Archive for August 23rd, 2016

Le romancier, poète et essayiste Michel Butor est décédé mercredi matin en Haute-Savoie, à l’âge de 89 ans. Il avait remporté le prix Renaudot en 1957 pour son roman “La Modification”.

Écrivain prolixe, père du Nouveau Roman aux côtés d’Alain Robbe-Grillet et Claude Simon, l’écrivain Michel Butor est mort mercredi 24 août à l’âge de 89 ans, en Haute-Savoie, a annoncé sa famille au journal Le Monde.

Prix Renaudot en 1957 pour son roman “La Modification”, Michel Butor est né le 14 septembre 1926 à Mons-en-Baroeul. Écrivain majeur du groupe du Nouveau roman, il s’était également rendu célèbre pour ses œuvres sur l’art et la littérature française.

“Écrire, c’est détruire les barrières”

Ses livres, essais, poésies, étaient inclassables. À l’occasion d’une exposition qui lui était consacrée à la Bibliothèque nationale de France (BNF) en 2006, il déclarait : “écrire c’est détruire les barrières”.

En 2013, il avait été récompensé par le grand prix de littérature de l’Académie française.

Avec AFP

Première publication : 24/08/2016

Les ministres de l’Éducation et de l’Intérieur ont présenté mercredi de nouvelles mesures de sécurité dans les écoles. Pour les parents d’élèves et les professeurs, elles devraient être jointes à un accompagnement psychologique.

L’école n’échappera pas aux précautions de sécurité anti-terroriste. À une semaine de la rentrée scolaire, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, accompagnée du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a présenté mercredi 24 août de nouvelles mesures pour les écoles.

Les établissements scolaires figurent sur la liste des sites à protéger depuis que l’organisation de l’État islamique a tout particulièrement ciblé les enseignants dans le numéro de novembre 2015 de sa revue de propagande francophone, Dar-al-Islam.

Pour sécuriser la rentrée des classes, Bernard Cazeneuve a annoncé que plus de 3 000 réservistes de la gendarmerie nationale seraient mobilisés le 1er septembre dans les 64 000 établissements scolaires du pays. Les préfets devront également réunir à la rentrée “un état-major départemental de sécurité” consacré à la protection de l’espace scolaire.

Par ailleurs, “2 391 gendarmes et policiers correspondants ‘sécurité école’” seront présents dans les commissariats et brigades de gendarmerie à partir de la rentrée et 131 “référents sûreté” seront chargés par l’Éducation nationale de “conseill[er] les directeurs d’école, les inspecteurs de l’Éducation nationale et les chefs d’établissement”.

Simulation d’attentat avec intrusion

Francette Popineau, co-secrétaire et porte-parole du syndicat majoritaire du primaire SNUipp-FSU, se réjouit que le gouvernement “s’intéresse à la protection des élèves et des enseignants” mais déplore que les responsabilités n’aient pas encore été bien réparties entre les acteurs de la vie scolaire. “Par exemple, il est prévu que le directeur de l’école jette un œil aux sacs des personnes qui entrent dans l’établissement. Mais les directeurs sont souvent eux-mêmes des enseignants. Ce n’est pas leur rôle”, explique-t-elle à France 24.

Parmi les nouvelles mesures de sécurité, les écoles seront chargées d’organiser trois exercices de sécurité dans les établissements, au lieu de deux jusqu’à présent, dont un simulant un attentat avec intrusion. “Une sensibilisation aux gestes qui sauvent” des collégiens en classe de troisième, et la formation au brevet de secouriste “de tous les élèves délégués” est également prévue.

Pour Liliana Moyano, présidente nationale de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), ces exercices sont bénéfiques mais “il est indispensable qu’ils soient encadrés par des professionnels”. Une position que partage Francette Popineau.

Ne pas retirer à l’école son image de lieu sûr

Cette dernière insiste sur le fait que les exercices de sécurité ne doivent pas modifier l’image que les enfants se font de l’école : “Il faut leur rappeler que c’est un lieu sûr parce que les adultes qui les encadrent ont la sécurité chevillée au corps.”

Pour les parents comme pour les enseignants, l’enjeu de ces nouvelles mesures de sécurité sera donc de mieux protéger les élèves sans les inquiéter. “Les enseignants devront notamment prendre garde à ne pas utiliser trop de mots liés à la violence ou aux armes”, souligne Francette Popineau. “Pour cela, ils pourront se faire aider par les psychologues scolaires”, précise-t-elle.

Liliana Moyana abonde en ce sens : “Il y a tout un travail d’accompagnement psychologique des élèves à faire dans la durée […] Les enseignements devront être formés à être dans l’écoute.”

Francette Popineau prévient que, pour que la situation évolue dans le bon sens, la “mise en sécurité doit s’accompagner d’autre chose”, sans quoi, les éducateurs risquent de “passer à côté du problème”.

La porte-parole suggère que soient organisées des discussions et des cafés-philosophie pour que les enseignants puissent “contrecarrer ce que les élèves lisent sur les réseaux sociaux et dans les médias”.

Avec AFP

Première publication : 24/08/2016

Les photos du contrôle d’une femme voilée sur une plage ont provoqué une polémique. Le Daily Mail accuse la police de l’avoir contrainte à se dévêtir. Certains évoquent une manipulation. Il n’en est rien, selon l’agence photo à l’origine des clichés.

La polémique française sur le burkini continue de faire couler de l’encre. Mardi 23 août, une série de cinq photos, publiée par le Daily Mail, d’un contrôle de police effectué sur une plage de la Promenade des Anglais, à Nice, a suscité un mouvement d’indignation sur Internet.

French ban on the burkini is threatening to turn into a farce https://t.co/rsuk2iajqOpic.twitter.com/OssfVGrP9Q

— Daily Mail Online (@MailOnline) 23 août 2016

Sur ces images, on voit des agents municipaux en train de contrôler une femme, qui semblait assoupie. L’estivante porte un foulard bleu noué sur la tête, une tunique à manches longues ainsi qu’un legging.

Sur les trois derniers clichés, la femme retire son haut et garde le débardeur noir qu’elle portait en dessous. En guise de légende, le Daily Mail indique : “La femme se voit ensuite ordonner d’enlever son vêtement bleu.” Il n’en fallait pas plus pour enflammer les réseaux sociaux. Sous le hashtag #WTFFrance (“C’est quoi ce bordel ?”), les internautes dénoncent une politique intrusive et des libertés bafouées par le pays des droits de l’Homme.

Boooooooonjour la #WTFFrance , le pays où l’on paye des impôts pour que des policiers déshabille des femmes voilées sur les plages

— Widad.K (@widadk) 24 août 2016

Certains soupçonnent en revanche une mise en scène en soulignant la qualité “professionnelle” de la prise de vue et la position de la femme, qu’ils jugent peu naturelle. Un billet sceptique du politologue et essayiste Laurent Bouvet, posté sur Facebook, a ainsi donné lieu a un déferlement de commentaires soupçonneux : “C’est de la provoc’ pure et simple”, “Clairement, sa tenue pouvait être assimilée à un burkini (et était conçue) pour attirer les policiers (…) et créer une polémique” ou encore “Se mettre en plein cagnard, toute de noir vêtue, c’est assez étrange.”

“Une manipulation”, selon Estrosi

De son côté, l’ancien maire (LR) de la ville et actuel président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Christian Estrosi, s’est fendu d’un communiqué pour “(dénoncer) ce qui apparaît comme une manipulation qui dénigre la police municipale, et met en danger ses agents”.

Contactée par France 24, la mairie assure que les agents municipaux, qui étaient présents dans le cadre d’un “dispositif estival de sécurité de surveillance des bords de mer” n’ont pas forcé cette femme à se déshabiller mais ont seulement “appliqué l’arrêté” pris par la commune de Nice en la verbalisant. “Les policiers n’ont pas demandé à la dame d’enlever son tee-shirt, insiste-t-on à la mairie. Elle l’a enlevé elle-même pour montrer qu’elle avait un maillot. Le policier lui a dit qu’elle devait soit se mettre en tenue de plage, soit quitter la plage. Elle a préféré quitter la plage.”

L’arrêté, pris le 18 août, interdit “l’accès aux plages publiques (…) ainsi qu’à la baignade sur la commune de Nice (…) à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime. Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire à ces principes y est également interdit.” Selon la mairie de Nice, 24 verbalisations ont eu lieu à ce jour dans le cadre de l’application de l’arrêté.

Une scène authentique “à 1 000 %”

Sollicitée par France 24, l’agence photo britannique Vantage News, créditée par le Daily Mail, explique avoir acheté ces photos auprès d’une autre agence, française cette fois, Best Image. Son rédacteur en chef, Yvan Bousseau, dément toute manipulation et “confirme à 1000 % qu’il ne s’agit pas d’une mise en scène” ni d’un “set-up comme certains se l’imaginent”.

Le photographe à l’origine de ces images, un indépendant qui “voulait travailler sur cette actualité [du burkini] est par hasard tombé sur cette scène qui a duré 10 minutes, hier matin [mardi 23 août 2016] au début de la Promenade des Anglais vers 11 h. La femme a été verbalisée et elle est partie quelques minutes après les policiers.”

À l’heure actuelle, la femme n’a pas dévoilé son identité. À la suite de cette affaire, le Conseil français du culte musulman a été reçu, mercredi 24 août, par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a estimé, à l’issue de l’entretien, que les arrêtés anti-burkini pris dans certaines communes littorales ne devaient pas conduire à “des stigmatisations” ou à dresser les Français “les uns contre les autres”.

Première publication : 24/08/2016

64192eee70.jpeg

Après les baisses de mars et d’avril, en partie effacées en mai et juin, le nombre de chômeurs de catégorie A a baissé de 0,5 % en juillet, selon les chiffres publiés mercredi par Pôle emploi.

Après deux mois décevants, le chômage est reparti à la baisse en juillet de 0,5%, a annoncé mercredi 24 août le ministère du Travail. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) a en effet reculé le mois dernier pour s’établir à 3 506 600, soit 19 100 de moins que fin juin.

En ajoutant les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d’inscrits à Pôle Emploi a en revanche augmenté de 0,1 %, soit 7 500 personnes supplémentaires en un mois, à 5 442 100 (5 636 300 en incluant les départements d’Outre-mer).



Le nombre de chômeurs chez les séniors en hausse

Sur un an, le nombre de demandeurs de catégorie A recule de 1,2 % tandis que le total des inscrits dans les catégories A, B et C augmente de 0,7 %.

Le recul du nombre d’inscrits à Pôle emploi relevant de la catégorie A a concerné toutes les catégories d’âge mais a principalement profité aux moins de 25 ans, catégorie dans laquelle le recul atteint 0,9 % sur un mois.

La diminution a été moins marquée chez les 25-49 ans (-0,6 % sur un mois) et les 50 ans et plus (-0,3 %).

Sur un an, le total des jeunes chômeurs s’inscrit également en baisse, avec un reflux de 5,9 %, tandis que le recul est moins net pour les 25-49 ans (-1,7 %). En revanche pour les seniors, le nombre de chômeurs progresse de 2,8 %.

Hausse des radiations

La diminution de juillet intervient après deux mois de hausse, de 0,3 % en mai et de 0,2 % en juin pour la catégorie A. En associant les catégories A, B et C, le recul s’était élevé à 0,6 % en mai et à 0,1 % en juin.

Le nombre de demandeurs d’emploi relevant de la catégorie D, c’est-à-dire n’étant pas tenus de rechercher un emploi parce qu’en formation ou malades, par exemple, s’inscrit en hausse, à 308 900, sous l’effet notamment du plan de 500 000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi annoncé par François Hollande mi-janvier.

Sur trois mois, à fin juillet, les entrées à Pôle emploi en catégorie A, B et C ont augmenté de 12,2 % par rapport aux trois mois précédents, à 572 000 en moyenne.

Dans le même temps, les sorties de Pôle Emploi ont progressé de 5,2 %, avec une poursuite de la hausse des radiations administratives (+11,1 %) et des entrées en stage (+66,4 %).

Avec Reuters

Première publication : 24/08/2016

2dfd503e2d.jpeg

L’existence de l’exoplanète potentiellement habitable la plus proche de la Terre, baptisée Proxima b, vient d’être révélée mercredi dans un article de la revue Nature.

Nos voisins extraterrestres les plus proches se trouvent peut-être à 4,2 années-lumière de la Terre. C’est toujours bien trop loin pour aller y faire une visite de courtoisie dans l’immédiat, mais Promixa b, dont l’existence est révélée dans un article de la revue Nature du 24 août, est la planète potentiellement habitable la plus proche jamais observée.

Sa découverte avait été annoncée avec trompette, fanfare et une certaine exagération par le magazine allemand Der Spiegel, le 12 août, près de deux semaines avant l’annonce officielle. “Sensation scientifique : une possible deuxième Terre découverte dans notre voisinage”, titrait alors le journal.

Zone habitable

La réalité est plus nuancée. Proxima b, qui se trouve autour de Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche de notre soleil, n’est sûrement pas une jumelle de la Terre. Elle est une “nouvelle candidate au titre d’exoplanète habitable”, précise Julien Morin, maître de conférence en astrophysique à l’Université de Montpellier, et coauteur de l’article dans Nature, contacté par France 24. Sa spécificité par rapport au 43 autres exoplanètes qui entrent dans la même catégorie est “qu’on n’en observera jamais de plus voisine de la Terre puisqu’elle est en orbite autour de l’étoile la plus proche de notre galaxie”, explique le scientifique français.

Selon l’équipe de chercheurs européens qui en révèle aujourd’hui l’existence, après l’avoir étudiée pendant deux ans, elle possède deux conditions nécessaires pour être habitable par une forme de vie, humaine ou simplement bactérienne. Tout d’abord, elle a une taille légèrement supérieure à celle de la terre, ce qui implique qu’elle est très probablement rocheuse et non pas gazeuse, comme Jupiter par exemple.

Mais surtout, elle se trouve dans la “zone habitable” de sa galaxie. Proxima b se situe suffisament près de son “soleil” – c’est-à-dire l’étoile Proxima du Centaure – pour “recevoir un flux lumineux satisfaisant qui peut permettre à de l’eau d’y exister à l’état liquide”, explique Julien Morin.

Nuit éternelle

Si ces deux conditions sont nécessaires pour trouver de la vie ou envisager de s’y installer, elles ne sont pas suffisantes. Cette nouvelle planète doit posséder une atmosphère qui lui permet d’être habitable. C’est le premier hic : “L’activité magnétique de son étoile, plus forte que celle de notre soleil, risque d’avoir érodé l’atmosphère autour de Proxima b”, souligne le co-auteur de l’article dans Nature. D’après lui, le principal défi des recherches à venir sera de déterminer si cet astre a réussi à préserver son atmosphère.

Proxima b possède également une autre spécificité qui peut la rendre impropre à la vie. Contrairement à la Terre, elle ne montre probablement jamais qu’une seule face à son étoile… l’autre se retrouve, du coup, plongée dans une nuit éternelle. Proxima b doit réussir – d’une manière ou d’une autre – à redistribuer le flux lumineux de Proxima du Centaure, afin, par exemple, qu’il n’y ait pas trop de disparité climatique d’un côté à l’autre, ou que la totalité de l’eau ne se retrouve concentrée qu’à un endroit.

Autant d’éléments qui font que “l’environnement y est plus hostile que sur Terre et qu’il n’est donc pas juste de parler de planète jumelle”, résume Julien Morin. Il existe, d’après lui, des candidats plus crédibles au titre de “Terre bis” (tels que Kepler 186f). Mais Proxima b sera probablement la première planète “potentiellement habitable” pour laquelle il sera possible d’être fixé. Les autres exoplanètes se trouvent en effet beaucoup plus loin.

Pour Julien Morin, la mise en route du télescope ELT (Extra Large Telescope), dans les années 2020, devrait permettre de savoir si Proxima b a bel et bien une gueule d’atmosphère.

Première publication : 24/08/2016

Le photographe François-Marie Banier a été condamné mercredi à quatre ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende pour abus de faiblesse aux dépens de l’ancienne présidente de L’Oréal, Liliane Bettencourt.

François-Marie Banier échappe à la prison ferme. Le photographe a été condamné mercredi 24 août par la cour d’appel de Bordeaux à quatre ans de prison avec sursis pour abus de faiblesse à l’encontre de l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, une des femmes les plus riches de France.

L’ami de la milliardaire et principal bénéficiaire entre 2006 et 2011 de près de 500 millions d’euros de dons et autres largesses, n’ira donc pas en prison. Il échappe aussi au versement de 158 millions d’euros de dédommagements au civil. Il devra en revanche s’acquitter d’une amende de 350 000 euros.

Trois ans de prison, dont six mois avec sursis, 350 000 euros d’amende et le versement de 158 millions d’euros de dédommagements sur le plan civil avaient été requis, soit la confirmation de sa peine de première instance. Son compagnon, Martin d’Orgeval, a quant à lui été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 150 000 euros d’amende, comme en première instance.

Laurent Merlet, avocat de François-Marie Banier, s’est déclaré “soulagé mais pas satisfait”. “C’est un camouflet cinglant pour Françoise Bettencourt-Meyers (fille de Liliane Bettencourt), car des 158 millions demandés, elle repart avec zéro. François-Marie Banier a toujours agi selon la volonté de son amie, Liliane Bettencourt”, a-t-il dit.



Avec Reuters

Première publication : 24/08/2016

8ca75227de.jpeg

Le constructeur naval français DCNS a été victime, en 2011, d’une fuite massive de documents détaillant les caractéristiques confidentielles des sous-marins vendus à l’Inde six ans auparavant, a révélé la presse australienne, mercredi.

Ouverture d’une enquête, “plus haute autorité de l’État saisie”, “contexte concurrentiel particulièrement tendu”. Le géant français de la construction navale DCNS a organisé la contre-attaque, mercredi 23 août, après la révélation de la fuite massive de données secrètes sur ces sous-marins vendus à l’Inde.

La fuite de documents stratégiques, qui a eu lieu en France en 2011 mais a été rendue publique par le quotidien australien “The Australian” mercredi, concerne les modèles Scorpène que DCNS a vendu à l’Inde en 2005. Les fichiers, que le journal affirme avoir pu consulter, détaillent une partie des capacités militaires de ces sous-marins. Les secrets de fabrication ainsi éventés concernent le fonctionnement de lance-torpilles (500 pages sur 22 400), les sondes des navires ou encore le système de communication.

Le Barracuda pour l’Australie

Le Scorpène est présenté comme “la référence incontournable en matière de sous-marin d’attaque conventionnel” sur le site de la DCNS. Outre l’Inde, le groupe en a également vendu à la Malaisie, au Chili et au Brésil.

L’affaire est donc embarrassante pour ce géant français, détenu à plus de 60 % par l’État. Elle l’est d’autant plus, que la DCNS avait remporté le “contrat du siècle” en avril 2016 en vendant 12 sous-marins à l’Australie pour 34 milliards d’euros.

Les autorités australiennes se sont empressées de préciser que le modèle qui va être construit pour leur flotte est le Barracuda et non pas le Scorpène. Ce contrat historique ne semble donc pas être affecté par cette fuite de données.

Mais la réputation de DCNS, qui avait atteint un pic après l’accord avec l’Australie, risque d’en prendre un coup. Dans le domaine militaire, il n’est, en effet, jamais de bon ton de voir ses petits secrets de fabrication sur la place publique.

Première publication : 24/08/2016