Archive for August 29th, 2016

Les blagues fusent sur Twitter depuis que Jean-Pierre Chevènement, futur président de la Fondation pour l’islam de France, a affirmé maladroitement, lundi, bien connaître le monde musulman. Qu’en est-il exactement ?

L’arrivée de Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation pour l’islam de France n’en finit pas de faire parler d’elle. Il y a d’abord eu le débat sur la nomination d’un non-musulman de 77 ans pour occuper cette fonction. Puis la polémique qui a suivi ses propos, en pleine crise du burkini, invitant les musulmans à faire preuve de “discrétion”. C’est désormais la connaissance du monde musulman de l’ancien ministre de l’Intérieur qui fait l’objet de railleries sur Internet.

Invité sur France Inter, lundi 29 août, Jean-Pierre Chevènement a en effet commis la maladresse de juxtaposer les deux phrases “Je connais bien le monde musulman” et “Je suis allé au Caire, à Alger, il y a quarante ou cinquante ans”, offrant aux internautes un boulevard pour tourner en dérision ses propos sur Twitter avec le hashtag #JeConnaisBienLeMondeMusulman.

“Je connais bien le monde musulman, je compte en chiffres arabes”, “Je connais bien le monde musulman, j’avais la K7 de 123 Soleil” ou encore “Je connais bien le monde musulman, j’ai vu OSS 117” ne sont ainsi que quelques exemples des dizaines de messages se payant la tête de Jean-Pierre Chevènement.

#JeConnaisBienLeMondeMusulman, j’ai vu OSS 117.

— Homer D. (@fligoupier) August 29, 2016

#JeConnaisBienLeMondeMusulman j’avais la K7 de 123 soleil. pic.twitter.com/rMaYitUoGV

— ☕️ (@rakidd) August 29, 2016

#JeConnaisBienLeMondeMusulman, je compte en chiffres arabes.

— Claire Underwood (@ParisPasRose) August 29, 2016

“Ce qu’on peut voir sur Twitter est très drôle, effectivement, mais la phrase est sortie de son contexte”, souligne l’islamologue Ghaleb Bencheikh, futur membre du conseil d’administration de la Fondation pour l’islam de France, contacté par France 24. “On peut toujours faire dire à une phrase ce qu’on veut, surtout si on la coupe au milieu. C’est un mauvais procès qui est fait à Jean-Pierre Chevènement.”

L’ancien ministre de l’Intérieur souhaitait en effet comparer la situation des femmes en Égypte et en Algérie dans les années 1960 avec leur situation actuelle. “Je suis allé au Caire, à Alger, il y a quarante ou cinquante ans, la plupart des femmes ne portaient pas le voile, a-t-il dit. Mais il y a une tendance de fond qu’il faut bien appeler la montée du fondamentalisme religieux qui fait qu’aujourd’hui l’immense majorité des femmes ne peuvent plus sortir dans la rue sans être voilées.”

Pour autant, Jean-Pierre Chevènement est-il réellement un “très bon connaisseur du monde musulman”, comme l’a qualifié le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, lundi 29 août, lors de la journée de consultations sur l’islam de France organisée place Beauvau ?

“Une islamophilie réelle”

Contacté par France 24, le cabinet de Bernard Cazeneuve n’a pas souhaité préciser en quoi Jean-Pierre Chevènement est un expert du monde musulman. Également contacté, l’attaché de presse de l’ancien candidat à la présidentielle de 2002 n’a pas non plus donné suite aux demandes de France 24.

Il faut donc se contenter des éléments biographiques du “Che” qu’il est possible de glaner sur Internet. On y apprend notamment que le futur président de la Fondation pour l’islam de France a effectué un court passage en Algérie en 1962, alors que la guerre d’Algérie vivait ses derniers mois. Âgé de 23 ans, Jean-Pierre Chevènement, entre la fin de son cursus à Sciences-Po Paris et son entrée à l’ENA, est chef de cabinet adjoint du préfet d’Oran, chargé des liaisons militaires. Une expérience qui le marque, d’autant qu’il se retrouve préfet par intérim et est en poste le 5 juillet 1962, lorsque plusieurs centaines de civils européens furent massacrés à Oran.

Il garde depuis cette période des liens forts avec l’Algérie et est devenu en 2011 président de l’association France-Algérie, qui a pour but le développement des relations amicales et le progrès de la coopération entre Français et Algériens.

>> À voir sur France 24 : “Jean-Pierre Chevènement embourbé dans les gaffes”

“Les moments où j’ai eu à discuter avec lui, j’ai pu constater une islamophilie réelle, affirme Ghaleb Bencheikh. Je sais aussi qu’il fut élève de Jacques Berque, un spécialiste reconnu du monde musulman, qui a notamment traduit le Coran, et qu’il existait entre eux une réelle proximité, une relation du type maître et disciple.”

Jean-Pierre Chevènement se réclame en effet volontiers de cet islamologue décédé en 1995. L’idée de faire émerger un islam républicain “devrait être rendue à Jacques Berque, très grand arabisant et immense écrivain, qui avait cette idée que les musulmans vivant en France, pour la plupart de nationalité française, devraient aider à faire évoluer l’islam et à renverser ce courant du fondamentalisme religieux qui existe dans le monde arabe musulman depuis à peu près quatre décennies”, a-t-il notamment expliqué sur France Inter.

Enfin, comme le raconte sur son blog Jean-Pierre Filiu, professeur en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences-Po Paris, l’ancien député du Territoire de Belfort a développé des liens privilégiés avec l’Irak à partir de 1975. Selon l’historien, il devient rapidement un ardent soutien de Saddam Hussein, allant même jusqu’à démissionner de son poste de ministre de la Défense en 1991 pour protester contre la participation de la France à la coalition engagée dans le Golfe contre l’Irak qui a envahi le Koweït quelques mois plus tôt.

Première publication : 30/08/2016

Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a annoncé mardi qu’il quittait le gouvernement pour se consacrer à son mouvement En Marche !. Une décision qui va dans le sens des rumeurs sur son ambition présidentielle. Bilan de ses deux ans à Bercy.

L’économie française va devoir se passer d’Emmanuel Macron. Le plus jeune ministre de l’Économie depuis Valery Giscard d’Estaing a officialisé, mardi 30 août, sa démission du gouvernement de Manuel Valls. Michel Sapin, déjà ministre des Finances, récupère son portefeuille.

“Je souhaite entamer une nouvelle étape de mon combat et construire un projet qui serve uniquement l’intérêt général”, a indiqué le ministre démissionnaire lors d’une conférence de presse organisée depuis Bercy.

Voir l’intégralité du discours d’Emmanuel Macron

Le désormais ancien ministre de l’Économie a assuré avoir démissionné du gouvernement après avoir “touché du doigt les limites de notre système politique”, estimant que ces dernières avaient contrecarré sa volonté de réforme.

Pas d’annonce de candidature

De fait, Emmanuel Macron a affirmé vouloir se consacrer à son mouvement politique En Marche !, qui pourrait servir de tremplin à ses ambitions présidentielles. Sans se déclarer officiellement candidat à l’élection de 2017, il a toutefois tenu à souligner que “dans notre Ve République, le seul moment où les débats nécessaires pour décider ces transformations peuvent utilement avoir lieu sont les campagnes présidentielles”.

Si l’ex-ministre a dorénavant le regard tourné vers l’avenir, son passage à Bercy entre 2014 et 2016 va le poursuivre longtemps. Cet épisode ministériel représente, en effet, la seule expérience politique d’Emmanuel Macron qui ne se donne pas beaucoup de mal pour dissimuler ses ambitions élyséennes à plus ou moins long terme.

412 heures de débat et un 49.3

Emmanuel Macron ministre de l’Économie, c’est essentiellement une loi. La loi Macron, adoptée définitivement le 10 juillet 2015, représente l’un des tournants – plutôt politique qu’économique – du mandat présidentiel de François Hollande. Ce texte pour “moderniser l’économie” a nécessité 412 heures de débats à l’Assemblée et au Sénat, l’examen de 8 000 amendements et surtout le recours au très controversé article 49.3 de la constitution qui permet l’adoption d’une loi sans vote.

Côté économie, la loi Macron a sensiblement affecté certains secteurs très précis, mais l’impact global “a été infinitésimal”, assure Ludovic Subran, chef économiste de l’assureur Euler Hermes, interrogé par l’AFP. La libéralisation du transport par autocar a permis de créer 1 500 emplois – sur un total de 10 000 escomptés par Bercy – et a entraîné une guerre des prix qui a bénéficié aux voyageurs. Emmanuel Macron s’est notamment mis à dos les notaires en imposant le principe de libre-installation. Le ministre a, au passage, pu démontrer qu’il ne reculait pas à la première grogne venue, même s’il est politiquement moins risqué de tenir face à une mobilisation de notaires que face à une grève des cheminots ou à des manifs de lycéens.

Creative Industry

La loi Macron a aussi institué le principe de l’ouverture des commerces le dimanche dans certaines “zones touristiques internationales”. Une règle qui a fait les délices des touristes dans certains quartiers parisiens, comme autour de l’Hôtel de Ville, mais qui est encore loin d’être unanimement appliquée. Des grandes enseignes, comme la Fnac par exemple, peinent à trouver des accords avec les syndicats.

Pour le reste, Emmanuel Macron a essentiellement soigné son message pour se présenter comme aussi moderne que possible. Il a ainsi repris à son compte le concept de French Tech, popularisé par l’ancienne ministre de l’Économie numérique Fleur Pellerin. Le jeune ministre de 38 ans s’est rendu au CES, le salon des nouvelles technologies de Los Angeles, afin de soutenir les start-up françaises. C’est aussi sous son impulsion que Bercy a mis en place la campagne de “Creative industry” pour promouvoir “l’excellence technologique à la française”, grâce notamment à un label spécifique.

Reste à savoir qui aura la tâche ingrate de piloter l’économie jusqu’à la prochaine présidentielle, dans moins d’un an. Un laps de temps trop court pour une nouvelle réforme économique, dans un pays qui connaît toujours un taux de chômage qui frôle toujours les 10 %.

Première publication : 30/08/2016

Trois jours après la suspension de l’interdiction du port du burkini en France par le Conseil d’État, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme s’est, mardi, insurgé contre une mesure qui alimentait “l’intolérance et la stigmatisation”.

“L’égalité des genres ne peut être obtenue en réglementant les vêtements que les femmes décident de porter”. La France a été vivement rappelée à l’ordre, mardi 30 août, par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme au sujet des arrêtés anti-burkini pris par une trentaine de villes du littoral.

Ces arrêtés “n’améliorent pas la situation sécuritaire, ils tendent au contraire à alimenter l’intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes”, dénonce le Haut-Commissariat. “De plus, et comme cela a été largement rapporté, la façon dont les décrets anti-burkini ont été mis en œuvre dans certaines stations balnéaires a été humiliante et dégradante”, s’insurge le Haut-Commissariat dans un communiqué.

#France: Nous saluons la décision du Conseil d’Etat de suspendre l’interdiction du #burkinipic.twitter.com/fhL2JzHjVd

— UN Human Rights (@UNHumanRights) 30 août 2016

Pour voir les images et vidéos sur vos mobiles et tablettes, cliquez ici.

La décision du Conseil d’État saluée

D’après l’agence onusienne, selon les standards internationaux des droits de l’Homme, les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ou ses convictions, y compris par le choix de tenues vestimentaires, “ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées, y compris pour la protection de la sécurité publique, l’ordre public, la santé publique ou la morale”.

Pour le Haut-Commissariat, “toute préoccupation relative à l’ordre public doit être gérée de manière à cibler les personnes qui incitent à la haine ou réagissent violemment, et non les femmes qui veulent simplement marcher sur la plage ou se baigner dans un vêtement dans lequel elles se sentent à l’aise”.

#Burkini: Les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées

— UN Human Rights (@UNHumanRights) 30 août 2016

“Nous saluons la décision du Conseil d’État de suspendre l’interdiction du burkini“, indique encore le Haut-Commissariat. Vendredi dernier, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’Etat, a, en effet, suspendu l’un des arrêtés municipaux et a averti les maires que toute interdiction du burkini devait s’appuyer sur des “risques avérés” pour l’ordre public. Mais malgré cette décision, plusieurs maires ont décidé de continuer à infliger des amendes aux femmes portant des burkinis.

Avec AFP

Première publication : 30/08/2016

Après une mobilisation massive, les producteurs laitiers ont conclu un accord, mardi, avec Lactalis. Le prix de la tonne de lait – principale pomme de discorde entre l’entreprise et les agriculteurs – a été fixé à 290 euros en moyenne.

Les producteurs de lait sont soulagés. Un accord a été conclu, mardi 30 août, sur le prix du lait entre les organisations de producteurs et le géant Lactalis, a annoncé peu après midi Sébastien Amand, l’un des représentants des producteurs présent aux négociations, qui se déroulaient à la préfecture de Laval.

L’accord avec Lactalis fixe désomais le prix de la tonne de lait à “290 euros en moyenne” pour les cinq derniers mois de l’année, a précisé Sébastien Amand, vice-président de l’Organisation de producteurs Normandie Centre. Cette concession a été obtenue lors d’une troisième réunion, et après une semaine de conflit lors de laquelle les syndicats s’en sont pris à différents sites et à l’image de marque du numéro un mondial des produits laitiers.

Le préfet de la #Mayenne a annoncé ce midi qu’un accord a été trouvé entre les OP #lait et #Lactalispic.twitter.com/dqYam5V2WT

— Préfet de la Mayenne (@Prefet53) 30 août 2016

Il est prévu une augmentation de 5 euros du prix de la tonne de lait tous les mois jusqu’à la fin de l’année, de 280 euros en août à 300 euros en décembre, ce qui rapporte à 275 euros le prix sur toute l’année. Cet accord stipule également un arrêt de l’ensemble des mobilisations syndicales sur les sites Lactalis.

“Ce prix du lait permet de donner une perspective de 300 euros/1000 litres sur la fin de l’année 2016”, a indiqué Michel Nalet, porte-parole du groupe Lactalis, dans un communiqué.

“Une étape franchie”

“Le prix du lait négocié par le groupe Lactalis pour les prochains mois est largement supérieur à son environnement économique et à ses principaux concurrents coopératifs, dont la répartition d’activités est proche de la nôtre”, a-t-il ajouté.

Selon Lactalis, l’accord porte à “150 millions d’euros en 2016” son soutien aux agriculteurs par rapport à ses engagements contractuels.

“Pour mettre un terme aux nombreuses informations erronées, il est important de rappeler que, depuis le début de la crise, Lactalis a toujours indiqué que le prix du mois de juillet (257 euros, NDLR) n’était et ne serait pas représentatif du prix de l’année”, indique le communiqué.

Côté syndical, le secrétaire général de la FNSEA Dominique Barrau s’est félicité de cet accord. “On considère que c’est une étape franchie. C’est important que Lactalis revienne dans le rang”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Dominique Barrau a par ailleurs indiqué avoir demandé un rendez-vous avec le dirigeant de Lactalis. “On tient à le rencontrer pour parler avec lui de l’avenir. On ne peut pas rester sur cette manière de travailler”, a-t-il déclaré.

AFP

Première publication : 30/08/2016

f2915825a8.jpeg

Après le ministre allemand de l’Économie qui a affirmé que les négociations sur le traité de libre-échange entre l’UE et les États-Unis avaient échoué, la France a estimé, mardi, que le projet était trop favorable aux Américains.

Le glas a-t-il sonné pour le TTIP ? La France a annoncé, mardi 30 août, qu’elle demanderait à la Commission européenne d'”arrêter” les négociations sur ce vaste projet de traité de libre échange entre l’UE et les États-Unis, les jugeant trop favorables aux Américains, afin qu’elles puissent repartir ultérieurement “sur de bonnes bases”.

“Il n’y a plus de soutien politique de la France” aux discussions sur ce traité entre l’UE et les États-Unis, et “la France demande l’arrêt de ces négociations”, a déclaré le secrétaire d’État au Commerce extérieur Matthias Fekl, au micro de la radio RMC.

La France demande l’arrêt des négociations du #TAFTA#TTIP

— Matthias Fekl (@MatthiasFekl) August 30, 2016

Le ministre a justifié cette demande par le fait que les négociations, qui sont menées, côté européen, par la Commission européenne au nom des 28 États membres, souffraient d’un déséquilibre en faveur des positions américaines.

“Les Américains ne donnent rien ou alors des miettes (…), ce n’est pas comme ça qu’entre alliés on doit négocier”, a-t-il indiqué, ajoutant que “les relations ne sont pas à la hauteur entre l’Europe et les USA, il faut reprendre plus tard sur de bonnes bases”.

La France exprimera cette position en septembre, lors d’une réunion des ministres chargés du commerce extérieur à Bratislava, a-t-il précisé.

Un traité vivement critiqué par les ONG

Matthias Fekl n’a pas précisé à quelles conditions ces négociations pourraient repartir, ni à quelle date. Mais alors que le président américain Barack Obama espère officiellement les conclure avant la fin de son mandat, tout laisse entendre que la question sera réglée par son successeur à la Maison Blanche, début 2017. Les deux principaux candidats à la présidence, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, ont néanmoins déjà tous deux sévèrement critiqué le TTIP.

Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013 par le gouvernement américain et la Commission européenne, l’accord TTIP (Transatlantic Trade Investment Partnership, également connu sous un autre acronyme anglais, TAFTA), vise à supprimer les barrières commerciales et règlementaires de part et d’autre de l’Atlantique pour créer une vaste zone de libre-échange censée doper l’activité économique.

>> À voir sur France 24 : “Matthias Fekl : ‘Nous sommes extrêmement exigeants dans les négociations’ du TTIP”

Mais il est vivement critiqué depuis plusieurs mois par des ONG de défense de l’environnement ou altermondialistes, qui craignent qu’il ne conduise à une déréglementation généralisée au profit des grandes entreprises.

Le traité est également de plus en plus contesté au sein même des gouvernements européens. “À ce stade, la France dit non dans l’étape que nous connaissons des négociations commerciales internationales”, avait ainsi affirmé le 3 mai le président français François Hollande.

Les négociations ont échoué, selon le ministre de l’Économie allemand

Dimanche, c’est le ministre social-démocrate allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, qui a estimé que les discussions avec les États-Unis avaient de facto échoué car les Européens ne devaient pas céder aux exigences de Washington.

La contestation en Allemagne est vive concernant ce projet d’accord, y compris au sein de la coalition gouvernementale. Si les sociaux-démocrates, comme Sigmar Gabriel, sont de plus en plus nombreux à ne plus y croire, la chancelière conservatrice Angela Merkel continue cependant de défendre ce projet.

“La Commission européenne fait des progrès constants dans les négociations en cours”, avait également défendu lundi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

En écho à ces propos, le représentant spécial américain au commerce extérieur, Michael Froman, a déclaré au magazine allemand Der Spiegel que “les négociations font des progrès constants”, même si “rien n’est conclu tant qu’il n’y a pas d’accord sur tous les points”.

Avec AFP

Première publication : 30/08/2016

À huit mois d’une élection présidentielle pour laquelle la gauche part divisée, le Premier ministre, Manuel Valls, a appelé au rassemblement, lors d’un meeting organisé, lundi, près de Toulouse, en présence des ténors du Parti socialiste.

Rassemblement et débat étaient les deux mots d’ordre lancés par Manuel Valls, lundi 29 août lors d’un meeting à Colomiers, près de Toulouse (Haute-Garonne), en présence de quatre membres du gouvernement et du premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis. Le Premier ministre a en effet appelé à surmonter les querelles de la majorité à huit mois de l’élection présidentielle.

>> À lire sur France 24 : “À huit mois de la présidentielle, la gauche apparaît plus divisée que jamais”

Intitulé “L’essentiel, c’est la République”, la réunion a vu défiler à la tribune Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem, venus défendre le quinquennat de François Hollande devant un millier de militants et sympathisants, après l’annulation de l’université d’été du Parti socialiste prévue à Nantes.

Dans un contexte marqué par la polémique sur le burkini et les divisions à gauche, où des ténors comme Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont lancé leur candidature pour 2017, Manuel Valls a appelé à s’unir pour préserver une chance de l’emporter. “Parlons-nous franchement : l’éventualité est très sérieuse qu’il y ait un second tour entre la droite et l’extrême droite”, a-t-il déclaré. “Mais moi, je ne vois que la gauche capable de rassembler le camp des républicains. Alors, il va falloir redoubler d’efforts, pour être là, pour être ceux qui rassembleront les Français.”

L’essentiel, c’est la République ! Suivez le rassemblement des socialistes en direct de #Colomiershttps://t.co/c9ED1RdLAj

— Manuel Valls (@manuelvalls) 29 août 2016

Pour voir les images et vidéos sur vos tablettes et mobiles, cliquez ici.

Celui qui reste loyal au président, lequel dira en décembre s’il brigue ou non un second mandat, a défendu les réformes du quinquennat finissant, du tiers-payant à la réforme du collège en passant par le “mariage pour tous”. Et de poursuivre, “Les solutions, c’est la gauche qui les a mises en œuvre”, a martelé le Premier ministre.

Manuel Valls a surtout profité de ce meeting pour se présenter en recours possible dans le cas où François Hollande renonceraità se présenter à la présidentielle, souligne-t-on dans un article paru mardi sur le site du Monde. Multipliant les formules ambigües et se présentant comme un “ministre libre”, le locataire de Matignon a su séduire ses partisans qui voient en lui un candidat plus crédible que l’actuel président, poursuit l’envoyé spécial du journal. Les moins optimistes l’imaginent volontiers comme l'”homme d’après” : celui qui ne gagnerait pas forcément la présidentielle de 2017 mais qui permettrait de relancer le parti en cas d’échec. Les propos de Valls ont aussi sérieusement agacé les pro-Hollande qui l’atccusent de faire obstacle au rassemblement qu’il appelle pourtant de ses vœux.

Nicolas Sarkozy, “une menace considérable”, selon Valls

Il a également ciblé l’ancien président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle. “Une menace considérable”, a-t-il déclaré. “C’est un programme brutal, d’affrontements, qui vise les corps intermédiaires et notre modèle social. Il prend une responsabilité terrible en donnant corps à ce bloc réactionnaire, à ce programme commun entre la droite dure et l’extrême droite”.

Sans aborder directement la polémique sur le burkini, le Premier ministre a évoqué le thème de la liberté de la femme en France : “Marianne a le sein nu, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre, c’est ça la République”.

Sur les dissensions au sein du PS, il a dénoncé “les critiques, les attaques outrancières, parfois intolérables, à l’égard même du chef de l’État ! Je mets en garde contre cette surenchère des diviseurs qui n’ont qu’un seul objectif : punir la gauche de gouvernement”, a-t-il déclaré à l’adresse des anciens ministres Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Cécile Duflot, très sévères avec le président.

“Mais nous avons besoin d’inventer, de parler librement aux Français, d’ouvrir de nouvelles voies. Sans jamais fuir les débats, sans occulter des sujets, même si parfois, la gauche est mal à l’aise avec certains”, a-t-il souligné.

Marseillaise fraternelle entonnée par les camarades socialistes, après cette belle journée de mobilisation ! Merci! pic.twitter.com/InPvI7rr3b

— Parti socialiste (@partisocialiste) 29 août 2016



Le PS et Bruxelles

Au chapitre européen, le Premier ministre a demandé à son camp de réclamer l’assouplissement du Pacte de stabilité, qui prévoit notamment que le déficit public d’un État soit inférieur à 3 % de son PIB.

“La gauche européenne, social-démocrate, doit se faire entendre davantage sur la relance économique, sur l’assouplissement des règles du Pacte de stabilité, pour lutter contre le dumping social et la fuite fiscale, sur le dossier des travailleurs détachés”, a-t-il martelé.

François Hollande s’est vu reprocher de ne pas avoir réorienté les règles budgétaires de l’Europe comme il l’avait promis pendant sa campagne en 2012, acceptant baisses de dépenses publiques et hausses d’impôt pour réduire le déficit.

Avec Reuters

Première publication : 30/08/2016