Archive for August 9th, 2016

Les pompiers marseillais ont bénéficié de conditions favorables, tôt jeudi matin, dans leur lutte contre un incendie géant qui a parcouru 3 300 hectares de garrigue au nord de la deuxième plus grande ville de France.

L’incendie géant au nord de Marseille “semble perdre de son intensité mais n’est pas encore maîtrisé”. C’est ce qu’a annoncé sur Twitter le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, dans la nuit du mercredi au jeudi 11 août. Les 1 200 pompiers mobilisés continuent néanmoins de recevoir des renforts d’autres régions afin d’empêcher le feu de s’étendre aux villes.

“Les conditions sont plus favorables car, malgré un vent toujours violent, l’humidité est de retour et les températures baissent”, a déclaré à la presse, au PC du feu installé près de la gare TGV d’Aix-en-Provence, le directeur des pompiers des Bouches-du-Rhône (SDIS 13), le colonel Grégory Allione.

Les pompiers ont revu leur dispositif car le feu est fixé dans de nombreuses parties, a-t-il indiqué. “Les foyers actifs sont (situés) sur les communes de Saint-Victoret, des Pennes-Mirabeau et Vitrolles”, ont précisé ses services dans un communiqué.

Incendies dans les Bouches-du-Rhône
  • © Boris Horvat, AFP

    L’incendie s’est déclaré près de Vitrolles. Quatre secteurs de Vitrolles, dont le vieux village, ont été évacués et deux gymnases ont été mobilisés pour accueillir les habitants, a indiqué la mairie.

  • © Boris Horvat, AFP

    Des canadairs près de Vitrolles, ce mercredi 10 août. “Situation hors de contrôle, feu extrêmement puissant, rapide, explosif qui continue à brûler tout sur son passage, même des maisons”, ont précisé les pompiers dans un communiqué.

  • © Boris Horvat, AFP

    L’incendie touche les communes de Rognac, Vitrolles et Les Pennes-Mirabeau, au nord de Marseille.

  • © Boris Horvat, AFP

    L’autoroute A7 à proximité de Vitrolles a été coupée.

Deux personnes ont été blessées, dont une gravement brûlée à Rognac, et une autre plus légèrement. Aucun blessé n’est à déplorer parmi les soldats du feu.

Depuis mercredi 15H30, “2.500 hectares ont été brûlés dans un feu parti de Rognac, qui a été arrêté cette nuit aux portes de Marseille, dans le nord de la ville. 800 hectares ont brûlé dans la zone portuaire industrielle de Fos-sur-Mer. Certains feux sont déjà éteints, celui de Rognac est fixé”, a déclaré à l’AFP le directeur de cabinet du préfet, Jean Rampon

“L’objectif des forces est de contenir absolument le feu pour éviter qu’il ne gagne les villes, et notamment Marseille”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve qui a fait le déplacement à Aix-en-Provence.

Le ministre arrivait de l’Hérault, où un incendie a parcouru plus de 200 hectares de garrigues près de Gabian, à 20 km au nord de Béziers. Quatre pompiers, dans un véhicule cerné par les flammes, y ont été blessés dans l’après-midi au cours de l’intervention, dont trois grièvement. Le feu a été circonscrit peu après 20 h.

Une situation “pas vue depuis très longtemps”

L’incendie de Vitrolles, attisé par un mistral violent conjugué à la sécheresse, avait débuté en milieu d’après-midi à Rognac, se propageant rapidement dans la garrigue d’herbes rases et quelques espaces boisés du plateau de l’Arbois. Entre 20 et 25 maisons ont été brûlées.

Le ciel en fumée au dessus de Marseille … #feu#france#BouchesduRhone#marseillepic.twitter.com/W7OcbItrr1

— Kannary (@nasselt) 10 août 2016

“La situation que nous connaissons est telle que nous n’en avons pas vue depuis très longtemps”, ont décrit les pompiers.

Aux Pennes-Mirabeau, dans la nuit, une colline de garrigue était embrasée à moins de 100 mètres d’habitations, sous un ciel incandescent. Sur la route conduisant à cette localité, des poteaux électriques étaient détruits par le feu et les flammes progressaient dans une forêt non loin d’une station-service, a constaté l’AFP.

Frédéric Paris, directeur de cabinet du maire de Vitrolles, a évalué “entre 6 000 et 8 000” le nombre de personnes affectées par le sinistre, dans cinq quartiers, la plupart restant confinées chez elle, les autres, un millier environ, ayant été évacuées, notamment vers trois gymnases. La mairie avait aussi annoncé l’évacuation d’enfants accueillis dans un centre aéré.

Reprise progressive du trafic aérien

Dans cette localité de quelque 35 000 habitants à 30 kilomètres au nord de Marseille, “le feu part de partout, c’est incontrôlable”, commentait un policier à un rond-point dans la soirée. Des habitants couraient en tous sens et se réfugiaient dans les gymnases mis à leur disposition.

“La situation a été rendue difficile en raison de la météo, avec un fort vent et une sécheresse qui dure depuis plusieurs semaines”, a expliqué Bernard Cazeneuve.

[VIDEO] #Incendie : l’A7 se retrouve plongée dans le noir▶️ https://t.co/BToONboUr1https://t.co/QaQfyNb6hD

— francetv info (@francetvinfo) 10 août 2016

Après un hiver et un printemps faiblement pluvieux, le sud-est de la France est en état de sécheresse et des mesures de restrictions d’eau plus ou moins drastiques ont été prises dans plusieurs départements, dont les Bouches-du-Rhône.

Les transports aériens et routiers ont progressivement repris mercredi soir après avoir été gravement perturbés par le feu, à proximité immédiate de l’aéroport Marseille-Provence à Marignane.

Dans la zone industrielle entre Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis du Rhône, 530 hectares ont aussi été parcourus par trois autres incendies, mobilisant 250 pompiers. Le feu était désormais sous contrôle, après avoir été “menaçant” pour les entreprises alentour.

Avec AFP

Première publication : 10/08/2016

Les 72 restaurants qui ont fleuri dans la “jungle” de Calais ces dernières années sont menacés de fermeture. La préfecture du Pas-de-Calais demande leur destruction pour, entre autres, des problèmes d’hygiène. Les ONG s’offusquent.

L’État va-t-il raser tous les commerces de la “jungle” de Calais ? La préfecture du Pas-de-Calais a saisi fin juillet le tribunal administratif de Lille pour lui demander de valider sa demande de destruction de 72 restaurants “illégaux” qui ont essaimé dans le camp de migrants à Calais depuis plusieurs années.

Une audience en référé était en cours mercredi 10 août. La réponse de la justice est attendue vendredi. Selon la Voix du Nord, la préfecture du Pas-de-Calais a fait valoir que les commerces et restaurants de la “jungle” étaient à l’origine “de troubles graves à l’ordre public” et qu’ils ne respectaient pas les mesures élémentaires d’hygiène. “Non seulement ‘ce sont des lieux de ventes illégaux’, mais les migrants y sont ‘exploités’, s’y nourrissent de ‘viande avariée’ et y achètent ‘à crédit des outils, notamment des lames de cutter, pour attaquer les camions sur la rocade’”, a argumenté Étienne Desplanques, directeur de cabinet de la préfète du Pas-de-Calais, dont les propos ont été repris dans le quotidien.

Pour voir les images et vidéos sur vos tablettes et mobiles, cliquez ici.

There are hundreds of refugee restaurants in Calais jungle. Some of them welcome your filming inside.#CalaisJunglepic.twitter.com/qsP487PvPz

— LYNN (@KongLinlin) 22 février 2016

La demande de la préfecture s’inscrit dans la continuité des opérations de police menées le mois dernier. Entre le 18 et le 21 juillet, en effet, tous les commerces informels de la “jungle” avaient été contrôlés par les autorités, et certains fermés. Dix-huit personnes avaient été placés en garde à vue et “42 procédures judiciaires avaient été réalisées avec saisie et destruction de plus de 30 m3 de marchandises diverses dont 19 kg de produits avariés”, avait-on précisé à la préfecture.

“Aucun cas d’intoxication alimentaire”

Dans le camp opposé, du côté des associations, on joue la carte de la nécessité de ces lieux de vie. Selon un communiqué rédigé par huit collectifs d’aide aux réfugiés, dont L’Auberge des migrants, “la fermeture […] et la destruction de ces restaurants […] auront des conséquences graves”. Car ces commerces jouent un vrai rôle de cohésion, arguent les ONG, “[ils] permettent la rencontre entre réfugiés, entre réfugiés et bénévoles, et assurent donc une meilleure sociabilité à la survie quotidienne dans le camp”, explique notamment l’Auberge des Migrants sur son site internet.

>> À lire sur France 24 : “La boue au ventre : ces milliers de migrants pris au piège à Grande-Synthe”

“La préfecture parle de problème d’hygiène et de produits avariés, mais nous n’avons recensé aucun cas d’intoxication alimentaire”, précise de son côté Valérie, chargée de communication chez Utopia 56, une autre association d’aide aux migrants, qui œuvre sur Calais et sur Grande-Synthe, contactée par France 24. “Tous ces petits restaurants sont alimentés chaque jour en produits frais. Nous, les membres des associations, y mangeons régulièrement. Et tout est cuit et re-cuit à la manière de pays qui n’utilisent que très peu les frigos”, explique-t-elle.

Utopia 56 craint surtout qu’une autorisation de destruction soit un premier pas vers un démantèlement total – après la démolition de la zone sud du camp en février dernier. “La préfecture parle de 72 restaurants, mais nous [les ONG] en recensons une quarantaine dans la jungle. Nous pensons qu’il y a des risques pour que les autorités s’en prennent à d’autres lieux comme des épiceries, des petits commerçants…” Une pétition circule d’ailleurs pour demander que le Kid’s restaurant, créé exclusivement pour les mineurs, soit épargné.

Le soleil ramène sa fraise. #calais#junglepic.twitter.com/At72NeM5S4

— Marie Piquemal (@mariepiquemal) 4 mars 2016

Pénurie alimentaire

Les ONG insistent aussi sur la double fonction des échoppes qui hébergent aussi de nombreux migrants. “Ceux qui arrivent de nuit, ceux qui n’ont pas encore de tente ou de lieux pour dormir dans la jungle sont logés dans les restaurants. Tous ces lieux de vie abritent jusqu’à 250 personnes” précise Valérie d’Utopia 56.

Même si “ces commerces ont été créés sans aucune base légale”, et que les gérants “ne paient ni impôts locaux, ni charges sociales, ni impôt sur le revenu”, comme le rappelle l’Auberge des migrants, leur disparition pourrait donc aggraver la situation sur le camp. Les cuisines créées par les associations (comme Belgian Kitchen, Ashram Kitchen, Kitchen in Calais, Refugees Kitchen…) ont reçu une promesse orale d’être épargnées. Mais leurs distributions de nourriture seront-elles suffisantes ? “Le centre Jules Ferry [un centre d’accueil de jour situé à côté de la “jungle”], qui distribue actuellement entre 3 100 et 3 500 repas une fois par jour, est incapable d’assurer l’alimentation de tout le camp”, s’alarme l’Auberge des migrants.

“Depuis la fermeture totale ou partielle [de certains établissements lors des contrôles de police], les associations ont dû augmenter le nombre de repas ou de sachets-repas”, ajoute l’ONG. Une inquiétude partagée par Valérie. “Les files d’attente s’allongent [aux points de distribution de repas], cela crée toujours plus de tensions. Il faut faire attention”.

Environ 4 500 réfugiés vivaient au mois de juin dans la “jungle”, selon la préfecture, 7 000, selon les associations. Ces files d’attente, qui durent parfois plusieurs heures, peuvent donc déboucher sur des rixes, comme il s’en est produit plusieurs ces dernières semaines. Un migrant éthiopien a été tué le 26 juillet. À la fin du mois de mai, des affrontements entre Afghans et Soudanais avaient fait 40 blessés.

Avec AFP

Première publication : 10/08/2016

La police a interpellé et placé en garde à vue, lundi, un homme, qui a été en contact avec les deux auteurs de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, revendiqué par l’organisation État islamique.

Un homme, qui a été en contact avec les deux auteurs de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, a été arrêté, lundi 8 août, dans la région de Toulouse et se trouve toujours en garde à vue mercredi, selon une source judiciaire.

Âgé de 21 ans, il connaissait Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, qui avaient pris fin juillet en otage cinq personnes et tué le père Jacques Hamel en pleine messe dans une église près de Rouen, avant d’être abattus par la police. L’attaque a été revendiquée par l’organisation État islamique.

Dans cette affaire, un cousin d’Abdel Malik Petitjean, Farid K., a déjà été mis en examen et écroué le 31 juillet. Né à Nancy, cet homme âgé de 30 ans “avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin”, selon le parquet de Paris.

Plusieurs autres personnes, dont les noms sont apparus dans d’autres enquêtes, intéressent aussi à divers degrés les enquêteurs ou ont été mises en examen.

Avec AFP

Première publication : 10/08/2016