Archive for August 28th, 2016

Bernard Cazeneuve a cherché lundi à donner un nouvel élan à la création d’un “islam de France”, lors d’une journée de consultations avec des représentants de la communauté musulmane, de la société civile et des parlementaires.

Une fondation laïque et une association cultuelle. Bernard Cazeneuve a relancé lundi 29 août le chantier de construction d’un “islam de France”, lors d’une journée de consultations avec des représentants de la communauté musulmane, de la société civile et des parlementaires.

Le bureau élargi du Conseil français du culte musulman (CFCM) était présent Place Beauvau au grand complet, ainsi que des personnalités politiques, culturelles et du monde de l’entreprise.

“Une relation “forte et apaisée” avec l’islam”

À l’issue d’un été électrique endeuillé par plusieurs attentats en France et alors que la polémique politique autour du burkini n’est pas encore retombée, le ministre de l’Intérieur a appelé de ses vœux une “relation forte et apaisée” avec les musulmans de France.

“Cette nouvelle étape présente aujourd’hui un caractère d’urgence et de nécessité particulier”, a-t-il déclaré lors d’un point presse à son ministère, place Beauvau. “La France est en guerre contre le terrorisme, elle est en guerre contre un ennemi qui cherche à la diviser.”

“Nous devons rappeler que la République a vocation à prendre dans ses bras tous ses enfants, quelles que soient leurs origines et leur confession”, a poursuivi Bernard Cazeneuve, tout en soulignant que l’islam de France devait “amplifier” son engagement pour la République.

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— Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) 29 août 2016

Pour y parvenir, le ministère de l’Intérieur va, comme prévu, créer une Fondation pour l’islam de France, présidée dans un premier temps par l’ancien ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. La fondation d’utilité publique, laïque, devrait voir le jour d’ici novembre. Elle ne pourra pas financer le culte mais aura vocation à soutenir des projets culturels, éducatifs et sociaux, et pourra contribuer à la formation profane des imams.

Trois représentants de l’État (Intérieur, Culture et Éducation) siègeront à son conseil d’administration, ainsi que le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et des personnalités qualifiées, dont l’écrivain Tahar Ben Jelloun, l’islamologue Ghaleb Bencheikh, le recteur de la mosquée de Lyon Kamel Kabtane et la cadre d’entreprise Najoua Arduini-Elatfani.

Financement français

La fondation sera financée en partie par l’État, à hauteur d’un million d’euros, somme à laquelle s’ajoutera un reliquat du budget de l’ancienne fondation, d’environ 950 000 euros. Elle devrait aussi recevoir de l’argent d’entreprises et de particuliers et fonctionner, à terme, avec un budget de cinq à six millions d’euros, précise-t-on place Beauvau.

À côté, une association cultuelle dirigée par des musulmans sera chargée du financement des mosquées et de la formation théologique des imams. Un groupe de travail doit être mis en place “dès les jours prochains” pour déterminer les statuts et la composition de cette association cultuelle, et engager une négociation avec la filière halal en vue d’une “contribution volontaire” – et non une taxe, juridiquement inenvisageable – sur ce marché important.

Comme la fondation, l’association s’appuiera sur un financement exclusivement français, insiste-t-on au ministère de l’Intérieur. Elle pourrait être financée par des dons des fidèles et une contribution volontaire des acteurs de la filière halal, à négocier avec les industriels de l’abattage rituel.

.@BCazeneuve: la Fondation pour l’Islam de France poursuivra des objectifs d’ordre culturel, éducatif & social #FOIFpic.twitter.com/wN5omwOfcg

— Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) 29 août 2016

Par ailleurs, le gouvernement lancera une mission chargée de proposer la création de nouveaux diplômes d’islamologie, pour aller au-delà des formations déjà proposées dans une quinzaine de grandes universités à de futurs imams et aumôniers.

Chevènement, un choix toujours contesté

L’annonce de la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la tête de la fondation avait suscité de nombreuses réserves dans les milieux politiques et chez certains représentants du culte, qui avaient jugé “maladroits” ses propos appelant les musulmans à se faire “discrets”.

Le choix de l’ancien ministre, décrit comme un “très bon connaisseur du monde musulman” par Bernard Cazeneuve, n’est plus contesté, assure cependant aujourd’hui le président du CFCM. “Les événements que nous avons à affronter sont d’une gravité telle que chacun doit s’efforcer à concourir au succès de l’islam de France, qui s’autonomisera au niveau de ses financements et de sa propre formation”, a déclaré lundi Jean-Pierre Chevènement.

Toutefois, le consultant Hakim El Karoui, l’un des récents signataires de “l’appel des 40” musulmans “prêts à assumer leurs responsabilités”, a estimé dans la cour du ministère que la nomination de Jean-Pierre Chevènement, “pas musulman ni spécialiste de culture islamique”, constituait “pour le moins une maladresse”.

“On nous a dit qu’il avait un rôle de ‘préfigurateur’ et qu’il n’avait pas vocation à rester longtemps”, s’est-il rassuré. Mais Hakim El Karoui, comme d’autres personnalités de la société civile n’ont manifestement pas l’intention de faire de la figuration dans ces nouvelles instances de l’islam. “Si on perd notre temps, on partira”, a-t-il prévenu.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/08/2016

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La monnaie dématérialisée monero connaît depuis une semaine une impressionnante progression, grâce au roi des e-commerçants de drogues, armes et cartes de crédit volées, séduit par la promesse d’anonymat total du monero.

Le FBI et des polices du monde entier voyaient déjà d’un mauvais œil le bitcoin, accusé d’être le moyen de paiement privilégié des criminels 2.0. Ils risquent d’aimer encore moins monero, la nouvelle crypto-monnaie qui monte.

En une semaine, le cours de cette monnaie dématérialisée, née en 2014 et alternative au célèbre bitcoin, est passé d’un monero pour quatre dollars à un pour dix, lundi 29 août. La valeur totale de tous les moneros en cyber-circulation a bondi en sept jours de 40 à 120 millions de dollars.

Nouvel “Amazon de la drogue”

Le responsable de cette poussée de fièvre s’appelle Alphabay. Uniquement accessible sur le “darknet” (sites non référencés par Google qui peuvent être visités uniquement grâce à un navigateur Internet spécifique comme Tor), cet e-commerçant spécialisé dans tout ce qui est drogue, armes à feu ou encore faux papiers et cartes de crédits volées est devenue une référence. Les administrateurs du site ont annoncé le 23 août sur Reddit qu’ils allaient accepter les paiements en monero à partir du 1er septembre.

Pour la popularité d’une crypto-monnaie, cette annonce est un énorme coup de pouce, même s’il vient d’un univers pour le moins controversé. Ce supermarché de l’ombre fait figure d’héritier de Silk Road, l’”Amazon de la drogue”, fermé en 2013 par le FBI. Et le soutien de Silk Road pour le bitcoin avait déjà favorisé l’essor de cette monnaie dématérialisée née en 2009.

Même si elle est toujours acceptée par Alphabay, le site désire aussi promouvoir le monero, jugé plus anonyme. En effet, le bitcoin repose sur la technologie de la blockchain, un registre public en ligne accessible à tous, alors que pour monero, les informations sur chacun des paiements ne peuvent être consultées que par celui qui les reçoit, ne laissant ainsi aucune trace susceptible d’être exploitée par un service de police.

Spéculation et volatilité

Mais le monero n’est pas le premier moyen de paiement décentralisé à se lancer à l’assaut de la forteresse bitcoin en jouant la carte de la discrétion. D’autres s’y sont déjà cassé les dents. Ainsi, le dash, qui s’appelait darkcoin lors de son lancement en 2014, a tenté de dissimuler les traces laissées sur blockchain. Pari raté, puisque les utilisateurs avaient préféré l’original à la copie, et aucun site majeur n’a jamais accepté les paiements avec cette devise. “Dash est malin mais pas très sérieux, monero est vraiment une innovation en cryptologie”, a assuré sur Twitter Peter Todd, l’un des développeurs qui travaille sur le bitcoin.

Ce “vote de confiance” de l’une des figures du bitcoin ne signifie pas que le moreno va s’imposer sur le “darknet”. Il a beau être plus discret, il est plus compliqué à utiliser que son grand frère. Impossible d’encaisser directement ses morenos : il faut d’abord les convertir en bitcoins, qui, eux, peuvent être changés en dollars. Et cette opération laisse des traces qui pourraient être exploitées par des enquêteurs.

En outre, plusieurs internautes ont exprimé leur doute, sur Reddit, quant à la bonne foi des responsables d’Alphabay. Ils craignent l’opération spéculative, c’est-à-dire que les personnes derrière le site de e-commerce auraient fait cette annonce pour doper artificiellement le cours de la cyber-monnaie afin de revendre avec un confortable profit les moneros acquis avant l’envolée des prix.

Surtout, le cours de cette monnaie encore jeune risque d’être très volatile. Après tout, la simple annonce d’Alphabay adoubant le monero a entraîné un bond de 70 % de sa valeur en une semaine. Un éventuel contre-coup peut être tout aussi brutal. Difficile dans ce contexte de fixer les prix à l’avance. Par comparaison, le cours du bitcoin s’est stabilisé à près de 500 dollars depuis près d’un an, après avoir connu, lui aussi, des fortes fluctuations pendant plusieurs années. Pourquoi changer maintenant de fusil d’épaule, alors que la plus établie des crypto-monnaie a enfin trouvé son rythme de croisière ? Le petit gain en anonymat en vaut-il vraiment la peine ?

Les services de lutte contre le trafic de drogues et autres cybercrimes espèrent bien que le monero ne détrônera pas le bitcoin et son registre public. D’autant que le géant américain de la défense Lockheed Martin a été chargé par le département de la Sécurité nationale de développer un outil d’analyse de la blockchain pour “réduire le commerce illicite de bitcoin”.

Première publication : 29/08/2016

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L’entrepreneur américain Frank McCourt, ex-propriétaire du club de baseball des Los Angeles Dodgers, est entré en négociations exclusives pour racheter l’Olympique de Marseille à sa propriétaire, Margarita Louis-Dreyfus.

L’ex-propriétaire du club de baseball des Dodgers de Los Angeles, l’Américain Frank McCourt, est en passe de racheter l’Olympique de Marseille à sa propriétaire, Margarita Louis-Dreyfus, avec laquelle il est entré en négociations exclusives, ont annoncé lundi 29 août les deux parties.

“Il y a un processus en cours, il va nous amener jusqu’à la réalisation de la transaction dans quelques semaines”, a déclaré, en anglais, Frank McCourt lors d’une conférence de presse organisée à la mairie de Marseille.

Il est là … #VenteOM#Marseillepic.twitter.com/K3CYHlXlYf

— Jean-Claude Leblois (@jc_leblois) 29 août 2016

Aucun montant n’a été divulgué pour le rachat du club de football, sur lequel le comité d’entreprise de l’OM doit encore être consulté, mais selon RMC Sports, il s’établirait à 40 millions d’euros. “C’est un jour heureux pour moi et pour ma famille”, a déclaré l’homme d’affaires, affirmant acheter “le meilleur club de France et l’un des meilleurs du monde”. “Bonjour à tous ! Mon français n’est pas très bon. Donc ‘Droit au but'”, avait-il auparavant lancé en français, reprenant le slogan du club.

“Il va falloir gagner, il va falloir mettre des sous”

Également présent lors de la conférence de presse, le maire de la ville, Jean-Claude Gaudin, s’est félicité de cette décision : “Il va falloir gagner, il va falloir mettre des sous. Puisque vous en avez, c’est ce que vous ferez”.

De son côté, l’actuelle propriétaire du club phocéen, Margarita Louis-Dreyfus, s’est dite sûre que l’investisseur américain, choisi au terme “d’un processus à la fois exigeant et long”, était “le meilleur choix” pour l’OM.

Communiqué officiel de l’Olympique de Marseille https://t.co/TGwrfRIpQj

— Olympique Marseille (@OM_Officiel) 29 août 2016

“Pour maintenir actif le lien affectif qui existe entre ma famille et l’OM, je devrais conserver une petite participation dans le club et nous continuerons d’en être de fervents supporters”, a-t-elle ajouté, citée dans un communiqué publié par le club, qui précise qu’elle conservera 5 % de ses parts.

“Les deux parties souhaitent finaliser la transaction d’ici la fin de l’année, après la consultation du comité d’entreprise de l’Olympique de Marseille”, lit-on encore dans le communiqué diffusé par l’OM.

Réputation peu flatteuse

Franck McCourt s’est présenté comme un “passionné de sport depuis toujours”, qui a vendu les Dodgers en 2012 pour 2,15 milliards de dollars, un record outre-Atlantique. Il est à la tête de plusieurs sociétés d’investissements.

Jusqu’ici, son nom n’avait jamais été cité par la presse qui avait fait de la vente du club un feuilleton à rebondissements tout au long de l’été. Il jouit d’une réputation peu flatteuse aux États-Unis, où pour la chaîne ESPN, il reste le deuxième plus mauvais propriétaire dans toute l’histoire de la Ligue de baseball.

Avec AFP

Première publication : 29/08/2016

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À 12 ans, il a quitté le Rwanda où il vivait avec sa famille pour fuir le génocide. Aujourd’hui cet autodidacte de 35 ans issu d’une famille hindoue est à la tête d’un empire panafricain dont le chiffre d’affaires est estimé à un milliard de dollars.

Jeune, beau, riche et intelligent : en apparence, Ashish Thakkar a tout pour plaire aux femmes. Et il le leur rend bien, puisque cet été, au milieu d’un emploi du temps de ministre, le fondateur du groupe Mara a trouvé le moyen de venir assister à un forum de femmes entrepreneures organisé au Cap, en Afrique du Sud – le forum DWEN ( (pour Dell Women’s Entrepreneur Network) – pour partager avec elles son parcours et ses convictions. Comme celle-ci, par exemple : “Je suis persuadé que les femmes ne veulent pas particulièrement bénéficier de passe-droits. Tout ce qu’elles veulent, c’est être traitées de la même manière que les hommes. Et nous devons tout mettre en œuvre pour que cela soit le cas, parce qu’elles le méritent amplement !”

Applaudissements dans la salle. Sourires admiratifs. Il faut dire qu’en plus de sa mise élégante, Ashish Thakkar, aujourd’hui à la tête d’un conglomérat panafricain opérant dans de multiples domaines allant de la technologie au BTP en passant par l’agriculture, a une histoire personnelle qui force l’admiration. À première vue, qui pourrait deviner en effet, s’il ne le disait pas d’entrée de jeu comme l’élément clé d’un “story telling” bien rodé, que ce golden boy ougando-britannique a obtenu le statut de réfugié à l’âge de 12 ans et quitté l’école à 15 ans, après avoir connu une vie d’exode avec sa famille, ballottée d’un pays à l’autre, au gré des dictatures et des génocides ?

Rescapé du génocide rwandais, il monte son entreprise à 15 ans

Son histoire commence en 1981, lorsqu’il voit le jour à Leicester, en Angleterre. C’est là que ses parents, issus de la quatrième génération d’Indiens installés en Afrique, avaient trouvé refuge une fois que le dictateur ougandais, Idi Amin Dada, eut décidé, en 1972, d’expulser du pays les 50 000 commerçants indo-pakistanais qui en constituaient le poumon économique. En 1993, la famille d’Ashish décide de revenir sur le continent africain, cette fois au Rwanda. Las, un an plus tard, la situation du pays vire au drame avec le génocide des Tutsis. Le jeune garçon, alors âgé de 12 ans, et sa famille se mettent à l’abri de l’Hôtel des Mille Collines, devenu célèbre grâce au film “Hôtel Rwanda”, avant d’être exfiltrés vers le Burundi et de se réinstaller plus tard en Ouganda.


Ashish enfant, dans sa maison de Leicester au Royaume-Uni, où sa famille avait trouvé refuge après avoir été chassée d’Ouganda. © DR Mara Group

Ashish retourne à l’école, mais plus pour très longtemps : entre-temps, grâce à un ordinateur que ses parents lui avaient offert, le jeune garçon s’est découvert une passion pour le commerce. Il le revend avec une plus-value de 100 dollars, en rachète un nouveau, réitère l’opération, demande à ses parents un prêt de 5 000 dollars, les supplie de le laisser quitter l’école, et se lance à plein-temps dans l’achat et la revente de biens informatiques : disquettes, moniteurs, pièces détachées. Toutes les semaines, le jeune garçon part s’approvisionner à Dubaï en matériel. En chemin, il réalise que les marchands qui, comme lui, font la navette entre l’Afrique et Dubaï pour affaires ont beaucoup de mal à se financer auprès des banques. Et s’il y avait là une opportunité ? Ni une ni deux, Ashish Thakkar décide de se lancer dans le prêt bancaire à haut risque, et pose, en 1996, la première pierre de ce qui deviendra le groupe Mara.

“L’heure est au lion africain”

Vingt ans plus tard, sa petite entreprise a grandi. Basée à Dubaï, elle est aujourd’hui présente dans 27 pays, dont 25 sur le continent africain. Plus comparable à une holding de participations qu’à une multinationale centralisée, le groupe Mara, qui a fait l’objet d’un cas de la prestigieuse Harvard Business School en 2014, ne publie pas de résultats consolidés. Difficile dans ces conditions de se faire une idée exacte de sa taille et de ses revenus, mais selon diverses estimations, dont celles du magazine Forbes, il générerait 11 000 emplois pour un milliard de dollars de chiffre d’affaires. De quoi faire de son fondateur, 35 ans à ce jour, le plus jeune milliardaire d’Afrique, un continent pour lequel cet hindou a une foi de charbonnier.


Tous les ans, le forum DWEN (Dell Women’s Entrepreneurs Network) regroupe 150 cheffes d’entreprise venues du monde entier. © DR Dell

“Investissez en Afrique !, lançait-il encore en juin 2016 auprès des femmes entrepreneurs réunies en conférence au Cap. Depuis que j’opère sur ce continent, j’ai vu s’y développer une transformation phénoménale. Taux de croissance, espérance de vie, investissements productifs, qualité de la gouvernance, niveau d’infrastructures : dans la majorité des 54 pays africains, les indicateurs sont extrêmement positifs, notamment au Rwanda, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Ghana, au Nigeria, en Éthiopie, en Zambie, et même, sous certaines réserves, au Mozambique.” Autant de pays où, alliant les actes à la parole, Ashish Thakkar a investi l’argent de son groupe. En ce moment, il mise particulièrement sur les prêts de particulier à particulier – un domaine qui va exploser, selon l’homme d’affaires. “Imaginez, d’ici à 2020, 700 millions de smartphones vont déferler sur le continent pour équiper jusqu’à 85 % de la population. Quand on sait tous les changements que les simples mobiles ont entraînés, cela laisse présager leur immense potentiel”, poursuit Ashish Thakkar, convaincu qu’après “le tigre indien et le dragon chinois, l’heure du lion africain [animal que le groupe Mara s’est choisi pour logo, NDLR] est venue.”

Et ne lui parlez pas de terrorisme, de corruption, de dictatures et autres guerres civiles qui minent l’image du continent à l’international. Ou plutôt, parlez-lui en, et cet optimiste forcené contrecarrera poliment mais fermement vos propos. “Tous les pays d’Afrique ne peuvent pas être mis dans le même sac. Si par exemple, un problème survenait en Hongrie, cela vous paraîtrait idiot que les investisseurs se mettent à fuir la France, n’est-ce pas ? Et bien, c’est la même chose pour ce continent. Chaque pays doit être examiné séparément.”

“Pas de cadavre dans le placard”

Selon lui, la meilleure méthode – qu’elle soit obligatoire ou pas – pour s’introduire dans telle ou telle région du continent consiste à s’associer à un acteur local, comme le groupe Mara. “Les entreprises viennent avec leur expertise-métier, et nous leur apportons la connaissance terrain”, résume-t-il. C’est d’ailleurs sur ce modèle que s’est construit une bonne partie de l’empire d’Ashih Thakkar, à l’instar d’Atlas Mara, une entreprise de services bancaires qu’il a développée en partenariat avec Bob Diamond, l’ex-patron de la banque Barclays, aussi flamboyant et controversé qu’Ashish Thakkar se veut humble et irréprochable.

De fait, lorsqu’on lui demande quel est son secret pour avoir transcendé son destin d’enfant-réfugié et s’être hissé au sommet du monde des affaires, sa réponse est toute trouvée. “J’ai toujours beaucoup travaillé”, indique-t-il. “Je tâche aussi de penser à long terme et de me comporter de façon éthique”. Car la corruption, ce mal qui sévit dans le monde entier et notamment dans bon nombre de pays d’Afrique, “est une voie à double sens, prévient Ashish Thakkar. Il ne peut y avoir de gens qui prennent que s’il y a des gens qui donnent. Aussi, dès que je sens que quelqu’un cherche à tirer sur la corde, je n’hésite pas à en parler, quitte à crier très fort. Je peux me comporter de la sorte parce que je n’ai pas de cadavre dans le placard”.

Une image savamment entretenue

En plus de ses activités lucratives, Ashish Thakkar a créé, en 2009, la fondation Mara. Sa vocation ? Soutenir les jeunes entrepreneurs du continent africain à travers des programmes de financement et une plateforme de mentorat en ligne revendiquant 800 000 inscrits. Depuis 2015, il préside par ailleurs le Conseil pour l’entrepreneuriat au sein de la Fondation des Nations unies (soutenu financièrement par Dell, tout comme la conférence du Cap), et multiplie les prises de parole au sein desquelles il défend tour à tour la cause des femmes, des réfugiés, des entrepreneurs ou encore de l’Afrique. “Le succès ne devrait pas se mesurer à se mesurer à l’argent que l’on amasse, mais plutôt au nombre de vies que l’on touche”, proclame-t-il. Affable, souriant, volontiers disponible pour une interview ou un brin de conversation, il semble vouloir tout faire pour garder les pieds sur terre, malgré les 905 000 abonnés à son fil sur Twitter et sa fortune présumée. “Ashish incarne à merveille la génération de ‘nouveaux entrepreneurs’ qui savent donner du sens à ce qu’ils font et gérer habilement l’équation délicate entre profit et responsabilité”, affirme Elizabeth Gore, entrepreneure en résidence chez Dell à qui Ashish Thakkar a succédé à la tête du Conseil pour l’entrepreneuriat au sein de la Fondation des Nations Unies.

So emotional & inspiring being at @ZaatariCamp#Jordan yesterday – global communities need to step up @UNHCRinSYRIApic.twitter.com/H46d0uaenp

— Ashish J. Thakkar (@AshishJThakkar) 15 août 2016

Mais dans la sphère des affaires africain, tout le monde ne partage pas cet enthousiasme débordant. “Officiellement, oui, Ashish Thakkar est un brillant entrepreneur. Il a pas mal de tchatche, il présente bien, il est très américain dans l’esprit, genre ‘tech entrepreneur’, et il a certainement beaucoup bossé pour en arriver là “, décrypte le directeur d’un fonds de private equity très actif en Afrique. “Mais côté business, je ne suis que moyennement impressionné. Sur les nouvelles activités, y compris la banque, son groupe n’a pas vraiment de stratégie. Il multiplie les effets d’annonce avec peu de réalisations intéressantes à la clé”, nuance-t-il.

Après son passage par Le Cap, Ashish Thakkar devait endosser sa casquette onusienne et s’envoler avec toute son équipe du Conseil pour l’entrepreneuriat vers la Suède et la Jordanie. Le but du voyage ? Y rencontrer des réfugiés et tâcher de trouver des remèdes à la crise migratoire. “Il y a 60 millions de réfugiés dans le monde. Ils conservent ce statut, en moyenne, dix-sept ans. C’est long. Le défi est de leur donner des outils pour s’en sortir. Je suis sûr que l’entrepreneuriat peut être une solution. Vous savez, ce n’est pas parce que les gens sont réfugiés qu’ils sont moins débrouillards ou moins intelligents que les autres. Compte tenu de leur expérience, je dirais même que c’est plutôt l’inverse”, avance-t-il en guise de conclusion – car trois autres journalistes attendent encore de l’interviewer. S’il en fallait un pour le prouver, ce serait bien lui.

Première publication : 29/08/2016

Plusieurs syndicats agricoles ont appelé à un mouvement d’action nationale dès lundi pour tenter de faire plier le géant laitier Lactalis après l’échec des négociations sur les prix d’achat. Un rendez-vous téléphonique est prévu lundi.

Les producteurs de lait accentuent la pression sur Lactalis. Les syndicats agricoles ont appelé à une forte mobilisation nationale dès lundi 29 août, afin de contraindre le géant laitier à remonter ses prix d’achat. “Après la déception de vendredi, une grosse mobilisation est en préparation dans l’ensemble des régions”, a déclaré dimanche soir à l’AFP Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) , s’exprimant également au nom de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et des Jeunes Agriculteurs (JA), à l’issue d’une concertation téléphonique entre les producteurs.

Quelques heures plus tôt, les trois organisations syndicales nationales avaient lancé “d’un mot d’ordre national pour aboutir à un accord avec Lactalis” sur le prix du lait. Une nouvelle réunion téléphonique doit avoir lieu lundi à 12 h pour “pour acter les différents rassemblements et sites qui feront l’objet d’actions”, a indiqué le président Beulin.

“Lactalis devra plier ou alors ça lui coûtera très cher”

Les actions des agriculteurs en colère pourraient notamment se traduire par des manifestations autour de différents sites de production de Lactalis, et devraient débuter en fin de journée, a indiqué le patron de la FNSEA. Toutefois, certains producteurs ont décidé, sans attendre, d’aller faire des opérations de collage des produits Lactalis dans certains points de vente et d’aller à la rencontre des consommateurs, a-t-il ajouté.

“Nous sommes très déçus du comportement de Lactalis, qui se dit prêt à participer aux négociations, mais qui à côté de ça ne propose que des prix dérisoires” au regard des moyens dont il dispose, avait déclaré la numéro deux de la FNSEA, Christiane Lambert.

Les agriculteurs “se sont sentis humiliés par tant d’arrogance” et “meurtris par cette incapacité à sortir d’une relation moyenâgeuse entre un seigneur et ses serfs”, ajoutait un communiqué commun des syndicats agricoles. “Lactalis devra plier ou alors ça lui coûtera très cher”, a pour sa part averti Philippe Jéhan, président de la FDSEA Mayenne.

De son côté, Lactalis est resté silencieux. Depuis vendredi “personne n’a eu le moindre contact avec eux ou de nouvelles de leur part”, a indiqué Xavier Beulin se déclarant prêt à entamer de nouvelles négociations. Le groupe laitier a proposé une augmentation de 15 euros la tonne de lait à compter du 1er septembre, soit environ 271 euros. Cette proposition a été perçue comme un véritable camouflet par les agriculteurs, qui estiment leur coût de production à 300-320 euros au minimum la tonne.

Le gouvernement impuissant

Le médiateur du gouvernement avait lui fait une proposition à 280 euros la tonne. Ce montant correspond au prix pour les 5 derniers mois de l’année, ce qui sur l’année revient à rémunérer 272 ou 271 euros la tonne, a expliqué Sébastien Amand, vice-président de l’Organisation de producteurs Normandie Centre. Or “pour ramener de la rentabilité, il faudrait 340” euros la tonne, selon Pascal Clément, président de la section laitière de la FRSEA du Grand Ouest.

Lactalis achète actuellement le lait à 256,90 euros la tonne, bien en dessous du prix payé par d’autres transformateurs comme Laïta et la société Silav (290 euros la tonne) ou la laiterie Saint-Père, filiale d’Intermarché (300 euros les 1 000 litres). Un producteur sur cinq en France travaille pour Lactalis, soit 20 % de la collecte française, ou 5 milliards de litres de lait collectés sur un total de 25 milliards produits annuellement.

Deux rounds de négociations menés avec Lactalis la semaine dernière se sont soldés par un échec. Il n’est “pas possible de rester dans cette forme de mépris de la part de Lactalis”, s’est indigné Xavier Beulin.

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a estimé pour sa part que Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers, ne pouvait “pas payer le prix le plus bas en France”, tout en reconnaissant que le gouvernement ne disposait d’aucun moyen pour forcer ce dernier à remonter ses prix.

Avec AFP

Première publication : 29/08/2016

Bernard Cazeneuve organise, le 29 août, une journée de consultations sur l’islam de France qui réunira responsables cultuels, personnalités de la société civile et parlementaires pour mettre sur pied la future Fondation pour l’islam de France.

La polémique politique autour du burkini, la tenue de bain islamique, n’est pas encore retombée. Mais lundi sera un autre jour. Le ministre français de l’Intérieur organise le 29 août une “journée de consultations sur l‘islam de France”, une initiative visant à mieux “ancrer dans les valeurs de la République” une religion au cœur de débats fiévreux. “Cet épisode positif va mettre fin à la séquence nauséabonde du burkini”, espère le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech.

Fil rouge de cette journée : une série de réunions avec des responsables cultuels, personnalités de la société civile et parlementaires pour mettre sur pied la future Fondation pour l’islam de France. Cette structure est en gestation depuis des mois mais sa préparation a été accélérée après l’attentat de Nice et l’assassinat par des jihadistes d’un prêtre près de Rouen, en juillet.

Sur France 24 : “Islam de France, comment réformer ?”

Objectif de cette fondation laïque et de l’association cultuelle qui lui sera adossée : lever des financements français, alors que ceux venant de l’étranger sont jugés peu transparents.

La direction de la fondation en question

Jean-Pierre Chevènement, ex-ministre de l’Intérieur qui avait lancé en 1999 une “consultation des musulmans de France” ayant abouti en 2003 à la création du CFCM, doit prendre la présidence de la fondation. Mais le choix d’un non-musulman a suscité de l’incompréhension dans les rangs de la deuxième confession de France et la classe politique.

“Qu’un grand républicain en prenne la tête au moment de sa création, avec en son sein de nombreux musulmans, revêt une vraie dimension symbolique, puisque cette nouvelle structure sera le pont entre la République et les musulmans de France”, plaide le ministre de l’Intérieur dans un entretien publié dimanche soir sur le site du quotidien La Croix.

Séparation de l’État et des cultes oblige, la Fondation pour l’islam de France ne traitera que de questions profanes : financement de thèses d’islamologie, bourses d’études, formations pour les imams et aumôniers, etc… Son conseil d’administration comprendra onze personnes, parmi lesquelles le président du CFCM et trois représentants de l’État. En outre, un “conseil d’orientation” composé d’une vingtaine de personnes – professeurs, avocats, cadres… – sera chargé de chercher les projets à financer.

Garantir la transparence des fonds

Une association cultuelle, dont l’État sera absent, se chargera du financement de la formation théologique des cadres musulmans et de la construction des mosquées. “Nous souhaitons que transitent par elle des fonds dont elle garantira la transparence : non pas une taxe mais une contribution – volontaire et négociée – des acteurs de la filière halal, ainsi que les dons des fidèles”, a précisé le ministre.

Pour Anouar Kbibech, “donner aux institutions musulmanes des moyens financiers va contribuer à renforcer leur rôle dans la prévention de la radicalisation, en particulier via l’habilitation des imams”. Selon lui, pour cette fondation, “tout le monde est dans un esprit constructif afin que, cette fois-ci, ce soit la bonne”.

Beauvau voit dans la relance de la fondation une “nouvelle étape” dans un processus déjà marqué, en juin 2015 puis mars 2016, par la convocation d’une “instance de dialogue” élargie, censée pallier les carences du CFCM.

Première publication : 29/08/2016

Bernard Cazeneuve organise, le 29 août, une journée de consultations sur l’islam de France qui réunira responsables cultuels, personnalités de la société civile et parlementaires pour mettre sur pied la future Fondation pour l’islam de France.

La polémique politique autour du burkini, la tenue de bain islamique, n’est pas encore retombée. Mais lundi sera un autre jour. Le ministre français de l’Intérieur organise le 29 août une “journée de consultations sur l‘islam de France”, une initiative visant à mieux “ancrer dans les valeurs de la République” une religion au cœur de débats fiévreux. “Cet épisode positif va mettre fin à la séquence nauséabonde du burkini”, espère le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech.

Fil rouge de cette journée : une série de réunions avec des responsables cultuels, personnalités de la société civile et parlementaires pour mettre sur pied la future Fondation pour l’islam de France. Cette structure est en gestation depuis des mois mais sa préparation a été accélérée après l’attentat de Nice et l’assassinat par des jihadistes d’un prêtre près de Rouen, en juillet.

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Objectif de cette fondation laïque et de l’association cultuelle qui lui sera adossée : lever des financements français, alors que ceux venant de l’étranger sont jugés peu transparents.

La direction de la fondation en question

Jean-Pierre Chevènement, ex-ministre de l’Intérieur qui avait lancé en 1999 une “consultation des musulmans de France” ayant abouti en 2003 à la création du CFCM, doit prendre la présidence de la fondation. Mais le choix d’un non-musulman a suscité de l’incompréhension dans les rangs de la deuxième confession de France et la classe politique.

“Qu’un grand républicain en prenne la tête au moment de sa création, avec en son sein de nombreux musulmans, revêt une vraie dimension symbolique, puisque cette nouvelle structure sera le pont entre la République et les musulmans de France”, plaide le ministre de l’Intérieur dans un entretien publié dimanche soir sur le site du quotidien La Croix.

Séparation de l’État et des cultes oblige, la Fondation pour l’islam de France ne traitera que de questions profanes : financement de thèses d’islamologie, bourses d’études, formations pour les imams et aumôniers, etc… Son conseil d’administration comprendra onze personnes, parmi lesquelles le président du CFCM et trois représentants de l’État. En outre, un “conseil d’orientation” composé d’une vingtaine de personnes – professeurs, avocats, cadres… – sera chargé de chercher les projets à financer.

Garantir la transparence des fonds

Une association cultuelle, dont l’État sera absent, se chargera du financement de la formation théologique des cadres musulmans et de la construction des mosquées. “Nous souhaitons que transitent par elle des fonds dont elle garantira la transparence : non pas une taxe mais une contribution – volontaire et négociée – des acteurs de la filière halal, ainsi que les dons des fidèles”, a précisé le ministre.

Pour Anouar Kbibech, “donner aux institutions musulmanes des moyens financiers va contribuer à renforcer leur rôle dans la prévention de la radicalisation, en particulier via l’habilitation des imams”. Selon lui, pour cette fondation, “tout le monde est dans un esprit constructif afin que, cette fois-ci, ce soit la bonne”.

Beauvau voit dans la relance de la fondation une “nouvelle étape” dans un processus déjà marqué, en juin 2015 puis mars 2016, par la convocation d’une “instance de dialogue” élargie, censée pallier les carences du CFCM.

Première publication : 29/08/2016