Archive for August 2nd, 2016

Jean-Pierre Chevènement, dont le nom est évoqué par l’exécutif pour prendre la tête de la Fondation pour l’islam de France, considère qu’il s’agit d’une “tâche difficile” à laquelle “on ne peut pas se dérober”.

Pressenti pour prendre la tête de la Fondation pour l’islam de France, Jean-Pierre Chevènement, leader du Mouvement des citoyens, n’a pas fermé la porte à une telle éventualité.

“Je considère que c’est une tâche difficile mais d’une importance très grande du point de vue de l’intérêt national, a-t-il déclaré mercredi 3 août à l’AFP. On ne peut pas refuser d’apporter sa contribution à cette tâche. C’est une tâche difficile, mais à laquelle on ne peut se dérober”, a-t-il insisté.

Le chef de l’État François Hollande avait évoqué, mardi soir, de façon informelle le nom de l’ancien ministre de la Défense de François Mitterrand, connu pour son attachement à la laïcité, pour prendre la tête de la Fondation pour l’islam de France, créée en 2005 mais ankylosée par des dissensions internes.

“C’est une tâche difficile”

Le ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a souligné “l’autorité dans ce débat” de Jean-Pierre Chevènement. “Il y a besoin d’une personnalité qui puisse être un médiateur fort, à la fois ferme sur les grands principes de la laïcité, et ouvert, pour permettre à l’ensemble des cultes d’assurer leur exercice dans le cadre de la République”

Quant à la demande de la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, pour qu’une femme prenne la tête de cette fondation, le porte-parole du gouvernement a refusé toute “polémique”. “Sur ce sujet il y n’y aura pas de modifications”, a-t-il ajouté. Et d’assurer que le nom de Jean-Pierre Chevènement avait été évoqué “de manière très claire”.

Un choix contesté

#Chevenement 77 ans à la tête de la #FondationPourLesOeuvresDeLislamDeFrance il n’y a pas de français de confession musulmane à la hauteur ?

— Nathalie Goulet (@senateur61) 3 août 2016

Sur Twitter, la sénatrice centriste Nathalie Goulet, auteure d’un rapport sur l’organisation et le financement de l’islam en France, a contesté ce choix. “Il n’y a pas de Français de confession musulmane à la hauteur ?”, s’est-elle interrogée sur le site de microblogging.

Une critique quant à l’arrivée possible de Jean-Pierre Chevènement, 77 ans, qui trouve un écho au sein même du gouvernement. Interrogée sur France Info, mercredi, Laurence Rossignol, a estimé que “le bon profil, c’est d’abord quelqu’un de culture musulmane, qui ait une connaissance de la subtilité humaine de l’islam”.

Jean-Pierre Chevènement communiquera sa position officielle à la rentrée.

Avec AFP

Première publication : 03/08/2016

Après Barack Obama, c’est au tour de François Hollande de critiquer les propos de Donald Trump. Le président s’est indigné de l’attitude “humiliante” du candidat républicain à la Maison Blanche qui s’est attaqué à la famille d’un soldat musulman.

Le président François Hollande a dénoncé, mardi 2 août, les “excès” du candidat républicain à l’élection présidentielle américaine Donald Trump qui lui donnent un “sentiment de haut-le-cœur.”

Le chef d’État, qui s’exprimait lors d’une rencontre avec les journalistes de l’Association de la presse présidentielle à Paris, a fait allusion aux récentes attaques du candidat républicain contre la famille d’un soldat musulman, Humayun Khan, mort en Irak en 2004. “Les excès finissent par créer un sentiment de haut-le-cœur, […] surtout quand on s’en prend […] à un soldat, à la mémoire d’un soldat”.

Captain Khan, killed 12 years ago, was a hero, but this is about RADICAL ISLAMIC TERROR and the weakness of our “leaders” to eradicate it!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 31 juillet 2016

Pour voir les images et vidéos sur vos mobiles et tablettes, cliquez ici.

Les parents d’un soldat musulman tué en Irak ulcérés par les propos de Trump

Le président américain, Barack Obama, a lui même jugé que les attaques de Donald Trump contre la famille de l’officier musulman de l’US Army, tué en Irak en tentant de protéger ses hommes, étaient une nouvelle preuve que le candidat républicain n’était pas digne de devenir président.

>> À lire sur France 24 : “Saba Ahmed, Américaine, musulmane et pro-Trump”

“Il faut respecter les hommes politiques quand ils sont respectables”

François Hollande a lui aussi jugé, sans jamais le nommer, que Donald Trump n’était pas un candidat politique sérieux. “Il faut les respecter [les hommes politiques] quand ils sont respectables”.”La démocratie, c’est aussi la grande question par rapport à la tentation autoritaire que l’on voit surgir”, “notamment aux États-Unis”, a insisté le chef de l’État.

Le président français a également établi le parallèle entre l’élection américaine de novembre et l’élection française. “Si les Américains choisissent Trump, cela aura des conséquences parce que l’élection américaine est une élection mondiale”. “Ça peut conduire à une droitisation très forte ou, au contraire, à une correction”, a-t-il analysé.

François Hollande avait déjà déclaré fin juin qu’une victoire de Donald Trump serait dangereuse et il avait invité le candidat républicain à ne pas “s’abaisser”, après des remarques contre la France.

>> À lire sur France 24 : “Obama fustige la réthorique anti-musulmans de Trump”

Tensions dans le camp républicain

Dans le camp du Grand old Party aussi, les critiques envers Trump commencent à plomber la campagne du candidat républicain. Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, et John McCain, le très respecté sénateur républicain de l’Arizona, ont pris leurs distances avec le magnat de l’immobilier après ses propos “déplacés” sur la mort du soldat musulman, Humayun Khan, en Irak. “Bien que le parti l’ait nommé, cela ne lui donne pas le droit de diffamer les meilleurs d’entre nous”, a déclaré le sénateur de l’Arizona, dans un communiqué.

“Les déboires du camp républicain”

Piqué au vif par ces critiques, Donald Trump a annoncé qu’il ne soutiendrait pas la campagne de Ryan pour sa réélection au Congrès et de McCain qui souhaite conserver son siège dans l’Arizona.

Malgré ces gestes de défiance, d’autres personnalités du parti républicain ont récemment critiqué le comportement de Trump. Le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, jusque-là soutien indéfectible du candidat républicain, n’a pas digéré les propos “déplacés” de Trump. “Je n’ai pas vu le discours de M. Khan [le père du soldat] à la convention démocrate, mais je vais simplement dire ceci : je suis un père de famille et je ne peux pas imaginer la douleur de perdre un enfant, quelles que soient les circonstances”, a déclaré Chris Christie, cité par le site d’informations Politico.

Richard Hanna est devenu, lui, le premier membre du Congrès républicain à annoncer publiquement qu’il voterait pour Hillary Clinton le 8 novembre. “J’étais sidéré par le manque de sensibilité de ses commentaires”, a ajouté celui qui avait annoncé, il y a plusieurs mois, qu’il ne soutiendrait jamais Donald Trump. “Je pense que Trump est une honte nationale”, a-t-il affirmé. “Est-ce que vous voulez vraiment que cette personne ait les codes nucléaires ?”

Avec AFP et Reuters

Première publication : 03/08/2016