Archive for August 30th, 2016

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Pour la première fois depuis 50 ans, un vol commercial régulier a fait le trajet entre les États-Unis et Cuba. L’avion a décollé mercredi de Floride pour atterrir à Santa Clara.

La dernière fois, en 1961, les passagers étaient à bord d’un avion à helices. Mercredi 31 août, ils ont embarqué dans un Airbus A320 de la compagnie américaine JetBlue pour tourner une page de l’histoire américano-cubaine.

Ce premier vol commercial régulier depuis 50 ans a relié Fort Lauderdale, en Floride, à Santa Clara, à Cuba. Un vol symbole rendu possible par la détente diplomatique initiée par le président des États-Unis Barack Obama et le dirigeant cubain Raul Castro en décembre 2014.

Environ 70 personnes ont pris place à bord de l’Airbus. Plusieurs personnalités, comme le ministre américains des Transports Anthony Foxx ou le PDG de JetBlue Robin Hayes, étaient parmi les passagers, constitués d’une majorité d’exilés cubains qui désiraient revoir des membres de leur famille perdus de vue depuis leur départ de l’île. “Je voulais voir ma famille, et je voulais participer à ce vol historique”, a assuré Lazaro Chavez, un pharmacien de Miami (Floride) à l’agence Reuters.

Opposition du Congrès

La liaison aérienne entre les États-Unis et Cuba promet de ne pas être très rentable pour JetBlue dans un premier temps. Malgré la normalisation des relations diplomatiques et à quelques exceptions près, les citoyens américains sont toujours interdits de séjour touristique à Cuba, en raison de l’opposition du Congrès à la politique de détente de Barack Obama.

8/31/2016:The 1st US commercial flight to #Cuba since 1961, just over a year after raising the flag at US Embassy Havana. Another step fwd.

— John Kerry (@JohnKerry) 31 août 2016

Ce premier vol régulier intervient un an, jour pour jour, après la réouverture officielle de l’ambassade des États-Unis à La Havane, a précisé le ministre américain des Affaires étrangères John Kerry sur Twitter. Depuis lors, Barack Obama a également rendu une visite historique à Cuba en mars 2016 et a aussi fait passer une série de mesures pour améliorer les relations commerciales entre les deux pays.

Mais le Congrès américain refuse encore de voter la fin de l’embargo, qui permettrait de mettre en place une libre circulation des biens et des personnes.

Première publication : 31/08/2016

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Un télescope russe a intercepté un signal fort sortant de l’ordinaire, qui semble provenir de la constellation d’Hercule. De quoi titiller l’intérêt des chasseurs d’extraterrestres. À tort ?

Une activité extraterrestre ou un four à micro-ondes ? Ce sont deux des hypothèses qui circulent ces derniers jours pour expliquer l’origine d’un signal fort capté par un télescope russe en 2015. Son existence a été révélée lundi 29 août par l’Institut Seti, l’une des références scientifiques en matière de recherche de signes de vie dans l’univers.

Le 15 mai 2015, le télescope RATAN-600, perdu dans les montagnes du Caucase-Nord, perçoit un signal qui sort de l’ordinaire et semble provenir du fin fond de l’espace, à 94 années lumière de la Terre et à proximité de l’étoile HD 164595, dans la constellation d’Hercule. “Il s’agit d’un signal fort, c’est-à-dire au moins cinq fois plus important que le bruit de fond radio habituel dans l’espace. Contrairement à ce que l’on peut croire, il ne règne pas un silence absolu”, explique Jean Schneider, astrophysicien à l’Observatoire de Paris, contacté par France 24.

Naturel ou artificiel ?

HD 164595 possède une particularité à même d’exciter la curiosité des chercheurs d’extraterrestres : une exoplanète dont l’existence est avérée lui tourne autour, même si elle n’est pas dans la zone habitable de son étoile.

En outre, certaines spécificités du signal perçu par les scientifiques russes peuvent laisser croire qu’il n’est pas d’origine naturelle. “Il n’a duré que deux secondes au maximum, ne s’est pas répété et il est symétrique dans le temps, c’est-à-dire que le temps que prend le signal radio pour monter en puissance est le même que celui qu’il lui faut pour baisser en intensité, ce qui est très rare”, assure Jean Schneider.

Mais l’institut Seti, dans un communiqué publié mardi 30 août, a reconnu que l’hypothèse d’une origine extraterrestre était, à ce stade, “injustifiée”. Il peut tout d’abord s’agir d’un signal qui ne vient pas de l’espace. “Ce peut-être un four à micro-ondes à côté du télescope qui a produit une interférence radio prise pour un signal fort, ou alors le signal émis par un radar militaire à proximité”, affirme le scientifique français, qui précise que ce sont des cas de figure déjà répertoriés par le passé.

“Observations supplémentaires”

Parmi les phénomènes naturels capables de produire ce genre de signaux, Jean Schneider recense le “bip radio créé par une explosion ou une collision d’astres et aussi l’amplification gravitationnelle”. Cette dernière hypothèse repose sur une conjonction de facteurs qui, de l’aveu du scientifique, n’a qu’une chance sur un million de se produire. Il faut qu’une étoile ou un corps spatial imposant se trouve dans l’alignement parfait entre le télescope et un autre astre au moment précis où les scientifiques russes ont fait leur relevé, de telle sorte que l’étoile joue le rôle d’amplificateur du signal radio naturel de l’autre entité cosmique. C’est un peu le principe de la loupe qui intensifie le rayon du soleil.

Reste à faire le tri entre ces différentes pistes. Le délai de près d’un an entre l’observation et la révélation de l’existence de ce signal ne va pas faciliter l’enquête. “Les scientifiques russes ont probablement voulu vérifier qu’il n’y avait pas d’erreur et analyser les particularités du signal”, estime Jean Schneider. Mais, certaines pistes – comme savoir si un four à micro-ondes se trouvait à proximité et était en marche – risquent d’être difficiles à vérifier après autant de temps. L’institut SETI juge qu’il va falloir faire des “observations supplémentaires”. En d’autres termes, la constellation d’Hercule va être passé à la loupe et les scientifiques vont prendre leur mal en patience dans l’attente d’une éventuelle réplique du signal. Si d’autres observateurs captent le même signal, cela permettra déjà d’éliminer les causes “terrestres” comme le four à micro-ondes ou le radar militaire russe.

Première publication : 31/08/2016