Archive for July 30th, 2016

C’est au Raincy, commune de Seine-Saint-Denis de 14 300 habitants, plutôt aisée et surnommée “la Neuilly du 93” que France 24 est allé assister à la messe d’hommage au père Jacques Hamel, assassiné le mardi 26 juillet à Saint-Étienne-du-Rouvray.

Il est 9 h 30. La messe à Notre-Dame du Raincy (aussi appelée Notre-Dame-de-la-Consolation) est en plein préparatifs. Deux vigiles montent la garde devant l’église. Le père Frédéric Benoist, la mine bronzée, la jeune cinquantaine, est rentré de vacances exprès pour rendre hommage au père Jacques Hamel, assassiné quelques jours plus tôt. “Je suis revenu pour gérer l’émotion de ma paroisse, prendre le pouls de la communauté et apaiser les âmes. Une messe œcuménique et une cérémonie civile sont à l’ordre du jour.”

Comme s’il n’y avait pas d’occasion particulière, Martine Konzelmann, qui joue de l’orgue l’église du Raincy de longue date, se lance dans l’histoire de Notre-Dame-de-la-Consolation : ses architectes français, Auguste et Gustave Perret, sa construction en 1922-23, le vitrail en hommage au poilus et aux taxis de la Marne, appelé “Souvenir de la victoire de l’Ourcq”. Pour un peu, elle nous ferait oublier l’office qui doit se tenir dans quelques minutes. “C’est une messe particulière, explique-t-elle pourtant. Déjà, après les attaques de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et celles du 13 novembre, nos messes avaient attiré plus de monde que d’habitude.” Elle analyse : “Peut-être est-ce parce l’église est l’un des rares endroits où l’on se retrouve avec soi-même, et où on ressent de la solidarité. Pour nous, il est important de lutter contre les a priori, et de jouer, toujours, la carte du dialogue.”

Martine se met au clavier. La messe a démarré. Entre 300 et 350 personnes sont présentes. Le père Benoist les salue : “Notre communauté a un visage d’été, elle est composée de visages d’ailleurs.” Puis il rend “hommage à notre frère Jacques [Hamel], tué horriblement, alors qu’il célébrait une messe avec les membres de sa paroisse.”

“La haine habite le cœur de quelques jeunes”

Il salue également la présence du sous-préfet du Raincy, du maire et du député de la circonscription, ainsi que celle des représentants du culte musulmans, venus grossir les rangs de l’assemblée aujourd’hui.

D’un bout à l’autre de la célébration, ses propos font référence à l’actualité. Il s’arrête sur un mot : la haine. “Oui la haine existe, il ne faut pas la sous-estimer, elle habite le cœur de quelques jeunes”. Il interroge : “Pourquoi ? D’où vient-elle ? Il faut prendre le temps de comprendre ce qui nous arrive là, quitte à nous remettre en cause.” Et l’ecclésiastique de proposer une alternative : “Nous ne devons pas opposer la violence à la violence, mais répondre par l’amour. Transformer le cœur des hommes. Nous ne rendons pas un culte au martyr, nous célébrons la victoire du Christ sur les forces du Mal.”

>> À lire sur France 24 : “Hommage au père Hamel : près de 2 000 fidèles de toutes confessions à la cathédrale de Rouen”

À la fin de la messe, rendez-vous est donné sur le parvis, où sont rassemblés chrétiens, juifs, musulmans et laïcs pour une cérémonie civile interreligieuse. Au sein de l’association UDPP (Union pour le dialogue, le partage et la paix), le père Benoist a cosigné un texte avec le pasteur, le rabbin et l’imam des communautés du Raincy pour dire leur indignation face aux attentats de juillet – englobant celui de Nice et celui de Saint-Étienne-du-Rouvray.

Hélas, en dehors de l’imam Lahcène Lablack, ses homologues n’ont pas pu faire le déplacement ce dimanche au Raincy. L’un a dû rester à Jérusalem, l’autre en Suisse. Mais d’autres ont répondu à l’appel, notamment les musulmans, sensibles à l’appel du CFCM. L’instance représentative du culte musulman avait en effet enjoint jeudi les responsables de mosquées, les imams et les fidèles à se rendre dimanche dans une église proche pour “exprimer la solidarité et la compassion des musulmans de France”.

“Plus que normal d’être ici”

Rabbia est musulman, il réside depuis longtemps au Raincy. Il n’a pas hésité à venir aujourd’hui : “Il me semblait plus que normal d’être ici, pour ce type de rassemblement : exprimer notre amour et notre solidarité. Aussi bien que le combat que nous devons mener contre Daech [autre nom de l’organisation Etat islamique], car il est particulièrement injustifié de nuire à un homme de foi”. Sa femme Rachida ajoute : “On est Français avant tout. On est Français avant d’être musulmans.”

Christelle B., catholique, se rend à l’église tous les dimanches depuis un an. “La messe était bien. Ça fait plaisir de voir toutes les communautés religieuses rassemblées. C’est la première fois depuis que j’ai commencé à venir dans cette église que je vois un tel mélange de religions, et de communautés différentes. C’est dommage que cela ne se produise que pour de telles circonstances.”

En attendant, le père Frédéric Benoist, qui a appelé tout le monde à poser pour une “photo de famille face à l’église”, est heureux d’avoir créé un moment de paix. “Le rassemblement s’est passé de manière simple, dans un esprit ‘village’. Chacun s’est recueilli comme il l’entendait, dans le respect des autres. Et c’est le message que nous voulons faire passer”, se réjouit-il.

  • © Mathias Hosxe, France 24

    À côté de l’appel à l’invitation à la messe d’intention au père Hamel, affiches de condoléances du maire du Raincy et du président du CRCM (Conseil régional du culte musluman), Abderrahmane Bouhout.

  • © Rachel Holman, France 24

    “L’église Notre-Dame du Raincy ou Notre-Dame-de-la-Consolation, édifiée en 1922-23. Elle est la première en France à avoir été construite en béton armé”, explique Martine Konzelmann, paroissienne de longue date au Raincy.

  • © Mathias Hosxe, France 24

    “Souvenir de la victoire de l’Ourcq” : “Ce vitrail a été dessiné par Marguerite Huré en hommage aux poilus et aux taxis de la Marne”, raconte Martine Konzelmann, paroissienne depuis longtemps au Raincy.

  • © Mathias Hosxe, France 24

    Notre-Dame-du-Raincy était deux fois plus remplies qu’à l’habitude.

  • © Rachel Holman, France 24

    Le père Frédéric Benoist est membre d’une association de dialogue interreligieux, l’Union pour le dialogue, le artage et la paix (UDPP).

  • © Rachel Holman, France 24

    Au micro, le prêtre Frédéric Benoist. Au deuxième plan, des représentants de l’État, ainsi que des représentants des communautés religieuses du Raincy.

Première publication : 31/07/2016

Cousin d’un des deux auteurs de l’attentat mené mardi dans une église près de Rouen, Farid K. avait eu vent du projet, a annoncé le parquet de Paris dimanche. Il a été mis en examen et écroué.

Le parquet de Paris est formel : Farid K. “avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin”, Abdel Malik Petitjean.

Moins d’une semaine après l’attentat mené par ce dernier et Adel Kermiche dans une église à Saint-Étuienne-du-Rouvray, Farid K., âgé de 30 ans, a été mis en examen dimanche 31 juillet et placé en détention provisoire. Il est poursuivi pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise criminelle”.

En revanche, la garde à vue d’un réfugié syrien, interpellé jeudi, a été levée. La photocopie du passeport de cet homme, résident d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile de l’Allier, avait été retrouvée au domicile d’Adel Kermiche. Mais “au final, aucun élément n’a démontré qu’il avait une quelconque implication dans les faits”, selon une source proche de l’enquête.

>> À lire sur France 24 : “Un proche d’Adel Kermiche arrêté à Genève avant l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray”

Le parquet a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges d’instruction spécialisés, notamment pour “participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” et “assassinat en bande organisée, commis en raison de l’appartenance de la victime à une religion, en relation avec une entreprise terroriste”.

Les deux tueurs se connaissaient à peine

Cinq jours après la prise d’otages au cours de laquelle le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, a été assassiné, l’enquête a aussi mis en lumière les liens, semble-t-il très récents, entre les deux tueurs.

Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous les deux âgés de 19 ans et qui vivaient à 700 kilomètres de distance, seraient entrés en contact quelques jours seulement avant la prise d’otages via la messagerie chiffrée Telegram, selon Le Parisien et La Voix du Nord. Adel Kermiche aurait décrit par avance sur cette application le mode opératoire de l’attaque, mentionnant “un couteau” et “une église”.

Telegram est régulièrement pointée du doigt par les autorités comme l’un des moyens de communication préféré des jihadistes du groupe État islamique, qui a revendiqué cet attentat.

Par ailleurs, le parquet de Paris a annoncé dimanche la mise en examen et la mise en détention provisoire d’une autre connaissance d’Abdel Malik Petitjean, dans le cadre d’une enquête distincte de celle de l’attaque de l’église. Jean-Philippe J., 20 ans et faisant l’objet d’une fiche S, s’était rendu le 10 juin en Turquie avec lui, mais avait été refoulé sur la base du signalement pour radicalisation. Abdel Malik Petitjean avait lui aussi rebroussé chemin, bien qu’il n’était pas fiché.

Avec AFP

Première publication : 31/07/2016

Cousin d’un des deux auteurs de l’attentat mené mardi dans une église près de Rouen, Farid K. avait eu vent du projet, a annoncé le parquet de Paris dimanche. Il a été mis en examen et écroué.

Le parquet de Paris est formel : Farid K. “avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin”, Abdel Malik Petitjean.

Moins d’une semaine après l’attentat mené par ce dernier et Adel Kermiche dans une église à Saint-Étuienne-du-Rouvray, Farid K., âgé de 30 ans, a été mis en examen dimanche 31 juillet et placé en détention provisoire. Il est poursuivi pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise criminelle”.

En revanche, la garde à vue d’un réfugié syrien, interpellé jeudi, a été levée. La photocopie du passeport de cet homme, résident d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile de l’Allier, avait été retrouvée au domicile d’Adel Kermiche. Mais “au final, aucun élément n’a démontré qu’il avait une quelconque implication dans les faits”, selon une source proche de l’enquête.

>> À lire sur France 24 : “Un proche d’Adel Kermiche arrêté à Genève avant l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray”

Le parquet a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges d’instruction spécialisés, notamment pour “participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” et “assassinat en bande organisée, commis en raison de l’appartenance de la victime à une religion, en relation avec une entreprise terroriste”.

Les deux tueurs se connaissaient à peine

Cinq jours après la prise d’otages au cours de laquelle le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, a été assassiné, l’enquête a aussi mis en lumière les liens, semble-t-il très récents, entre les deux tueurs.

Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous les deux âgés de 19 ans et qui vivaient à 700 kilomètres de distance, seraient entrés en contact quelques jours seulement avant la prise d’otages via la messagerie chiffrée Telegram, selon Le Parisien et La Voix du Nord. Adel Kermiche aurait décrit par avance sur cette application le mode opératoire de l’attaque, mentionnant “un couteau” et “une église”.

Telegram est régulièrement pointée du doigt par les autorités comme l’un des moyens de communication préféré des jihadistes du groupe État islamique, qui a revendiqué cet attentat.

Par ailleurs, le parquet de Paris a annoncé dimanche la mise en examen et la mise en détention provisoire d’une autre connaissance d’Abdel Malik Petitjean, dans le cadre d’une enquête distincte de celle de l’attaque de l’église. Jean-Philippe J., 20 ans et faisant l’objet d’une fiche S, s’était rendu le 10 juin en Turquie avec lui, mais avait été refoulé sur la base du signalement pour radicalisation. Abdel Malik Petitjean avait lui aussi rebroussé chemin, bien qu’il n’était pas fiché.

Avec AFP

Première publication : 31/07/2016

Cousin d’un des deux auteurs de l’attentat mené mardi dans une église près de Rouen, Farid K. avait eu vent du projet, a annoncé le parquet de Paris dimanche, qui a demandé son placement en détention provisoire.

Le parquet de Paris est formel : Farid K. “avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin”, Abdel Malik Petitjean.

Moins d’une semaine après l’attentat mené par ce dernier et Adel Kermiche dans une église à Saint-Étuienne-du-Rouvray, Farid K., âgé de 30 ans, a été déféré dimanche 31 juillet en vue de sa mise en examen par un juge antiterroriste. Le parquet a requis son placement en détention provisoire.

En revanche, la garde à vue d’un réfugié syrien, interpellé jeudi, a été levée. La photocopie du passeport de cet homme, résident d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile de l’Allier, avait été retrouvée au domicile d’Adel Kermiche. Mais “au final, aucun élément n’a démontré qu’il avait une quelconque implication dans les faits”, selon une source proche de l’enquête.

>> À lire sur France 24 : “Un proche d’Adel Kermiche arrêté à Genève avant l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray”

Le parquet a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges d’instruction spécialisés, notamment pour “participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” et “assassinat en bande organisée, commis en raison de l’appartenance de la victime à une religion, en relation avec une entreprise terroriste”.

Les deux tueurs se connaissaient à peine

Cinq jours après la prise d’otages au cours de laquelle le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, a été assassiné, l’enquête a aussi mis en lumière les liens, semble-t-il très récents, entre les deux tueurs.

Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous les deux âgés de 19 ans et qui vivaient à 700 kilomètres de distance, seraient entrés en contact quelques jours seulement avant la prise d’otages via la messagerie chiffrée Telegram, selon Le Parisien et La Voix du Nord. Adel Kermiche aurait décrit par avance sur cette application le mode opératoire de l’attaque, mentionnant “un couteau” et “une église”.

Telegram est régulièrement pointée du doigt par les autorités comme l’un des moyens de communication préféré des jihadistes du groupe État islamique, qui a revendiqué cet attentat.

Avec AFP

Première publication : 31/07/2016

Une centaine de fidèles musulmans se sont mêlés aux catholiques pour rendre hommage au père Hamel à la cathédrale de Rouen. Près de 2 000 personnes ont assisté à cette messe.

Ils ont répondu présent. Environ 100 fidèles musulmans ont assisté dimanche 31 juillet à la messe célébrée dans la cathédrale de Rouen en hommage au père Jacques Hamel, lors d’un office où se sont pressés 2 000 personnes. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) avait invité vendredi la communauté musulmane à se rendre à la messe, ce dimanche, en signe de solidarité avec les catholiques, à la suite de l’assassinat du religieux dans son église le 26 juillet par deux jihadistes.



>> À lire sur France 24 : Jacques Hamel, un homme très “chaleureux et apprécié de la population”

“Nous accueillons particulièrement ce matin nos amis musulmans”, a débuté l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun. “Ils ont souhaité nous rendre visite ce matin. Je vous en remercie au nom de tous les chrétiens. Vous affirmez ainsi que vous refusez les morts et les violences au nom de dieu. Comme nous l’avons entendu de vos bouches que nous savons sincères, ce n’est pas l’islam”, a-t-il déclaré.

À l’entrée du lieu de culte, quelques policiers et militaires étaient postés pour surveiller les arrivées mais aucune fouille n’a été réalisée.

À l’intérieur de la cathédrale, des places avaient été réservées pour les habitants de Saint-Etienne-du-Rouvray, la messe ayant été annulée dans cette paroisse pour leur permettre de se retrouver plus nombreux à Rouen.

“Amour pour tous, haine pour personne”, pouvait-on lire sur une affiche accrochée à l’intérieur par une association musulmane.

“C’est important de rendre hommage au père Hamel, témoigne Blandine. C’est main dans la main que nous allons construire la paix”.

Avec AFP

Première publication : 31/07/2016