Archive for August 4th, 2016

La maire de Lille a annoncé, vendredi, l’annulation de la grande braderie, l’un des plus grands rassemblements annuels en France qui se tient en septembre, en raison des risques d’attentats. Le syndicat de l’hôtellerie craint “un drame économique”.

La célèbre braderie de Lille n’aura finalement pas lieu cette année. La maire de Lille, Martine Aubry, l’a annoncé vendredi 5 août lors d’une conférence de presse, invoquant des raisons de sécurité et des “risques” impossibles à réduire.

“C’est un problème de responsabilité morale de la maintenir. Je pense donc qu’il faut suspendre la braderie de 2016”, a expliqué Martine Aubry lors d’une conférence de presse commune avec le préfet du Nord. L’élue socialiste, visiblement émue, a évoqué une “décision douloureuse” à prendre.

La maire de Lille a reçu le soutien de Manuel Valls. Le Premier ministre a salué sur Twitter une “décision courageuse et difficile”.

Soutien à la décision difficile et courageuse d’annuler l’édition 2016 de la #BraderiedeLille.

— Manuel Valls (@manuelvalls) August 5, 2016

“À un moment, nonobstant nos passions, nos convictions, il faut dire stop à un modèle qui est dépassé par les exigences de sécurité”, a pour sa part indiqué le préfet du Nord, Michel Lalande.

“Faire la braderie avec des tireurs d’élite sur tous les toits, des CRS à chaque coin de rue, des hélicoptères et des drones qui tournent partout, pour moi, ce n’est pas l’esprit de la braderie”, a ajouté Martine Aubry

Le syndicat de l’hôtellerie dénonce une décision “irresponsable”

Cette décision d’annuler l’édition 2016, qui devait se tenir les 3 et 4 septembre, s’appuie sur le caractère particulier de la braderie, “référence européenne”, qui a accueilli l’an dernier dans toute la ville près de 2,5 millions de visiteurs sur 100 km d’étals avec 10 000 exposants. La braderie avait été annulée la dernière fois pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1939 et 1944.

“La décision de suspendre est prise non pas parce que la braderie est victime de son histoire, mais en raison de son modèle hyperurbain avec ses rues pleines de monde”, a ajouté Michel Lalande.

La Voix du Nord, qui a suivi la conférence de presse de la maire, précise que les commerçants pourront organiser une braderie dans leurs boutiques et que la fête foraine de Lille reste, elle, maintenue.

Par ailleurs, la maire a annoncé que la braderie aurait lieu en 2017 mais selon une organisation différente.

Ces concessions n’apaisent pas la colère du président de l’Umih, syndicat de l’hôtellerie et de la restauration. Interrogé sur France Info, Thierry Grégoire a dénoncé une décision “irresponsable”, entraînant un véritable “drame économique” pour son secteur. Les hôtels de la ville et des alentours affichent en effet complet durant trois nuits à l’occasion de la Braderie, et “certains cafés et restaurants assurent entre 10 et 30 % de leur chiffre annuel”, a-t-il par ailleurs expliqué à l’AFP.

Mais les autorités avaient relevé que les réservations d’hôtels et de transport étaient “en baisse” par rapport aux années précédentes, preuve selon Martine Aubry qu’il “y avait déjà une angoisse et une peur” autour de la braderie.

Avec AFP

Première publication : 05/08/2016

Le sénateur de l’Hérault a exhorté le gouvernement à agir pour protéger les viticulteurs du Midi face à la concurrence espagnole. Un appel qui fait suite au sabotage de plusieurs cuves, le 3 août, et qui a déclenché une inondation de vin à Sète.

Après l’œno-tourisme, la France se découvre un penchant pour l’œno-terrorisme. C’est en tout cas ce qui ressort des gros titres de la presse spécialisée anglo-saxonne, qui multiplie les références aux “terroristes du vin” suite au dernier coup d’éclat du Comité régional d’action viticole (CRAV), un syndicat de viticulteurs occitans, dans la nuit du 2 au 3 août dernier.

Les images des milliers de litres de vin s’écoulant dans les rues de Sète (Hérault) suite à un sabotage des cuves du négociant Biron S.A. ont depuis fait le tour du monde. Une véritable “rivière de vin”, selon le quotidien local Midi Libre, qui évoque l’action d’un commando d’une dizaine d’hommes encagoulés. Les pompiers sont intervenus vers minuit pour pomper cette coulée rouge, dont les effluves alcoolisées ont continué de flotter toute la nuit sur cette ville cotière du sud de la France.

#Wine terrorists flow town: tens of thousands of litres from giant vats belonging to a merchant in the port of #Setepic.twitter.com/neqSo27ofA

— WineNews (@WineNewsIt) 4 août 2016

Pour voir les images et vidéos sur vos tablettes et mobiles, cliquez ici.

Le CRAV, mouvement réputé pour ses actions musclées, a revendiqué dès mercredi le décuvage sauvage afin de dénoncer l’importation de vin espagnol à faible coup. Le 20 juillet, des membres cagoulés du CRAV avaient saccagé au cours de la nuit des locaux du groupement viticole Vinadeis, près de Béziers (Hérault), en invoquant les mêmes griefs.

L’invasion des “vins espagnolisés”

La dernière action coup de poing du CRAV a fait sortir de la torpeur estivale le sénateur PS de l’Hérault, Henri Cabanel, lui-même viticulteur de profession.Ce dernier a appelé le ministre de l’Agriculture à agir pour protéger la filière française face à une concurrence jugée déloyale.

“Monsieur le Ministre, si je déplore ces actes, je me permets d’insister sur l’urgence à agir”, écrit l’élu. “La filière est désabusée et vit la concurrence des pays voisins comme une injustice car la production n’y est pas réalisée avec les mêmes contraintes règlementaires qu’en France”.

Le sénateur PS rappelle qu’il avait déjà alerté le ministre en mai sur “la situation préoccupante relative à l’importation de vins espagnols vendus en France entre 30 et 40 euros/hecto, alors que le prix de nos vins se situe entre 70 et 80 euros/hecto”.

Le CRAV évoque quant à lui des vins “espagnolisés” pour dénoncer des breuvages qui transiteraient par l’Espagne après avoir été produits à moindre coût en Argentine ou au Chili. Le groupe radical a menacé de mener de nouvelles actions, notamment contre la grande distribution, jusqu’à ce qu’il soit “entendu” par les pouvoirs publics.

Une menace prise au sérieux par le sénateur de l’Hérault, qui décrit un “début de crise” lié également aux pénuries d’eau et aux stocks invendus des caves coopératives.

“Et cela va continuer”, avertit Henri Cabanel en référence aux actions coup de poing, “car les viticulteurs sont en colère. Et quand le Midi gronde…

Avec AFP

Première publication : 05/08/2016