Arrêtés anti-burkini : l’ONU dénonce “des interdictions hautement discriminatoires”

Arrêtés anti-burkini : l’ONU dénonce “des interdictions hautement discriminatoires”

Trois jours après la suspension de l’interdiction du port du burkini en France par le Conseil d’État, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme s’est, mardi, insurgé contre une mesure qui alimentait “l’intolérance et la stigmatisation”.

“L’égalité des genres ne peut être obtenue en réglementant les vêtements que les femmes décident de porter”. La France a été vivement rappelée à l’ordre, mardi 30 août, par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme au sujet des arrêtés anti-burkini pris par une trentaine de villes du littoral.

Ces arrêtés “n’améliorent pas la situation sécuritaire, ils tendent au contraire à alimenter l’intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes”, dénonce le Haut-Commissariat. “De plus, et comme cela a été largement rapporté, la façon dont les décrets anti-burkini ont été mis en œuvre dans certaines stations balnéaires a été humiliante et dégradante”, s’insurge le Haut-Commissariat dans un communiqué.

#France: Nous saluons la décision du Conseil d’Etat de suspendre l’interdiction du #burkinipic.twitter.com/fhL2JzHjVd

— UN Human Rights (@UNHumanRights) 30 août 2016

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La décision du Conseil d’État saluée

D’après l’agence onusienne, selon les standards internationaux des droits de l’Homme, les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ou ses convictions, y compris par le choix de tenues vestimentaires, “ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées, y compris pour la protection de la sécurité publique, l’ordre public, la santé publique ou la morale”.

Pour le Haut-Commissariat, “toute préoccupation relative à l’ordre public doit être gérée de manière à cibler les personnes qui incitent à la haine ou réagissent violemment, et non les femmes qui veulent simplement marcher sur la plage ou se baigner dans un vêtement dans lequel elles se sentent à l’aise”.

#Burkini: Les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées

— UN Human Rights (@UNHumanRights) 30 août 2016

“Nous saluons la décision du Conseil d’État de suspendre l’interdiction du burkini“, indique encore le Haut-Commissariat. Vendredi dernier, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’Etat, a, en effet, suspendu l’un des arrêtés municipaux et a averti les maires que toute interdiction du burkini devait s’appuyer sur des “risques avérés” pour l’ordre public. Mais malgré cette décision, plusieurs maires ont décidé de continuer à infliger des amendes aux femmes portant des burkinis.

Avec AFP

Première publication : 30/08/2016

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