La France demande l’arrêt des négociations sur le TTIP

La France demande l’arrêt des négociations sur le TTIP
f2915825a8.jpeg

Après le ministre allemand de l’Économie qui a affirmé que les négociations sur le traité de libre-échange entre l’UE et les États-Unis avaient échoué, la France a estimé, mardi, que le projet était trop favorable aux Américains.

Le glas a-t-il sonné pour le TTIP ? La France a annoncé, mardi 30 août, qu’elle demanderait à la Commission européenne d'”arrêter” les négociations sur ce vaste projet de traité de libre échange entre l’UE et les États-Unis, les jugeant trop favorables aux Américains, afin qu’elles puissent repartir ultérieurement “sur de bonnes bases”.

“Il n’y a plus de soutien politique de la France” aux discussions sur ce traité entre l’UE et les États-Unis, et “la France demande l’arrêt de ces négociations”, a déclaré le secrétaire d’État au Commerce extérieur Matthias Fekl, au micro de la radio RMC.

La France demande l’arrêt des négociations du #TAFTA#TTIP

— Matthias Fekl (@MatthiasFekl) August 30, 2016

Le ministre a justifié cette demande par le fait que les négociations, qui sont menées, côté européen, par la Commission européenne au nom des 28 États membres, souffraient d’un déséquilibre en faveur des positions américaines.

“Les Américains ne donnent rien ou alors des miettes (…), ce n’est pas comme ça qu’entre alliés on doit négocier”, a-t-il indiqué, ajoutant que “les relations ne sont pas à la hauteur entre l’Europe et les USA, il faut reprendre plus tard sur de bonnes bases”.

La France exprimera cette position en septembre, lors d’une réunion des ministres chargés du commerce extérieur à Bratislava, a-t-il précisé.

Un traité vivement critiqué par les ONG

Matthias Fekl n’a pas précisé à quelles conditions ces négociations pourraient repartir, ni à quelle date. Mais alors que le président américain Barack Obama espère officiellement les conclure avant la fin de son mandat, tout laisse entendre que la question sera réglée par son successeur à la Maison Blanche, début 2017. Les deux principaux candidats à la présidence, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, ont néanmoins déjà tous deux sévèrement critiqué le TTIP.

Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013 par le gouvernement américain et la Commission européenne, l’accord TTIP (Transatlantic Trade Investment Partnership, également connu sous un autre acronyme anglais, TAFTA), vise à supprimer les barrières commerciales et règlementaires de part et d’autre de l’Atlantique pour créer une vaste zone de libre-échange censée doper l’activité économique.

>> À voir sur France 24 : “Matthias Fekl : ‘Nous sommes extrêmement exigeants dans les négociations’ du TTIP”

Mais il est vivement critiqué depuis plusieurs mois par des ONG de défense de l’environnement ou altermondialistes, qui craignent qu’il ne conduise à une déréglementation généralisée au profit des grandes entreprises.

Le traité est également de plus en plus contesté au sein même des gouvernements européens. “À ce stade, la France dit non dans l’étape que nous connaissons des négociations commerciales internationales”, avait ainsi affirmé le 3 mai le président français François Hollande.

Les négociations ont échoué, selon le ministre de l’Économie allemand

Dimanche, c’est le ministre social-démocrate allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, qui a estimé que les discussions avec les États-Unis avaient de facto échoué car les Européens ne devaient pas céder aux exigences de Washington.

La contestation en Allemagne est vive concernant ce projet d’accord, y compris au sein de la coalition gouvernementale. Si les sociaux-démocrates, comme Sigmar Gabriel, sont de plus en plus nombreux à ne plus y croire, la chancelière conservatrice Angela Merkel continue cependant de défendre ce projet.

“La Commission européenne fait des progrès constants dans les négociations en cours”, avait également défendu lundi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

En écho à ces propos, le représentant spécial américain au commerce extérieur, Michael Froman, a déclaré au magazine allemand Der Spiegel que “les négociations font des progrès constants”, même si “rien n’est conclu tant qu’il n’y a pas d’accord sur tous les points”.

Avec AFP

Première publication : 30/08/2016

Facebook Twitter Email