Archive for August 15th, 2016

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“Dévastées” par le Brexit, deux étudiantes britanniques ont lancé un site de rencontres entre “titulaires d’un passeport britannique” et “citoyens européens”. Une démarche insolite qui reflète les inquiétudes face à un avenir incertain.

Du “love” contre le Brexit. C’est la mission que se sont assignées deux étudiantes britanniques en lançant le site de rencontres “idbenothingwithouteu” (“je ne serais rien sans l’Union européenne”). Leur idée ? Favoriser les rencontres amoureuses entre Britanniques et citoyens européens à l’heure où le Royaume-Uni prépare sa sortie de l’UE.

Sur le site, où les étoiles du drapeau européen forment un cœur, l’internaute en quête d’une âme sœur pro-européenne sélectionne les champs correspondant à sa situation. Par exemple : “je suis titulaire d’un passeport britannique” à la recherche d’”un citoyen européen”. L’inscription est gratuite et le site compte déjà plus de 3 000 inscrits. Le succès et surtout l’engouement médiatique autour de “idbenothingwithouteu” ont surpris et ravi les deux jeunes femmes. “Au début, on a lancé ça comme une blague sans vraiment y croire”, ont-elles expliqué à France 24.

>> A lire sur France24 : Brexit : ce qui attend le Royaume-Uni et l’Europe

Comment Katy et Chloe ont-elles eu l’idée de lancer un tel site ? “C’était une ou deux semaines après le Brexit et on était complètement déprimées par la hausse des actes racistes, qui a suivi en Angleterre et au pays de Galles, alors qu’on a plein d’amis étrangers”, répondent en chœur les deux jeunes femmes qui étudient la publicité à Brixton, dans le sud de Londres. “On s’est dit qu’il y avait besoin de plus d’amour au Royaume-Uni”, ajoutent-elles en riant. “Let’s stay together” (“Restons ensemble”), peut-on ainsi lire sur leur site qui surfe avec humour sur la métaphore amoureuse pour parler du couple Royaume-Uni/Union européenne.

We’re solving all the hate with loads of love! Sign up here! https://t.co/J1V9Ia0CkA#nothinwithouteu#londonisopen#brexit#love#dating

— Nothing Without EU (@nothinwithouteu) 15 juillet 2016

“Positif et rafraîchissant”

À ce stade, le nombre de “citoyens européens” inscrits surpasse largement celui des “titulaires d’un passeport britannique”. Un ratio que les créatrices du site trouvent “triste” même si “cela peut encore changer”, selon elles.

George, un Londonien de 25 ans, fait, lui, partie des Britanniques inscrits sur le site : “C’est une démarche positive et rafraîchissante dans un contexte incroyablement déprimant. Je me suis inscrit pour montrer qu’il y avait des Britanniques qui aimaient toujours l’Europe et ce qu’elle représente”, a-t-il confié à France 24, précisant toutefois ne pas être à la recherche de quelqu’un.

La création de ce site de rencontres insolite reflète les nombreuses inquiétudes des Britanniques. Ils sont en effet toujours dans le flou quant à la possibilité qu’ils auront, une fois le Brexit effectif, de vivre et de travailler dans un pays européen. Dans le doute, certains ont déjà demandé la nationalité d’un autre État membre. Mais pour parer à d’éventuelles difficultés, le mariage à un(e) Européen(ne) pourrait être une autre option.

>> À lire France 24 : “Les défis qui attendent Theresa May”

Pour les internautes qui n’auraient pas compris la démarche second degré de “idbenothingwithouteu”, un encart met les choses au clair sur leur site en spécifiant noir sur blanc : “Pas de mariage forcé ici. Pas de triche. Juste de l’amour. Nous voulons seulement vous aider à trouver l’heureux(se) élue”.

Le Brexit, une façon comme une autre de trouver l’âme sœur en somme… Mais cela fonctionne-t-il ? Katy et Chloe n’ont pas encore eu vent de rencontres grâce à leur site. Mais, elles espèrent bien être invitées à un mariage éventuel.

Première publication : 16/08/2016

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La Chine a effectué mardi le premier lancement mondial d’un satellite à communication quantique, une avancée technologique considérable pour Pékin qui projettent de mettre en place un système inviolable de communications cryptées.

C’est une percée technologique pour Pékin : la Chine a effectué mardi 16 août le premier lancement mondial d’un satellite à communication quantique, a annoncé un média d’État. Les responsables chinois ambitionnent par ce biais d’édifier un système inviolable de communications cryptées.

Le lancement a été effectué à 1h40, heure locale (lundi 17h40 GMT), dans le désert de Gobi (nord), a annoncé l’agence officielle Chine nouvelle, et intervient à l’heure où les États-Unis, le Japon et d’autres nations souhaitent elles aussi s’imposer dans cette technologie en plein essor.

La Chine a investi d’énormes ressources financières dans ce marathon technologique, l’un des nombreux investissements de Pékin dans la recherche scientifique de pointe, de l’exploitation minière des astéroïdes aux manipulations génétiques.

Un satellite nommé Mozi

Le satellite – nommé Mozi en l’honneur d’un philosophe et scientifique chinois du 5e siècle avant J.-C. – sera utilisé pour démontrer l’intérêt de la technologie quantique dans les communications longue distance.

À la différence des méthodes classiques de transmission sécurisée, le système utilise des photons (une “particule fondamentale” du champ électromagnétique) pour envoyer les clés de cryptage nécessaires au décodage de l’information.

Les données contenues dans ces photons sont impossibles à intercepter : toute tentative d’espionnage provoquerait leur autodestruction, affirme Chine nouvelle.

Des scientifiques ont démontré l’efficacité de la technologie pour transmettre des messages sur des distances courtes : le record actuel avoisine les 300 km, selon un article de la revue scientifique Nature.

Mais des obstacles techniques rendent pour l’instant les communications longue distance hors d’atteinte. Le satellite chinois tentera d’envoyer des données cryptées entre Pékin et Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest), distantes de près de 2 500 km.

L’opération nécessitera au satellite d’être orienté de façon extrêmement précise vers des stations réceptrices situées sur Terre, selon Chine nouvelle. “Ce sera comme lancer une pièce de monnaie d’un avion volant à 100 km d’altitude et espérer qu’elle vienne se ficher exactement dans la fente d’une tirelire-cochon en rotation”, a expliqué Wang Jianyu, le responsable en chef du projet, cité par l’agence.

Un “tournant dans le rôle de la Chine”

Développer cette nouvelle technologie est un objectif crucial pour Pékin, qui l’a incluse dans son nouveau plan quinquennal publié en mars. “Ce satellite (…) marque un tournant dans le rôle de la Chine. De celui de suiveuse en matière de développement de technologies de l’information classiques, à celui de leader menant les futurs accomplissements du secteur”, s’est réjouit Pan Jianwei, le responsable en chef du satellite, cité par Chine nouvelle. La Chine “peut espérer la création d’un réseau mondial de communications quantiques vers 2030”, a-t-il déclaré.

Pékin avait déjà déclaré que la technologie quantique constituait une de ses priorités nationales. Les révélations de l’ex-consultant Edward Snowden sur les opérations d’espionnage de l’Agence de sécurité américaine (NSA) ont renforcé la quête chinoise de technologies hermétiques au piratage. La Chine fait également partie du groupe de quelques pays travaillant à la création du premier “ordinateur quantique” au monde. Une telle machine, à l’aide des propriétés des particules subatomiques, pourrait effectuer des calculs à des vitesses fulgurantes, bien plus élevées qu’avec les technologies actuelles.

Avec AFP

Première publication : 16/08/2016