Archive for August 7th, 2016

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a pris lundi la tête du C40, une organisation qui réunit 85 villes du monde dont l’objectif est de lutter contre le réchauffement climatique. L’édile a assuré qu’elle veillerait au respect de l’accord de la COP21.

Le maire de Rio Eduardo Paes, a passé le flambeau à son homologue de Paris, Anne Hidalgo, pour présider, à partir de lundi 8 août, le Cities 40 (C40), le plus grand réseau de villes, dont l’objectif est de lutter contre le dérèglement climatique.

“J’annonce la nouvelle présidente Anne Hidalgo”, a déclaré Eduardo Paes lors d’une conférence de presse au Musée de Demain, symbole de la zone portuaire rénovée dans le cadre des Jeux olympiques de Rio qui ont débuté le 5 août.

>> À lire sur France 24 : “Anne Hidalgo : une femme de l’ombre aux commandes de la Ville Lumière”

Anne Hidalgo, qui s’est félicitée d’être “la première femme à la tête du C40”, a déclaré qu’au cours de son mandat elle s’efforcerait “d’assurer que les plus grandes et influentes villes du monde se mobilisent pour faire respecter l’accord de Paris” sur le climat, conclu le 12 décembre 2015, à l’issue de la COP21.

“Qu’il s’agisse du défi climatique, de l’inclusion sociale ou de l’accueil des réfugiés, nos villes sont en première ligne et plus que jamais, nous avons besoin d’unir nos forces”, at-elle souligné à Rio.

25 % du PIB mondial

Après Ken Livingstone, maire de Londres, David Miller, maire de Toronto, Michael Bloomberg, maire de New York, et Eduardo Paes, Anne Hidalgo devient ainsi leader mondiale des maires les plus influents, représentant ensemble 650 millions de citoyens et dont les territoires génèrent 25 % du PIB mondial.

Le “Cities Climate Leadership Group” (C40) est un réseau créé en 2005 qui rassemble 85 villes : New York, San Francisco, Vancouver, Londres, Paris, Moscou, Rome, Milan, Athènes, Séoul, Bombay, Djakarta, Melbourne, Hong-Kong, Pékin, Sao Paulo, Buenos Aires, Le Cap, Le Caire, etc. Son siège est à Londres.

Anne Hidalgo a indiqué qu’elle initierait notamment “un appel à projets d’urbanisme innovants à l’échelle des villes du C40”, travaillera “avec les meilleures startups des villes du C40 pour généraliser les solutions les plus pertinentes en matière de qualité de vie en ville” et favorisera “de nouveaux investissements pour financer l’action des villes durables et résilientes”.

La maire de Paris, qui avait annoncé sa candidature à la présidence du C40 en avril, avait reçu les soutiens de nombreux édiles. Elle était la seule candidate.

Interrogée à Rio pour savoir si le fait de présider le C40 pourrait aider la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024, elle a répondu que le C40 et les JO sont “deux agendas différents”.

“Nous ne sommes pas là pour faire la promotion de nos villes engagées dans les JO. Nous n’avons pas le droit de le faire ; la campagne ne commencera qu’à partir de février 2017”, a-t-elle précisé.

Avec AFP

Première publication : 08/08/2016

Emprisonné au Bangladesh pour “activités suspectes”, Moussa Ibn Yacoub, membre de l’ONG islamique BarakaCity, est rentré en France dimanche. Son sort avait suscité une large mobilisation sur Internet, mais un faible écho dans l’opinion publique.

Après plusieurs mois de détention pour “activités suspectes” au Bangladesh, Moussa Ibn Yacoub, un membre de l’ONG islamique BarakaCity, a finalement pu rentrer en France. L’homme de 28 ans est arrivé à Roissy-Charles-de-Gaulle, dimanche 7 août. L’humanitaire avait été arrêté le 19 décembre au Bangladesh, où il visitait des camps de réfugiés Rohingyas, une minorité musulmane venue de Birmanie.

À l’origine de l’affaire : un problème d’identité. Quand l’humanitaire français arrive sur le territoire bangladais, au mois de décembre, les autorités ne comprennent pas pourquoi le nom de “Moussa Ibn Yacoub” ne figure pas sur sa carte d’identité. L’homme se prénomme en réalité Maxime Puemo Tchantchuing. Converti à l’islam, l’humanitaire préfère qu’on l’appelle par son identité musulmane.

Moussa est bien rentré, il est sur Paris par la grâce d’Allah : ) Encore une fois, merci à tous ceux qui ont participé à la mobilisation !

— BarakaCity (@Barakacity) 7 août 2016

Pour voir les images et twitter sur vos smartphones, cliquez ici

“Les autorités [du Bangladesh] ont pensé à une usurpation d’identité”, explique Me Samim Bolaky, l’avocat de Moussa Ibn Yacoub, joint par France 24. “Il y a donc eu, les premiers jours, une suspicion d’intention terroriste […] Moussa a également été accusé de ne pas s’être déclaré aux autorités”. Au Bangladesh, les réfugiés rohingyas sont considérés comme des migrants clandestins. “Il est impossible de leur apporter une aide sans être dans l’illégalité, précise l’avocat. Mais Moussa n’a pas cherché à leur apporter de l’aide illégalement. Il était là-bas pour faire du repérage pour BarakaCity.”

>> Revoir le reportage sur France 24 : “L’exode des Rohingya, fuir au péril de leur vie”

“Odeur de soufre de BarakaCity”

Reste que la méfiance du Bangladesh à l’égard du Français est assez similaire à celle des autorités françaises à l’égard de l’ONG islamique. “Il y a une odeur de soufre sur l’association BarakaCity, explique Me Boulaky. Je ne dis pas que cela a joué sur le dossier. Je dis que l’ONG doit vivre avec une dure réputation”. Au retour de Moussa Ibn Yacoub, dimanche, aucune personnalité politique n’a fait le déplacement sur le parvis de l’aéroport. Seuls sont présents des membres de son comité de soutien et de sa famille.

Moussa Ibn Yacoub à l’aéroport de Roissy, le dimanche 7 août

© Compte Facebook de Moussa Ibn Yacoub

L’association islamique est, en effet, dans le viseur de l’État français. Fin novembre, après les attentats de Paris, des perquisitions sont menées dans ses locaux, à Courcouronnes (Essonne), dans le cadre de l’état d’urgence. “Il existe des raisons sérieuses de penser que se trouvent [à Barakcity] des personnes, armes ou objets liés à des activités à caractère terroriste”, s’était justifié le préfet à l’époque.

Quelques mois plus tôt, en janvier 2016, le président de BarakaCity, Idriss Shihamedi – souvent présenté comme un salafiste bien qu’il récuse cette définition – avait défrayé la chronique pour n’avoir pas suffisamment condamné le groupe État islamique sur le plateau de Canal +.

>> À (re)lire sur France 24 : “ONG islamiques et jihad : les liaisons dangereuses ?”

De nombreux médias ont aussi égratigné l’image de l’ONG, qui n’a que cinq ans d’existence mais déjà une grande popularité, surtout chez les jeunes croyants. Un reportage de La Chaîne parlementaire (LCP) a utilisé en 2015 des images de BarakaCity pour illustrer leur sujet “Djihad 2.0”. Un papier sur RTL a remis en cause la vocation purement caritative de l’association.

“Sans la mobilisation populaire, Moussa croupirait toujours dans les geôles bangladaises”

Au début de la détention de Moussa Ibn Yacoub, l’État français a assuré le strict minimum, une protection consulaire. “La France a pris ses précautions”, précise Me Boulaky. Selon l’avocat, c’est surtout la mobilisation populaire sur les réseaux sociaux (avec le hashtag #Freemoussa) qui a “sauvé” son client. Son portrait a été affiché sur le fronton de la mairie de Montreuil. Une pétition pour réclamer sa libération, lancée à Noël sur le site de l’ONG, avait recueilli plus de 430 000 signatures.

“C’est cet engouement sur les réseaux sociaux qui a amené les politiques à prendre la question du sort de Moussa avec plus de sérieux. Sans cela, je suis persuadé que Moussa croupirait toujours dans les geôles bangladaises”, déclare Me Bolaky. En mars 2016, certains politiques sortent du mutisme. Le député socialiste Benoît Hamon prend position et écrit au ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, pour soutenir la cause d'”un citoyen français engagé, injustement incarcéré dans un pays étranger”.

Le 1er mars, après 70 jours d’emprisonnement, les charges contre Moussa Ibn Yacoub sont abandonnées. Le jeune homme, libéré, reste toutefois dans le pays, sous contrôle judiciaire. “Il n’avait pas l’autorisation de quitter le territoire avant la fin de l’instruction”, précise Me Bolaky. C’est désormais chose faite.

Moussa Ibn Yacoub doit tenir mercredi après-midi une conférence de presse à l’hôtel de ville de Montreuil. Pour l’heure, l’humanitaire n’a pas fait de déclaration et s’est contenté de remercier son comité de soutien. “Merci à tous d’être venus ici, je suis très, très content d’avoir vu toute la mobilisation derrière moi”, a lancé le jeune homme. “Cela montre qu’une communauté est capable de se mobiliser, pas seulement pour Moussa mais pour aider son prochain.”

Depuis 1 mois notre équipe au Bangladesh bataille pour sa libération: Moussa est libre,nous l’avons eu au téléphone: pic.twitter.com/o4F2Fq98hF

— BarakaCity (@Barakacity) 1 mars 2016

Avec AFP

Première publication : 08/08/2016

Le gouvernement présentera à l’automne un plan “spécifique, concret, précis” et “financé” pour les prisons, a promis lundi Manuel Valls. Le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un nouveau record avec 69 375 personnes incarcérées.

Un plan “spécifique, concret, précis” et surtout “financé” pour le parc pénitentiaire. C’est ce qu’a promis, lundi 8 août, le Premier ministre Manuel Valls, lors d’une visite à la maison d’arrêt de Nîmes, qui détient le record français de surpopulation carcérale.

La “pause” estivale du gouvernement à peine entamée, le Premier ministre et le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas ont passé plus de deux heures à la maison d’arrêt de Nîmes, Manuel Valls relevant sa situation “particulièrement critique”. Elle accueille à l’heure actuelle 406 détenus, hommes et femmes, pour une capacité théorique de 192 places, selon son directeur Luc Joly.

Le 1er juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un nouveau record avec 69 375 personnes incarcérées pour 58 311 places.

Mais, malgré des attentes fortes, le Premier ministre s’est gardé de toute annonce définitive, martelant que “le gouvernement agit”.

Manuel Valls a indiqué que “des réflexions sont en cours qui permettront de faire face à l’accroissement de la population carcérale à moyen terme”. “Des pistes seront présentées à l’automne, avec un plan spécifique, concret, précis, financé – car par le passé il y a eu tant d’annonces mais jamais financées – sur le parc pénitentiaire”.

Jean-Jacques Urvoas a rappelé de son côté qu’il devait présenter au Parlement en septembre un rapport sur l'”encellulement individuel”. “La priorité du gouvernement c’est évidemment l’encellulement individuel parce qu’aujourd’hui c’est un impératif de sécurité”, a-t-il affirmé, alors que la vague d’attentats en France pose de façon aiguë la question de la radicalisation en prison.

>> À voir sur France 24 : “Face à la radicalisation dans les prisons, la France fait appel aux aumôniers musulmans”

“Alternatives à la détention”

Citant des travaux de rénovation en cours dans des établissements vétustes, comme la prison de la Santé à Paris, ainsi que l’ouverture de nouveaux établissements, à Beauvais ou Valence, il a estimé qu'”il reste cependant beaucoup de travail à faire”. “Nous avons créé plus de 1 100 postes dans l’administration pénitentiaire”, a aussi fait valoir le Premier ministre.

Le premier objectif de sa visite à Nîmes, a expliqué Manuel Valls, était de “saluer l’engagement des personnels, des hommes et des femmes qui travaillent dans l’administration pénitentiaire”, dont il a souligné le “métier difficile et profondément humain”.

La maison d’arrêt de Nîmes, sanctionnée il y a un an par le Conseil d’État, “concentre les difficultés : surpopulation féminine, augmentation du nombre de matelas par terre”, a-t-il relevé, se refusant cependant à toute annonce spécifique sur cet établissement.

De son côté, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a mis en garde lundi contre la tentation de créer des places supplémentaires pour résoudre le problème de la surpopulation carcérale. “L’histoire a montré que plus on construisait de places, plus elles étaient remplies”, a affirmé Adeline Hazan, “pas du tout d’accord” avec la droite qui réclame 10 000 à 20 000 places de prison supplémentaires.

“Bien sûr qu’il faut un certain nombre de places de prison” supplémentaires, a-t-elle convenu. “Quand Mme Taubira (ancienne garde des Sceaux) avait parlé d’un programme de 6 000 nouvelles places en 2014, je pense que c’était suffisant et en créer davantage ne réglera pas la situation”. Préférant des “alternatives à la détention”, elle a plaidé pour que “la prison soit véritablement, comme la loi l’indique, le dernier recours”.

Avec AFP

Première publication : 08/08/2016

Un mandat d’arrêt européen a été émis à l’encontre de Mourad Hamyd, le beau-frère de Chérif Kouachi, l’un des auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo. Interpellé fin juillet à la frontière turque, il est suspecté d’avoir voulu se rendre en Syrie.

Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert, le 29 juillet, une information judiciaire en vue de délivrer un mandat d’arrêt européen contre Mourad Hamyd, le beau-frère d’un des frères Kouachi, l’un des auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo. Ce jeune homme de 20 ans a été arrêté à la frontière turque et est soupçonné d’avoir voulu rejoindre le groupe État islamique (EI) en Syrie.

Selon un article publié le 7 août dans le Journal du Dimanche, la famille de Mourad Hamyd, qui fait l’objet d’une fiche S, a signalé sa disparition le 25 juillet. La diffusion de son signalement a permis de retrouver sa trace dans un centre de détention en Bulgarie, où il avait été placé après avoir été refoulé par les autorités turques. “Le contenu de son sac de voyage ressemble plus à la panoplie d’un candidat au djihad qu’à celui d’un touriste venu bronzer sur les plages turques”, rapporte le JDD.

Vers une extradition ?

La ministre bulgare de l’Intérieur, Rumiana Bachvarova, a confirmé la détention de Mourad Hamyd et indiqué qu’un mandat d’arrêt européen avait été émis contre lui.

“Il a été arrêté, identifié, toutes les mesures nécessaires sont prises, nous attendons le déroulement de la procédure judiciaire”, a-t-elle expliqué en précisant que la justice bulgare pourrait statuer dès le 9 août sur son extradition. “Il avait le comportement typique d’un combattant étranger et c’est comme ça qu’il a été repéré”, a-t-elle ajouté, selon la chaîne de télévision privée BTV.

Troisième suspect de la fusillade à Charlie Hebdo, Mourad Hamyd s’était présenté de lui-même au commissariat de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, le soir de l’attaque, après avoir vu son nom circuler sur les réseaux sociaux. Il avait été placé en garde à vue pendant 48 heures, avant d’être relâché sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.

Dans un entretien à l’AFP, le 10 janvier 2015, il s’était dit “sidéré, complètement dépassé par les événements”. “Cet attentat, c’est l’horreur, c’est un crime horrible et je pense aux victimes et à leurs familles”, avait-il déclaré.

“Je suis sous le choc, on a dit des choses horribles et fausses sur moi dans les réseaux sociaux, alors que je suis un lycéen normal qui vit tranquillement avec ses parents”, avait-il expliqué. Il était alors en terminale, disant n’avoir que des rapports “assez lointains” avec Chérif Kouachi que sa sœur avait épousé.

Les frères Kouachi ont tué douze personnes le 7 janvier 2015 au siège de Charlie Hebdo, à Paris, avant d’être abattus deux jours plus tard par les forces de l’ordre à Dammartin-en-Goële.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 08/08/2016