classe politique a de nouveau appelé à un durcissement de l’arsenal judiciaire français. Nicolas Sarkozy, l’ancien président, a émis le souhait d’expulser systématiquement tout étranger condamné à plus de cinq ans d’emprisonnement. Éric Ciotti, le député des Alpes-Maritimes, et Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, demandent, eux, l’assignation à résidence de tous les fichés S [toutes les personnes soupçonnées de terrorisme ou susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’État].

Le Front national va encore plus loin. La députée Marion Maréchal-Le Pen a non seulement déposé à l’Assemblée nationale des propositions de loi visant à “réformer le droit d’asile”, ou encore à rendre automatique l’expulsion du territoire “en cas de condamnation pour des étrangers”, mais elle a également appelé les Français à “se réveiller”, avec tout ce que cette injonction sous-entend d’inquiétant. “Ils tuent nos enfants, assassinent nos policiers et égorgent nos prêtres. Réveillez-vous !”, a-t-elle écrit sur son compte twitter.

>> À lire sur France 24 : “Les terroristes ont tous le point commun d’être d’abord dans la matrice salafiste”

Ce n’est pas la première fois que des personnalités politiques prennent la parole pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme le laxisme du gouvernement face au terrorisme. Mais dans le cadre de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, un fait nouveau a déchaîné les passions : Adel Kermiche, l’un des deux responsables de la mort du prêtre Hamel, était fiché, surveillé, assigné à résidence après avoir été détenu préventivement, et détenteur d’un bracelet électronique. Si la plupart des auteurs d’attentats (comme Mohammed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly…) étaient fichés mais avaient échappé à la vigilance des autorités, Adel Kermiche était, lui, censé ne pas avoir l’occasion de nuire. Son passage à l’acte provoque donc incompréhension et colère.

La chasse au juge est donc ouverte. J’ai souvent pensé à cette hypothèse d’un acte terroriste commis par une personne suivie judiciairement.

— Juge Grise (@JugeGrise) 27 juillet 2016

“Nous sommes plutôt bons pour détecter les personnes dangereuses”

Pour calmer le jeu, le gouvernement brandit la carte de l’État de droit. “Restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles n’apporterait pas d’efficacité à notre lutte contre le terrorisme et affaiblirait à coup sûr la cohésion nécessaire à notre Nation”, a déclaré le président français lors d’une allocution télévisée solennelle à l’Élysée après le drame du 26 juillet.

C’est aussi l’avis d’Éric Danon, directeur général du Conseil supérieur de la formation et de la recherche Stratégiques (CSFRS). Interrogé sur le plateau de France 24, l’expert se méfie de réponses simplistes. “Il ne faut pas prendre de nouvelles mesures [législatives], explique-t-il. Il faut plutôt améliorer celles existantes. Nous sommes plutôt bons pour détecter un certains nombre de personnes dangereuses. Le problème, c’est plutôt le suivi. Sans doute devons-nous revoir notre capacité à suivre ces gens”. L’autre écueil, ajoute-t-il, “c’est le manque de prévention”.

Le scepticisme d’Éric Danon face au tout-sécuritaire est partagé par Nathalie Cettina, docteur en droit et chercheur au Centre français de recherche sur le Renseignement (CF2R), jointe par France 24. “En France, nous avons déjà pléthore d’outils pour lutter contre le terrorisme, explique-t-elle. Durcir l’arsenal, n’est pas la solution. Ce n’est pas en rajoutant des lois qu’on va éviter les attentats. La preuve : depuis que nous sommes sous état d’urgence, les attaques se sont multipliées. Il faut mieux s’adapter à la menace, être en mesure de mieux analyser les informations que nous recueillons, les faire remonter à qui de droit avant un passage à l’acte. C’est un travail complexe, de longue haleine mais nécessaire”.

Assigner à résidence les fichés S ? “Très difficile et peu adéquat”

Reste que les propositions des politiques font des émules. Sont-elles réalisables ? Peut-on, comme le propose Nicolas Sarkozy, assigner à résidence les 20 000 fichés S en France ? “Ce sera très difficile à mettre en place : il faut que pour chaque personne, la demande soit validée par un juge, il y a un cadre juridique à respecter, il faut déterminer la durée de l’assignation qui varie d’un individu à un autre… Et puis, serait-ce adéquat ?”, s’interroge la spécialiste de droit.

Les fichés S sont répertoriés pour leur atteinte potentielle à la sécurité de l’État. “Mais tous ne sont pas en lien avec la mouvance terroriste islamiste”, rappelle Nathalie Cettina. Selon le Premier ministre Manuel Valls, en France, 10 500 personnes sur les 20 000 sont fichées S pour leur “appartenance ou leur lien avec la mouvance islamique”. Les autres peuvent être des membres de l’ultra-gauche, de l’ultra-droite, des hooligans…

Le danger de la “fissure nationale”

“Il faut se méfier des effets d’annonce. Surtout en période pré-électorale”, ajoute-t-elle. “On ne peut pas durcir la loi et remplir ad nauseam les prisons”. D’autant que le risque de radicalisation dans les centres pénitentiaires n’est pas négligeable. “On ne peut pas non plus durcir la loi pour les étrangers. Selon le cadre constitutionnel français tous les hommes sont égaux face à la justice”. La mesure paraît surtout peu adaptée aux profils des terroristes : la plupart, comme Mohammed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly, Salah Abdeslam, ou encore Adel Kermiche, sont Français.

>> À relire sur France 24 : Regroupement des détenus islamistes : une réponse “insatisfaisante” à la radicalisation

Pour l’experte, le danger se situe surtout dans l’absence de cohésion nationale. “Dans les années 80, face aux drames, il y avait une politique publique de consensus. La gauche, la droite avançait d’une même voix. Aujourd’hui, cette unité se fissure. Et je pense que c’est à ce niveau-là que réside un véritable danger”.

Première publication : 27/07/2016

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Donald Trump, le candidat républicain à la Maison Blanche, a une rhétorique pro-Poutine qui étonne et dont le camp démocrate se sert pour le fragiliser. La posture du milliardaire est le reflet de relations nouées en Russie depuis plus de 20 ans.

“Je n’ai AUCUN investissement en Russie”. Par ce tweet, publié mardi 26 juillet, Donald Trump tente d’éteindre un feu politique allumé par le camp démocrate le week-end du 23 et 24 juillet. Les alliés d’Hillary Clinton cherchent à dépeindre leur rival républicain comme pro-Poutine, animé par ses intérêts commerciaux en Russie plutôt que par la défense des intérêts nationaux.

La polémique a éclaté peu après la publication par WikiLeaks, le 22 juillet, de 22 000 emails de responsables démocrates. Des messages que des pirates informatiques russes, agissant sur ordre du Kremlin, auraient obtenus. Moscou a été accusé par Robby Mook, le chef de la campagne d’Hillary Clinton, d’avoir cherché à faire le jeu politique de Donald Trump en semant la pagaille dans le camp démocrate. Aux dires de Vladimir Poutine, l’homme d’affaires ferait un président plus accomodant que sa rivale démocrate.

Vingt-cinq ans de voyages en Russie

Le Kremlin a beau avoir démenti toute “ingérence” dans la campagne électorale aux États-Unis, les liens entre l’homme d’affaires reconverti en champion de la droite américaine et la Russie sont de plus en plus passés au crible par les médias américains. L’affaire pourrait être politiquement très dommageable pour les conservateurs qui ont toujours été à la pointe de la critique contre les dérives autoritaires de la Russie, jouant sur le souvenir encore vivace aux États-Unis de la guerre froide.

Donald Trump a cependant raison sur un point : il n’a jamais investi en Russie. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’a jamais essayé. Le magnat américain de l’immobilier mène depuis 25 ans une campagne pour construire une “Trump Tower” à Moscou. Le Washington Post a détaillé ses nombreux voyages effectués en Russie, ponctués par autant d’échecs, pour tenter d’arriver à ses fins.

Donald Trump Jr et son père ont aussi insisté, lors de diverses conférences économiques et de professionnels de l’immobilier, sur le potentiel du marché russe et leur volonté d’y mettre un pied à tout prix.

À défaut de réussir à s’implanter en Russie, le magnat de l’immobilier s’est associé avec des hommes d’affaires russes et kazakhs pour construire l’hôtel de luxe Trump SoHo à New York en 2010. Il n’a pas été très regardant, à cette occasion, sur le passé de l’un deux, Felix H. Sater, un immigré russe impliqué en 1998 dans une vaste affaire d’escroquerie boursière, ce qui avait mis le FBI aux prises avec la mafia russe.

L’armée de conseillers



L’intérêt commercial du candidat républicain pour la Russie s’est accompagné d’une campagne de séduction, qui a amené Donald Trump à multiplier les déclarations pour le moins modérées à l’égard du maître du Kremlin. Petit florilège de flatteries proférées par Donald Trump depuis le début de sa campagne électorale : “Je m’entends bien avec Vladimir Poutine”, “il est un homme plus gentil que moi” ou encore “avec moi, la Russie ne cherchera plus à dénigrer les États-Unis”.

L’homme fort de Moscou lui a d’ailleurs rendu la pareille. Aux yeux du président russe, le candidat républicain est “un homme flamboyant et talentueux” et serait aussi “un vrai leader”.

Donald Trump ne se contente pas d’amabilités. Il s’est aussi entouré d’une armée de conseillers aux liens passés avec la Russie. Son directeur de campagne, Paul Manafort, est un proche de l’élite ukrainienne pro-russe. Il a conseillé à plusieurs reprises l’’ex-président Viktor Ianoukovitch, connu pour être un homme de Vladimir Poutine, et a travaillé avec Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine. Le milliardaire a aussi fait monter à bord de son train de campagne le promoteur immobilier et ami de longue date Howard Lorber, qui a fait des affaires en Russie. En outre, Michael Caputo, un compagnon de route des premières heures politiques de Donald Trump, a lui vécu en Russie au début des années 2000 où il a œuvré à améliorer l’image de la Russie aux États-Unis pour le compte du géant de l’énergie Gazprom.

Des “trolls” russes pro-Trump ?

Cette petite équipe aux fortes accointances russes a eu un impact sur la ligne politique défendue par Donald Trump, d’après les médias américains. L’équipe de campagne du milliardaire a ainsi réussi à modifier une proposition de la plateforme électorale du parti républicain relative à l’Ukraine. La version initiale soutenait qu’il fallait, le cas échéant, fournir des “armes défensives” aux opposants ukrainiens à Moscou. Sur demande pressante des proches de Donald Trump, cette référence a disparu du texte final, remplacée par la notion plus vague “d’aide appropriée”. Le candidat républicain a aussi clairement affiché sa méfiance à l’égard de l’Otan, une alliance défensive perçue par Moscou comme hostile à l’égard de la Russie.

C’est cette constance dans l’attitude pro-russe de Donald Trump et de son entourage qui a poussé les démocrates, et certains commentateurs, à se demander si Moscou n’aurait pas actionné le levier cyber pour tenter d’influencer la campagne électorale américaine. Adrian Chen, un journaliste du New York Times qui a réalisé une longue enquête sur les petites mains de la propagande russe sur Internet, a constaté que fin 2015, plusieurs faux comptes Twitter utilisés par des trolls russes (des provocateurs sur Internet) pour faire de la propagande pro-Poutine se sont transformés en comptes… pro-Trump.

Il n’existe certes aucune preuve tangible que le Kremlin tente activement de faire élire le plus pro-russe des deux candidats. Mais une chose est sûre : Donald Trump va dorénavant avoir bien plus de mal à se poser en héritier politique de Ronald Reagan, qui avait construit une partie de sa popularité sur sa posture de dernier héros de la guerre froide. Reste à savoir si cet accroc à l’image politique que l’homme d’affaires travaille à se construire va lui nuire électoralement.

*Bromance : néologisme américain signifiant amitié et complicité virile

Première publication : 27/07/2016

Les habitants de Saint-Étienne-du-Rouvray étaient sous le choc mercredi, au lendemain de l’assassinat du père Jacques Hamel par deux hommes se revendiquant de l’EI. La cellule psychologique mise en place a été prise d’assaut.

Les 29 000 habitants de la petite ville ouvrière de Saint-Étienne-du-Rouvray tentaient, mercredi 27 juillet, de mettre des mots sur le drame survenu la veille. L’accès à l’église Saint-Étienne, où Jacques Hamel, 86 ans, a été tué par deux jihadistes, était encore barré par des camions de CRS.

Depuis mardi soir, c’est donc devant la mairie toute proche que les habitants viennent se recueillir ou déposer des bougies, des fleurs et des petits mots.

Difficiles pour ceux qui sortent faire quelques pas de ne pas croiser dans les rues des journalistes du monde entier, débarqués en plein mois de juillet dans cette commune où les différentes communautés religieuses cohabitent sans problème.

Le meilleur exemple de cette entente est la mosquée Yahia, “construite il y a quelques années sur un terrain cédé pour un euro symbolique par les sœurs de la paroisse” de l’église Sainte Thérèse, rappelle Le Monde.

Dans la ville, tout le monde où presque connaissait le père Jacques Hamel. “Il a baptisé mes enfants et marié un de mes fils en septembre 2010. On a l’impression que c’est irréel et puis, d’un coup, ça arrive près de chez nous. Ici, c’est paisible”, observe Catherine, les larmes aux yeux. “Faut vivre avec”, se résigne-t-elle.

Patrick, un retraité, se souvient du père Hamel comme d’un… amateur de foot. “Je le voyais dans les tribunes du stade Robert Diochon”, raconte-t-il, tout en redoutant les “amalgames” qui visent la communauté musulmane.

“Sentiment d’insécurité global”

Mohammed Karabila, le président du Conseil régional du culte musulman de Haute-Normandie, en charge de la mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray, a déclaré avoir perdu “un ami”. Les deux hommes faisaient partie d’un comité interconfessionnel depuis 18 mois.

Pour tenter de faire face, de nombreux habitants de Saint-Étienne-du-Rouvray se pressaient mercredi à la cellule psychologique organisée de manière volontaire par Frédéric Tran, un psychologue de 53 ans venu de Rouen.

“Beaucoup de personnes sont venues depuis ce matin parler de leurs appréhensions. Ils ne pensaient pas qu’un tel acte pouvait se produire si près d’eux et d’une telle manière”, explique-t-il. “Cela entraîne beaucoup d’angoisse et un sentiment d’insécurité global”, poursuit-il.

Pour surmonter le traumatisme, le thérapeute conseille aux habitants de ne pas s’isoler “devant la télévision à regarder les images en boucle”. Il invite les personnes qui viennent le consulter à partager leurs peines et à “échanger avec les personnes qui partagent les mêmes peurs”.

“Je pense qu’on peut répondre collectivement, il y a un effet de solidarité”, indique-t-il, citant en exemple des gens qui ont interrompu leurs vacances pour aider leurs collègues de la mairie.

Un message qui rejoint celui prononcé la veille par le maire communiste de la ville. La voix pleine d’émotion, Hubert Wulfranc avait déclaré : “Soyons ensemble les derniers à pleurer et soyons ensemble les derniers à être debout contre la barbarie et dans le respect de tous”.

Avec AFP

Première publication : 27/07/2016

Pour comprendre l’acharnement des jihadistes à frapper la France, Pierre Conesa, maître de conférences à Sciences Po, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, et auteur d’un rapport sur la contre-radicalisation, répond aux questions de France 24.

France 24 : Deux attaques terroristes en moins de deux semaines, la France semble plus que jamais la cible occidentale principale de l’EI. Comment l’expliquez-vous ?

Pierre Conesa : La France, qui est l’une des cibles, est visée que parce qu’elle a décidé de combattre Daech [autre nom de l’EI, NDLR] en Irak et en Syrie à la place des pays musulmans de la région. Nous menons une guerre qui n’a rien à voir avec nos intérêts propres. C’est une guerre de religion qui est en train de détruire le Moyen-Orient, et nous n’avons pas à nous mêler d’une guerre de religion entre sunnites et chiites. C’est pour ça que nous sommes par nature devenu un ennemi consensuel, quand Daech utilise le terme de croisés pour décrire la coalition internationale il trouve un certain écho, dans le sens où les Occidentaux apparaissent une fois de plus comme venant faire la police au Moyen-Orient. En conséquence, nous subissons les attaques terroristes sur notre sol.

Vous suggérez donc que la France devrait se retirer de la coalition internationale qui mène des frappes en Irak et en Syrie contre l’EI ?

Il faut annoncer un calendrier aux pays de la région. Daech est une espèce de radicalisme sunnite qui s’appelle le salafisme [une mouvance islamiste, aussi minoritaire que puritaine, qui prône une interprétation stricte et littérale du Coran ainsi qu’un retour à des pratiques religieuses datant de l’époque du prophète Mahomet, NDLR] et qui donne une légitimité théologique pour tuer toutes les personnes qui ne pensent pas comme eux, à commencer par les chiites, ensuite ceux qu’ils considèrent comme des mauvais musulmans, et ainsi de suite. C’est l’Arabie saoudite qui a donné naissance à cette idéologie totalitaire, à ce monstre, mais Riyad se bat au Yémen contre les chiites, mais ne se bat pas contre Daech. Je ne vois pas pourquoi la France mène cette guerre à sa place.

>> À lire sur France 24 : “Qui était Jacques Hamel, le prêtre assassiné dans son église ?”

Mais sur le territoire français, le gouvernement peut-il gagner cette guerre ?

La procédure terroriste est toujours la même, à savoir une provocation à laquelle un gouvernement institutionnel répond en disant : ‘Ça ne se passera pas comme ça’. Mais on ne gagne pas une guerre contre le terrorisme. Il faut essayer de comprendre comment il fonctionne, et si on comprend comme il fonctionne, et si on peut le résoudre politiquement, et ensuite militairement par le plan du renseignement intérieur, alors à ce moment, on peut avoir des chances gagner cette guerre. Mais il faut en premier lieu bien désigner l’ennemi avant de décider d’une politique générale. Je constate toujours que nos hommes politiques n’ont pas bien compris de quoi il s’agit lorsqu’ils parlent de musulmans radicaux, de l’islam radical ou de musulmans intégristes. Non, les terroristes qui se réclament de l’islam ont tous le point commun d’être d’abord dans la matrice salafiste. Quand on explique qu’il y a des salafistes quiétistes [qui refusent de se mêler des questions politiques, NDLR], alors que cette idéologie, qui n’est pas religieuse mais politique, est, comme me le précisait récemment un théologien musulman, la version la plus raciste, sectaire, homophobe, antisémite, misogyne et sectaire de l’islam, vous savez que vous préparez le terreau à une action violente quand vous permettez la diffusion d’une telle idéologie antirépublicaine sur le territoire, notamment par des imams salafistes rémunérés par l’Arabie saoudite. C’est comme si vous vous demandiez si Hitler était antisémite avant 1934, alors qu’il le disait lui-même ! Nous avons exactement la même situation aujourd’hui.

Au lendemain de l’attaque de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray revendiquée par l’EI, le président François Hollande a rencontré, mercredi, les représentants des cultes qui redoutent des tensions inter-confessionnelles.

Les responsables religieux ont affiché leur unité, mercredi 27 juillet, face au risque de tensions, au lendemain de l’assassinat d’un prêtre dans son église revendiqué par le groupe État islamique (EI), dont les enquêteurs cherchent toujours à établir l’identité d’un des deux auteurs.

>> À lire sur France 24 : “Qui était Jacques Hamel, le prêtre assassiné dans son église ?”

L’égorgement du père Jacques Hamel, 86 ans, dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine-Maritime), a traumatisé les Français et en particulier la communauté catholique. Quelques heures après le drame, survenu moins de deux semaines après le carnage de Nice, le Premier ministre, Manuel Valls, avait lancé une mise en garde mardi soir, estimant que “l’objectif” de l’attaque de Saint-Étienne-du-Rouvray était de “jeter les Français les uns contre les autres, s’attaquer à une religion pour provoquer une guerre de religions”

.>> À lire sur France 24 : “De l’impossibilité de sécuriser les sites chrétiens”

Mercredi matin, François Hollande a reçu les représentants des cultes avant de réunir un cinquième Conseil de Défense en moins de 15 jours à l’Élysée. “Nous ne pouvons pas nous laisser entraîner dans le jeu politique de Daech [autre acronyme de l’EI] qui veut dresser les uns contre les autres les enfants d’une même famille”, a déclaré à la sortie de l’Élysée le cardinal André Vingt-Trois.

#SaintEtienneDuRouvray : le PR @fhollande a réuni, ce matin, la Conférence des représentants des cultes en France pic.twitter.com/9bduh3fYqW

— Élysée (@Elysee) 27 juillet 2016

À ses côtés, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a exprimé le “deuil profond” et la “sidération” des musulmans et suggéré “une certaine réforme dans les institutions” de l’islam. Il a également indiqué que les représentants religieux avaient demandé “une plus grande attention” à la sécurité des lieux de culte, une des cibles du groupe jihadiste.

Les quelque 700 écoles et synagogues juives et plus de 1 000 des 2 500 mosquées sont protégées dans le cadre de l’opération Sentinelle, mais il paraît illusoire d’appliquer un même niveau de sécurité à la totalité des 45 000 églises catholiques, auxquelles s’ajoutent 4 000 temples protestants, dont 2 600 évangéliques, et 150 lieux de culte orthodoxes.

Avec AFP

Première publication : 27/07/2016

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À l’appel de deux syndicats, hôtesses et stewards entament une semaine de grève à Air France. La compagnie dit être en mesure d’assurer 9 vols sur 10.

Alors que les hôtesses et les stewards débutent leur premier jour de grève, mercredi 27 juillet, Air France a affirmé pouvoir assurer 92 % de ses vols long-courriers, 90 % de ses vols domestiques et plus de 80 % de ses vols moyen-courriers.

Deux syndicats représentatifs d’hôtesses et de stewards d’Air France, l’Unsa-PNC et le SNPNC, ont décidé vendredi, au lendemain d’une ultime réunion avec la direction, de maintenir leur préavis de grève du 27 juillet au 2 août. Air France fait état de 37 % de grévistes mais les syndicats évaluent la participation pour mercredi entre 55 % et 70 %.

Cette grève arrive en plein chassé-croisé estival, période de forte affluence pour la compagnie aérienne, qui pâtit en outre des conséquences de l’attentat de Nice et a déjà connu une grève de quatre jours de ses pilotes en juin.

“Démesuré”

L’Unsa-PNC et le SNPNC, qui représentent à eux deux 45 % des hôtesses et stewards de la compagnie, protestent notamment contre la durée limitée à 17 mois du prochain accord d’entreprise qui fixe leurs règles de rémunération, de travail et de carrière. “C’est extrêmement démesuré, a précisé le PDG d’Air France Frédéric Gagey à des journalistes. Une grève en cette période alors qu’il ne se passe rien dans les jours qui viennent me paraît quelque chose d’extrêmement choquant”.

Les deux syndicats grévistes ont regretté que la direction n’ait pas cédé sur la durée du nouvel accord et ont rejeté les mesures proposées pour améliorer leurs conditions de travail. L’accord actuel, en vigueur depuis trois ans, est en fait reconduit “avec des améliorations” jusqu’en mars 2018, a souligné de son côté le directeur des ressources humaines d’Air France, Gilles Gateau.

“On ne nous a même pas présenté un accord mais une lettre d’intention avec des demi-mesures et aucune avancée sur la durée. C’est indigne”, selon Sophie Gorins, secrétaire générale du SNPNC. Aucune autre réunion n’est prévue pour l’instant, a indiqué de son côté Frédéric Gagey.

Le troisième syndicat représentatif, l’Unac (environ 22 % des hôtesses et stewards), avait décidé début juillet de repousser son préavis de grève du 14 au 17 octobre pour laisser au nouveau patron d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, le temps de peaufiner le nouvel accord.

Avec Reuters

Première publication : 27/07/2016